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  • Le Da vinci tour passe par la Sainte Baume

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    (Photo DR)
    Sept heures. Premiers sons de cloche, en provenance du haut lieu sacré. Les derniers vont résonner à 21h00. Nous sommes en mai, le soleil rampe déjà aux pieds de la Sainte Baume. Ignorant la grotte jusqu’à son coucher, l’hiver, les rayons daignent enfin s’attarder quelques minutes au printemps et jusqu’à la fin de l’été sur le flanc Nord forestier. La montagne s’affiche alors en rose sur ses douze kilomètres de longueur.

    Sept heures et des poussières donc. La vie commune débute pour les cinq frères Dominicains qui résident, à flanc de falaise, aux côtés de Marie-Madeleine. Il en est ainsi depuis sept siècles. Avant eux, la charge en incombait aux Bénédictins. Matines et laudes dès 7h30 précises. Messe à la grotte à 11h00 pour les randonneurs pratiquants et vêpres à 18h00 pour ceux qui ne sont pas ennemis du temps. Les aiguilles de l’horloge mécanique des moines donne le la au carillon et parfois à la vie locale par vent d’Est uniquement. Premier de cordée, Stéphane, le boulanger du Plan D’Aups qui ne fait pas des bâtards mais achève du cuire les « pavés » qui seront découpés en belles tranches pour les lèves tôt par Sylvie, grande prêtresse du petit déjeuner et de Maison Rouge.
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    (photo Marielle Serre)
    Ceux qui travaillent à Marseille sont déjà loin. Ils en ont terminé avec les lacets qui dominent Auriol et sont en vue d’Aubagne espérant ainsi éviter les bouchons quotidiens en bordure d’Huveaune. Christian, garde forestier de l’Office National des Forêts, est rasé de près. Ce matin, il a décidé de se lancer à la recherche des insectes qui lui indiquent l’état du bio top. Pilou, son berger allemand, trépigne d’impatience. Il a deviné l’origine de la destination à la simple vue des pièges à insectes. D’après les dominicains, c’est lui le véritable ermite de la Sainte Baume puisqu’il vit seul aux béguines, grande bâtisse posée aux pieds de la partie la plus élevée de la montagne. Autre acteur local déjà en piste, Gilles le compagnon menuisier qui achève de construire son atelier. Sans doute le plus couillu du village puisque sa femme va donner naissance à des triplés. Conduit par deux juments, Iliade et Maelis, l’attelage de François, autre pilier de l’ONF, rompt parfois le silence et s’incruste avec son magnifique équipage pendant quelques minutes dans le paysage. Ce fils de calabrais, de Francesco, est incollable sur le nom des plantes et des arbres. Peu bavard, il résume en une phrase ce qu’il ressent lorsqu’il est face à la forêt : « C’est simple, je suis habité par elle ».
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    Contemplatif pendant ses heures creuses, il mesure durant ses patrouilles combien la disparition lente mais inéluctable des pins sur le plateau témoigne du changement climatique local. La sécheresse s’est installée durablement dans cet espace protégé. Les lits des ruisseaux sont secs avant l’heure.
    Pas question de boire de l’eau chez Jean-Claude, patron du bar de la Mairie. Il s’active dès huit heures derrière son comptoir. Figue emblématique du village, il a été élu râleur le plus délicieux de la contrée par la majorité de ses clients. Son bar restaurant tient un rôle majeur dans un village qui ne s’est jamais préoccupé d’avoir un centre. Jean-Claude bougonne d’abord et discute après. Un jour, il a refusé deux touristes venus là pour se restaurer en urgence : « C’est complet ! ». Le restaurant était vide. Agressivité toute montagnarde à quelques lieues de Marseille ? Non, bon énervement buissonnier.
    Chasseur de « grosses bêtes uniquement », c'est-à-dire de sangliers, de solitaires, Jean-Claude est issu d’une ancienne famille locale. De celles comme les Portalier, les Toulon, les Roubaud et autres Alzeal qui vivaient à l’écart, en autarcie, et qui étaient obligées de tout regarder en face pour survivre. Avec des désirs faits pour endurer l’hiver. Comme tous les habitants du Plan d’Aups, il sait qu’il vaut mieux apprendre très vite la musique des vents sans même connaître le solfège plutôt que de se composer des sourires qui sonnent faux. La montagne aiguise l’œil, année après année. Il ne suffit pas de regarder l’immense paysage mais de voir, ne pas scruter mais apercevoir. Le tout avec un sens élevé de l’humilité. La convivialité ne se niche pas très loin. Le plus souvent derrière un bouquet de genêts ou de genévriers.
    Ici, on a vécu pendant des siècles en dessous du seuil de précarité.
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    Cette contrée indique imperceptiblement au voyageur qu’il ne dispose pas de beaucoup de temps sur la Terre. On n’y parle que du « vrai temps », celui qui égrène ces heures passées à l’affût, ces après-midi de battue en forêt juste pour observer les hêtres, les ifs plusieurs fois centenaires et les animaux, ces moments d’attention faits pour penser aux absents qui sont partis trop tôt. A une mère qui arpentait les pentes résidentielles de Marie Madeleine, observait un milan tournoyer au dessus de la maison sans doute attiré par les poules du voisin. Chacun passe au peigne fin ces entrefaites de vigilance, oui, juste là, derrière le rideau de la fenêtre qui donne sur le Saint-Pilon. Comment faire pour conserver au fond du coeur avant la fin août, cette mort minuscule de l’été et cette pluie d’étoiles filantes, ces intenses secondes d’apprentissage, d’initiation, de raccord, de soudage, de réunion fraternelle avec le monde vivant. Comment faire pour affronter l’hiver et l’absence de l’être aimé ? C’est déjà l’automne. Le temps des vagabondages, disent les québécois et leur plus attentif écrivain, Robert Lalonde : "Ces temps qui vous font plus connaissant et moins important, ces échappées belles qui rachètent les enfermements, les entêtements.
    Ces instants sortis des horloges et des agendas, braconniers, ces extraordinaires moments ordinaires qui vous trouvent alangui mais aux aguets, au bord d’un ruisseau ou la face plongée dans un très beau livre, ces précieuses minutes où vous n’agissez plus mais pendant lesquelles on agit sur vous et vous êtes le lieu d’un abandon, d’une amélioration, d’un modulation, parfois d’une transmutation (…) Cette durée inestimable, effrayante et joyeuse pendant laquelle vous êtes semeur et récolteur en même temps. »
    Bref, en parlant de ces temps d’aujourd’hui, comment ne pas faire vivre, enfin, les légendes qui sont inscrites dans toutes les mémoires des visiteurs. En ce lieu unique de Provence, les croyances populaires et les phantasmes collectifs ont toujours fait bon ménage. Impossible de ne pas fréquenter les mystères qui planent au dessus de la chaîne et de saisir l’occasion de se reconnaître en eux, avec tous ses secrets personnels, une bonne dose de perplexité et un aplomb déraisonnable.
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    A la Sainte Baume, le pèlerin, l’habitant, le marcheur croyant ou l’incroyant touriste réalise que ce qu’il peut tirer de meilleur de ses espérances et de ses terreurs forestières, c’est une histoire, une métaphore, une certitude bien paradoxale, dont il est à la fois « l’auteur et l’observateur privilégié ».
    Cela peut parfois tourner au comique lorsque frère Jean-Christophe découvre, un beau matin, une américaine assise en tailleur sur l’autel de la grotte de Marie Madeleine. En position zen afin de puiser pour elle seule « toutes les énergies ». Et le dominicain de lui demander d’en descendre parce que « toutes les bonnes énergies sont rassemblées dans l’ensemble du lieu » et pas seulement sur l’autel gris bleu de l’Eglise.
    La Sainte Baume est un ventre maternel et fécond. Et sa forêt un itinéraire du sacré menant vers la grotte, vers l'obscur. Un parcours initiatique très pentu où l'humain peut espérer renaître à une autre vie. Médiatrice, Marie Madeleine a donné naissance à d'innombrables croyants.
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    (photo DR)
    La foule de pèlerins ne cesse d’augmenter. Laissant parfois derrière elle des reliquats plastifiés que ne peut digérer cette réserve biologique. Pour frère Nicolas Jean «C’est un espace de liberté qui a ses valeurs de silence. En venant à la grotte, c’est un défi qu’il faut relever à travers la beauté des lieux. La falaise est une sorte d’écrin d’une mémoire dont on n’est pas sûr. Le silence y est exigeant. Il peut même devenir redoutable pour certaines personnes. Ce peut être une présence pour certains. Une absence pour les autres. Un vide qui nous ramène à notre propre vide. Pourtant, comme le répétait en son temps l’Abbé Veyssière : « Je ne sais pas si Marie Madeleine est venue ici mais je sais qu’elle est là. »
    Le dominicain cite volontiers le chapitre II, verset 14 du cantique des Cantiques : « Ma colombe aux fentes du rocher, au secret de l’ascension, révèle moi ton apparence, que j’entende ta voix cruellement douce, découvre ton beau visage. »
    Il s’inquiète un peu de la vision qu’en offre l’auteur du « Da vinci code » (Dan Brown) (ndlr) qui l’a présentée comme l’épouse de Dieu. « Non, corrige Frère Nicolas-Jean, Marie Madeleine n’était pas l’épouse secrète de Jésus. » Notre époque met volontiers en scène les itinéraires spirituels. Il se peut que s’organise dans l’avenir une sorte de « Da vinci tour ». Et chez les cathodiques pratiquants, « la grotte des célébrités » ?

