30/12/2012

Le pelage roux de la montagne

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Comment ne pas songer aux urbains en regardant le jour se lever au sommet de la barre?

A ceux qui sont vêtus de murs, trop habitués de se voir sous une forme antinaturelle.

Ils marchent sur les rues pavées de bonnes intentions avec le levier de vitesse au point mort.

Cherchant la descente vers le fleuve pour écarter le courant avec leurs bras.

L'ironie romantique est réclamée par les pantalons, les jupes froissées, les vestes trop grandes.

Rien n'est d'aplomb.

Selon Hegel cette ironie romantique, donc, n'arbitre ni ne résoud les contradictions.

Elle ne fait que les déplacer, les cacher, en les caricaturant.

Finalement elle laisse inchangé l'état des choses qu'elle voulait résoudre.

Ne fait qu'ajouter de nouvelles contradictions aux anciennes. (Gianni Carchia)

De courts messages envahissent les câbles transmetteurs du grand bazar névrotique.

Le virtuel règne dans le faux monde de l'intercommunicabilité.

L'héritage familial reste gravé dans le marbre.

Cet accroissement de contradictions n'est compensé par aucun progrès.

Même en pente douce la tension demeure comme inapaisable.

Homme libre, toujours tu chériras l'amer.

Sommes-nous des animaux libres...?

Sommes-nous dans un demi-sommeil ?

Le souvenir, la sécheresse, le dernier coquelicot...

 

Bonne année 2013

 

 

25/08/2012

Une demi lune en deuil

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Photo Conchita Gautron

 

21/08/2012

Le don est le secret lui-même

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Photo Yann G

Derrida évoqua souvent le don dans ses travaux. Le don de quelque chose qui devrait rester inaccessible, donc non présentable et par conséquent secret. L'événement de ce don lierait l'essence sans essence du don au secret. Car un don, s'il se faisait connaître comme tel au grand jour, un don destiné à la reconnaissance s'annulerait aussitôt. Le don est le secret lui-même, si on peut dire le secret lui-même. Le secret est le dernier mot du don qui est le dernier mot du secret.

20/08/2012

Un après-midi de chien

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Il est d'une belle santé. Deux taches marrons sur le dos et la tête.

Esprit de jour taché de nuit, âme tigrée. (V.Hugo)

Ce tigre à courtes pattes a débarqué le 22 juillet dernier dans l'enceinte de la propriété.

Par la grande porte.

Chien errant en quête de femelle? Appels à la mairie, aux vétérinaires du coin, chez les commerçants.

Rien à l'horizon...

Le Jack russel n'a plus de maître.

Quelques jours passent. Il s'appellera Edouard décide Pauline, nièce de onze ans. 

Pourquoi? 

Charles plus Edouard ça sonne bien. 

Ce n'est pas l'état civil qui définit la jeunesse mais une certaine qualité de la raison et du coeur.

Que peut-il bien se passer dans la tête d'un juilletiste qui a décidé, par un bel après-midi,

de se débarrasser de son animal de compagnie.

Edouard est pourtant d'excellente compagnie.

Il a accepté de ne plus poursuivre la chatte Lune dès la nuit tombée.

Faut avouer que la tigresse lui a balancé un sacré coup de patte sur le museau, un soir.

On ne met pas son nez sous le cul d'une chatte, Edouard.

Il partage avec bonheur les promenades alentours dans la forêt de la Sainte Baume avec Perle, Charles et

Lune qui ferme toujours la marche.

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Par prudence.

Donc, la caravane s'allonge. C'est le vétérinaire qui affiche un grand sourire.

Il va aggrandir sa piscine. Il a glissé une puce électronique dans la nuque d'Edouard.

Ainsi, Adrien, le grand-Père de Pauline, sera le premier averti si d'aventure...

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Bienvenue Edouard ! Ici, tu es désormais chez toi.

 

 

18/08/2012

L'appel du 18 août

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Andy Warhol reprend du service. I repeat, Andy Warhol reprend du service.

Jean Rochefort a rasé ses longues moustaches.

Les frites de la passion sont cuites.

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Les roses de mon jardin ne sont pas made in China.

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C'est pour quand le changement?

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Perle n'aime pas la clavicule.

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La chouette guette le retour de Blog-Trotter.

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Le Christ est branché.

 

Bienvenue, brave gens, sur cet écran qui reprend ses activités.

11/10/2011

Les lapins vivent sur l'herbe et mangent de la viande (Par Jean-Yo des bois)

On arrive ici en train, en voiture, à bicyclette, mais surtout à tout prix et la joie en poche.

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Ici, c'est la Rabbit Party. Une réunion de Lapins instituée par Philippe, notre hôte pour un Week-end, rabatteur de gibiers égarés au quatre coins du monde sur la toile...Une fine gâchette pour une chasse à coeur toujours ouverte.

 

Philippe m'attendait à la gare, ses premiers mots ont annoncé la couleur.

"Wouah ! T'as bonne mine Jean-Yo, c'est super que tu sois là, on va se la régaler !"

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L'auteur de l'article (Ndlr)


On rejoins le Kangoo à essence de diesel... ;) Direction le terrier.

"On va s'arrêter à Mailly  la Ville !" qui m'dit. " Z'ont de la bonne came en viande, on va se faire un couscous d'un autre monde !"

Il y avait aussi des oeufs de ferme et du vin...Que de la bonne effectivement.

Et puis voilà le clapier cinq étoiles au guide Nichelapin.

On est ébloui par le tapis vert d'où jaillit la demeure centenaire à la vigne vierge non déflorée...

Ca sent bon la fraîche ! tonte. Quelques couvertures jonchent l'herbe sous un pommier, vestiges d'une sieste abandonnée.

Charles attend, avec ses deux ballons de foot et de rugby, pour lui c'est pareil, il en que faire du 4:4:2 ou du French'flair, il a le sien et il en est fier.

