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  • La mouche dans le canon

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    On entend une mouche voler dans les canons des flingueurs de l'Ouest et ses régions arides où l'art de se tenir debout confine à la métaphysique. L'homme en noir, marche sans hâte dans l'ombrage de la cabane. Il porte la main sur la crosse de son revolver bleu argent. Toujours prêt à tirer son épingle du jeu faussé jusqu'à la garde. Ces caparaçons de silhouettes dans la campagne ce ne sont pas des cactus, c'est lui. C'est l'autre. L'homme aux yeux fixes observe l'impossible horizon. Une lumière vivante tombe sur ses paupières chargées d'un courroux qui semble plus redoutable d'être tout contenu et immobile dans un manteau de cavalier qui tombe d'un seul tenant à ses chevilles. Il n'y a plus de vent. Plus de crissement de bottes sur la terre sèche. Seulement le bruit lointain des doigts qui tapent sur un clavier et qui inscrivent des mots sur un écran. Un tas de bois sec observant la scène jusqu'au tragique final.
    Fredo Risotto

  • Qui vivra Viera

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    (Photo AFP)
    Les dieux du stade, en blanc au lieu d'être en bleu, ont déjoué les pronostics en offrant hier soir un billet de retour aux fougueux jeunes joueurs espagnols qui étaient favoris de cette coupe du monde avec le Brésil et l'Argentine.
    Adios Espagna! Un peu trop chauvins et trop surs d'eux les hidalgos. La prochaine fois peut être...
    Bonjour amis brésiliens.
    Comme le chante Léonard Cohen : "First we take Madrid and then Berlin".
    Merci Viera, Ribéry, Zizou, Thuram et Gallas, sans aucun doute les meilleurs à leur poste actuellement en Allemagne.
    Fredo Risotto


    C’est un Lilian Thuram très décontracté qui s’est présenté face à la presse. Aucune euphorie chez les défenseurs français mais la satisfaction du devoir accompli. Il a également évoqué la Marseillaise sifflée.

    De l'un de nos envoyés spéciaux à Hanovre (Allemagne)

    Lilian Thuram, un mot sur l’arbitrage. Y avait-il penalty selon vous ?
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    Vous savez avec l’arbitrage que l’on voit lors de cette Coupe du Monde, plus rien ne me surprend. Maintenant sur le penalty, je pensais que j’allais avoir le ballon mais il a mis son corps en opposition. Ce sont des choses qui arrivent.

    Avez-vous été surpris par le niveau de jeu de l’équipe de France ?

    Non, le groupe connaît son potentiel et nous savions que nous pouvions jouer de la sorte. Mais il ne faut pas oublier qu’il faut deux bonnes équipes pour faire un bon match et ce soir, l’Espagne a également très bien joué.

    Quelles étaient les consignes de jeu de Raymond Domenech ?

    Nous avions une idée directrice très claire. Il fallait rester en place, ce que nous avons très bien fait, et les attendre pour bien les contrer. Ils ont bien débuté le match en faisant tourner le ballon mais ils n’ont jamais vraiment réussi à nous déstabiliser.

    Le prochain match face au Brésil va forcément vous rappeler de bons souvenirs…

    Oui mais pas ceux auxquels vous pensez ! Pour moi France-Brésil, c’est avant tout la Coupe du Monde 1986 et Guadalajara. Un souvenir magnifique.

    Et le Brésil 2006, que vous inspire-t-il ?

    C’est tout simplement l’équipe la plus forte du tournoi. Ils disposent d’un quatuor offensif exceptionnel et il sera très difficile de les battre mais dans le foot, ce n’est pas toujours le favori qui gagne. C’est d’ailleurs ce qui le rend si populaire. Au basket par exemple, si une équipe est largement au-dessus, elle s’imposera forcément. Mais au foot, c’est différent. On va donc tenter de démontrer qu’il n’y a plus d’outsiders et de favoris.

    Pour terminer, un mot sur la Marseillaise sifflée par les supporters espagnols. Vous en êtes-vous rendu compte ?

