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Sous Héraclès exactement (suite)

Posté avant le lever du jour, à l’heure bleue, sous le chêne du plateau que tout le monde se plaît à nommer Héraclès. A l'affût du moindre déplacement d'air entre ses feuilles et le bruit produit. Celui des peupliers ressemble à l'écoulement de l'eau d'un ruisseau qui rêve au fougueux débit des torrents. Là, je me tiens à distance de ce qui est admis pendant une heure. En connivence avec le rebut.

J'examine le puzzle que forment les couples, de vérités criées en vérités chuchotées. L'arbre me rappelle qu'il n'y a pas de vérité, bien sûr, mais un éternel décalage entre ce qui est annoncé et la réalité. Il m'a déclaré, il y a bien longtemps, qu'un crime d’amour mijote lorsque l’idéalisation n’est que le fer de lance d’une romance.

Ce géant n'a pas connu Saint-Louis mais de peu. Il affiche des centaines de printemps au compteur. En connaît un rayon sur les blessures léguées par le temps, les traumatismes que la parole inflige aux corps. Il est un peu psychanalyste cet arbre. Lui-même se confie régulièrement à son voisin le hêtre. Ils analysent, de concert, ce qui suscite en chacun de nous une vibration, ce qui nous agite. Et ils gardent précieusement les confidences des promeneurs qui s'allongent volontiers sous leurs majestueuses branches.

Héraclès et son compagnon savent ignorer ce que l'on sait. Mais ils n’ignorent rien de ce que l’on se cache jusqu'au noyau de notre désidéalisation. A chacun de trouver la sortie de son labyrinthe.

Commentaires

  • "Literature, he said, was a parody of life" Joyce.

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