01.07.2009

L'été (sera) meurtrier

 

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La danse n'est pas seulement une technique singulière. Pina Bausch
 
C'était il y a un peu plus de trente ans dans la cour d'Honneur du palais des Papes. Une allemande débarquait sans tutu ni du tulle sur les terres théâtrales et populaires de Jean Vilar avec son Nelken. Un cataclysme dans l'univers de la danse. De celle qui puise ses racines dans le tragique, la dureté du monde.
De la danse-théâtre dira alors le gratin de la critique qui n'en croit pas ses yeux. Qui se surprend, aussi, à revoir sa copie. Pina déchire volontiers le décorum de la routine culturelle.
Quarante pièces plus tard, son univers résiste encore à l’oubli, l’érosion, l’affadissement. Même si, ces dernières années, "ce n'était plus ça".
Elle était encore sur une scène la semaine dernière. Jusqu'à ce qu'un "cancer fulgurant" emporte cette dame singulière sous d'autres cieux, sans crier gare.
"Et vogue le navire"...

 

29.06.2009

Chambre avec vous

 

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Photo Shutterlag
 
Enfermé dans sa chambre, l'écrivain fouilla dans les recoins de sa mémoire
se félicita d'une proximité retrouvée avec l'enfance.
Un travail d'archéologue du quotidien fut d'abord nécessaire.
Puis vint le temps de faire l'éloge du précaire,
de rassembler les éléments du vocabulaire conquis à rude épreuve.
Il s'agissait pour lui d'identifier certaines traces magiques
en laissant son âme plonger dans l'asphyxiante touffeur des familles.
Dans ce lent parcours, l'écriture s'était nimbée
d'une saturnienne mélancolie que tempéra le léger bruissement de l'humour.
Soudain la pièce toute de bois vêtue s'allongea,
libérant tous les objets, ces éléments humbles, tout droit sortis de sa cave.
Tous lui adressèrent une oeillade complice et ludique.
C'était des quilles, un grelot, une bille ou un calot qui lui suggérèrent les jeux de son enfance.
Mais aussi la pomme de pin du temps passé,
précieux trophée rapporté d'une promenade solitaire.

 

27.06.2009

Le bougeoir du crépuscule (Char)

 

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La lumière a un âge (René Char)
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Plus forte que leur opposition visible est l'harmonie invisible qui unit la lumière aux ténèbres.
Telle est la leçon (héraclitéenne) que donne à voir la peinture de Georges de la Tour.
Le temps d'un clin d'oeil.
Examinons cet état intermédiaire ou jour et nuit font l'épreuve de leur secrète alliance.
Quelle est la ligne de partage de l'ombre et de la lumière?
Cette ligne blanche pouvant tout aussi bien signifier l'issue de l'aube
que le bougeoir du crépuscule. (Char)
xx
Il n'y a pas de jour "à part soi", ni de nuit " à part soi",
mais c'est la coappartenance du jour et de la nuit qui est leur être même.
Si je dis seulement : jour, je ne sais rien encore de l'être du jour. 
Pour penser le jour, il faut le penser jusqu'à la nuit et inversement.
La nuit est le jour comme ayant décliné.
Ce qui est vraiment n'est ni l'un ni l'autre, mais la coappartenance des deux,
le milieu inapparent de l'un et de l'autre.
(Heidegger, 1966 premier séminaire improvisé au Thor
consacré à Parménide et à Héraclite)

26.06.2009

Drôles de drames

 

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Deux disparitions le même jour. Hier après-midi l'une des drôles de dames, celle que je préférai bien sûr, s'est envolée.  Charly, je peux vous l'avouer, c'était moi. Et juste avant minuit, heure française, France-info m'apprend que Bambi a eu une crise cardiaque. Cinq minutes plus tard, le journaliste annonce sa mort au conditionnel. Puis au présent.
Je n'ai pas envie de me relever pour tapoter quelques mots sur ce blog. Le sommeil l'emporte. Pourtant je me dis que ces deux-là vont faire faire la une des gazettes. Que bien sûr la mort du premier noir à avoir dansé sur la lune va occuper le devant de l'affiche au détriment de la vraie blonde. Juste avant d'être emporté par Morphée, je me suis dis que les quolibets allaient pleuvoir sur le premier artiste global privé d'enfance par un papa dictateur.
Et ce matin, je me suis branché sur toutes les radios jusqu'au moment où, sur France Inter, Alain Finkielkraut se demandait bravement pourquoi "de Tokyo à Londres, tant de gens allaient être affectés par sa mort."
Oui pourquoi? Le philosophe ne préfère pas se demander comment un jeune enfant noir est devenu une sorte de Fred Astaire planétaire en défiant les lois de la pesanteur, en renouvellant la chorégraphie instituée par un James Brown, l'écriture des vidéos-clip, en devenant le premier chanteur noir à être accepté par toute la planète. Il en est même devenu blanc de peau ne voulant plus être un noir, contrairement à Nougaro.
Un inventeur, un travailleur acharné, un petit génie de la scène devenu roi de la pop. Rien que ça.
Cracher sur sa tombe tient du superflu. Mieux vaut s'interroger sur l'essentiel, le secret de son génie.
La peur d'une biographie ajoute une crainte à la mort (Oscar Wilde).
J'attends avec impatience celle écrite par mon ami Olivier Cachin sur le petit Jackson qui avait toujours refusé de grandir.

