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  • Un grain cousu de fils blancs

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    Ne me dis pas que tu es restée le cul posé sur le carrelage toute la journée en fixant le portail derrière cette fenêtre...
    - Si.
    Je sais que tu n'as pas la notion du temps qui passe mais tout de même.
    -Je sais, par contre, que nous sommes liés pour la vie.
    Une vie de chien?
    -De chienne. Je te rappelle que je suis indispensable. Alors, la dermatologue, elle t'a bien charcuté?
    Oui, oui. J'ai la tête comme un ballon. Pas envie de suivre la ligue des champions ce soir.
    -Fais voir?
    Quoi?
    -Ta cicatrice.
    Pas encore de cicatrice, seulement des points et du fil.
    - Je veux voir.
    Pas question.
    -Allez...!
    Non, va te coucher. Demain, j'ai du fil à retordre.

  • Fils de putsch

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    Désormais, le touriste en short et tongs venu reluquer les vertus paradisiaques et aphrodisiaques des boites de nuit du Sud-est asiatique (La Vietconguie selon les géographes du FN) pourra désormais exiger de son agent de voyage turc, forcément turc, une chambre avec vue sur le prochain coup d'état en Thailande. Malgré les uniformes, la photo (Reuters) n'indique pas qu'il s'agit d'un coup d'Etat "pacifiste". Notons que l'uniforme reste à la mode chez les dictateurs. Ce cliché archétypal pourrait avoir été pris en Corée du Nord ou au Boujbabistan voire au Pinochandin. Quelle importance, finalement! Heureusement, le roi porte des lunettes pour voir plus loin que son peuple qui s'est incliné (NDLR assure-t-on de sources minéralisées par Total) devant ses visions et le soutien apporté à la brochette de militaires. Le roi n'est pas sans rappeler le look d'un général polonais et celui des journalistes d'un pays entré depuis dans la sphère de l'Euroland. Heureusement, nous sommes en démocratie. Le ministre de l'intérieur porte un costume sombre, sans doute un peu trop grand pour lui, ce qui le tasse. Mais il promet un pavillon de banlieue pour tous et le remplissage gratuit de charters en direction de pays tous plus exotiques les uns que les autres.

  • La coiffe de l'hospitalité

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    Un matin frais, comme ils doivent l'être pour ressembler à un vrai matin d'automne dans leur belle lumière claire de lendemain d'orage, avec un ciel pervenche, des transparences de nacre, des feuilles et des herbes toutes humides, des oiseaux qui s'amusent dans l'air léger qui remue les branches des chênes. L'occasion de dire que je suis une chienne née bien coiffée dont la réflexion tourne encore à la question du lieu qui nous incite à penser le sens du mot "Hospitalité"...

    Je me tiens devant la porte de cette hospitalité, l'oreille aux aguets. Au loin, les voix d'une radio qui récite toujours le même menu des présidentiables. Comme disait Borges: "On dirait deux chauves qui se disputent un peigne."

    Loin de ces archipels radiophoniques, je me dis que les hommes ressassent des mots usés pour faire du neuf avec du vieux. Qu'ils font danser jusqu'à la transe des chiens tressés d'or pour oublier qu'ils s'embaument de défunts personnages illustres afin que les âmes ne viennent pas rappeler à elles leurs proches. Nous avons peut-être oublié dans la fixité de nos deuils, (Derrida) "ce mouvement de l'invitation qu'est l'hospitalité, et sacrifié au désir de savoir un peu de notre humanité."

  • Une journée particulière

    Voilà! La journée s'achève. Que d'agitations par ici depuis que le café a coulé.medium_avril_2005_024.jpg
    Une journée anniversaire tout d'abord. Celle d'une méchante tumeur qui a effacé de ce paysage, il y a quatre ans déjà, une élégante tant aimée. Je suis restée en boule sur le grand lit. Il y avait une ambiance où plus rien n'existe vraiment avec certitude. Une journée d'attente avant le passage d'une enclume. La chatte a préféré quitter son observatoire pour faire semblant de chasser les mulots. Le téléphone a beaucoup sonné. Les visiteurs plus nombreux et plus inquiets que d'habitude avec cette question: "Alors? L'histoire se répète?"
    Moi, j'ai fait comme si j'étais happée par l'effroi redouté de tous. Depuis la terrasse, j'ai jappé plus que de coutume mon bellicisme à toute la contrée. Avec l'autre chien, nous sommes allés courir, énervés, et nous avons eu le plaisir de débusquer un lièvre aux oreilles si grandes qu'il aurait pu faire du parapente avec depuis le sommet de la montagne. Impossible de l'atteindre. Chacun de ses bonds était flanqué du signe de Zorro. Pas grave, on l'aura un jour.
    - Qui ça ?
    - Ben ce foutu cancer, pardi!