    Mieux vaut s’arrêter sur l’osmose qui s’impose entre l’environnement et la méditation. C’est que proposera le site internet (en construction) des dominicains : « Et oui, nous vivons avec ce temps, organisons notre vie en fonction des rencontres à la grotte. Nous avons l’ADSL depuis décembre 2004 mais pas l’eau courante.» m’annonce en souriant Frère-Nicolas.
    Retournons poursuivre cette méditation auprès de l’ermite sans religion de l’ONF, Christian, qui explore depuis quinze ans le sombre manteau de la forêt relique et ses 138 hectares : « J’aime bien mon isolement. Je ne me lasse pas d’arpenter chaque coin et recoin. Quant tu arrives ici, tu te dis : c’est là. T’es arrivé où tu voulais. Et si tu n’y est pas vraiment dans ce lieu et bien il va t’en chasser. C’est ainsi. Soit tu l’acceptes soit tu te tire ! Si tu y reste et bien crois-moi tu auras chaque jour des sensations fortes, tu te sens ici en dehors du temps. Comme si tu te trouvais dans un autre monde à quelques kilomètres seulement de la grande agitation. Et si tu te poses quelques jours tu repartiras avec le plein de sensations et d’émotions. Pour moi c’est un lieu de féminité par excellence. Pas seulement à cause de la grotte aux œufs, dite de la fécondité, mais parce que c’est le lieu de la transcendance. Tu es obligé de communier avec. »
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    (photo DR)
    Conteur émérite, Christian ne fais pas qu’observer la chute des arbres, guette l’apparition des semis, des rejets, d’enregistrer la vie secrète des insectes sous la couche d’humus, non il se costume aussi en sociologue certaines nuits pour assister à des cérémonies d’un autre âge. Il y a eu dans le passé d’étranges réunions de femmes peu intéressées par les plantes herbacées vivaces qui sont légions sous les hêtres plusieurs fois centenaires. Des femmes pas du tout concernées par la coryladis solida et son fidèle compagnon, le nemosyne parmesus, papillon de haute voltige. Des créatures venues là pour célébrer leur féminité et surtout la fécondité du lieu. Elles se prosternaient devant des triangles en proférant des incantations transmises oralement depuis la nuit des temps dit-on. Pas question de fricoter avec les druides abonnés aux mystères telluriques du site et qui ont rendez-vous chaque année et de nuit au solstice d’été avec leur petit théâtre d’exorcismes. Plus gauloise encore, une bande d’allumés venus de Varages prend position tous les ans sur la crête pour pratiquer un culte phallique à distance raisonnable du Saint-Pilon. Chants et breuvages en supplément.

    Il y a enfin quelques égarés, piqués par un mystique, qui se lancent à eux-mêmes des cris d’alarme. Christian observe ses visages pâles en bon indien qu’il est. Il est en symbiose avec cette nature et il regarde passer les caravanes avec humour. Il sait que l’on ne sait rien finalement des arbres qui sont agrippés aux parois de la montagne. Il redoute de quitter son nid, d’en finir avec l’histoire d’amour qu’il a noué avec la forêt quand la retraite va sonner. Il sait enfin que les querelles de clochers au village sont dérisoires face à la géopoétique de la Sainte Baume. C’est-il aperçu qu’il n’y a pas de clocher dans ce paysage béni des dieux?

    Maison d'hôtes : www.mamaisonrouge.com)

  • A la convenance du vin

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    Colette, travaillant du chapeau, dans le jardin de sa maison natale à Saint-Sauveur en Puisaye (Yonne)
    "Partout on travaille, mais le rythme du labeur se plie à la convenance du vin qui n'aime ni la hâte, ni la brutalité. Autour de nous règnent les sons amortis, le calme et ce luxe suprême, bientôt inaccessible à notre existence: la lenteur réfléchie, la mesure. Au-dehors, la bise elle-même galope, la route se couvre d'automobiles, le téléphone grelotte sans trêve. Mais au chevet du vin cloîtré, le temps s'endort et peut-être que nous cessons, un moment, de vieillir."

    Qui saura mieux écrire ? Mesdames, à vos plumes !
    Ce texte, de ma favorite, me fait pleurer quand je le lis.