 

 

23.06.2009

BT marabout et grosses ficelles

 

 

Cher docteur BT, cela fait cinq ans que ma femme et moi gérons notre couple de notre mieux. Depuis la crise financière nous n'avons plus de désir. Que faire ?

Je vous propose d'écouter (en boucle) la chronique boursière sur France Info.

Pensez vous, docteur BT, que ma rencontre amoureuse puis une vie commune de vingt ans a fait place après divorce de ma part à l'abandon (mon ex épouse est partie du domicile plusieurs années en vivant avec ma fille déjà fiancée).. De sa part elle ne voulait plus de dépendance. Aujourd'hui j'ai peur de trop souffrir en vieillissant. Pourtant nous étions parti sans calcul.

Bigre! Je suis marabout et non docteur. Votre affaire me semble bien compliquée. J'ai un peu de mal à comprendre qui couche avec qui là. Quoiqu'il en soit, si vous disposez d'un ordinateur bien équipé, je vous conseille de cliquer sur "calculatrice" puis de compter avec vos dix doigts votre pourcentage de dépendance au vieillissement. En cas d'échec, je vous recommande d'habiter au sommet d'une tour HLM et ensuite de sauter du balcon; un dimanche matin et de très bonne heure afin de ne pas blesser quelqu'un.

Jolie quadra, je ne vis que des aventures sans lendemain..ne croyez-vous pas que les hommes ont changé et que le couple ne les intéresse plus ?

Ne remettez plus à demain ce que vous devez faire impérativement le surlendemain ! Et puis, tout à fait entre-nous, il faut bien que les hommes (se) changent pour que rien ne change.

Bonjour,
Depuis plusieurs années j'aime une collèque de travail, mariée comme moi et ayant des enfants. Elle m'a avoué un jour qu'elle n'aimait pas son mari, âgé de 13 ans de plus qu'elle. Elle m'a déclaré son amour mais refuse des relations sexuelles avec moi. J'ai décidé de ne plus la revoir mais elle continue à me rappeler. Que faire docteur love marabout BT?

Téléphonez à votre agence EDF et demandez leur de couper le courant !

Cher BT, je suis célibataire depuis trois ans et pourtant je suis parfaite. Alors, la faute à qui?

Vous devriez en parler avec votre père.

Toutes mes amies sont mariées et moi je vis seule. Rencontrer quelqu'un est-il un facteur chance ?

Faites vous embaucher à la Poste, vous verrez bien !

Dans "A la recherche du temps perdu", Proust dit souvent qu'il faut feindre l'indifférence à l'égard d'une jolie femme pour que cette personne s'attache à nous. Qu'en pensez-vous?

"Laissez les jolies femmes aux hommes sans imagination" et abonnez-vous sans tarder au magazine des retraités de l'amour : "Le temps retrouvé".

Doc BT, je soupçonne ma main droite de me faire quelques infidèlités. Que dois-je faire?

Adhérez au PS et votez pour votre main gauche!