  • Miettes de vie

     

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    - On peut savoir pourquoi tu affiches ce narquois sourire ?

    - C’est à cause de la répétition.

    - Quelle répétition ?

    - Celle qui te fait rencontrer dans un train ou au comptoir d’un bar un monsieur qui te confie dans un long soupir : « Si vous saviez, ma vie, quel livre ça ferait… »

    - En général, on ne tarde pas à savoir et on lui donne vite raison…

    - Oui c’est exactement ça ; on lui donne raison en formant des vœux pour que ce livre, il ne le rédige jamais.

    - Tu penses au monsieur d’hier là ? Celui qui prétendait être habité par Satan depuis sa plus petite enfance. Je me souviens qu’il disait, qu’à huit ans, il parlait l’araméen en se jetant contre les murs de sa chambre…

    - Entre autres.

    - Et cette femme, sœur d’un grand couturier, qui voulait que tu écrives sa vie parce que des petits hommes verts, habillés de blanc, l’avait opérée aux genoux depuis une autre planète pour qu’elle puisse gambader à nouveau. Et cette dame qui parlait aux animaux par télétransportation cognitive…

    - Oui, oui tous ceux-là, bien sûr, dont on redoute le violon tsigane, la valse en nostalgie mineure, le trop de tout. Bref, ceux et celles qui en pincent pour Albert Cohen et qui s’épanchent à la manière de ce raseur lyrique pour jeunes filles quinquagénaires approchant les frontières de la carte vermeille.

    - Tu oublies les presque quadras, ces écorchés du mot qui se prennent pour Lautréamont.

    - Je n’oublie rien, je ventile beaucoup. Je pense aussi aux petits princes paranoïaques qui veulent nous gouverner et décrivent dans des presque livres le bonheur obligatoire qu’ils nous promettent si d’aventure le fauteuil…

    - Ben moi je rêve d’un auteur qui, fouillant notre mémoire, rencontre la nôtre.

     

  • Pas à pas

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    - Pourquoi observes-tu la montagne pendant des heures?

    - Pour en connaître tous ses recoins.

    - Ah! Jamais lassé?

    - Jamais. La nature ça occupe l'esprit. Tu vois, en y regardant bien, je vois le couple d'aigles qui tournoie. Il doit être à quatre cents mêtres au-dessus du sommet. Je regarde les nuages qui se déchirent; ils m'indiquent les thermiques. Je vois ce que beaucoup trop de personnes ne voient plus...

    - Tout de même, cela fait deux heures que tu fixes le massif.

    - Ben oui. En lisant le massif on apprend des trucs. On pense à la mort, aux religions, aux peuples qui se tapent sur la gueule au nom de leur petit père des peuples. Un dieu, une bombe. Un autre dieu, un missile. Je pense aussi à la fin qui approche pas à pas. On se dit que demain ne sera pas un autre jour mais tout simplement demain. Tu vois, rien de bien compliqué.

    - Je vois surtout que depuis ce matin tu as la sourate du Touquet qui se dilate. Que tu te demande si l'être et le néon du bar tabac de la rue des martyrs sont d'actualité.