    (Signalons que c'est Molly qui est à l'initiative de cette petite provoc (hein, Joye) et que c'est elle qui a déniché ce texte. Je la dénonce bien volontiers)

  • Perruches aux camélias

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    Perle, Perle, où es-tu mon orchidée?
    - Dans la chambre, pourquoi?
    Pour rien, je voulais juste te faire des bisous.
    - Ah!
    Comment ça, ah ?
    - Pour rien, je ronge mon os. Je suis en train de lire les sept piliers de la sagesse.
    C'est bien ça...Et tu en es où ?
    - Heu... au sixième pilier.
    J'arrive ma chérie, j'en termine et je viens t'embrasser... Comment ça au sixième pilier? Tu te moque ou bien ?
    - Non...je plaisantais...
    Toi, tu as fait une connerie. Tes oreilles tirées vers l'arrière me l'indique. Ton regard aussi. Alors?
    - Ben rien. Je n'ai rien fait de mal.
    Tu me prends pour un lapin de trois jours ?
    - Non.
    Et mon cul, c'est des croquettes de poulet ?
    - Non, j'ai juste regardé par dessus ton épaule pendant que tu lisais tes mails...
    Je te signale que c'est mal. Mais bon, de toutes les façons, ça ne sortira pas de la maison, hein!?
    -Ben non. Sauf que je connais des humains qui sont anthropomorphistes donc...qui ont des oreilles.
    Qu'est-ce tu as lu? Venons en au fait.
    - Une dame t'écrivait un petit mail pour te dire qu'elle avait peur d'intervenir sur les commentaires de ton blog.
    Et bien, continue ?
    - Elle disait que tes amis devaient beaucoup t'aimer... parce qu'ils tapaient fort quand même, parfois, enfin, heu...sur ceux qui commentent à tord et à travers. Elle disait qu'elle avait peur de laisser des com...
    Et toi, tu en pense quoi ?
    -Moi? Tu plaisantes.
    Non, non, dis-moi?
    - Je n'ose pas.
    Allez...!
    - Et ben moi, je pense que toutes ces bonnes femmes elles n'ont qu'à aller voir ailleurs si j'y suis. Voilà. Marre de ce défilé de perruches aux camélias sur ton blog.

  • Souverains poncifs

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    « Chaque fleur attire sa mouche. » Jules Renard
    La vitesse, le volant, un truc d’homme ? Du phallique là-dedans? Y'en a.
    J’ai connu une romancière qu’en prenait au p’tit déjeuner. Du volant.
    Françoise Sagan, par exemple. Derrière la femme de lettres se cachait une amoureuse des belles cylindrées et de la vitesse. En 1954, elle profite de ses premiers droits d'auteur pour acheter un roadster (Jaguar) qu'elle adorait conduire pieds nus et cheveux au vent. À l’époque, Françoise Sagan roulait vite, trop vite et partageait avec son frère des jeux dangereux puisqu'ils s'amusaient régulièrement, le matin très tôt, à se lancer l'un contre l'autre à toute vitesse place St Sulpice pour ne s'arrêter qu'au dernier moment. Fureur de vivre ? Sans doute. Après ce roadster Jaguar suivront d'autres voitures d'exception : une Gordini, une Buick et une A.C. Cobra, jusqu'à la fameuse Aston Martin dans laquelle Françoise Sagan faillit périr le 14 avril 1957.
    James Dean, aussi, aimait la vitesse. Il en est mort le pauvre. Un truc d’homme qui aimait les hommes, je vous dis. Hein, James !
    Michèle Mouton, première femme (une blonde en plus) à se frotter aux membres (très tendus) de la confrérie des pilotes sur terre et asphalte avec une Audi Quatro. Elle a manqué d'un cheveu le titre de Championne du Monde des Rallyes.
    Ah, quel beau symbole phallique que le volant... La pédale d’accélérateur fait grandir mon sexe. Heureusement que je ne suis pas un embrayage (Pédale de gauche, abonnée à Télérama) sinon qu’est-ce qu’on entendrait dans le landernau du conformisme et de la tolérance qui sent la rose.
    Chers missionnaires de la connaissance, hier, il y avait deux femmes qui nous (les hommes) ont fait tourner la tête et rendus chèvres.
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    L’une d’elle pilotait cette barquette rouge, spécialement conçue pour les circuits. Elle prenait garde à bien nous dépasser sans nous regarder. Histoire de ne pas nous vexer. Normal, Brigitte, elle avait une plus grosse cylindrée que la mienne. Heureusement, j’avais les boules. Sûrement une old british lesbian, que j’ai pensé dans ma Ford intérieur cuir!

  • A vive allure

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    Parfois le rêve devient jeu, un exercice d'imagination et de nombres. Par dessus tout, le rêve et le jeu procurent le treillis de la comédie. Comment faire pour attirer le lecteur courant et le rare? Ecrire un "Finnegans Wake" pour tous. A la recherche du lecteur communautaire à qui nous aurions ouvert les portes d'un séminaire mené, tambours battants, par Roland Barthes et Jacques Lacan. Thème du jour: "L'énorme langage".
    Lecteur froid et finaud, tu es le bienvenu dans l'antre de l'élitaire pour tous. Marx, si tu nous entends...
    Ecrire un livre qui regorge de sentimentalité, d'esprit, de grivoiserie, des sonorités de Music hall (au sens Joycien, "criticism of life"), un livre plein de pudeur, de "frérocité" (Lacan), celle d'un frère (Rocco Siffredi) à repasser par exemple et qui s'en revient d'un long voyage. Hélas, il trouve sa Pénélope en train de tourner un film X dans leur chambre à coucher.
    Pensons à tous nos fantaisistes et géomanciens qui ont aidés le lecteur à jouer : Beckett, Borges, Beker, Blanchot, Bernhard, Barthelme, Burroughs et Nabokov.
    Jouer : Le fin du fin, le vice et la joie du postmodernisme. Considérer la surface d'une grimace dans un décor minéral, faire surgir le macaronique de derrière les fagots (hé, hé Luc!), caresser le parodique, maquiller le goliardique et toute autre tradition comique.
    Consulter les philosophes de tout acabit, les historiens sur l'Histoire qui se répète, la première fois comme une tragédie, la seconde comme une farce; et peut-être à la fin, prier : "Loud, heap miseries upon us yet our arts with laughters low."

    Ps: Bon, demain, c'est petite confrontation sur route fermée avec l'engin jaune et blanc ci-dessus, histoire d'affronter les méandres de l'histoire en cours. Une histoire antique, comme ce modèle de bolide passé à la postérité puisque "Champion du monde" au milieu des années 80.