Charles c'est le fidèle chien du maître des lieux, vaillant et téméraire malgré son âge canin avancé, pas avare de câlins, lui il chasse le lapin de garenne et veille sans compter sur notre sommeil.

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Charles le téméraire


On rentre dans la maison, Une odeur parvient de la cuisine, une lente transpiration de compote de pommes qui mijote, Marion et Emilie sont au fourneaux et au moulin à poivre électrique,

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Marion, prostitute number one

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Emilie, prostitute number two

 


un fromage blanc directement importé d'une ferme voisine trône sur la table.

Les présentations sont faites, dans la foulée arrivent Yann et Solène avec leur petit Adrien qui du haut de son seul printemps vient découvrir l'Automne Burgond et faire chavirer le coeur de ces demoiselles. ( faudrait que je lui demande certains conseils à l'avenir.)

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Yann et Adrien

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Solène et Adrien



On attend en vain Anne-Hello ainsi que Samuel; tous deux ont fourni un mot d'excuse valable, il faut au moins ça pour se priver de ce rendez-vous, en espérant que le prochain soit d'ores et déjà noté sur un agenda avec une astérisque.(* A ne rater pour rien au monde.)

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Samuel, retenu en otage dans l'Ouest


Philippe peut sortir les verres, on trinque à la Rabbit Party cuvée 2011.

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Le mac à la barre


Le reste du séjour, c'est dans les têtes, une Rabbit Party ne se raconte pas, elle se vit simplement et s'oublie difficilement...

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Lapins agiles


 

Mais quelques témoignages affluent tout de même du voisinage:

 

-Les betteraves rouges se rappellent que l'ambiance autour du feu de la cheminée était chaleureuse.

-Les trompettes (de la mort) certifient qu'il faisait beau et chaud durant ce week end, elles en sont sorties toute déshydratées.

-Les loirs nous racontent que quand ils dévissent, c'est les chiens qui sévissent...

-Les araignées, quand à elles, ne dévissent pas... la pantoufle tape du pied au plafond bien avant.

-Le caviste de Coulanges dit que les vendanges ont eu un mois d'avance spécialement pour cette Rabbit Party.

- Une hirondelle trouve que les barres iphoniques (ta race) ne courent pas les rues ici, que quand t'en as cinq c'est bien, et que sinon bah t'es obligé de dire "Merde, j'ai qu'une barre, faut que je sorte sous le poirier!"

-Le petit Adrien aurait même voulu faire ses premiers pas au BDF, mais timide ou reconnaissant, il a gardé ce bonheur exclusif pour ces tendres parents.

-France nous dit qu'il aurait préféré être parmi nous qu'avec certains.

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France ;)


-Y'en a qui disent que c'est plutôt de la Ratafiole ! C'est d'un bizarre...

- Les salades composées, les noix, le couscous, le tiramisu, les fromages de chèvre, le jambon cru se sont réunis pour dénoncer les vers qui squattaient dans l'époisse, sans résultat. Ca donne du goût et on en meurt pas a répondu le juge!

-Eugène nous assure que sa grange (bien tôlée) ne s'écroulera pas de sitôt.

-Des présents ont célébré des anniversaires, c'était très design !

-Les roses, trémières ou non, ont dit que les lapins allaient leur manquer en partant.

 

Comme toujours, la simplicité, la sincérité, la déconne, la convivialité et la joie qui étaient au programme.

Vive la Rabbit Party et vive les Lapins sans qui je n'aurais pu passer ce week-end merveilleux.

 

 Orphelin de mon appareil photo, je ne peux dévoiler que quelques photos prises par Marion et Mélie, c'est dire si l'intimité des lapins sera bien gardée.

 

07/09/2011

Pour ne pas perdre le fil

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Quand tu abandonnes ton quant-à-soi le paysage se révèle. Lopez. (Photo M.)

30/08/2011

Fin août, mort minuscule de l'été

 

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Il en est de même chaque année.

Penser à cette fleur partie trop tôt sous d'autres cieux. Revoir ce temps où elle mijotait un semblable mélange entre vitalité et abandon, ne faisait plus de distinction entre poésie et littérature, entre vers vides et terre-plein, humanisme et pessimisme, vision du monde et socle infernal dont elle ne pouvait plus se détacher.

Un amour infidèle à la vie toujours réfractaire aux trucages des faussaires familiaux.

Amoureuse des arbres le jour, oublieuse de la légèreté la nuit.

Toujours reliée à une indicible mélancolie en bordure des Lotophages qui attendent la mort en égrénant les années, puis les mois et enfin les heures. A la recherche de la fleur perdue dans une solitude aussi illimitée que l'océan.

Sillonnant l'amer du Sud ardéchois, perdant le Nord après les tempêtes morvandelles dans une multitude de verres.

Septembre à l'horizon hurla la vigie routinière !

La barque s'échoua sur les rives de l'Yonne juste avant que celle-ci n'absorbe la Seine dans un poulailler qui contenait, outre une paille ancienne, la photo d'une chatte et sa bouteille de mauvais rosé.

04/05/2011

Cerisier sur le gâteau de verdure

Bourgogne

Au printemps en Bourgogne, les mots superflus quittent d'eux-mêmes la phrase, telles des peaux mortes. Ils se faufillent avec l'armada de lézards sur le petit mur d'enceinte de la maison. Plein sud. Sous le soleil, cette année particulièrement généreux, les minutes de silence alternent avec les minutes d'émotions. La nature revendique à nouveau ses titres de noblesse. Bien après minuit, un rossignol en quête de lune de miel contera fleurette avec régularité à une foule d'admiratrices. Une seule partagera le futur nid.

Au petit matin d'autres chants d'oiseaux participent à cette symphonie inspirée d'un Vivaldi zélé. En contrepoint à la valse d'informations tragiques qui transitent sans fin dans le poste de radio posé sur le radiateur à huile de la chambre.