Bonjour ! Le célibat, dit-on, se résumerait à une trop grande exigence sur le/la partenaire souhaité(e) et/ou une trop grande place laissée à sa carrière professionnelle et/ou l'existence de barrières personnelles ?...Et lorsqu'on a quelques idées sur l'homme/ la femme qu'on désire sans cahier des charges imposant (exemple : ne pas vouloir d'un conjoint colérique et autoritaire car son propre père l'était), que le boulot ne prend pas autant de place dans sa vie et qu'on a fait une thérapie de plusieurs années ayant "guérie" ses plus grandes névroses ?
Bref je connais des personnes, hommes et femmes, ayant du mal à rencontrer (j'en fais partie) car c'est tout simplement difficile de se rencontrer physiquement !
Lorsqu'on sort dans les bars on ne s'accoste pas forcément chacun étant avec son groupe, tout le monde n'est pas friands des sites de rencontres, le stock d'amis est souvent épuisé, lorsqu'on travaille dans un milieu très féminin en tant que femme ou masculin en tant qu'homme la rencontre avec le sexe opposé est très difficile également...de faux prétextes me direz-vous ?
Merci de votre réponse ! Marie

Heu...Marie, je vous suggère d'acheter un sextoy puis d'y glisser un peu de confiture dessus et enfin d'enculer les mouches avec.

Monsieur BT, j'ai un blog comme vous et j'y raconte mes aventures sexuelles (C'est bon pour l'audimat ;).J'ai notamment raconté ma dernière aventure avec trois hommes qui m'ont fait jouir durant cinq heures. Je n'ai même pas honte. Est-ce normal?

En amour, comme en cent, la notion de normalité est très personnelle. Si un jour les jeux Olympiques du sexe se déroulent en Afrique, je vous recommande vivement d'y participer. N'est-ce pas là l'essentiel ?

 

21.06.2009

L'éventail céleste du temps

 

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Nouvelle saison
Les fruits sans boue, sans rosée ont tout leur goût
Le Mistral souffle les bougies annonçant le retour de l'été
Les herbacés portent les ferments de sa grandeur
C'est le retour des arômes frais
Chantant comme un bouquet de thym.
Le moment est venu de grandir, braver, oser (Colette)
De raconter l'aube retrouvée
Cet amour de l'harmonie familière et quotidienne
La capacité d'être satisfait et heureux de cette répétition toujours neuve
De ce qui fait le charme du passage du temps:
Regarder, se promener, construire, lire,
Se mettre à table dehors sur la terrasse
Entouré de visages chers
Parler, se rencontrer, s'aimer, être amis.
Penser à ceux qui,
de cette harmonie,
sont exclus.
(Photo Jean-Yo des bois)

 

 

19.06.2009

Un pays de silence

 

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Photo Mélie
Un pays où coulent lentement le goudron, les graviers cousus d'herbes folles,
la voie royale qui ignore les aboiements des pneus,
les papiers gras, les gares qui mettent les cygnes sur le bon rail.
C'était la ruée d'une poignée de sauvages venus des quatre coins de partout.
France se demandait si tous savaient tendre une oreille immobile
le soir autour de la table ronde.
Prenant le pouls du chevaleresque.
Du convivial sous roche.
Au bord du pays de silence l'on sentait un petit froid
quand, à la fin de la promenade,
la choralité qui avait fraternellement réunit l'équipée s'était défaite;
l'amitié restera mais cette constellation et son atmosphère ne se reproduiront pas.
Désagrégation d'un moment comme la forme des nuages
dont les yeux lumineux ignorent la peur du lendemain
mais flirtent d'un peu trop près avec la mélancolie.

 

 

18.06.2009

Simple et vrai

 

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Johann au repos
On n'hérite pas de la terre de ses ancêtres. On l'emprunte à ses enfants.
Antoine de Saint Exupery

 

 

16.06.2009

Solène et Yann G. pour le meilleur

Mes chéris,

Depuis ce 5 juin, je n'ai eu de cesse de penser à votre union. Celle que vous avez scellée en la mairie du 19ème arrondissement de la capitale. J'ai beaucoup songé, depuis, aux sourires que vous avez échangé avec les vôtres. L'automatisme du rire est implacable. Vous savez combien je me méfie de ceux qui évitent le rire et refusent son ouverture.

J'ai aimé cette cérémonie parce qu'elle coulait de source. Cela fait plus de dix ans que je partage avec vous des moments forts et exquis. Elégants comme ton costume, Yann. Légers comme ta robe somptueuse, Solène. Il était donc devenu urgent d'inscrire la beauté de votre relation sur un livre officiel.

 

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J'ai laissé glisser une ou deux larmes dans le parc des Buttes Chaumont quand j'ai vu couler celles de ton oncle, Yann. Comment, en effet, ne pas penser à ton cousin disparu trop tôt à ce moment si particulier qui construit les bases d'une existence. Je me souviendrai surtout de la promenade qui a suivi dans le parc. De ce moment précis que j'ai figé autour de l'arbre.