    Ca oui ! Et je peux vous dire que ça nous a grandement motivé, tout comme les sifflets contre Zizou. Mais vous savez parfois, les supporters se trompent complètement. Ils pensent nous déstabiliser alors qu’en réalité, ils nous motivent encore plus.

    David AIELLO

  • Un mardi sur terre

    Bonjour. Je suis la grille d'été de ce blog. Le proprio s'en est allé voir ailleurs si vous n'y étiez pas. Quand il m'a laissé les clés, il affichait la mine réjouie de ceux qui prennent leur quartier d'été. Je pense qu'il prendra aussi ses quartiers d'automne. Bref, je me lance en vous proposant cette dépêche qui vient de tomber.

    Ps: My name is Fredo Risotto


    Putain, dix ans...!

    Un homme qui a souffert d'une érection de 10 ans à cause d'un implant indemnisé par un tribunal
    PROVIDENCE, Rhode Island (AP) - Un tribunal a accordé 400.000 dollars d'indemnités à un plaignant de 68 ans dont le sexe est resté en érection pendant dix ans suite à un dysfonctionnement de son implant pénien.

    Charles "Chick" Lennon s'était fait opérer en 1996, deux ans environ avant l'arrivée du Viagra sur le marché. Le Dura-II, implant d'acier et de plastique, devait permettre aux hommes souffrant d'impuissance de commander leurs érections, et d'y mettre fin.

    Mais Charles Lennon n'aurait jamais réussi à détendre son sexe. Il a déclaré qu'il ne pouvait plus étreindre personne, enfourcher un vélo, nager ou porter de maillot de bain, à cause de la souffrance et de la gêne. Il s'est reclus et ne supportait pas d'être en compagnie de ses petits-enfants, a déclaré son avocat.

    En 2004, un jury lui avait accordé 750.000 dollars d'indemnités. Mais un juge avait trouvé la somme excessive, et l'avait ramenée à 400.000 dollars. Vendredi, la Cour suprême de Rhode Island a confirmé ce montant.

    "Je ne connais aucun homme qui voudrait échanger sa vie avec celle de mon client, quelle que soit la somme d'argent", a commenté Jules D'Alessandro, l'avocat de Lennon. "Il n'est pas une personne à part entière."

    L'avocat qui représentait à la fois le fabriquant de l'implant, Dacomed Corp., et la compagnie d'assurance, n'a pas souhaité s'exprimer. Dacomed a maintenu qu'il n'y avait rien d'anormal dans l'implant. La compagnie a été mise en faillite après le classement de l'affaire.

    Lennon n'avait pas pu se faire enlever l'implant défectueux à cause de problèmes de santé, notamment une opération à coeur-ouvert. Si cela avait été possible, il n'aurait pu se contenter de médicaments contre l'impuissance, les tissus de son pénis ayant été retirés pour permettre l'implant. AP

  • Dans le ventre de la baleine blanche

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    Hvalfjordur. Fjörd des baleines, Islande. Photo Snorry

    un poète ça écrit des mots
    sur des tickets de caisse
    puis les jette
    sur le trottoir
    pour repêcher
    sa propre énigme
    enfin les automnes arrivent
    les bouts de papiers
    s'engouffrent à l'appel du vent
    dans le ventre de la baleine
    blanche de Melville.

  • Il est cinq heures

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    Paris s'éveillera demain
    Sans Jacques Lanzmann.
    La tour Effeil portera le deuil.
    Dutronc chantera, "c'est la vie, c'est la vie".
    Des millions de chinois n'en sauront rien.

  • 18 juin

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    Il suffit qu'un seul homme en haïsse un autre pour que la haine gagne de proche en proche l'humanité entière. (Sartre)

  • Le mime des mots

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    photoYann


    Devos existe, Dieu l'a rencontré.