Deux tours jumelles vengées dix ans après leur disparition... Offerte à l'heure du premier café, la nouvelle soulève déjà quantité de polémiques. Les travestis afghans vont se raser, le cerisier a froid aux pieds, les commentateurs tranchent dans le lard de leur inconscient. Il est déjà cinq heures, je n'ai plus sommeil...

 

(Merci mon chaton;)

11/03/2011

Relâchement

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Longue et douloureuse aura été la route en ce début d'année.

Monsieur Balouli s'en est allé, un dimanche de janvier, alors qu'il me disait juste avant son départ combien il n'avait pas prévu que les tunisiens trouveraient la force d'échapper à la féodalité moderne. Il n'a pu terminer sa phrase à propos de l'Algérie : Ils ne bougeront pas...trop souffert...

Quelques jours plus tard, la Pina Bausch du Morvan a perdu son sein gauche et maintenant ses cheveux.

Lune, la petite effrontée, n'a pas cessé de dormir après avoir chassé les mauvais esprits avec une tendresse infinie, une douceur, une science qui rend le geste exemplaire.

Au quotidien, les chiens reniflent la double enigme de la terre et de la bataille du sang, peinent de plus en plus à courir entre les morceaux d'humanité.

L'été va bientôt changer d'hémisphère car le printemps se glisse déjà entre les feuilles mortes.

Pauline et Lucile poussent des petits cris douillets dans la cuisine. Transhument parmi les humains et prennent le relais. Il suffit de contempler leur jeunesse pour éviter les fables inutiles et énormément de livres qui s'entassent, à propos de la mort de Dieu, de la mort de l'homme.

 

01/01/2011

Le fil de trame d'un tissage irisé

 

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Depuis deux semaines je goûte ce mélange alchimique, en silence. Vos commentaires s'engendrent comme des miroirs en cascade. Paroles chaleureuses, essentielles du présent, du passé. Petites vagues dans une grande mer qui s'étalent, se retirent. C'est la même eau fraternelle qui transporte les germes du futur. Merci.

 

20/12/2010

Histoires de crabes

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C'est une maison qui abrite une chatte, deux chiens, un dandy venu du froid, un cancer du sang et des voyageurs du monde entier. Une grande table, aussi, pour qu'y prenne place l'essentiel: la convivialité. La joie y est la bienvenue même si la douleur n'est jamais bien loin...

 

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Tu sais Perle, il y a une tonalité Mozart, une tonalité Proust, une tonalité dans l'écriture chorégraphique.

- Le gros soleil d'aujourd'hui a aussi sa tonalité ?

Oui, chaque jour d'hiver le grand peintre prend la mesure de la grande toile printanière qui annoncera le dégel. Par petites tonalités, il pianote sur les minéraux, les aiguilles des pins, fait fumer les arbres dénudés, te prends au filet quand tu aboies après les mésanges effrontées.

- Son travail est celui d'un artiste acharné dans son atelier alors ?

Il est à la fois studieux et braconnier. Hume avec moi toutes les saveurs de sa peinture qui nous laissent chamboulés et haletants !

- Tu as raison, je suis emportée par sa magie et chaque jour plongée dans un étonnement voluptueux.

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Tu es triste ?

Non Charles, enfin oui, en colère surtout.

- Je peux te demander pourquoi ?

J'ai reçu un email de notre Pina Bausch morvandelle...

- Tu veux bien me le lire ?

Juste un passage, c'est trop compliqué à comprendre pour un chien les termes médicaux : "Début novembre : mon sein a émis un liquide inquiétant (ce qui est un symptôme rare), une première ponction et ses analyses ont révélé un carcinome intra-canalaire (CIC) in situ, c'est à dire un cancer pas encore parti en voyage ailleurs que dans son lieu de naissance : mes canaux lactifères.
Mi novembre, Le chirurgien qui venait de reprendre le poste d'une nommé Bouteille, (quelle belle coïncidence) a proposé une seconde ponction, dans un lieu de mon sein éloigné de celui où avait été effectué la première, pour vérifier quel volume du sein il faut enlever (tout ou une partie).
Là, j'ai tué deux crabes dans de l'eau bouillante aromatisée, et nous les avons mangés avec de la mayonnaise, histoire de bien dire que c'est moi qui mange la bête et pas le contraire..."

- Elle est bien jeune, non ?

Elle vient d'avoir 35 ans et un bébé. Et demain, je vais voir Balouli à l'hôpital. Il a un cancer du poumon et ne pourra pas être avec nous autour de la table de Noël.

 

 

28/11/2010

Duel au soleil

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Pourquoi tu me fixes quand je gratouille le clavier ?

- Je te fixe parce que tu es un gros fainéant.

C'est l'hôpital qui se moque de la charité.

- Je fixe le vent aussi; tu n'as pas remarqué ?

Si bien sûr. Il vente à n'y pas croire. Les murs chuintent. Le Mistral arrache des cris aux fenêtres.

- J'aime ce vent qui m'incite à me faire l'avocat du diable. Il fera naître d'autres pins, d'autres chênes, au printemps.

Il rabote la falaise. S'infiltre dans les gerçures de la montagne.

- Tout à la fois, il sème, fauche les vieilles carcasses de pins, fait chanter la hêtraie dans le sens du poil.

Tu veux une rouste ? Je ne suis pas d'humeur. Je te dis que ce vent mérite de se perdre entre deux vagues de la côte.

- Le vent emporte mes effrois, transporte l'alchimie secrète de l'avenir, annonce le chemin. Il te rend fou, te remet à ta juste place de virgule humaine. Il te mystifie, c'est tout. Concentre-toi paresseux !

Je n'ai pas besoin d'écouter sa plainte pour savoir que c'est un bonimenteur de plus. Et toi sa complice d'un soir.

