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  • Chant libre

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    Cet après-midi, autour de 16h00, à Cassis (Bouches-du-Rhône). Une femme sors de son bain sous la surveillance d'une tourterelle costumée en maître nageur. Au loin, le cap Canaille dominant la Méditerranée du haut de ses 407 mètres. Un jour en Provence, le dernier de l'année 2006. Mon téléphone n'a pas manqué cette occasion de saisir la belle et la bête en villégiature.
    Pour bien commencer la nouvelle année, un peu de Leopardi si vous le voulez bien:
     
    "Je me suis longtemps refusé à tenir pour vrai ce que je vais dire, car compte tenu de la singularité de ma nature et du fait que l'on tend toujours à juger les autres d'après soi-même, je n'ai jamais été porté à haïr les hommes, mais au contraire à les aimer. C'est l'expérience qui, non sans résistance de ma part, a fini par me convaincre; mais je suis sûr que les lecteurs rompus au commerce des hommes reconnaîtrons la justesse de mes propos; tous les autres les trouveront excessifs, jusqu'au jour où l'expérience, s'ils ont jamais l'occasion de faire réellement l'expérience de la société humaine, leur ouvrira les yeux à leur tour."
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     Prenons donc exemple sur cette tigresse du Zoo de Californie entrée dans une forte dépression au décès de ses petits. Pour y remédier quelqu'un a eu l'idée de lui confier la portée d'une truie qui, elle, n'en avait cure des ses lardons. Bien sûr il a fallu recouvrir d'une chasuble à rayures les futurs rôtis. Ainsi, la greffe a pu prendre après quelques tentatives. Cette fable, qui date de quatre ans, je vous l'offre à toutes z'et à tous pour entrer d'un bon pied giboyeux en 2007.
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  • Un coeur d'islandaise à découvrir

    Départ demain. Pas d'avis de tempêtes à l'horizon islandais. L'avion sera donc à l'heure. Tant mieux parce que le TGV de 14h07 à Roissy ne vas nous attendre. Je viens de boire un verre de vin australien avec ma filleule adorée. Matta pleurait ce matin. (Prononcez Mathildur). Ma petite salope (dans la prairie) préférée vient d'annoncer à son homme que leur relation venait d'atteindre son terminus. Elle ne sait pas vraiment pourquoi elle a soudainement décidé de mettre un point final à cinq années d'amoureuseries. Plus tard, elle saura. Pour l'instant elle pleure. Je viens de lui dire deux ou trois choses que je sais d'elle. Elle s'en est allée avec  le sourire. Un sourire tout ce qu'il y a de provisoire. Demain, il lui va falloir bosser dur. Etudiante en anthropologie, elle aussi, avec un zeste de philo, Mathildur ne mesure pas très bien le parcours qu'il lui reste à franchir. Elle a le temps. Je viens de lui donner rendez-vous en mai.

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    Matta viendra marcher au printemps dans les paysages du Gionoland avec sa marraine qui a perdu tous ses cheveux pendant l'automne et l'hiver chimiothérapique.
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     Elle est pas belle la vie ? Si, si parfois. Mais bordel de merde, ce qu'il faut endurer pour obtenir un peu de répis.

  • Botter le cul en touche

    La vie reprend son cours. D'une table à l'autre. Il fait un temps doux à n'y pas croire. Plus huit degrés indique le thermomètre. Il gèle en France lit-on sur les gazettes électroniques.  James Brown en a profité pour tirer sa sex machine révérence. Gerald Ford aussi dans la foulée. Ici, l'on cause de tout et de ce qui reste à faire. J'ai découvert une créature de 21 printemps islandais dans le lit de mon soleil. Une certaine Elin Vigdis. Fille d'un diplomate qui roule sa bosse d'Amérique latine en pays émergents. Un grand gaillard aussi élégant que possible. Sa fille me semble être plus direct et peut encline à louvoyer. Elle frappe direct au coeur. Celui de mon fils, s'est abonné au sien. Hier, j'ai entendu parler d'un enfant à mettre en piste dans l'année qui pointe son nez. Après la pluie de larmes, le beau temps? Hope so. Un cadeau tombé du ciel dans les chaussures réservée au père Noël. Une anthropologue en formation. Taille mannequin de rigueur. Voici la bestiole saisie au vol par mon téléphone.