  • Le grand Charles et Yvonne

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    Qu’est-ce que tu respires ?
    - Les nouveaux blogs.
    Alors ?
    - Rien de vraiment neuf, oh Charles discret de la bourgeoisie !
    Facile. Je peux t’en trouver des trucs de ce genre avec Perle.
    - Par exemple ?
    Perle à rebours…
    - Ah oui, mais ça, ce n’est pas de toi. Je le sais.
    Tu sais comment ils nous appellent au village ?
    - Non ?
    Le grand Charles et Yvonne…
    - Bien trouvé. Je m’imagine aisément en première dame de France dans les années soixante. Discrète, enfin, réservée je veux dire, pudique…Genre fixant l’horizon et roulant à vive allure dans une DS noire.
    Bien, revenons aux blogs. Qu’est-ce que tu as reniflé d’intéressant ?
    - Désespérément le même chant : « Je tout tourne » comme disait Apollinaire. Bref, toujours le curieux désaccord de ce qui est prétendu unisson.
    Et toi ? Tu as pondu quelque chose aujourd’hui ?
    - Oui. Je te le lis ?
    J’aimerais bien.
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    (Robert Mitchum dans "La nuit du chasseur")
    - Ainsi rampe une ombre, le serpent peureux de la nuit, le long des maisons.
    Le révérend père Killer nous a tués en colportant des mots d’amour avec son revolver caché dans la bible. Tués parce qu’il nous a écrits. « Love » par-ci, « Love » par-là. Le mot tombeau.
    Un mot, aujourd’hui, élevé aux amphétamines, body buldé, quoi.
    Encore un anglicisme.Tu exagères.
    - Mon Charles, le mot amour gonflé artificiellement, si tu préfères, par des handicapés sentimentaux, à la recherche de la toute puissance perdue. Et que la trame de ce désaccord soit l’enfance, rien d’étonnant. Secrète idée que le moi est haïssable. Et qu’il faut transmettre le linge sale aux suivants.
    Du tragi-comique de répétition légué en héritage aux enfants?
    - Ben oui. « Je t’aime mon Unique. Mon miroir à moi ». Ces mots-là poussent comme du chiendent sur les blogs. Hu, hu. À la fin, ça se termine mal. Ruptures à gogo. Et trémolos. Tu sais, grand Charles, il y a beaucoup d’alchimistes sur les blogs qui pensent nous persuader qu’ils sont capables de transformer le cuivre en or.

  • Un seul coquelicot vous manque et...

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    Le printemps est propice au repeuplement des couleurs. C'est pourtant en cette période que des Van Gogh prennent la clé des champs. Ils disparaissent pour toujours. Déposent des mots sur l'herbe qui vont bruire avec les grillons. Le temps idéal pour "se gorger soudain du proche, donner un souffle à la vie, de la volupté aux tourments secrets, le propre d'autrui, le sentir vôtre un instant." (Fet, poète russe)
    Et bien non. Le corps s'étire bienheureux puis inquiet. Jusqu'à devenir gisant avec "deux trous rouges au côté droit".
    Je me repose davantage. Une guêpe taquine mes cheveux. Je lui offre une chance. Butiner ailleurs.
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    J'entends le café qui coule. La chienne lève la tête doucement. Elle veut dormir encore sur la terrasse. Quelques oiseaux jouent aux kamikazes avec la chatte. Une mésange se pose sur un brin d'herbe plus élevé que les autres au milieu d'un massif de fleurs jaunes. La Chatte rampe. Un centimètre après l'autre. Prépare son attaque. Je maintiens ma position de scruteur de ciel. La chienne lève son museau rose. Elle sent déjà l'odeur du sang à venir. D'autres oiseaux poussent des cris pour prévenir du danger. La mésange affamée passe outre. Son bec s'attarde sur les graines qui donnent du plomb à l'herbe et la font pencher. Un mètre sépare la proie du chasseur.
    Je frappe dans mes mains...
    "Le café est prêt...!"

  • 25 mai 1926...

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    «Pourquoi jouer tant de notes alors qu'il suffit de jouer les meilleures ?»
    Miles Davis

  • Nominée pas triste

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    "Il me lança à pleine voile_sur les flots_de la confiance et de l'amour_qui m'attiraient si fort..."
    Thérèse, Manuscrit A, 80 v°

    Ma chérie,
    J’avais envie de t’écrire cette lettre depuis longtemps. T’inquiète, je voulais simplement te dire que ton blog me comble de joies et surtout pourquoi. Lorsque j’ai débarqué dessus, j’ai fait un rapprochement entre la vraie Thérèse de Lisieux et toi, celle de Mufflins

    http://saintetherese.hautetfort.com/

    Quelque chose vous relie toutes les deux. Nous en avons mille signes et dans tes textes et dans la façon dont elle, la vraie Sainte, a tenu à la vie, dont elle a préféré la vie, jusqu'à la fin. Avec, j'ose le dire, une singulière gaîté, la gaîté de l'affirmation et du "oui", une autre gaîté encore que celle du gai savoir, moins cruelle sans doute, mais une gaîté, la joie simple du bonheur à laquelle des oreilles assez fines ne pouvaient pas manquer d'être sensibles. Et une façon surtout de rendre compte du tragique par le rire. Dans le film d’Alain Cavalier, « Thérèse », il y a cette gaîté là, de celle qui témoigne tout à la fois de la souffrance et de l’espérance.
    Voilà.
    Faire sourire et surtout rire par l’écriture n’est pas offert à tous nos congénères. On ne rencontre pas un Chaplin dans la rue tous les jours. (Non, je ne suis pas en train de te comparer à ce Mozart du tragique social.) Ce que je veux te dire c’est qu’il y a en toi, une affinité avec les explorateurs de ce vrai tragique. Des peurs, des angoisses aussi et que tu surfes avec. Comme Pierre Etaix, WC Fields, Buster Keaton, les Marx brothers. Bien sûr, tu n’es qu’une naine comparée à ces artistes mais…
    Oui, tu es une feignasse, une inculte et tu t’en vante. Mais tu as cette affinité, cette « communauté inavouable » avec ceux qui savent détourner le fleuve nommé « ennui ». Tu sais, sur ces blogs que nous visitons par-ci par-là, on se fait chier le plus souvent. Il y a de la douleur, certes, beaucoup d’ennuis, de l’éloge facile, des bobos, du « Moi-même personnellement », du « No souçaiiii, » des « ça l’fait » où des «On s’est éclaté, c’était la teuf ». Je pense que le Maréchal sait ce qui se joue derrière cette linguistique là.
    Toi, tu balances, tu n’affirme pas par la négation. Tu fais swinguer les mots, parfois, avec l’ironie du désespoir. Une arme redoutable. Bien sûr, ceux qui savent lire te disent combien ils sont heureux de découvrir tout haut ce qu’ils pensent tout bas ; ça fait du bien. Et ils en redemandent. Moi aussi.
    Grandir, braver, oser… par le rire. C’est un travail de titan. Des méchants te jalousent. Et ils te l’ont fait savoir. Parce qu’ils sont incapables de passer au peigne fin leur capacité à transmettre, à aimer, à rire d’eux-mêmes. C’est bien connu, les dictateurs, les despotes éclairés ou pas n’ont pas d’humour.
    Ils rêvent de faire ton bonheur idéologique et grammatical en t’envoyant dans ce Nord qui t’a vu naître. Ta mission, pensent-ils, c’est d’arracher des betteraves…
    J’en ai croisé et beaucoup interviouwé des comiques, tu le sais, puisque je suis inspecteur des Impôts. Et bien crois-moi, le seul qui me faisait rire, il n’est plus là.
    Il y a eu Timsit, un temps. Celui des débuts. Je me souviens avoir bien rigouli avec lui parce qu’il avait osé dire ça dans son spectacle : « Qu’est-ce qu’ils disent les israéliens lorsqu’ils vont se lamenter devant le mur ? Putain mon Dieu, pourquoi je l’ai manqué ce palestinien ce matin ??? »
    Si c’est Dieudonné qui dit cette phrase ? Aïe ! Tu imagines qu’il ne s’agit pas du même ressort comique. Pour te dire combien faire rire, hé ben c’est pas de la tarte.
    Bien, j’arrête.
    Ah si, encore un truc. Thérèse, tu as l’âge de ma fille. Elle s’est envolée un peu trop vite.
    J’aurai aimé qu’elle me fasse rire comme tu le fais.
    Amitiés à toi et au Maréchal.