-  Tu as tort, le vent est sorcier. Il est d'une nécessité secrète, irrévocable. Il te fait naître en soufflant des mots sur ton écran blanc. Tu es trop vêtu de murs, de villes. Il fait le ménage dans ton esprit de géomètre. Il déplace tes bornes, meuble tes secondes effrayantes ou heureuses.

Il annonce la mort minuscule de l'été, fait plier tes pauvres pattes et vaciller les antennes de télévision.

- La clé de ma liberté est pendue à son cou.

 

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Il joue avec mes nerfs et pour la peine je vais jouer avec les tiens, petit boudin blanc.

 

06/11/2010

Octobre rouge

 

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Le temps des révolutions d'octobre à novembre.

Ce n'est pas encore le temps de ramasser les feuilles de Prévert. Mortes pour la bonne cause d'après les estimations des spécialistes de la météo. Une révolution permanente qui s'achèvera en virevoltant dans un coin du salon Ikea. Je voudrais tant que tu te souviennes que la fenêtre était restée ouverte. Toi guettant les guillements de la chanson et le joli coup de vent sur la page.

Et l'hiver fera ensuite son entrée sans métaphore ni poésie. Avec la finesse d'un rapport de procès-verbal de gendarmerie ou du compte rendu de thèse. Restera un mystère : pourquoi tant de cigales ayant chanté tout l'été, maltraitées par l'économique, martyrisées par les exercices de yoga, qui ont reçu à peu près tout de la fourmilière, et en pareil cas non sans justification, veulent-elles avoir par dessus le marché, le malheur d'être artiste en toutes saisons ?

 

 

27/10/2010

Le prince et sa Majesté (par Marion Vallabrègue)

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Photo Marion Vallabrègue

 

Quand on l'approche, il montre les dents. C'est un sourire qui accueille, mais il peut aussi mordre si la main qui se tend n'est pas sincère. Inutile de feindre, il sait, il sent. Les intentions qui animent les gestes. Il perce le secret des âmes.

Le soleil seul dicte son rythme. Les saisons, ses pas. Il connait tous les chemins, leurs failles, leur détours, leurs odeurs. N'obéit qu'à son flair. A l'affût, toujours, il ne se repose qu'auprès de sa Perle, sa fiancée, sa Majesté. Son égale.

Elle qui sait quand l'heure tendre a sonné. Quand l'hiver pèse sur les chaussures. Quand il est l'heure de se coucher.

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Photo Marion Laterre

 

Quand on l'approche, elle montre les dents. Menace de mordre pour garder le choix. De la main à lécher. De son trône, elle surveille. Le geste trop brusque, l'éclat de voix. Apprécie la patience et la simplicité. Se moque des minauderies, leur préfère la discrète vérité. Quand elle le décide, elle vous frôle, l'air de rien, offrant ainsi permission de la caresser.

Grogne doucement pour remercier, et un peu plus fort pour donner congé. Si elle se montre parfois docile et douce, elle n'en oublie pas que vous êtes un étranger. Et n'obéira jamais qu'à la voix de son maître. Et à son seul regard.

 Ce regard qui lui dit où tourner : à droite, vers la montagne, ou bien de l'autre côté, derrière la route. Ce regard qui la veille, qui la suit, en sourdine. Qui lui dit quand il n'y a rien à craindre. Ce regard qui lui parle, auquel elle répond par le sien. Et qui ne peut lui mentir.

 

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Photo Raphaële Bruyère

 

C'est l'union de deux instincts. Qui se savent par coeur. Qui s'entendent et se mêlent.

Qui est l'animal quand il marche derrière sa chienne dans la forêt, emprunte  leurs passages secrets, quand il sent ce qu'elle renifle, et quand elle l'encourage, de ses va-et-vient rapides, à traverser le taillis, ignorant les ronces et la boue ? Qui est l'homme lorsque, d'un mouvement de patte, d'un hochement du museau, elle lui donne la réplique, le mot et le ton justes, et l'aide à vaincre la page blanche ? Qui protège qui ? Qui décide pour qui ? Et s'il n'y avait plus de bête, plus d'homme...?

Quand la nuit est fraiche et la lune pleine, sur le haut plateau, le dos caressé par le vent, tous les sens aux aguets, ils sont, en vérité, deux libertés qui s'épousent.


 

 

 

17/10/2010

Donne-moi la main...mon coeur.

 

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Les mains de Yann et d'Adrien G. (Photo Yann G.)

Jusqu'à ce jour là, leurs mains étaient presque vides

Ce n'était pas faute de les occuper

Une mère me disait : donner la main a toujours été ce que j'espérais de la joie

Nos mains, témoins du lien d'amour, toutes chargées de ce que les mots ne diront pas

Un soir, il lui prit la main

Quelques temps plus tard, il la lui demanda

Désormais, ils prendront en main ce bonheur commencé il y a peu

Samuel et moi, jamais nous ne pourrons oublier ce jour où nous avons su lui tendre nos mains

Les mains toujours reviennent peupler nos souvenirs.

 

11/10/2010

Jeannot le chaud lapin

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Je vais chercher le pain et le poulet. Ce furent les dernières paroles adressées à sa femme il y a une dizaine de jours, d'après la rumeur...

Du côté de Saint-Zacharie et du Plan d'Aups la Sainte Baume (Var Ouest), elle allait bon train depuis une longue semaine. Mais où est donc passé Jeannot ?  L'ancien facteur avait marqué les esprits. Jean semblait être tout droit sorti du célèbre roman de Marcel Aymé : "La jument verte".

Solide gaillard d'avant la privatisation, il incarnait le service public postal à la perfection. Dans sa camionnette, il transportait non seulement les retraites sous enveloppes mais aussi les médicaments des anciens dans l'incapacité de se déplacer jusqu'à la pharmacie de "Saint Zach". On dit même qu'il faisait leurs courses. Un humaniste le Jeannot et il portait à gauche. Le défenseur des veuves mais pas des veules: C'est qu'il en a basculé plus d'une dans les meules de foin.