    - Petite curieuse. Je vais répondre à ton questionnement. Il existe quantité de gens, dans le monde, qui en bavent. Certains d'entre-eux ne détestent pas en baver. Comme disait Oncle Sartre: " Ils sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres…Ce que j’ai voulu indiquer, c’est précisément que beaucoup de gens sont encroûtés dans une série d’habitudes, de coutumes, qu’ils ont sur eux des jugements dont ils souffrent mais qu’ils ne cherchent même pas à changer, et que ces gens-là sont comme morts, en ce sens qu’ils ne peuvent pas briser le cadre de leurs soucis, de leurs préoccupations et de leurs coutumes et qu’ils restent ainsi victimes, souvent, des jugements qu’on a portés sur eux. – C’est pour cela qu’ils sont « morts » : c’est une manière de dire que c’est une mort vivante que d’être entouré par le souci perpétuel de jugements et d’actions que l’on ne veut pas changer… "

  • What a wonderful word

    Nous étions postés assez près pour remarquer les larmes des gens assis sur le banc des repentis et le battement de leurs paupières lorsqu’ils relevaient leurs visages imprimés de prières.
    - Que pleurent-ils ? ai-je demandé à Blog-Trotter en revenant toute sautillante vers la maison.
    - Il m’a répondu : Leurs péchés conformistes.
    - Pourquoi alors ne pas l’appeler le banc de l’allégresse, si c’est là qu’ils vont s’asseoir pour renaître.
    - Certes, mais ils doivent d’abord se repentir de leurs dérobades, leurs lâchetés passées.
    - Tu en sais certainement un bout sur le sujet.
    - Oh, j'ai, moi aussi, posé mon cul sur le banc des repentis.
    - Ah oui ? Vraiment ?
    - Bien sûr.
    - Tu as été… sauvé ?
    - Sauvé, repenti et plongé dans la mer des Sarcasmes avant d’être incorporé dans l’armée des ombres.
    - Imbécile !
    - Oui, je suis entré dans le droit chemin du silence, je me promène sur des guirlandes de mots dans la forêt livre, j’écoute « What a wonderful world » de Louis Amstrong. En boucle.
    - Et « Les grosses têtes » sur RTL…ou Brigitte Lahaye sur RMC.


    (Photo Yann G.)
    Le blog de Yann est ici :http://www.flickr.com/photos/yann_g/

  • Sur l’écrin rouge de leurs nuits blanches

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    Bonne chienne, je suis entrée, cet été, dans une période rouge sicilienne. Non pas celle du clan conduit par Gabin avec son accent de parrain normando-palermiteux mais je me suis laissée glisser plutôt sur le versant Guépard de mes intuitions à la Pirandello lorsque celui-ci montre comment, sur des îles du sud, lors de nuits à la chaleur africaine, les filles rejoignent les pères dans le désenchantement final et comment les destins s'engluent. Sur l’étagère de la salle de bains s’ouvre alors le catalogue cousu de fil noir corbeau.
    Glissées dans des baignoires à sabot, les femmes passent en revue, à la quarantaine peu rugissante, leur corps et les anges gardiens qui s'y rattachent. Une maille à l'endroit, une autre à l'envers et voilà que prenait forme l'entremet fourré aux amendes théologiques: « Ma fille, tu seras maman ou putain !
    - Pourquoi pas les deux, cher père ?
    Et de consulter lentement jusqu'à la lie l’album à souvenirs fragmentés au harem: « Celui-là n'aimait que mon postérieur. Dans une autre vie, il aurait souhaité être miroir aux alouettes sans tête. Le plus vieux de mes amants me rappelait mon père quand il me caressait la nuque puis la colonne à la hauteur de mon premier soutien-gorge. Le plus alpiniste préférait résolument ma face sud de missionnaire et il me priait d'escalader ses cuisses avec ma céleste bouche jusqu'au sommet de son art éjaculatoire. Le plus virtuose me prenait sous son aile pour me faire jouer à la brouette pascalienne. Comment oublier celui qui n’aimait que les plis de mon ventre ? »
    Balkanisation des seins, cortège d’échecs et peaux moites, grains de beauté passés au tamis du désir puis jetés dans la fosse aux lions mystiques. Effets de hanches. Le soufflé retombe vite et les événements se révèlent à la longue bovarystes. Goût généralisé pour le camouflage de ce qui se trame dans l’inconscient. Lavage du cerveau à répétition pour oublier les noyades dans l’eau d’aisselle.
    Un brin d’imagination, des lectures soudées comme des rails pour arrière-trains TGV peu inspirés, une sensibilité soupçonneuse condamnaient dès l’enfance, les filles de ces îles - peu paradisiaques - à s’inscrire sur la liste d’attente, longue comme du Prozac, pour l’exil qui libère, mais dont on ne se remet pas.