  • Nous ensemble

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    Il lui arrivait d'écouter le pas légers des morts qui revenaient de l'enterrement en chuchotant des mots qu'ils avaient appris par coeur, mais dont ils ignoraient à jamais la tendresse et l'histoire.
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    Tu écoutes les bruits
    Les gouttes sur la vitre
    Ce radiateur qui craque.
    Quelqu'un soupire. Un froissement. Ces choses en dérive. C'est la vie.
    Ton anniversaire.
    A nouveau un autre soupir. On parle du passé pour oublier le choc à venir.
    Tu pèses ce regard minéral qui s'en va. Au silence qui suit tout se mesure.
    Rien ne bouge que le temps à peine.
    La bougie cerne le désespoir
    A portée de ta main.
    Tu sais, la lampe dehors attend notre heure
    On laisse les insectes entrouvrir la nuit
    La promesse
    Un instant.
    Ton enfance est bien loin
    Je ne te quitte plus.

  • La coupelle grise de leurs mains

    C'était toujours l'exploitation des forges
    Avec des tenailles à faire l'amour à la chaîne
    Des bras essoufflés d'orgasme à crédit
    Et la chair de la compréhension aux trousses
    C'était toujours le réveil du délire ancien
    Quelques brasiers mal éteints
    Et des gerbes sanglantes
    De grands brasiers inventés
    C'était une vie à défendre
    Contre la racine du gel
    Contre la plaie des sacrifices en carton-pâte
    Un long message cellulaire
    Puis d'autres venaient
    Qui nous accusaient de vivre
    Leur chant est une braise noire
    Les drôles
    Avec leur coeur d'entre deux moeurs
    Avec l'huile première pression de votre peau
    Avec le sel acide de vos glandes
    Ils vous baptisent une génération
    Puis la consomment lentement
    A petites lampées d'histoire
    Dans la coupelle grise de leurs mains


    A bientôt dans la vie

  • Le volume de l'enfer

    Ci-dessous, la version d'une question « bonus » de chimie donnée à
    l'Université de Nanterre.
    La réponse d'un étudiant a été si loufoque que le professeur l'a
    partagée avec ses collègues, via Internet, et c'est pourquoi nous
    avons le plaisir de la lire...

    Question bonus : « L'enfer est il exothermique (évacue de la chaleur)
    ou endothermique (absorbe de la chaleur) ?»

    La plupart des étudiants ont exprimé leur croyance en utilisant la
    Loi de Boyle (si un gaz se dilate il se refroidit et inversement) ou
    ses variantes.
    Cependant un étudiant eut la réponse suivante :

    « Premièrement, nous avons besoin de connaître comment varie la masse
    de l'enfer avec le temps. Nous avons donc besoin de connaître à quel
    taux les âmes entrent et sortent de l'enfer.
    Je pense que nous pouvons assumer sans risque qu'une fois entrée en
    enfer, l'âme n'en ressortira plus. Du coup, aucune âme ne sort.
    De même pour le calcul du nombre d'entrées des âmes en enfer, nous
    devons regarder le fonctionnement des différentes religions qui
    existent de par le monde aujourd'hui.
    La plupart de ces religions affirment que si vous n'êtes pas un
    membre de leur religion, alors vous irez en enfer. Comme il existe
    plus d'une religion exprimant cette règle et comme les gens
    n'appartiennent pas à plus d'une religion, nous pouvons déduire que
    toutes les âmes vont en enfer...
    Maintenant, regardons la vitesse de changement de volume de l'enfer
    parce que la Loi de Boyle spécifie que «pour que la pression et la
    température restent identique en enfer, le volume de l'enfer doit se
    dilater proportionnellement à l'entrée des âmes. » Par conséquent,
    cela donne deux possibilités:

    * Si l'enfer se dilate à une vitesse moindre que l'entrée des âmes en
    enfer, alors la température et la pression en enfer augmenteront
    indéfiniment jusqu'à ce que l'enfer éclate.