Le jour de la mort de Serge Reggiani il avait entonné tout le répertoire de "l'italien" pendant sa tournée. Chez Jean-Pierre, l'unique boucher-traiteur du village perché sur les flancs de la Sainte Baume, les clientes affichaient ce jour là un sourire discret lorsqu'il chanta "La femme qui est dans mon lit n'a plus vingt ans depuis longtemps..."

Jeannot avait une main sur le coeur et l'autre sur le pli de son pantalon. Il a été cet indispensable lien social et fraternel qui fait aujourd'hui défaut dans les bureaux de poste en perdition.

Son corps a été retrouvé hier flottant au large de la calanque des Goudes à Marseille. Un suicide selon Var Matin. Une disparition pas très catholique toujours selon la rumeur.

Paix à ton âme Jeannot, on t'aimait plus que bien.

 

23/09/2010

Des racines et du zèle

 

C'est une maison qui épouse les saisons depuis deux cents ans.

Celle de l'apprentissage du propre au sens où l'entendait Hölderlin.

La maison du grand-père formé au 11ème cuirassier de Saint-Germain-en-Laye devenu grainetier en gros dans l'entre-deux-guerres...

Le maître à penser, à peser ses mots. Quitte à les faire jongler entre-eux de branche en branche.

 

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J'en reviens. Je l'ai quittée, non sans peine, durant la mort minuscule de l'été. J'entends encore la lumière qu'elle offre avec parcimonie à travers les petits carreaux. La musique qu'elle a enregistré depuis tant d'années et qu'elle porte en elle. C'est une maison charpentée comme un compositeur... un poète. Elle triture les sons, les mots, le chant des oiseaux à l'heure de la rosée blanche. Jusqu'au soir tandis que crépitent les bûches d'acacias dans la cheminée.

"L'erreur, murmure-t-elle aux dormeurs, est de vouloir tout entendre pour tout comprendre." 

Non, mieux vaut entendre "le tout" et le chemin qu'elle propose.

C'est une maison qui identifie les contraires. Mêlant les analyses lucides de comportements. Le sien et celui des autres, la compassion, les mots d'amour, la froidure de l'hiver et la dureté des discours.

Une maison roman en plusieurs volumes. 

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C'est une maison qui se glisse dans les boucles du temps, qui démêle les cheveux et les tensions.

Elle va et vient de livre en livre. Et quand la dernière lampe s'est éteinte, elle crée le mouvement des hanches des dormeurs sous un ciel d'étoiles en forme de coeur... 

 

 

06/09/2010

Flâneries avec miss O' Connor

 

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Photo Samuel Nissim

Facile ! C'est vrai. Flannery O'Connor, compagne sudiste de mes voyages et du sacré, ne me lasse jamais.J'aime la relire parce qu'elle n'y allait pas de mains mortes avec les imbéciles de son temps. Pas le genre à pondre un "Autant en emporte le vent" comme le souhaitait sa mère. Elle a préféré écrire "Les braves gens ne courent pas les rues". Entre autres.

Voici un extrait du portrait qu'a fait d'elle Cécilia Dutter dans la Revue Littéraire (éditions Léo Scheer)

"Faulkner, Carson McCullers, Steinbeck, Caldwell… eux aussi ont écrit le Sud. Flannery O’Connor, elle, vient à la fois de là et d’un « ailleurs ». C’est une météorite littéraire, un caillou extraterrestre tombé par hasard à la surface du globe. Elle est différente. Drastiquement. Sa perception, son analyse, son regard, tout chez elle est oblique. Curieuse, elle soulève les couvercles, retourne les pierres, regarde sous les lits. Elle a pour mission de révéler l’autre réalité, celle qui s’immisce entre les faits, la face cachée des choses. 
Du talent, elle sait qu’elle en a. Pas l’ombre d’une vanité pourtant dans ce qui n’est qu’un simple constat. Et à qui voudrait qu’elle le galvaude, elle ne craint pas de tenir tête. Il n’y a qu’à voir de quelle façon elle envoie valser John Selby qui faillit être son premier éditeur chez Rinehart pour comprendre l’idée qu’elle se fait très tôt de sa vocation et de l’originalité de son propos : « Je suis déjà en mesure de vous dire que je ne souhaite absolument pas travailler selon vos directives, comme le font les auteurs dont vous m’envoyez les noms. Il me semble que les qualités (si qualités il y a) que présente l’ouvrage sont intrinsèquement liées aux défauts que vous mentionnez. Je n’écris pas un roman conventionnel et je crois que la valeur de ce que je dis vient précisément de la singularité de mon expérience. » Voilà qui a le mérite d’être clair.
Son talent ne vaut rien si elle ne le met pas au service de sa conception du monde. Comme tout écrivain, elle a la sienne bien sûr, mais comme bien peu, elle détient le sens inné du mystère et du sacré. Telle est donc sa tranquille ambition : lever un coin du voile de l’invisible réalité."

 

Je suis en vacances, inutile de le préciser; ça se sentait, non ? Retour le 19 septembre.

 

 

31/08/2010

Boulimie végétarienne

 

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- Oh ! Vous n'avez pas mangé la quiche lorraine !

- Non, mais je vais enlever les petits morceaux de lard et ainsi...

- Vous êtes musulmane ?

- Pas du tout. Je suis végétarienne. Et Bouddhiste.

- Tibétaine ?

- Non, non, je suis née à Romorantin.

- Vous auriez du me prévenir. Je vous aurai concocté une soupe de courgettes à la menthe avec un zeste d'ail.

- Je ne mange pas d'ail.

- Ah ! 

- Vous savez, je pensais qu'il y avait un restaurant végétarien dans votre village.

- Ben non. 

- Je croyais, à tord, que c'était devenu la norme...