  • Perle à rebours

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    Levée à 3h30 ce matin, je viens d'en terminer avec une longue sieste propice à passer au peigne fin le long voyage de la journée. Tout a commencé ce matin par une course après trois lapins de garenne dans la prairie. Quelle est verte la Bourgogne! Puis je me suis lovée sur le siège arrière de ma niche roulante entre sacs de voyage et cageots de pêche. Toutefois, une odeur dominait dans l'habitacle. Celle d'un camembert moulé à la louche. Il me semblait qu'il marchait tout seul dans le coffre.
    A la radio, toujours les mêmes inepties: "Sarko est à Washington pour serrer la pogne du pantin texan. Qui va payer la note demandent les socialistes?" Le débat politique vole haut. Flash spécial A6: 111 km/heure au lieu de 110 au sommet de la côte d'or à quatre voies inaugurée par Pompidou pidou. Une partie de la note du ministre de l'intérieur et deux points en moins pour le conducteur, mon héros au sourire pas si doux que ça.
    Changement de station. De la daube à toutes les fréquences. Sirop d'érable façon chanteuse québecoise ou du RnB façon "You make me crazy"...
    On croise quelques BX sans points de suspension hydraulique conduites par des éleveurs de Charolais en Saône et Loire. Musique Country avec émiloose Harris. Vivement Lyon et radio cervelle de canuts.
    Le tunnel de Fourvière affiche complet. Dommage, le soleil vient de se lever et par la moindre trace de l'ami Ricorée. Défilés sur les bords du Rhône de commerciaux en Audi avec GPS et oreillettes à rallonge pour ne pas rater le premier brin de storminge avec le boss. Les retraités sont majoritaires au volant des Picasso et autres espaces Scénic. Qui c'est qui va payer le baby boom bordel ?
    Avant, ils étaient Peugeot comme Brel dans "l'emmerdeur", maintenant ils sont jaunes Citroën (m'était compté). Ils foncent vers les cyprès provençaux pour résidence tous risques. Parfois se glisse une BMW M5 armée de ses douze cylindres et conduite par un marseillais au look colombien. Gourmette et gomina à l'huile d'olive première pression à froid du calibre. Cinq doigts, six bagues. Le 13, ça porte bonheur, hein mon fils, hein!
    Vers Valence, nous doublons un transport de japonais (aux airs) absents. Pas vraiment des têtes de noceurs mais plutôt celles de mangeurs de poissons crus qui espèrent oublier, en une semaine, leur soucis.
    Avignon, puis le péage de Lançon de Provence. Rien à signaler.
    A Aix, une ribambelle de petites Smart pour jeunes bourgeois recalés à l'oral mais bientôt dignes héritiers de papa avocat au barreau de chaise. Direction Toulon, sortie au péage de Pas de Trets. Enfin une départementale. Puis les lacets pour la Sainte Baume. C'est encore loin le paradis? Dix heures trente. Bientôt l'heure du pastis avec les chasseurs de sangliers. Ici, un mot entraîne l'autre. Un verre puis deux verres de jaune. Place au rêveur qui gagnera demain pour avoir perdu son temps aujourd'hui. Le temps est venu de crever avec une épingle les souverains poncifs qui envahissent les blogs. Nous sommes toujours prompts à jouer la comédie des sentiments sans perdre de vue notre implacable intérêt. Allez, c'est la rentrée, on va sourire aux photographes. Yallah!!

  • Les confitures de crimes du consul de France

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    Sur mer, sur terre et parfois dans les airs sur les traces des confitures de crimes du consul de France, je me suis demandé pourquoi que cela fait presque deux mois que je me suis éloigné de ce machin. Bloguer l'été, quelle connerie! Néanmoins, je profite d'une ligne adsl amie pour saluer celles et ceux qui se demandent (par email) si je suis toujours de ce monde impitoyable. Je me dois de répondre oui. Et de les saluer.
    Il fait beau à n'y pas croire. J'ai décidé de jouer les prolongations sans redouter l'angoisse du penalty.
    Ce matin, ce panneau s'est glissé dans l'objectif de mon portable. C'est vous dire combien la région est poétique. Pensées vagabondes et sourire bio.