  • La manche à l'envers

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    Dans les couloirs du métro, les rebonds de fesses anonymes. Mosaïques d'affiches, tickets malaxés, cartes orange pressées; la rame est à quai. Une pichenette, la porte s'ouvre. Un embroullaimini de visages, m'assois contre la molesquine, débouche un roman de Raymond Carver.
    Next station. Un dandy des faubourgs fait son entrée :

    "Mesdames et messieurs, je m'excuse de vous importuner car je sais que vous êtes très sollicités. Je vais passer parmi vous pour vous donner de l'argent. Je vous souhaite une bonne soirée.
    -Madame ?
    Non merci.
    - J'insiste. C'est difficile vous savez!
    Bon, d'accord.
    Monsieur, un billet de cinquante euros, pour vous ?
    Oui, volontiers.
    - Merci, vous avez du coeur...
    Pour vous remercier, mesdames et messieurs, cet extrait de Louis Ferdinand Céline, de son "Voyage au bout de la nuit"...
    "Banlieue, pallaisson devant la ville
    Où chacun passe,
    Crache, s'essuie les pieds.
    Banlieue de hargne..."

  • Echos rapiécés du bled

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    Sortir humer le trottoir mouillé. Tout à l’heure, il pleuvait des parapluies. Rues pavées, étroites, annotées de linges trempés, avenues constellées de branches brisées. Feuilles mortes. Des vertes et des pas mûres. Le vent, oublié par quelques saints de glace, sonne le glas de vieilles affiches abandonnées sur les placards d’un cinéma en attente d’un prix pas très franc. Celui d’avant l’oubli de la dernière séance. Où sont les rempailleurs ? « Vitrifiés !!! Vitrifiés !!!! ».
    Où est passé le rémouleur qui biglait sous les dessous des filles au balcon ?
    Odeurs des sixties au 21ème siècle. Des Charles Trenet parlent turc, malien, laotien. Boucherie casher, viandes délavées, chiche kebab, le printemps passe son rouleau sur la mondialisation. Librairie poétique. Mignonne tête embroussaillée. Des mains fines effeuillent un bouquin non rogné, un copyright d’avant sa naissance. Le vendeur calme par sa voix coquelicot. Dans une école voisine des pas et des cris s’élèvent puis retombent. Crissements caoutchouc de grolles en fin de saison.
    Un clodo togolais parle aux oiseaux, fait le paon devant une bouteille de bourbon slovaque. Pisse contre un bio vélo en levant sa jambe gauche. Parfois les bleus le soignent vertement pour tapage diurne. Sur les murs, longues laisses de graffiti. C’est d’quel côté la scène ?
    Un bistrot, une halte; ça sent l’ail, le ragoût mal digéré. Tiercé perdant et gras double. Tapis de tickets de loterie sur cendre et mégots. La serveuse fume. Un café s’il vous plait. En face, une boutique improvisée de téléphonie par cartes. Téléphone arabe, en cabine, pour donner quelques nouvelles, cueillir les échos rapiécés du bled.

  • Les toutous flingueurs en Provence

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    Perle: Je dois vous prévenir, Monsieur Charles, votre présence, ici, sur mes terres, ne me sied pas. Quoiqu'il en soit, je m'adapte, pour l'instant. Vous avez fait un long voyage, puis-je vous demander pourquoi ?
    Charles : Bon, que les choses soient bien claires. Je suis revenu pour canner ici, et pour me faire enterrer en Provence avec mes vioques. Les Amériques, c'est chouette pour prendre du carbure. On peut y vivre, à la rigueur. Mais question de laisser ses os, hein, y'a que la France.
    Perle: Maintenant que vous êtes dans l'honnête, m'sieur Charles, pouvez pas savoir le nombre de malfaisants qui existent par ici. Devriez chercher un coin plus tranquille. Le trotter à passé l'arme à gauche. Pourrez pas éternellement vous réclamer de ses humanités.
    Charles : Mais le trotter, ç'a été une épée, un cador. Moi j'suis objectif, on parlera encore de lui dans cent ans. Seulement faut bien reconnaître qu'il avait décliné, surtout de la tête.
    Perle : C'est vrai qu'sur la fin il disait un peu n'importe quoi. Il avait comme des vaps, des caprices d'enfant.
    Charles : Enfin, toi qui y a causé en dernier, t'as sûrement remarqué ?
    Perle : Remarqué quoi ? Evitez de me tutoyer, j'ai pas fréquenté les bordels de Floride moi.
    Charles :T'as quand même pas pris au sérieux cette histoire de succession ?
    Perle : Pourquoi ? Fallait pas ? Ben, j'ai eu tort.
    Charles : Ah, ah. Et voilà.
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    Perle : Tu vois, Pepita, c'était pas la peine de s'énerver, monsieur convient.
    Pepita : Y'en a qu'abuseraient de la situation, mais ma soeur et moi, c'est pas notre genre. Qu'est-ce qu'on pourrait faire qui vous obligerait, m'sieur Charles ?
    Charles : Décarrer d'ici. J'ai promis à mon pote de m'occuper de ses affaires. Puisque je vous dis que j'ai eu tort, là. Seulement, tort ou pas tort, maintenant c'est moi le patron. Voilà.
    Perle : Écoute, on t'connaît pas. Mais laisse-nous te dire que tu te prépares des nuits blanches, des migraines, des nervous breakdown, comme on dit de nos jours.
    Charles : J'ai une santé de fer. Voilà quinze ans que j'vis à la campagne, que j'me couche avec le soleil, et que j'me lève avec les poules.
    Perle : C'est quand même marrant les évolutions, quand j'l'ai connu le trotter, il recrutait pas chez la SPA !
    Charles : Vous savez ce que c'est : l’âge, l'éloignement. A la fin de sa vie, il s'était lancé sur le reclassement des légionnaires.
    Perle: Ah si c'est une œuvre, c'est autre chose ! Mais pour l'heure, c'est toi qui va te trouver un autre viager.
    Charles : Perle, mon petit, je ne voudrais pas te paraître vieux jeux et encore moins grossier...L'homme de la pampa parfois rude, reste toujours courtois... Mais la vérité m'oblige à te le dire: Tu commences à me les briser menu!
    (Avec l'aimable autorisation de Michel Audiard)

  • Monts d'Arrée sur image

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    C'était la semaine dernière. Entre ciel breton et vieille montagne armoricaine dénudée par les vents d'ouest. Un coin idéal pour écouter la météo marine sur France Inter: Beaufort, Fisher, mer d'Irlande...
    La voix apaisante écoutée par les marins de tous bords. Et surtout par leurs femmes, pas encore veuves. Pêcheurs d'Islande, de Terre Neuve, du Nord de la Norvège. Le poisson est aux abonnés absents. Il faut aller toujours plus loin, plus haut pour espérer...
    Sur terre, on guette le druide entre fougères et landes lunaires. Finistère : Fin du voyage. Fin de la terre. Terminus des boat people venus de toute l'Eurasie. Renaissance.
    Natacha était derrière l'objectif. Son mari Joèl un peu plus loin. Il peint des chevaux mêlés à des corps de femmes. C'est un breton. Natacha, elle, est une superbe sirène brune venue de l'étrange. Sans aucun doute la fille d'un dieu de bonté.
    Elle porte le don en elle. Celui qui s'immisce dans nos vies et dont on prend l'exacte mesure qu'après. Ce don que nous aimons par dessus tout parce qu'il n'est jamais annoncé. Joèl le sait. Il le respire tous les jours ce don. Pourquoi les gens qui s'aiment sont-ils si peu nombreux ? Avec ce couple là, j'ai dansé avec les nuages.