- Ici vous êtes en Provence où l'on chasse volontiers le sanglier. La daube, marinée dans du Vacqueyras, voilà la norme.

- Mon Dieu, quelle horreur !

- Pire encore ! C'est un joli village de barbares, ici. Toujours niquer, jamais mariage !

- ????

 

 

24/08/2010

Monsieur le président Blanc Laurent

 

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Entrées maritimes sur le massif de la Sainte Baume
(Photo : Jean-Yo des bois)
***
Cher sélectionneur de l'équipe de France,
Je vous écris cette lettre
que vous lirez peut-être
si vous avez le temps...
Oui, vous avez le temps.
Regardez cette vague qui surfe à flanc de Sainte Baume.
Elle est blanche et la distance rend bleue la montagne.
Cette vague, c'est celle du peuple qui a été humilié en Afrique du Sud.
Par des grèvistes qui encaissent plus de trois cents mille euros par mois.
Des abrutis pour la plupart.
Et vous souhaitez tout effacer
D'un coup de braguette magique
Celle d'un Ribéry, d'un Evra.
Cela ne va pas être possible.
Les français ne veulent plus jamais les revoir.
Ce qu'ils veulent, c'est lire de la fierté dans les yeux de ceux qui doivent leur succéder.
Comme celle qui était visible récemment dans ceux des athlètes du dernier championnat d'Europe d'athlétisme, celle de l'équipe de France de natation et, plus loin encore, celle de l'équipe de France de Handball, championne du monde, championne Olympique, et championne d'Europe.
Adieu les mercenaires qui n'ont foi qu'en leur agent et leur argent.
Il y a suffisamment de talents en herbe dans notre pays.
Je vous demande d'inssufler à ces bleus davantage d'éthique.
Ils ont une cervelle que diable! Et peut-être du style, de l'élégance
En toute circonstance.
Nous allons perdre des matchs me direz-vous.
Quelle importance, si le panache est au rendez-vous !
La patience, ce n'est pas un vilain défaut vous savez.
La bétise en revanche...

 

15/08/2010

Derviches tourneurs

 

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***
Les aoûtiens tentent chaque année, autour du quinze, de mettre le bonheur dans une valise.
S'engouffrent dans le couloir rhodanien à la recherche de leurs illusions perdues le reste de l'année.
Ils font caravanes sous le regard laconique d'un bison futé qui n'a de cesse de leur demander de reporter leur transhumance. En vain.
Ils font la queue le week end chez Ikea, aux remontées mécaniques quand la bise sera venue, au camping de Palavas les flots bleus, forcément bleus l'été et sur les autoroutes. Ceux-là détestent les départementales, faire des ronds de jambes aux tournesols. Ils ont des Ipod aux oreilles, la langue hirsute au petit matin, un GPS collé au pare-brise et puis, un jour, ils feront la queue pour admirer un coin d'oreille coupée dans le musée de l'arlésien d'Amsterdam...

11/08/2010

Comme un phare sur les rives du verbe

 

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***
Il alla vers l'horizon comme on va à un examen difficile.
Ignorant les piètres navigateurs du verbe.
Tous ceux qui ont perdu le nord des songes maritimes.
Et qui rament pour glaner quelques louanges.
Le langage demeura le lieu de son mythique exode.
Ce presque vivant flottant sous son manteau.

05/08/2010

Dans la boucle du temps

 

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***
Le fil de l'eau invite parfois à y accrocher des mots-cerfs-volants. Des mots feu de paille aussi.
L'eau abolit la forme et la régénère. La porte est grande ouverte mais parfois les lecteurs n'ont pas les clés. Ils y a ceux qui apprécient le style et d'autres qui ne lisent jamais de littérature. Ces derniers deviennent alors personnages de romans. Des meurtriers du verbe. Cigarettes au bec, entourés de petites pépées toujours à cheval sur le conformisme. Et fouette cochet !
L'écrivain collectionna, un temps, les petites mignonnettes de whisky comme Raymond Chandler qui aimaient se promener aux pieds des comptoirs. Sous l'oeil complice d'un chat formé sur le bitume de Melrose Avenue. Il n'avait que faire de ceux qui éprouvaient quelques difficultés à distinguer les subtilités de l'intrigue et des caractères.
De retour du Barracuda, agacé par la lenteur de la serveuse blonde platine, il décida de commencer la première phrase du premier chapitre de son premier roman par un tonitruant claquement de clavier : John Dodelino tua sa maîtresse avec la manivelle de sa Ford intérieur cuir. D'un coup sec sur la tempe. Il était 9h16 du matin. Mettant ainsi un terme final à sa recherche hystérique d'un maître à dominer. Puis John alluma le téléviseur pour meubler le silence et il se prépara une omelette au bacon, déclencha la musique ronchonne de l'unique climatiseur du salon. Il ne lui resta plus qu'à attendre patiemment que le soleil disparaisse au fond du Pacifique.
Comme disait Céline qui le tenait directo d'un "gouttière", vétéran borgne des bastons de poubelles sur les hauteurs de Meudon dans la vie, le chef d'oeuvre, c'est aussi de ne pas crever.

03/08/2010

Dessine-moi un abri !

 

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Photo Diana Thys (Marseille)
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Au fond, l'information raconte toujours la même histoire.

"Les ministres sont désormais en vacances. Ils ont été priés par le chef de l'Etat de rester modestes. Plage, montagne ou campagne, mais pas de bling-bling, rien que du sobre et en France."

Interruption momentanée du plan de communication gouvernementale.

