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Dernière veillée islandaise

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Photo Philippe Patay
Ce matin, dès 7h00, les machines municipales de Reykjavik entraient en action pour effacer les traces de la beuverie nocturne. Il y eu bien quelques beuglements avant 8h00. Deux vikings qui faisaient des bières supplémentaires sous mes fenêtres puisque la maison se situe à l'épicentre des bars sur l'échelle de Carlsberg. Ils chutaient, se relevaient, s'arrosaient de houblon. Pourtant, le vent n'était pas commode.
Verres pilés, ou jetés sur les pelouses, bouteilles de gnôle errantes poussées par la bise ornementaient le centre ville. Si à Paris, il existe des aspirateurs à merde, ici, les tubes avalent du verre. Sans le moindre spectateur puisque la ville reprend goût à la vie et ses esprits vers 10h00.
Marchand de verres, voilà un truc qui doit rapporter gros puisque les islandais, une fois jetés dehors, continuent de boire à la fraîche jusqu'aux premiers rayons du soleil. Ensuite, ils plongent dans le noir en hurlant leur bonheur de vivre sous pareille latitude.
Combien y-a-t-il de saisons en Islande (autre question qui revient souvent) ? Il y a l'hiver et juin-juillet. Parfois, il peut y avoir quatres saisons en une seule journée d'été.
Toutefois, le gulf stream qui termine sa course folle (depuis le golfe du Mexique) sur la côte Ouest de l'Islande atténue cette sensation de froid quand le vent vient du pôle; grosso modo, il fait moins froid à Reykjavik que dans le Jura ou le Morvan. Moins cinq en moyenne, l'hiver.
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J'ai invité Kjartan et sa fille Mia a déjeuner à 13h00. Au menu, poulet rôti et pommes de terre avec du pèbre d'ail apporté de Provence. La petite n'a rien laissé dans son assiette. Intimidée, au début, elle me toisait du haut de ses cinq ans et je lui ai dit que, plus tard, elle ne sera pas Miss Monde mais sûrement la nouvelle Greta Garbo. Elle m'a regardé comme si j'étais Bob l'éponge. En riant. Ensuite, elle a disparu derrière une énorme part de gâteau au chocolat.
Une heure plus tôt (sainte Thérèse, une heure avant le repas) je suis allé écouter La chorale de Reykjavik qui répétait. J'en frissonne encore. Une centaine de voix interprêtant des chants orthodoxes de Rakmaninoff. J'avais le coeur serré puisque manquait une voix qui est en train de s'éteindre...
Cet après-midi, je vais à Hveragerdi sur la côte sud avec Matta, à cet endroit où la géothermie offre des bains d'eau chaude uniques au monde. Imaginez une bananeraie à quelques lieues du cercle polaire. Hé oui, l'Islande produit des bananes en grande quantité grâce à cette énergie offerte par Odin. Il fait entre trente et quarante degrés sous des hectares de serres. Poivrons, aubergines, courgettes, piments poussent comme des petits pains. Quand le soleil se pointe par dessus les montagnes, en février seulement.
Que vous dire encore? Que ce soir, c'est encore le grand charivari. La course à l'alcool et à l'orgasme obligatoire. (sainte thérèse, c'est chiant comme la pluie ces nuits islandaises. Ils font l'amour sans jamais lâcher leurs verres)
Les islandais sont des barbares en costumes cravates dès le lundi. Les jeunes filles ont des corps de mannequins, certes, mais beaucoup de poids chiche en prime dans leur caboche. Quand aux garçons, je préfère ne rien en dire, tellement il y a peu à dire. Les plus grands écrivains islandais s'en chargent dans leurs romans ou essais et je vous donnerai la liste de ceux qui sont traduits. Le plus doué d'entre-eux ne l'est pas. (traduit, Thérèse, traduit) et c'est bien dommage car il n'y va pas avec le dos de la cuillère. C'est du brutal. Comme tout ici. Ils devraient organiser les championnats du monde du non-dit et comme pour les miss Monde ou Univers, ils seraient placés gagnants. Ceci-dit, ce sont des gens charmants, en semaine. Du lundi 9h00 au jeudi 20h00.

Commentaires

  • Jamais je pourrais jeter une bouteille de bière par terre, même complètement bourrée. Moi les bouteilles de bière je les ramène à la consigne, monsieur, y'a pas de petites économies.
    Ces gens du Nord sont vraiment des Barbares.
    Je serai plus rassurée quand tu seras rentrée.

  • Chez moi, il y a deux saisons : l'hiver et les travaux.

  • Les biologistes islandais sont très inquiets pour leur volaille. Depuis que la grippe aviaire a été dépistée en Ecosse, ils ont enfermés poules et canards. Ils craignent les migrateurs qui parviendront jusqu'à leur côte. Rappelons que l'Islande accueille des millions d'oiseaux chaque printemps. Oies cendrées, canards pas laqués, sternes venues d'Afrique, de France et même d'Australie. Macareux-moines, cygnes sauvages...et pigeons très voyageurs. Les plus faibles vont disparaître dans l'océan. Les pêcheurs d'Islande ont reçu des ordres pour ne pas en ramener dans leurs filets. Et surtout d'évaluer les dégâts causés par le virus. On craint le pire.

  • et chez moi, il n'y a pas de saison, c'est toujours tiède , ni froid l'hiver, ni chaud l'été ... morne plaine ...

  • Ils ne voient pas la vie en rose les vikings comme sur le sommet de cette magnifique photo du grand manitou Philippe Patay. Heureusement que tous ceux qui viennent chez toi en France se tiennent bien. Tu me diras qu'il s'agit généralement d'écrivains, de journalistes, d'acteurs ou de photographes...
    Invite plutôt, un jour, un chef d'entreprise libéral bronzé à la lampe ou un maçon islandais qui se les gèle pour que je regarde leur fièvre monter un vendredi ou samedi soir.
    Elle a raison Thérèse, reviens vite. Et pis d'abord, tu nous manque.

  • A vous lire, on devine que les islandais peuvent prétendre au titre de champions du monde dans nombre de catégories : lecture, participation à des chorales, lancer de bouteilles de gnôle...

    Les filles semblent issues d'un croisement improbable entre top-modeles et walkyries, mensurations divines et casques à pointe. Les garçons, d'un inédit mélange de culture et de sauvagerie. Quel pays étonnant, à la fois primitif et ultramoderne, ouvert au monde et si fier de ses traditions, autant bipolaire que polaire...

    Je joins ma voix au choeur de mes consoeurs : profitez bien de cette dernière Reyjkavik's wake et revenez vite sous nos climats moins extrêmes (encore que...).

  • Je vous souhaite bien du courage pour cette ultime veillée.
    Pensées.

  • "Je tords mon cœur pour qu'il s'égoutte en rimes d'or."
    Jules Laforgue, "Veillée d'avril".
    Oui, pensées douces pour vous et les vôtres.

  • Tendresses
    pour le bain tropical avec Matta
    jl

  • Tout pareil que Sainte Thérèse... Nous ne rions plus et vous prions de rentrer au plus vite.
    "La course à l'alcool et à l'orgasme obligatoire.".... Non, mais où va t-on !?
    Revenez revenez !

  • Terrible distance entre
    cette gamine adorable
    et ce que tu nous dis du pays où elle va grandir

    Je suppose que là-bas comme ailleurs
    il y a les barbares des barabares

    ceux qui renversent
    ce qui a été renversé.

    je souhaite qu'elle en soit

    Luc

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