 

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Et des mots que j'ai ensuite échangé avec Solène. Je me souviendrai, enfin, de ces deux jours de partages en Bourgogne. Une fête authentique. Quelquechose d'assez proche du bonheur dont vous êtes les infatigables artisans.

Vous êtes formidables (pour la rime avec infatigables).

Indispensables à mon équilibre.

 

03.06.2009

Il était une fois dans le Morvan

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Lac des Settons dans le Morvan (Photo jean-Yo des bois)

De retour, chez moi, pour quelques temps dans le Morvan. Sur les terres de Vauban (Bazoches), des croisés (Vézelay),
des lacs (les Settons), des hêtres (sentiers celtes autour d'Autun), des sapins de noël (l'économie locale),
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des hérons (et ron et ron, petit patapon) (merci Jean-Yo),
des verts bocages (tachés de blancs manteaux charolais)
le pays terminus de la guerre des Gaules écrite par César (Bibracte)
Pays rude s'il en est,
mais si accueillant.
Loin, très loin de la grande agitation.
Jeudi, étape parisienne. Un enterrement.
celui de l'encyclopédiste ami de trente ans:
Roger Caratini.
Le lendemain, un mariage.
Celui de Yann G. et Solène "ma fille"
aux frontières du Parc régional du Morvan.
De l'émotion à tous les étages d'une vie simple, conviviale.
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Cette rose de mon jardin secret pour vous, passantes et passants,
dont les commentaires délicieux en noir et blanc sur ce qui me lie à mon fils (franco-islandais)
n'ont pas manqué de susciter quelques secousses sismiques sur l'échelle de nos petits coeurs sensibles.
Pour vous répondre dignement, ce petit texte de Leopardi:

"Je me suis longtemps refusé à tenir pour vrai ce que je vais dire, car compte tenu de la singularité de ma nature et du fait que l'on tend toujours à juger les autres d'après soi-même, je n'ai jamais été porté à haïr les hommes, mais au contraire à les aimer. C'est l'expérience qui, non sans résistance de ma part, a fini par me convaincre; mais je suis sûr que les lecteurs rompus au commerce des hommes reconnaîtrons la justesse de mes propos; tous les autres les trouveront excessifs, jusqu'au jour où l'expérience, s'ils ont jamais l'occasion de faire réellement l'expérience de la société humaine, leur ouvrira les yeux à leur tour."

Je serai privé d'internet durant ce séjour et c'est très bien ainsi.
On ne peut pas cultiver des amitiés durables et bloguer en même temps.
Des bises tendres à tutti.


31.05.2009

Tel père, tel fils ;)

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Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,

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Mais, dans l'œil du vieillard, on voit de la lumière.

Victor Hugo

(Photo Chloë)


30.05.2009

Les mots en queue de poison

 

Un mot entraîne l'autre dit la sagesse populaire.

Et si je ne suis pas sage la machine s'enraye comme dans la pièce de Nathalie Sarraute: "Pour un oui, pour un non".

Il suffit d'un mot, d'une phrase suspendue à deux pinces composées de trois petits points.

"C'est... bien...ça !"

Dans la pièce de madame Sarraute, donc, tout son théâtre repose sur l'examen narquois de l'infime dans le vocabulaire.

Je me souviens d'avoir apprécié chaque petite goutte de poison distillé grâce à cette belle machinerie verbale. Sami Frey et François Balmer en étaient les protagonistes.

J'avais raté la même avec Jean-Louis Trintignant et André Dussolier. Peu importe. Il s'agit d'un identique grain de sable qui provoque toujours une montagne de malentendus entre deux amis.  Durant toute la pièce, ils vont tenter de dissiper le quiproquo qui les a séparés. Il est né d'un léger accent, sans doute ironique. Au premier qui avait bénéficié d'un honneur quelconque - un voyage en Amérique du Sud pour une brochette d'écrivains - le second s'était borné à répondre par : C'est...bien...ça !

Les spectateurs prennaient parti pour l'un et l'autre, et inversement, d'une minute l'autre. Tout ça pour presque rien. Un compliment, en tout cas, mal interprêté. Une amitié de vingt ans remise en question pour une faute à peine verbalisée.

Le second a juste installé entre chaque mot un suspens mal enregistré par le radar d'un hypersensible qui y avait distingué beaucoup de mépris.

A tord ou à raison, quelle importance?

Ce n'est qu'un prétexte pour un réglement de comptes avec soi-même.

Il éclate souvent au nez des menteurs que nous sommes.