  • Anorexie, anorexia

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    Il pleut des régimes à toute vapeur sur les magazines féminins. L'été approche. Le corps, ce meilleur ennemi de la femme occidentale, selon les nouveaux gouroux de la finance éditoriale, reprend sa place à la Une. Comme tous les ans. Quatre cents sites aux USA vantent les "bienfaits" de l'anorexie, de la femme bien ficelée dans ses souffrances. Une maladie de riches ? Pas si simple. Néanmoins, j'aimerai bien savoir ce qu'en pense la femme soudanaise. Il faudrait lui demander son avis. Les psy sont très partagés. Tous disent qu'il y a un rapport avec l'argent et le pouvoir masculin, la domination masculine dans cette pathologie qui se répand de plus en plus.
    Cette photo, trouvée sur un blog qui vante les charmes des femmes rondes (oui, les hommes préfèrent les rondes) et dont j'ai égaré le lien, a été retouchée par un couturier de chez Photoshop. Je trouve qu'elle vaut son pesant d'or. Mesdames et messieurs, un petit débat sur la question ?

  • Sous les jupes des filles

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    Rétines et pupilles,
    Les garçons ont les yeux qui brillent
    Pour un jeu de dupes :
    Voir sous les jupes des filles,
    Et la vie toute entière,
    Absorbés par cette affaire,
    Par ce jeu de dupes :
    Voir sous les jupes des filles.

    Elles, très fières,
    Sur leurs escabeaux en l'air,
    Regard méprisant et laissant le vent tout faire,
    Elles, dans l'suave,
    La faiblesse des hommes, elles savent
    Que la seule chose qui tourne sur terre,
    C'est leurs robes légères.

    On en fait beaucoup,
    Se pencher, tordre son cou
    Pour voir l'infortune,
    À quoi nos vies se résument,
    Pour voir tout l'orgueil,
    Toutes les guerres avec les deuils,
    La mort, la beauté,
    Les chansons d'été,
    Les rêves.

    Si parfois, ça les gène et qu'elles veulent pas
    Qu'on regarde leurs guiboles, les garçons s'affolent de ça.

    Alors faut qu'ça tombe :
    Les hommes ou bien les palombes,
    Les bleres, les khmers rouges,
    Le moindre chevreuil qui bouge.
    Fanfare bleu blanc rage,
    Verres de rouge et vert de rage,
    L'honneur des milices,
    Tu seras un homme, mon fils.

    Elles, pas fières,
    Sur leurs escabeaux en l'air,
    Regard implorant, et ne comprenant pas tout,
    Elles, dans l'grave,
    La faiblesse des hommes, elles savent
    Que la seule chose qui tourne sur cette terre,
    C'est leurs robes légères...
    La, la,la,la,la
    Alain Souchon.

    (Photo de me, myself, I en action à Paris saisie par Sylvie S, alias Trublyonne)

  • Lettre ouverte à ma Perle

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    Mon loukoum, mon orchidée, ma cantate,
    Combien de temps passé sans toi ? Un mois déjà. Je sais bien que pour toi, dix minutes ou deux mois c'est du pareil au même. C'est surtout trop long. Bon, je vais bientôt revenir me promener avec toi sur la montagne. Je t'imagine toute trottinante entre asphodèles et iris nains. Je t'écris de Paris. Je suis chez ce photographe dont tu détestes le chien Charles. C'est vrai, il est un peu nigaud ce Charles mais, je ne sais si je dois te l'avouer, j'ai bien envie de lui offrir des vacances en Provence. J'hésite encore de crainte que tu ne l'écharpe. Pourtant, il bien a droit à quelques vacances. Nous ne sommes plus en 1935 ma chérie. Les chiens aussi ont besoin de congés payés. On en reparlera.
    Dans la capitale, il y a beaucoup de chiens qui ont le regard triste comme leurs maîtres. Les chiens de la dame aux cleps, ceux qui partagent la vie des "sans abri" et qui tendent la patte dans l'espoir de recueillir un ticket restaurant, une nuit à l'hôtel. Les vieux du quartier jouent beaucoup au loto. Eux n'ont pas de chiens. Ils espèrent toucher le gros lot et rentrer au pays. Ils parlent dans toutes les langues en ce 20ème arrondissement. Toi, tu n'as connu que la rive gauche et ses parcs. Sais-tu comment dit-on "au pied" en Kurde, en cambodgien, en arabe, en chinois, en tamoul, en wallof ? Je ne le sais pas non plus.
    Il se passe toujours quelque chose dans la ville des lumières. L'autre jour, je marchais sur le trottoir et me rendait à la station de métro Louis Blanc. Un motard sort en trombe d'une porte cochère. Je l'évite de justesse à la manière du torero. Le type casqué me hurle dessus : " Qu'est-ce que tu branles sur ce trottoir, connard ?!"
    Ma foi, je lui rétorque, je ne sais pas...
    "Espèce d'enculé" qu'il me lance avant de disparaître. Cinq minutes plus tard, je cherche un euro quarante dans ma poche pour acheter un ticket de métro. Je dépose les pièces sous la vitre du guichet en disant à l'agent : Bonjour madame.
    Elle me toise en parlant au téléphone à sa mère, enfin c'est ce que j'ai imaginé vu le ton condescendant : " C'est pourquoi ?
    Je la regarde, elle me regarde, j'lui dis rien, elle dit rien. Une minute passe. Vous voulez quoi à la fin qu'elle dit ?
    - Madame, je voudrai un kilo de bananes.
    - En plus, y'm'prend pour une conne. Voulez un ticket ?
    - Ben oui. C'est le juste prix, non ?
    - Ah, y fait l'malin en plus.
    - Pas du tout madame, je suis un peu triste pour vous. Z'êtes rudement énervée.
    Bref, je la laisse m'insulter une fois le ticket passé dans la machine électronique et je me plante sur le quai en prenant bien soin de me coller contre le mur de la station des fois qu'un humaniste ne résiste pas à une pulsion meutrière et me pousse dans le dos sur les rails.
    J'entre dans le wagon et me tiens à une barre constellée de mains. Soudain je reçois un grand coup de coude dans le rein droit. J'me retourne et je vois une dame d'au moins 76 ans qui me dit : "Laissez passer les personnes âgées espèce de..."
    Là, c'était le petit truc de trop.
    -Madame, eu égard à votre ancienneté, je ne vais pas dépasser les limites autorisées par la bienséance. Toutefois, j'aimerai vous signifier que depuis 20 minutes à peine, je suis l'objet d'attentions, d'une courtoisie sans limite de la part de parisiens de souche qui m'insultent à tout propos, souhaitent me renvoyer au paradis des prétentieux. Je pense sincèrement que vous souffrez tous z'et toutes de nervous breakdown et que si ça continue comme ça je vais sortir l'artillerie d'un croiseur et vous ventiler façon puzzle.
    Silence dans les rangs d'oignons. Même pas une petite risposte d'un énervé teigneux. Celui-là, ma Perle, je l'aurai volontiers pulvérisé.
    Je compte les jours, les heures mêmes.
    Je t'embrasse ma reine.