    * Si l'enfer se dilate à une vitesse supérieure à la vitesse d'entrée
    des âmes en enfer, alors la température diminuera jusqu'à ce que
    l'enfer gèle.
    Laquelle choisir ?
    Si nous acceptons le postulat de ma camarade de classe Jessica
    m'ayant affirmé durant ma première année d'étudiant: « Il fera froid
    en enfer avant que je couche avec toi », et en tenant compte du fait
    que j'ai couché avec elle la nuit dernière, alors l'hypothèse doit
    être vraie. Ainsi, je suis sûr que l'enfer est exothermique et a déjà
    gelé... Le corollaire de cette théorie c'est que comme l'enfer a déjà
    gelé, il s'ensuit qu'il n'accepte plus aucune âme et du coup qu'il
    n'existe plus...
    Laissant ainsi seul le Paradis, et prouvant l'existence d'un Être
    divin ce qui explique pourquoi, la nuit dernière, Jessica n'arrêtait
    pas de crier "0h... mon Dieu !"..."
    (C'est le seul étudiant à avoir reçu la note 20/20)

    Merci à toi fred pour la transmission ; )

  • En attendant Godot

    "Nous sommes entrés dans l’ère interactive et sidérale de l’ennui. A ce syndrome identitaire correspond une folie spécifique. A l’individu « libre », au sujet divisé correspond la folie verticale de jadis, la folie psychique, la folie transcendante du schizophrène, celle de l’aliénation, de la transparence inexorable de l’altérité. A l’individu identitaire, à ce clone virtuel, correspond une folie horizontale, notre délire spécifique et celui de toute notre culture, celui de la confusion génétique, du brouillage des codes et des réseaux, des anomalies biologiques et moléculaires, de l’autisme.
    Plus de délires d’altération, d’expropriation de soi, mais un délire d’appropriation virtuelle de soi – toutes les variantes monstrueuses de l’identité – celle du non schizophrène mais de l’isophrène sans ombre, sans autre transcendance, sans image – celle de l’isomorphe mental, de l’autiste qui a comme dévoré son double et absorbé son frère jumeau (forme autistique à deux).
    Folie identitaire, ipsomaniaque, isophrènique. Nos monstres sont tous des autistes maniaques. Sortis d’une combinaison chimérique, privés d’altérité héréditaire, ils n’ont d’autres destin que de rechercher désespérément une altérité en éliminant, un à un, tous les Autres."

    Jean Baudrillard in L’illusion de la fin ou la grève des événements

  • Distinguer levrette du faux

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    On se regarde
    Je vous regarde les femmes
    Depuis le temps où Elvis en était au gras de son oeuvre
    Oubliée la fureur de vivre d'un James Dean
    L'amateur de brûlures de cigarettes
    Changer la vie, changer les femmes
    Les sans-culottes portent le string
    La chasse à l'homme enfle sous viagraal
    Le dollar baisse
    Epées recherchent désespérement fourreaux plastifiés
    Grève des moelles osseuses
    Es-tu ma mort
    Avec toi je suis nu
    Je me rappelle l'aube de tes lèvres mi-closes
    Le geste simple de ta jupe nidifiée
    Le vent cogne dans les veines ses gros caillots d'orage
    Les traders de nos bourses transforment le blé en herbe
    Le sens des choses s'évapore
    Les promeneurs captent le Mistral avec leurs oreilles
    Putain, que la montagne est belle
    Enlève tes lunettes de soleil
    Entre dans la cage au lion
    Laisse-toi aimer sans gnangnantiser l'amour
    Mets-toi à table
    En levrette
    Envie de te parler du temps de mon enfance.

  • Ma chère toute petite

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    Comme te le recommande Anitta, écoute bien ton oncle ma toute petite. Partage son humour surtout et fais de même, plus tard. La vie, ce n'est qu'un grand rire. Tu sais combien il me charrie parfois en disant : "Les vieux, il faudrait les tuer dès leur naissance."
    Je n'ai plus mes yeux d'antan alors je vais faire court. J'ai retrouvé, pour toi des poèmes persans, des Rubaiyat comme ils s'appellent, là-bas. Ils sont composés de quatre hémistiches, dont le premier, le second et le quatrième riment ensemble. Ceux-là sont d'un poète, philosophe, mathématicien et mystique soufi, Omar Khayyam :

    "Si assuré et ferme que tu sois, ne cause de peine à personne;
    - Que personne n'ai a subir le poids de ta colère. - Si le désir est en toi de la paix éternelle,- souffre seule, sans que l'on puisse, ô victime te traiter de bourreau.

