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Magnolia for ever

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Je suis un magnolia en fleur dès le début d'avril. Parfois les gelées brûlent mes pétales. Cette année, j'ai pu donner du rose et du blanc à volonté aux passants qui souvent arrêtent leur voiture pour me photographier. Je trône au centre de ce jardin depuis longtemps. En fait, depuis le printemps 1919. C'est un homme qui revenait des tranchées de Verdun qui m'a donné cette chance. Pas de doute, ce gars aimait planter des arbres. Je ne sais toujours pas pourquoi mais il pleurait ce matin-là en me posant dans un trou surdimensionné pour ma taille. Il n'y avait que de la bonne terre autour de mes racines. Et un poirier qui m'a considérablement gêné dans mon évolution. Heureusement, il est mort. J'ai pu m'élargir vers l'Ouest. Donner un peu plus d'équilibre à mes branches. Je me souviens de toutes les générations qui se sont amusées avec moi. D'abord celles qui adoraient jouer à saute-mouton. Puis les enfants des enfants se sont succédés et parfois ils arrachaient les feuilles vertes de ma tenue d'été. Je n'en ai jamais pris ombrage.
Je suis bien traité, rassurez-vous. Le petit-fils du planteur enlève soigneusement les mousses qui, par souci d'indiquer où se trouve le nord, attirent des insectes peu fréquentables. L'hiver, j'ai droit à mes rations de cendres du feu de cheminée. Et même à du fumier de cheval. Un jour, le petit fils en question m'a adressé la parole. Il avait l'air plus sérieux que d'habitude. Il m'a simplement dit :
- ça te dérangerait si, un jour, je fais disperser mes cendres à tes pieds ?
Pour lui faire comprendre que cette décision ne pouvait que m'enchanter, j'ai appelé le vent et je lui ai demandé d'envoyer un nombre considérable de mes pétales de ce printemps par la fenêtre ouverte de sa chambre. Le vent a opiné derechef. Et dans la minute qui a suivi son lit était recouvert de ma soie rose et blanche.

Commentaires

  • Trop beaux (le magnolia et le texte). J'adore l'idée de l'arbre et du vent s'alliant et offrant une si belle réponse. Cordialement.

  • et un pétale d'iris d'ici de plus... pour ajouter une touche de couleur à ce portrait... et chuchoter mon amitié pour vous aux racines.

  • Dites donc, vous avez fait installer l'ADSL dans votre campagne ?
    bien amicalement,
    Lydia

  • tres jolis mots

  • Un vrai-faux rêveur, cet homme qui murmurait à l'oreille des magnolias.

  • "Merci", dit l'homme qui en 1919 planta le magnolia, c'est là ma plus belle médaille ...

  • L'homme qui plantait des arbres. Un film de F. Back d'après Giono. Vous connaissez bien sûr. Intéressant ce côté "midinette" chez vous !

  • Magnolia, you go girl ! ! !

    http://photos1.blogger.com/blogger/2840/960/1024/DSCN0014%284%29.jpg

  • Dans ton écrit, tout me parle, me touche.
    Et avec un magnolia comme celui-ci dans son jardin, on sait d'où l'on vient, et de fait, on sait où l'on va.
    Mon arbre à moi est né d'une greffe à quatre mains, réalisée avec ma grand-mère.
    Depuis, le cerisier me montre le chemin.

  • Ce cultivateur de mots
    sait mettre en fleur
    chaque saison
    même les plus monotones.

  • Bonjour Yann, vous êtes nouveau par ici mais tout indique que vous connaissez l'hôte beaucoup mieux que nous toutes et tous. Votre commentaire en dit long sur vos connivences affectives et je sens que celles-ci ont de profondes racines. Sinon, vous ne seriez pas entré dans la danse des mots jetés ici en pâture. Quelque chose a du vous choquer, comme moi, dans certains commentaires.
    Pourtant, ce qui est pratique avec Trotter, c'est que l'on peut lire non seulement entre ses lignes mais aussi apprécier son esprit de synthèse. Avec lui, pas de fioritures. Il faut être aveugle ou trop lié avec le monde des apparences pour ne pas comprendre ces quelques lignes et que sous cet arbre se niche - comme l'indique Yann - toute une généalogie et tous les paysages qui constituent l'individu Trotter. Molly a bien su lire aussi ce que vous nous murmurez là. Je n'en suis pas étonnée. Il y a tant d'émotions dans ces mots que je ne cacherai pas la mienne. Pourtant, il suffit d'une pirouette hors sujet, d'un jeu de mots pour prendre la fuite devant ce qui n'est qu'évidence. Il y a beaucoup d'amour de la vie, de ceux qui vous précèdent Trotter. Vous avez su tirer le meilleur de cette transmission, de cette trace qui "montre le chemin" (merci Yann).
    Trotter, vos amis et vous sont d'une bien belle trempe. Avec vous, l'arbre ne cache pas la forêt des sentiments humains. Au contraire.
    (J'ai beaucoup aimé, aussi, le poirier comme réponse au magnolia. Faut-il vivre à la campagne, Miss Iowa, pour rester proche de la nature, de l'humain?) :o)

