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Chienne de vie

La nuit est bleue et la brillance des étoiles me saute aux yeux plus distinctement que des cailloux au creux d'une source. Il gèle. Les oiseaux sont aux abris. Une chouette a tiré la sonnette d'alarme. Profitant de la grande froidure le cambrioleur de morceaux de lune déploie sa grande échelle. Ce soir, la soeur planète est en haut de l'affiche. Le voleur sera obligé d'aligner des mots pour l'atteindre. Des voyelles, des consonnes comme autant de marches se glissant dans les brèches du ciel entre les galaxies.
Ma présence se fait plus discrète mais ardente. La chienne, museau en l'air, scrute l'espace. Elle aboie à d'invisibles ennemis. Le feu dans la cheminée se reflète sur les vitres. Une odeur de mousse enveloppe le paysage. Je m'enflamme et saute dans la nuit, où je laisserai, moi aussi, une trace brillante, mon égratignure d'étoile filante. Aux aurores, saoulés de ciels étoilés, la chienne et moi deviendront miroir et flamme quand la main d'azote effacera l'inscription des fautes anciennes.

Commentaires

  • Chatte de vie...
    "Je suis le diable et je vais commencer mes diableries sous la lune montante, parmi l'herbe bleue et les roses violacées… Gardez-vous, si je chante trop haut cette nuit, de mettre le nez à la fenêtre : vous pourriez mourir soudain de me voir, sur le faîte du toit, assis tout noir au centre de la lune."
    Colette, in "La paix chez les bêtes".

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