  • Regarder les mots

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    De retour de Bretonnie, plus précisemment d'une maison disposant d'un jardin ayant pignon sur mer entre Lannion et Morlaix (Plistin dans la langue locale), je me suis longtemps promené de bonne heure pour observer, à la jumelle, les différentes espèces d'oiseaux venus, en piallant, gagner leur pitance à marée basse. Ganaches, canards de toutes sortes (dont les nom m'échappent), fous de bassan et des centaines de petits échassiers guettaient le poiscaille comme dans une peinture hollandaise éclairée par un ciel tourmenté à souhait et censé réfléchir sur une Manche plus plate que la limande. L'occasion, aussi, de regarder les mots d'un peu plus près. Ceux que je lisais dès l'aube. Une forte envie de jeter un menhir dans cette mare (baie) tapissée d'algues et encouragée à la surproduction pour cause de nitrate et de remembrements intempestifs du coeur.
    Certes, tout est bon dans le cochon, sauf le lisier. Il suffit d'emprunter la nationale Rennes/Brest pour humer l'opium du peuple breton à intervalles réguliers, et ce, à l'insu de son plein gré. Lisier numéro cinq entre dans l'habitacle des voitures qu'on le souhaite ou non.
    En marchand sur la grève à l'heure du laitier, je me demandais pourquoi l'on doit faire, aujourd'hui plus qu'autrefois, une distinction très nette entre la représentation visuelle des mots couchés sur écrans virtuels (blogs) et l'authentique signe verbal qui se niche derrière la façade. L'art des blogueuses (geurs) à se dépeindre chaque fois qu'un petit malheur met en brêche leur attirail narcissique tient de l'exploit individuel. Le blog, ce haut lieu de la peinture du nouveau moi numérique, consacre un statut commun en matière de représentation. Ici, l'on peut croiser un dandy, parti de rien mais revenu de tout, glissant un peu de ses morceaux choisis (du Deleuze en général) pour expliquer que ses dérapages vers la décadence sont toujours contrôlés. Là-bas, une sainte qui se nourri de la détresse des autres explique que son "je est un autre" parce que, toute petite, on a brouillé son émetteur et son récepteur. Chacun voit le démon de minuit à la porte du voisin et la hauteur de la sandale du cordonnier qui est, comme chacun sait, celui qui doit être le plus mal chaussé.
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    Derrière l'écran, l'on peut - avec quelques habitudes - distinguer derrière cette peinture du moi brûlant son lot de zones d'ombres. Et surtout une totale absence de synchronie avec le vrai personnage qui se cache tant bien que mal. Ecran miroir, je dois persuader l'Autre que je suis non pas la plus belle ou le plus beau, mais la tolérance même. Que je navigue non pas en eaux troubles mais dans l'eau bénite par une mère démontée et un père pauvre marin pêcheur de harangues.
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    Ne pas écrire, surtout, que je suis veuve ou veuf de sentiments et d'émotions sucrés salés. Donc inconsolable mais décidé à demeurer au-dessus de la mêlée. Complimenter par tous les temps quelque soit le coefficient des marées qui secouent mes intestins grêles, forcément grêles. Coûte que coûte il convient de laisser à penser que l'on cherche son envol. Exercice difficile et périlleux lorsque l'on se trouve en bout de piste. Pour les aveugles, prévoir la lecture en braille du tableau plus ou moins réaliste, celui d'une nature morte avant l'heure.

  • Dans la Cour des Miracles du Palais Royal

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    Vers 1660, selon une description de Sauval, Paris ne recensait pas moins de douze Cours des Miracles. Elles étaient grandes et finissaient en cul de sac. Brigandages à tous les étages des immeubles environnants : « On s'engraissait dans l'oisiveté, dans la gourmandise, et dans toutes sortes de vices et de crimes. Là, sans aucun soin de l'avenir, chacun jouissait à son aise du présent, et mangeait le soir avec plaisir ce qu'avec bien de la peine et souvent avec bien des coups il avait gagné pendant le jour ; car on y appelait gagner ce qu'ailleurs on appelle dérober ; et c'était une des lois fondamentales de la Cour des Miracles, de ne rien garder pour le lendemain. Chacun y vivait dans une grande licence ; personne n'y avait ni foi ni loi. On n'y connaissait ni baptême, ni mariage, ni sacrements. »
    En ce dimanche 7 mai, au Palais Royal, endroit mal famé d’autrefois, touristes, badauds, riches, pauvres se croisaient sans se voir, ou s’éprouvaient d’un regard à pas lents, celui du repos mérité sous les tilleuls taillés au cordeau par les coiffeurs-paysagistes de la ville de Paris. Du côté des colonnes Buren, beaucoup d’enfants et de mères en tenues légères comme si la renaissance des jupes allaient attirer définitivement un printemps en pleine hésitation. Comme si tous les maux avaient disparus, entre rires et jeux.
    De la bonne humeur à l’affiche sous les fenêtres du Conseil d’état et du Ministère de la Culture. Une dame aux cheveux roux, sirotant une eau gazeuse, attira mon attention. En fait, c’est plutôt sa poitrine qui était trop masquée à mon goût par une veste noire et un corsage à rayures fermé haut.
    - Madame, vous me semblez bien provinciale dans votre accoutrement. Il fait si doux. Vous devriez offrir quelques libertés à l’œil du passant que je suis.
    - Bien volontiers monsieur. Je suis lyonnaise, peu habituée au tumulte et aux moeurs de la capitale et je vais suivre votre conseil en me découvrant de plus d’un fil puisque nous sommes en mai.
    - Parce que nous sommes en mai, chère madame, imaginez que je vous demandasse de faire, pendant quelques secondes seulement, ce qui me plaît…
    - Vous souhaiteriez voir mes seins, c’est cela ?
    - Exactement madame. Et plus encore, si vous me le permettiez, j’aimerai tant prendre une photo de votre poitrine car, voyez-vous, il me serait agréable de conserver un souvenir de ce moment unique.
    - Faites donc comme il vous plaira monsieur !
    - Merci madame, je vous souhaite une belle soirée.
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    Quelques secondes plus tard, j’avais rendez-vous, une fois encore, avec l’imprévu. L’œil attiré par quelques épaules nues ou naissances de poitrine. Comme cette jeune femme qui pressa le pas sous les arcades, portant, en ce jour dominical, un si lourd cartable. Soudain, un Margoulin à casquette de Poulbot se précipita vers la dame à si belle encolure et d’un geste sec, il emporta le précieux bagage à pleines mains. Un autre homme se lança aussitôt à la poursuite de ce futur galérien. Un riche, un habitué des lieux sans aucun doute possible, attentif plus que les autres aux contrefaçons en tout genre, aux faux estropiés, aux sabouleux, épileptiques à répétition qui se roulaient volontiers par terre en bavant, sans oublier les Malingreux, ces simulateurs de maladies. Et que penser de ces orphelins venus du grand Est, telle cette enfant juchée sur une colonne Buren et toute étonnée du drame en train de se jouer devant elle.
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    Sentinelle ou fille de Rifodés. Ces gueux-là, étaient toujours accompagnés de femmes et d'enfants. Ils portaient un certificat qui attestait que le feu du ciel avait détruit leur maison, leur mobilier, qui, bien entendu, n'avaient jamais existé.
    Le fugitif ne fut pas rattrapé. Encore un de ces Capons chargés de mendier à la sortie des cabarets dès la nuit tombée. Celui-là ne rechignait pas non plus à gagner son pain de jour.
    Le temps passa et je décidais de rejoindre mon hôtel aux extrémités nord du Marais. L’endroit préféré des Narquois ou Drilles. De la soldatesque sans guerre qui demandait une petite pièce en tenant fermement et avec insistance l'épée. A cette heure avancée, les sourds entendaient dans les cafés, les muets donnaient de la voix, les jeunes unijambistes comptaient leur recette en jouant à la marelle, les larmes étaient remplacées par les rires, le désespoir par l’espérance et, pour ce qui me concerne, j'étais plutôt satisfait d’avoir pu photographier la partie visible de quelques dunes de miel.
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    En vérité, mes biens chères sœurs, mes bien chers frères, je vous le dis, seul l’objectif de mon tel portable dit vrai. A vous de mettre à nu ce qui s’est réellement tramé hier entre 16h00 et 18h00 dans la Cour des Miracles du Palais Royal. Ces quelques photos faisant foi. Amen.