    Ah ! Malheur à ce coeur d'où la passion est absente, - Qui n'est pas sous le charme de l'amour, joie du coeur! - Le jour que tu passes sans amour - Ne mérite pas que le soleil l'éclaire et que la lune le console.

    Lève-toi, donne-moi du vin, est-ce le moment des vaines paroles? - Ce soir ta petite bouche suffit à tous mes désirs. - Donne- moi du vin, rose comme tes joues... - Mes voeux de repentir sont aussi compliqués que tes boucles.

    Bois du vin, car tu dormiras longtemps sous l'argile, - Sans un intime, un ami, un camarade, un homme, une femme; - Veille à ne jamais dire ce secret à personne: - Les tulipes fânées ne refleuriront jamais. (...)"

    Albert, ton arrière grand-père, Juin 2006

  • Pauline à la page

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    Ma chérie, ma beauté des îles, sur ton arbre perchée, je trouve que tu cultives ton petit côté Marilyn Monroe. Carne ! Pendant le déjeuner, nous parlions de toi avec ton grand-père et surtout avec ton arrière grand-Père. C’est à cause d’une photo de toi avec lui. Une magnifique image. De celle que l’on garde précieusement toute sa vie. Albert, comme tu sais, aura cent ans en novembre prochain. Quatre-vingt-quatorze ans vous séparent. Sa pensée est toujours en mouvement, attentive aux autres. L’humour en bandoulière, il s’exprime dans une belle langue. Celle des grands classiques. Cette langue va disparaître avec lui. Toujours élégant, droit comme un i, il observait hier la dislocation d’un énorme nuage qui semblait s’être ancré dans le ciel juste pour occuper ses songes. Ce nuage s’est évaporé sous nos yeux en un peu plus d’une heure. Figure-toi qu’il m’expliquait ce phénomène avec force arguments scientifiques. Il me parlait des thermiques, du front froid ou chaud et de bien d’autres choses encore que, je dois te l’avouer, je n’ai pas bien capté. Normal, il était ingénieur en climatisation. Albert est capable de te raconter simplement des trucs compliqués, d’être interrompu dans son élan par un tiers puis de reprendre la conversation exactement là où il l’avait laissée. À cent ans bientôt. Pas le genre yaourtière en attente de la mort lente la cervelle de ton arrière grand-père.
    Or donc, ma chérie, nous parlions de toi. De ton œil vif. De tes comportements taquins. On se demandait si tu seras un jour scientifique comme tes aïeux ou philosophe, actrice voire mendiante ?
    J’y songeais encore juste avant la sieste. Je pensais à ce film que tu verras un jour : « Les désaxés ».
    Je voulais te dire que du haut de tes six ans, tu as l’air bien finaude pour ton âge. Que tu as le temps de découvrir ce monde. Mais, je vais faire l’indien apache ce soir : « Pour bien connaître quelqu’un, il faut marcher au moins pendant cinq lunes dans ses mocassins. »
    Parfois, il y a des personnes qui cachent bien leur vraie nature. Cela peut prendre davantage de temps pour leur offrir ta confiance.
    Pauline, je te parle, écoute bien ton oncle, nom d’un crottin ! Il y a des humains qui ne tournent pas bien ronds. Qui vont t’accuser de vivre. De rire. Des écorchés qui vont tenter de te faire croire que tu dois t’intégrer dans l’inintégrable. En général, ils vont t’affubler de leurs souffrances et t’en rendre responsable. Ceux-là vivent principalement sur les décombres de l’inaccompli. Lorsqu’ils avaient ton âge, on a brouillé leur émetteur / récepteur. Quand je dis on…ne cherche pas trop loin. Il y a des parents qui bafouent la pensée de leurs enfants au moment même où leur futur immédiat émet des rêves. Après, les enfants sont un peu coincés. Soit ils se contentent de reproduire ce modèle légué soit ils tentent de mettre un peu d’ordre dans les pièces éparpillées d’un puzzle dont le mental n’est qu’un des aspects.
    Il y a comme un oiseau noir dans le ventre de ces parents. Chez ces gens là, il y a aussi un grand vide à combler. Alors, ils parlent beaucoup. Il disent qu’ils savent. Ils ne doutent jamais. Ton arrière grand-père dit souvent « Je ne sais pas ». Observe le bien pendant qu’il est encore là. Lorsqu’Albert est confronté à ce genre de personnes, celles qui donnent à voir leurs propres aveuglements, qui font face à ce qui est absent en eux mais qui veulent rayonner, il a toujours cette réponse: « Je ne refuse pas ce que vous me dites mais je ne peux l’accepter. »