  • Je sens que le mot "midinette" va susciter de nombreux commentaires réprobateurs. Pourtant, L'homme qui plantait des arbres" de Giono est le livre culte de l'hôte. Un seul mot en trop et tout bascule...Un mot qui traduit le sens profond d'un trouble. Le vent va souffler dans les branches.

  • Un truc de "Midinette"...ce texte? kaïe, kaïe!!!
    Ben moi, je sais qu'il ne répondra pas. Depuis le sombre passage de nono le Danube de la pensée , il m'a dit qu'il ne fera plus de commentaire aux commentaires mais qu'il exercera son droit de réponse sur les notes. Ceci dit, c'est pas son genre de servir de miroir réfléchissant aux souverains poncifs.

  • Le commentaire d'Elvire est le plus court chemin menant au coeur de cette note.

  • Oui, mais c'est parce qu'elvire est sans arbre.

  • Je recherchais le magniolia de Ponge... je n'ai trouvé que le mimosa... :o)

    "Sur fon d'azur le voici, comme un personnage de la comédie italienne, avec un rien d'histrionisme saugrenu, poudré comme Pierrot, dans son costume à pois jaune.
    Mais ce n'est pas un arbuste lunaire: plutôt solaire, multisolaire."

  • Pierrot : il semblerait que je sois la seule commentatrice à avoir un peu le sens de l'humour ici et à oser charrier notre trotter. Ne faites pas de paranoia à sa place s'il vous plait. Quand je dis midinette, je pense à cette sensibilité féminine que je trouve dans son écriture tout simplement. (pfff s'il faut se justifier maintenant) (heureusement que vous êtes tombé sur moi et pas sur nono effectivement parce qu'avec un commentaire comme ça ça repartait de plus belle) (et gnagnagni et gnagnagna la meilleure eau c'est la Badoit) (faudrait peut être que je freine ma sensibilité masculine de temps en temps) (en attendant c'est moi qui ai deviné pour Giono na !)

  • Parano ? Sans aucun doute. J'ai une fâcheuse tendance à penser que, parfois, des mots sont posés juste à côté de la plaque. Mais je fais mon mea culpa. Et je vais corriger le tir. Tenez, par exemple, je trouve que vous avez toujours le mot pour sourire (note du dessus) quand d'autres s'effacent pudiquement... mais bon, je n'ai pas comme vous le sens de l'humour à tous les étages, c'est vrai.

  • Heu...moi aussi ,M'dame Trub, je faisais de l'humour...mais personne n'a rien vu...j'suis triste, tiens.
    c'était pas si con pourtant, "magnolia for ever"


    si ? Tant pis, j'assume

  • Milles et une excuse miss trub ;)
    j'imagine que tout le monde a une parfaite connaissance de la marche du "monde".

  • Bon, je viens de me faire enguirlander. A juste titre. J'aurai du écrire comme Elvire. Ce qui va droit au coeur. Toutes mes excuses aussi.

  • oh, c'est quoi, ce cirque ? c'est le jour du guignol ?

  • Bon, le calme revient. Je suis le seul à pouvoir comprendre ce qui se trame. A connaître un peu de chacun de vous. Ces blogs ne sont que des territoires à mots. Ce qui se cache derrière parfois dépasse les pensées.
    parfois cela peut ressembler à un dîner de con. Il faut mesurer ses mots, hein.
    Mais le plus souvent ces mêmes mots sont d'un énorme réconfort. Il y a dans tous ces commentaires très percutants de quoi faire sourire, espérer, apronfondir, surfer sur le tragique.
    Je vous remercie toutes et tous de l'extrême attention que vous portez à mon magnolia ; )

  • Il y a eu un gros orage hier soir sur Lyon. La pluie a tout balayé, tout effacé. Je prend l'humour comme dernier rempart contre la bétise, la douleur et la mort. Je n'ai trouvé que celui là. Pour oublier les larmes qui coulent sur les joues de millions d'êtres humains chaque jour. Pour oublier que personne ne sait de quoi demain est fait. Pour oublier que nous ne sommes que de misérables marionnettes que quelqu'un manipule là haut comme bon lui semble. Pour oublier que je n'ai pas d'arbre et qu'il serait peut être temps que je pense à en planter un ! Bonne journée.

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