  • Frédéric, sound-designer

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    AIR : « Il était un petit navire,
    Qui n'avait jamais navigué. »
    C'était une illustre partie
    Des gens bien vêtus et bien nés

    Neuf parisiens sans apathie
    Intelligents et vaccinés.

    Quoique l'on fût mélancolique
    ― Il y a manKate et le lancier ―

    On mit sur un granit celtique
    Un anathème à l'Épicier.

    Tous gambadaient comme des chèvres
    De bloc en bloc, de roc en roc ;

    Les mots mazurkaient sur les lèvres,
    Tantôt tic-tac, tantôt toc-toc.

    Pour l'aspic et pour la vipère
    On ménageait de l'alcali,

    On ne rencontra qu'un notaire
    Qui, tout jeune, était bien joli.

    Là Denecourt, le Siècle en poche,
    Dispensateur du vert laurier,

    A peint en noir sur une roche :
    « Repos du Poète ouvrier. »

    Voici l'émerveillante liste
    Léguée à la postérité

    De cette bande fantaisiste
    Bien peu dans sa majorité :

    Un jeune baby d'espérance
    Que parmi les sombres halliers

    D'un œil d'amour couvait la France
    Comme l'enfant des chevaliers ;

    D'aimables mères de familles
    Qui se réjouissaient de voir

    Du soleil aux yeux de leurs filles
    Et des messieurs Sens habit noir ;

    Fort mal noté par les gendarmes
    Le garibaldien Mallarmé

    Ayant encor plus d'arts que d'armes
    Semblait un Jud très alarmé ;

    Ettie, en patois Henriette,
    Plus agile que feu Guignol,

    Voltigeait comme une ariette
    Dans le gosier d'un rossignol ;

    Dans le sein de cette algarade
    S'idyllisait le Cazalis,

    Qui, comme un chaste camarade,
    Tutoyait l'azur et le lis ;

    Puis, une Anglaise aux airs de reine
    À qui Diane porte un toast,

    Qu'Albion envoie à Suresne
    Sous la bande du Morning-Post ;

    Piccolino, le coloriste,
    Qui pour parfumer nos vingt ans

    Pille comme un vil herboriste
    L'opulent écrin du printemps

    Nina qui d'un geste extatique
    Sur le dolmen et le men-hir

    Semblait poser pour la Musique,
    La musique de l'avenir ;

    Puis des Essarts Emmanuelle,
    Le plus beau-det jeunes rimeurs,

    Offrait le fantasque modèle
    D'un poète ayant gants et mœurs.

    Mais Ponsard qui veut qu'on s'ennuie
    Vint lui-même installer aux Cieux

    Le Théramène de la pluie,
    Personnage silencieux.

    Puis l'heure leur coupa les ailes
    Et, tout boitant et s'accrochant,

    Du « Carrefour des Demoiselles »
    On fit un lac en pleurnichant.
    Mallarmé, I8 Mai I862

    (Son blog: http://www.so6sons.com/wordpress/index.php)

  • Du spirituel dans le Charolais

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    Musclées les génisses charolaises dans leur robe Courrège. Elles ne suivent pas la mode parisienne depuis les pâturages du Morvan. Les nouvelles vont aussi vite que la micheline reliant Dijon à Autun. Avant que John Galliano ne débarque en force sur les pentes du Mont Beuvray, il en coulera de l'eau sous les ponts qui indiquent la marche à suivre à la Cure ou à l'Yonne son aînée de quelques kilomêtres.
    Néanmoins, les discussions sont vives dans ces vertes prairies. On y parle souvent du spirituel dans l'art à la sauce Kandinsky mais rarement du "Sens du beau" selon la recette de Luc Ferry.
    Les génisses ne se privent pas de parler aussi de la dénaturation du corps des danseuses. Elles se refilent sous le manteau blanc des livres de Michel Onfray qui traitent de la question des bonzaï du Bolchoï ou des petits rats de l'opéra. Parfois, les discussions bifurquent sur "Corps vivants, corps sculptés" de Paul Mathis. On ne s'ennuie pas sur les contre-forts du Haut-Folin. On y mange bien, grâce à Karl Marx, prof agrégé d'art plastique, qui pense que le capital le plus précieux de l'homme, c'est son jardin.
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    A la nuit tombée, tout ce petit monde est invité à se passionner pour une pièce de théâtre, "l'eau du bain", dans un vieux moulin situé entre champs et ruisseaux. Une mise en scène originale ciselée et chorégraphiée par une belle génisse qui plonge, selon son humeur, des coeurs et des foies de veau dans sa baignoire ou se promène pieds nus et en robe de mariée dans les prés environnants, surtout lorqu'ils sont recouverts de neige.
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    (Photo :Jean-Christophe Bacconnier: photographe, danseur et
    chorégraphe)
    Bref, le Morvan, terre à ceps, morilles, trompettes de la mort mérite bien sa renommée gastronomique même si parfois un grand chef a des rêves d'oiseau d'or et perd la tête. A Saulieu, le culte du Charolais se porte bien puisque la statue païenne d'un boeuf trône en bonne place au centre de la cité.

  • Carte postale

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    C'est écrit dessus, nul besoin de redondance. Cette bourgade se situe en plein Morvan.