  • Forge tes eaux

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    je t'ai arrêtée
    tu étais sur mes épaules
    je portais sur moi tout ce que j'aime
    tes reliefs sont en moi
    Ô combien de seismes
    en regardant au fond de tes yeux
    j'ai senti que j'étais une lumière de toi
    que tu étais l'origine
    que tu étais l'eau
    j'ai ouvert tes veines
    cherché la morsure
    j'ai dessiné sur mon souffle
    tes souvenirs
    et je me suis dit
    il faut tourner la page
    refermer le livre

  • L'ascension d'une bulle spéculative

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    la mélancolie n'est pas une plainte
    mais un lieu
    regarde les soleils-rocs tangibles
    quitte cette pauvre route
    monocorde
    oublie ta perruque
    le cheval mort
    brise la demeure de marathons de sang
    dents de scie survoltée d'altos loufoques
    devant le tandem des jours
    rapiécé
    usagé
    comme un pantalon moisi
    sur la lune reposent des rameaux de caramel
    au mur du bordel ambiant est inscrit
    "Ne pas avoir (faire) peur"
    les longs échos trapus
    des rocs juchés dans la montagne
    distordent les ténèbres
    soudain drapées de blanc
    et de muraille de sel
    à l'entrée de l'école
    des croque-morts fragiles
    tendent leurs souvenirs parentaux aux enfants
    avec des filets à papillons
    le sentier froid proportionne leur cumul
    pourras-tu un jour comprendre
    le monde entier
    regarde au moins une fois
    par dessus ton épaule
    Ô chienne esthétique
    qui dit parfois merde
    pour faire moderne

  • Il ne paie pas de mine

    Cher Antoine Zacharias,

    Ce matin, j'ai manqué renverser mon café et la petite cuillère en argent lorsque j'ai entendu à la radio les petites misères que vous promet votre adjoint chez Vinci (numéro 1 du BTP mondial). Il dit que vous exagérez en partant avec seulement 225 millions d'euros de stock options et une pension retraite annuelle de deux millions d'euros (à vie).
    Quel goujat votre numéro deux dont le nom m'échappe! Non c'est vrai ça. Dépenser tant d'argent, c'est un boulot à plein temps. Se lever et se dire: "Putain, encore combien d'années à vivre dans le doute, l'angoisse de l'argent jeté par les fenêtres.?"
    Le cauchemar que les pauvres ne peuvent imaginer. Etre si riche aujourd'hui, c'est pas si facile.
    Monsieur Zacharias, désormais, à chaque fois que je vais me garer dans l'un de vos parkings, je vais penser à vous. Idem quand je vais rouler sur vos autoroutes. Au péage, je dirai à votre employé d'infortune : "Tenez, rajoutez donc un euro pour les vieux et tristes jours de Monsieur Antoine!"
    Comme disait Jean-Marie Messier : "Dans la vie, il faut toujours rechercher un modus Vivendi."
    "Veni,vidi,vi(n)ci"

  • Pause

    Quelques vers d'Aaron Shabtaï extraits de "Première lecture" (le poème domestique,II) pour nous rappeler que tout enseignement doit se placer sous le signe de l'éros.

    une vache
    qui avait botté un perroquet

    savait bien
    demander pardon
    (137)

    le papillon ne s'accouplera pas
    avec l'oiseau

    ni l'oiseau
    avec le cochon
    (138)


    en fait l'homme
    pense

    qu'il est une espèce d'âne
    appelé homme
    (139)


    tu prends
    ta revanche sur l'ours

    en enduisant

    son front
    de miel
    (141)


    le sexe, Kirnos,

    ne
    te feras pas avancer plus loin

    que ses
    quelques centimètres
    (142)