L'été, selon la trêve estivale, la vie extérieure est une mince pellicule qui recouvre ses émotions, ses angoisses, et surtout son tranquille, doux et morne échec.
Pas de vagues à l'âme. Il fait chaud et le soleil n'a qu'à bien se tenir. C'est le temps où triomphe l'allusif qui allège le tragique. La grande solitude.
Il y a, parfois, une combinaison magique de petits riens qui donnent de l'épaisseur aux silhouettes à peine entrevues et ressuscitent la couleur d'une ville. Ainsi cet homme allongé sur un banc dans Marseille. Quelqu'un a déposé sur son buste, pendant son sommeil, le livre français le plus apprécié dans le monde: Le Petit prince de Saint-Ex dont les phrases coulent de l'unique blessure autour de laquelle l'oeuvre posera sans doute ses pansements.
Geste rare.

(Merci à Diana Thys pour toute son attention)

25/07/2010

Retour dans les grands espaces

 

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Clint et Angelina Jolie. L'oeil du maître
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"Le devenir est géographique chez les Américains. On n'a pas l'équivalent en France. Les Français sont trop humains, trop historiques, trop soucieux d'avenir et de passé. Ils passent leur temps à faire le point. Ils ne savent pas devenir, ils pensent en termes de passé et d'avenirs historiques. Même quant à la révolution, ils pensent à un "avenir révolutionnaire" plutôt qu'à un "devenir révolutionnaire".

Ils ne savent pas tracer des lignes, suivre un canal. Ils ne savent pas percer, limer le mur. Ils aiment trop les racines, les arbres, le cadastre, les points d'arborescence, les propriétés."

Point, ligne, plan, passage... La métaphore peut s'appliquer à l'urbanisme mais aussi à la littérature. C'est peut-être ça qui manque à la production littéraire en France : des personnages géographiques. Des personnages qui bougent et qui savent limer un mur. Qui savent franchir les clôtures comme les héros chez John Ford ou Clint Eastwood. "

 

(Je crois que c'est de Michel Foucault mais n'en suis pas sûr. En vacances, une semaine sans internet. See you)

 

 

22/07/2010

Garde à vue

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Perle : On est un peu à l'étroit, non ?
Charles : Normal, nous sommes dans une buanderie...
Perle : Tu crois qu'ils vont nous garder longtemps ?
Charles : Le temps qu'il faudra pour dénouer l'écheveau.
Perle : Ah...! Pourquoi t'es là, au fait ?
Charles : J'ai mis la main au Banier d'une ménagère de plus de 80 ans. Je suis le trader de mes bourses. Et toi ?
Perle : Pas grand chose, j'ai voulu mettre ma mère sous tonnelle...
Charles : C'est pas un crime ça.
Perle : Non, mais bon, en période de canicule...
Charles : Tu veux qu'elle transpire ?
Perle : Oui, je veux qu'elle me file le code de sa gold, qu'elle crache ses biftons au bassinet. La vieille, elle est complètement niquée du beignet. Et riche comme Fréjus.
Charles : I see. Toi, tu vas rater l'arrivée du tour de France des drogués. Ils grimpent le Tourmalet en ce moment même. Comme des mobylettes. Et le Président est de la fête... Il va saluer, debout dans la voiture officielle, le bon peuple qui réclame des jeux et du pain béni. C'est Byzance.

15/07/2010

La planète des songes

 

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Les mots, ici, rebondissent sur la peau d'un tambour lunaire.

Comme en écho, chacun devient le commentateur de ce qui lui incombe.

Prête son fil à la trame tissée sur cet écran.

Suit sa trajectoire de petite planète solitaire.

D'autres restent en marge et sourient.

Se faufilent dans l'imperceptible marge entre les mots et les êtres.

***

Le temps s'attarde l'été.

Prend un autre rythme.

Quitte le sentier de la durée linéaire.

Choisit l'escapade.

Rejoint les petites éternités estivales.

 

12/07/2010

En observant le minuscule

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Photo M.
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Il existe, prétendait Faulkner, qui courait volontiers les bois, treize façons de regarder un merle.
La perception du minuscule et du fugace interdit toute vision d'ensemble.
Le baba cool, en laissant pousser des fromages dans sa barbe, annihile toute hiérarchie et n'est pas en mesure de résoudre, à lui seul, les contradictions du réel et donc de la modernité.
Il ressent l'histoire moderne comme une déchirure et se lance dans les champs de lavande à la conquête d'une abeille bio sans qualité. Une fois unis, ils chercheront leur salut en dehors de l'espace historique et de toute conception réaliste. Doté de cette inguérissable blessure, le couple ainsi formé parviendra à trouver son point mort, une organisation de l'existant basée sur quelques activités culturelles. La cueillette du romarin destinée à faire mariner le Cabécou. Ils entonneront parfois à la MJC de leur intercommunalité le chant du départ sans indiquer l'arrivée au sommet du col.
Devenus vieux, les deux complices n'auront jamais su arbitrer ni résoudre les contradictions hégéliennes. Ils n'auront fait que les déplacer, les cacher, en les caricaturant; laissant inchangé l'état de choses qu'ils voulaient résoudre, ajoutant de nouvelles contradictions aux anciennes. Ne tenant dans leurs mains que les débris dérisoires de leur jeu désormais stérile, narcissiquement replié sur lui-même.