Que je suis surtout, prompt à jouer la comédie humaine (et pas des sentiments, je précise) sans perdre de vue mon implacable intérêt.

 

27.05.2009

Le Barça, enfin

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Gracias les petits (AFP)

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(AFP)

Thierry Henry, collectionneur de victoires...
Ce soir, il devient le joueur français le plus titré depuis Zidane et Kopa.

26.05.2009

Les égouts de l'amertume

Quantité de blogeurs m'épatent. Grâce à eux et au bruit qu'ils font sur leur clavier, les choses se remettent à leur place. Souvent les décors semblent être copiés-collés depuis le grenier de Roger Hart et la mise en scène de leur moi vaguement brûlant digne des Chorégies d'Orange. Bref, du Wagner chez Louis II relooké Conforama, javélisé grâce à la Croix et la Bavière; ça se termine le plus souvent mal comme dans une chanson de Renaud: ta...ta...ta !

Mon tout dans cette prose lourdement symbolique de la grande routine humaine, semée de clichés, marquée au coin de la prétention intellectuelle, avec son quota de casseroles issues de l'analyse ("Lacan dans le sexe") et où l'action patine dans la semoule jusqu'au bar des naufragés volontaires. Pour les idées, pas mal de marmites que l'on croyait depuis longtemps à la casse.

Le catalogue numérique, cousu de fil blanc, doit laisser à penser au lecteur qu'il est devenu l'intelligent du village virtuel, et ce malgré lui. Ces besogneux de l'écran plasma voudraient faire oublier qu'au siècle précédent les véritables inventeurs ou rénovateurs de formes - de Proust à Svevo, de Céline à Faulkner - ont mis au point leurs procédés malgré eux. Sans trop y penser. Il suffit de tapoter des tapuscrits. D'ouvrir au monde son journal intime:

J'ouvre mon frigo. Il est vide. Je le referme et me dirige vers le placard. Une boîte de cassoulet trône sur l'étagère. Je pense à Mathilde. Où se trouve l'ouvre-boîte bordel? Ah Mathilde, comme j'aimerai te culbuter sur la table IKEA. Je m'en souviens comme si c'était hier. Au jour d'aujourd'hui, je suis dans l'impasse. Je perd la boule de cristal. Je relis Anna Gavalda, en boucle. Mathilde, si c'était à refaire, je ne t'offrirais plus mes chemises rayées Hugo Boss à repasser...

Mathilde, je crois que je vais rejoindre une ONG humanitaire qui envoie des bouquins aux écoliers burkinabés.

La technique informatique permet tout; c'est à ça qu'on la reconnaît. Somme toute, cette technique multimédia, ce n'est jamais qu'une façon de négocier le tournant de l'impossiblité d'écrire...

 

25.05.2009

Il fait chaud à n'y pas croire

 

Perle et moi lançons un SOS pour faire en sorte que la température baisse.

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Je relis ce jour un passage du livre d'Annie Dillard (Pilgrim at Tinker Creek)
qui relate cet étrange comportement d'une tribu indienne dans l'Ouest américain:
L'une de ses sécheresses qui reviennent tous les neuf ans a frappé le secteur et les canyons se craquellent comme des cosses.
Une houle de chaleur monte de l'asphalte : pas étonnant qu'il courre l'oiseau coureur.
Montre-lui un coin d'herbe fraîche à ce volatile et il se prélassera jusqu'au jour du jugement dernier.
Arrive un camion qui traîne un pavois de poussière, une camionnette Ford et le gars fait marcher ses essuie-glace.
Sans doute un poivrot me dis-je; il n'y a pas un nuage.
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Et puis voilà qu'une vieille Mustang débouche dans le virage,
couverte d'un manteau de boue, pleine de chiens,
et les essuie-glace marchent,
les essuie-glace marchent avec un bruit de sabots sur le pare-brise.
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Je me dis que le soleil a du me brûler les yeux;
j'ai des éblouissements, la chaleur m'a épuisée, je délire.
Je double une Chevrolet, croise une Oldsmobile58, et tout est normal;
puis voilà qu'arrive un godelureau dans une Pinto, et les essuie-glace marchent,
se précipitent d'un bord sur l'autre comme des danseurs.
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Ce soir là dans un motel de Moab on m'a raconté toute l'histoire.
C'est une mode maintenant, depuis quelques années, qui sévit parmi les Indiens cinglés du coin.
Ils mettent en route leurs essuie-glace dès que la terre commence à avoir besoin d'eau.
Une espèce de moulin à prières !
Stupéfaite j'étais !
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Nous vivons dans un monde de miroirs bordés d'un horizon de trous et de déformations, de piquets au milieu de monceaux élevés de mirages, d'empilements, de meules de lumière mouvante.