09/07/2010

Commenter

 

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 Ma Perle, reine mère, et son enfant Lune, chatte à demi sauvage posant pour la postérité
***
Tout d'abord, je vous fais grâce de commenter le match Allemagne/Espagne car la meilleure équipe du monde a baissé les bras, l'autre  soir, et laissé le champs libre à la finale aux Ibères. Ce sont les choses du footcheball. Imprévisibles. Pendant ce temps là, vous n'êtes pas restés muets.
***
  • Un grand merci à Isolde, amie de trente ans, et pas la moitié d'un cruche sans qui, ce flot de commentaires...
  • Maître Renard. La comparaison est énorme. Et mon animalité bombe le torse dès lors que tu me compare au milieu de terrain de l'équipe allemande. Au plaisir de te lire encore et encore...
  • Oui madame Saravati, j'étais hors champ ce soir là devant un écran plat qui décrivait des figures géométriques et footballistiques. Ici, c'est le territoire des mes chiens et chatte. Charles est très vexé par votre remarque, vous n'imaginez pas à quel point. Un chien mince comme une affiche. Pffffffff. Mesurez vos paroles, sinon je lâche Perle ! (sourine canin)
  • M., ma bichette, Dieu, accompagné de la grande Clémence, son alter ego mondialiste, te prient de tenir compte de la clavicule qui s'est installée durablement sous les cieux provençaux. On n'est pas aux pièces, merde kua ! (sourire en étoile de mer)
  • En fait, je vais tout vous dire mame Sarah va-ti-bien, j'essuie partout en ce moment. Les chambres, l'argenterie, et même les plaintes. Che travaille beaucoup, même les dimanches.
  • Frère Jean, je vois poindre sous votre bure une montagne de questions existentielles (mon mari). Pensez-vous sérieusement que je vais vous refiler les clés du poulailler ? ( Sourire coq, hein !)
  • Z'avez raison de plussover sur Jean, joli prénom. La France, reconnaissante, vous en remercie.
  • (sourire en forme de prie Dieu)
  • Isolde, ma soeur, mon double. "Que serais-je sans toi que ce balbutiement..." (Sourire aragonesque)
  • Les Héphémères : Passons à la sacristie, je vous prie..
  • Mélie, ma chérie, tu n'as pas reconnu Ashley? C'est elle qui est dans la pub Lewis un peu nouvelle vague" que tu avais appréciée l'autre jour (Sourire burgond)
  • Non Saravati, pas des tomettes anciennes (petit carreaux de terre cuites octogonaux ou hexagonaux provençaux) mais des carreaux bourguignons (Sourire truelle)
  • Vous arpentez tant de contrées Françoise. Biarritz, et son brouillard, sa vierge, le bar du marché, ses vagues...Merci.
  • Je soutiendrai l'Espagne dimanche. De fait, Isolde est bénévole mais pas ma secrétaire comme tu dis M. , alias mon chaton. Elle a souvent inventé, fait rire des millions de français et ça ce n'est pas rien. Mais bon, secret défense. 
  • Une fois tous les quatre ans, corvée de foot chère Zoë. Z'êtes plus près des paëllas que des fromages pasteurisés, n'oubliez pas.
  • Comme tu sais Boug, j'adore tes interventions ici. Toujours un petit mot tendre. Je te souhaite un délicieux été et t'embrasse fort.
  • Alors, chère Delphine, vous démarrez au quart de tour. Si vous saviez le nombre de blagues dont j'ai été l'objet sur ce blog. Isolde est coutumière du fait. C'est un peu son métier que d'écrire des trucs qui font rire ou pas. Je vous expliquerai un peu de son pedigree en privé. Elle a raison quant à ma fainéantise. Imaginez un peu. Je tiens ce blog depuis presque 5 ans et j'ai accusé reception de plus de 12000 commentaires. Quand vous saurez que je suis également sur Face Book, un site de photo qui s'appelle Flickr ou je dois également commenter, ça fait du boulot. Sans compter les courriels, ça use les claviers. Ceci-dit, je partage l'avis de Saravati qui est blogueuse en chef. Avec le temps, la règle "tu commentes, je te commente" a pris du plomb dans l'aile. Et comme vous le soulignez, tout dépend du commentaire. Je n'ai pas envie de répondre aux compliments. Ils n'appellent pas de commentaires d'ailleurs. Sinon un merci. Donc, je ne suis pas très poli, je l'avoue. Et puis, je ne suis pas toujours derrière mon écran mais plus volontiers sur les routes, au jardin, au Festival d'Avignon, au bordel. Je regarde la coupe du Monde de foot mais je n'achète pas Télérama...Bref, je vais regarder les cigales danser tout l'été et soutenir quelques fourmis dans leur tâche. Sur le fond, je dois avouer que ce sont mes mots qui comptent le plus et que je n'ai pas pour ambition d'attirer le complimenteur. Je m'en moque totalement. Non, comme le souligne Isolde, ce blog est devenu la boite à messages d'une joyeuse troupe de fraternels galopins. Mes lapins, comme ils disent eux-mêmes. Voilà. Pour le reste, je pense également que chaque intervenant à son niveau de lecture. Que celle-ci est d'une variété infinie. Je n'en reviens pas d'ailleurs. Que puiser dans cette géométrie variable du commentaire ? Que répondre à une maîtrise approximative du sens niché dans des phrases ? Et souvent le commentaire est indicateur de l'extrême complexité de la narration interne du sujet. Chacun voit midi à sa porte dit le vieil adage...ou cherche la milice à quatorze heures. Même les paranos ont des ennemis...(sourire de fin d'aprem caniculaire)
  • Chère Ema. Touchante votre intervention. Je ne sais si Deleuze pensait à écrire "à quelqu'un" ou plutôt au fait d'écrire. Z'êtes un animal sauvage il me semble. J'arpente les gens et ils me le rendent bien en général. Enfin, plus ou moins bien. Bon courage dans votre lutte. (Sourire lacanien)
  • Bon, je ne vais pas commenter vos échanges sinon on y est jusqu'à demain. 
  • Margot, alias Irma la douce, mais où avez vous déniché ce joyau signé Louis Malle et inspiré du roman de Pierre Drieu La Rochelle et de la vie de Jacques Rigaut...? Aïe, aïe, aïe Maurice, Maurice Ronet et Jeanne Moreau. Ces images dans le bus me rappellent les jours de ma jeunesse en noir et blanc à Paris.
  • Lapin, tu as vu cette lumière unique, du BDF, comme elle est patinée. Le mot est très juste. C'est la même que dans le film tourné par Vifill. Encore un magnifique souvenir. Enfin presque... Bisous d'amour à vous trois. Je pense à vous très beaucoup.