Les moyens que cet écrivain, et d'autres semblables à elle, suggèrent sont parfaitement clairs.
Le lecteur est constamment invité à examiner l'organisation de la structure, la nature de la surface,
et à s'interroger sur la manière dont elles sont advenues.
Lire Annie Dillard c'est la prendre sur le fait - c'est à dire exactement comme elle s'y attend.





23.05.2009

Dance with me ! (commentaire)

De retour du pays des roses...

Oui Lilie, je les ai bichonnées, caressées, humées. J'ai, par ailleurs, beaucoup tondu, désherbé, taillé. Donc, j'accuse quelques douleurs au niveau des lombaires comme si je m'étais égaré dans Germinal, cher Simon. Une couleuvre a même traversé la haie pour admirer le travail. Ne vous faites pas plus sotte que moi Constance. Je suis imbattable en sottises. J'ai dans mes bottes quelques centaines de km: 627 exactement sous une température insolente. Surtout dans la cuvette lyonnaise.

Fourbu mais ravi, je vais dormir ce soir sous le ciel étoilé provençal et rêver de la Bourgogne où j'étais prince jardinier...ce matin encore. Je trouve que le retour fut plus long que l'aller. En fait, je sais pourquoi. Demain, il fera jour Bougrenette. Moi aussi je te bise. Dana, princesse roumaine, le poète a toujours raison. Enfin, presque toujours. Passagère havraise, la photo montre la vue sur la montagne bleue de Lure, depuis la Sainte Baume. Il me suffit de m'élever un peu le soir et hop.

Merci Mélie d'avoir fait diligence. Mesdames et messieurs, cette fille a une belle personnalité (une double).

 

Bisous à tous et bonne nuit. Et pour accompagner vos songes ce petit extrait godardien et dansant.

 

15.05.2009

Le soir tire son épingle du jour

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Quand le jour n'est pas encore le crépuscule
la distance rend les montagnes bleues
et la lune se distingue.
Le pin s'auréole d'une guirlande éphémère.

On admire toujours d'autant plus qu'on observe davantage
et qu'on raisonne moins disait Buffon.

Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire
répondit l'écho. Ici Boileau.


13.05.2009

C'était mieux après

 

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Avant, je me tapais tous les festivaux : Cannes, Avignon, Bourges, les Francofolies, Juste pour rire à Montréal, le festival de jazz à NY, Les étonnants voyageurs à Saint-Malo, Mozart (est là) à Aix...et j'en passe. J'ai même plongé ma Clio dans la piscine miraculeuse de Lourdes avec l'espoir d'en ressortir avec des pneus Michelin neufs. Souvent, donc, je me suis levé de très bonne heure à Cannes pour assister à la projection de 8h00 du matin et ensuite je me précipitais à la conférence de presse de Fellini, Godard, Wong kar-wai, Tarantino...

 

Aujourd'hui, je préfère jardiner. Je suis fier de partir pour ma Bourgogne et y retrouver mon tracteur tondeuse. Dans le tondre tout est bon !


(Françoiz Breut)

 

J'aime voir la vie défiler kilomètre après kilomètre. Elle se révèle toujours être ailleurs, pour qui veut la saisir en deçà ou au-delà des médiations et des connexions. C'est la lumière des villages qui défilent à douce allure. C'est l'endroit où l'on voudrait habiter mais où l'on n'habite pas, c'est parfois la fête. J'aime à retrouver quelques amitiés durables. Flairer les mesquins, les flatteurs, les narcissiques-léninistes, les faux-culs gentils qui traitent l'autre de crétin à peine qu'ils se traitent.

 

Comme il est dit dans l'évangile, seul celui qui est prêt à perdre sa vie peut la trouver et la sauver.

 

In fine, dénicher ce qui n'existe que dans le mot Désir.

(à pluche)

 

 

11.05.2009

Question amere

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Comment une éthique peut-elle vivre sous un ciel vide ?

10.05.2009

Silence

 

La famille de Nathalie de Mazaugues ne souhaite plus que son grand chagrin soit exposé sur ce blog. Je retire donc tous les articles et commentaires qui y étaient reliés. Merci à tous d'avoir dit votre émotion pour le partage et la fraternité. Par respect pour les très aimés de Nathalie, je propose que sur son absence, nous fassions désormais, silence.