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    A midi, repas de famille. Aevar og detta. Des cousins de trente ans. Lui, journaliste à la radio nationale depuis...perpet. Detta, peintre qui s'expose de New York à Paris en passant par Prague ou Milan. Olivier Debré, avant de nous fausser compagnie, est venu contempler d'admiration son oeuvre. Il n'a pas tari d'éloges. Detta, c'est un monument vivant en Islande. Je l'aime ce couple comme si nous étions frères et soeurs. Oddny, leur fille, est docteur en philosophie. L'écrivain qui monte en ce moment en Islande. Chez ces gens là, on croise Kundera, l'été, à l'heure de l'apéro. Son traducteur islandais aussi. Oddny et Johann sont en train de monter une lecture des poèmes de Rimbaud. Un film sur un écrivain islandais aussi célèbre qu'inconnu mijote dans les caisses du CNC local. Johann sera cet écrivain à l'écran si d'aventure...
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    Pour l'instant, il est l'affiche partout dans les rues de Reykjavik. Comme mannequin pour un magasin de vêtements qui attire les foules. Je découvre en marchant toutes les facettes de ses activités polaires (ou presque). A midi, donc, nous déjeunions tous ensemble (ceux cités plus haut) et j'hallucinais. J'ai découvert entre la poire et le fromage pasteurisé qu'il avait composé la carte des vins du restaurant et les menus. Bel ouvrage gastronomique. Une quantité de goûts invraisemblables. Demain, Johann répète une pièce inspirée d'un livre de Boringer (?). Pas ma tasse de thé l'auteur de "C'est beau une ville la nuit" mais bon...
    Pendant ce repas, j'en apprenais de belles sur chacun. Soudain une question a fusé du bout de la table : "Et toi, Philou ? Ton livre, penses-tu l'avoir achevé en 2007 ou à la Saint Glinglin ?"
    Euh...il avance, il avance. Moins vite, certes, que l'Amélie Nothomb production mais plus vite que Richard Ford qui s'offre l'écriture d'un livre tous les cinq ans que j'ai répondu du tac au tac, vexé comme un pouxxx. Les islandais sont tous un peu poète, peintre journaliste, sociologue, philosophe. Bref, ils ne chôment pas. L'hiver est très long, alors ils meublent leur existence sans rechigner. La terre est si basse dans notre midi...

  • L'absente, la voilà

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    Un rendez-vous avec une maison, trente trois ans plus tard. Une plage enneigée, une mer grise puis une tombe. Des repas familiaux pour évoquer l'absente. Beaucoup de larmes, d'images forcément floues, de tendresses, de partage d'émotions. Il fait presque doux dehors et chaud dans les coeurs brisés.

  • Méditations sur le trône

    Il vente et neige. La météo locale annonce des rafales inouies pour les jours à venir. Plus de 30 mètres seconde. Philippe me demande de traduire en km/heure. (???) No say. Il me hurle à l'oreille : " Demande au bateleur de nous donner la vitesse de ce putain de vent !!"

    Ce matin, nous sommes allés nous recueillir dans un temple de la consommation. Très cosy non? Je travaille là. Manque la musique pour vous donner une petite idée. Quelquechose qui devrait plaire à miss Agla me glisse-t-on à l'oreille. Je signale à cette dame aux costumes so gothiques que c'est un ami islandais qui va produire le prochain record de nos deux "cocosdingos". Nous avons dîné, il y a peu, avec elles. Bon, hormis le vent qui déraille, je dois avouer que nous sommes très contents de nous retrouver. J'ai offert cet après-midi, à BT, des chaussures très subtiles. Noires au cuir fin et souple. Très sport classieux pour vieux beau. Des Calvin Klein. Il voulait enlever la marque trouvant que cela faisait "choco". 

    Appellation très connotée ici. Genre "nouveau futur riche",de préférence jeune qui achète tout ce qui peut le faire briller. Ces gens-là sont surnommés"chocoladi" parce qu'ils adorent se faire zébron sous lampes. Garder leur tein (Père, faut un t à la fin de teint ?) frais de discothèque chopé à Palma de Majorque l'été dernier avec le germania saturday nightclubber med.

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    Il ne me reste plus qu'à vous présenter ma collègue de travail. Non, je ne donne pas son nom, ni son tel, ni ses mensurations. Seulement sa taille: 1,80m. Oui, oui, elle est "très très bien roulée" comme dit le vieux qui la (très mal) photographiée sous toutes les coutures ce matin. Demain, sera un autre jour. J'embrasse bien volontiers toutes celles et ceux qui ont glissé des messages très chaleureux et tendres sur la note précédente.

    Joe.

    Ps : J'ai l'air con sur cette photo, là au dessus. On dirait que j'ai la calvitie d'un trentenaire et des pattes de gorille. Non, non pas les pattes mais...

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    Je pense que vous ne pouvez apprécier sa grandeur d'âme; c'est son plus mauvais profil. Photographe, c'est un métier. Pas celui de BT en l'occurence. Je crois qu'il avait la tremblotte en plus. 

  • Vol vers la nuit


     

     

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    Moins six degrés ce matin sur les flancs de la montagne provençale. Un peu de givre s'est déposé sur les plantes pendant la nuit étoilée comme pour les décorations de Noël des vitrines de magazinzins parisiens sur les grands boulevards. Sauf qu'ici, nul trace de poudre glacée synthétique. Petit coup d'oeil sur la météo de Reykjavik : Huit degrés et averses de pluies ce matin.Trouble du réchauffement climatique? Non "Gulf stream". Le courant chaud, venu du golfe du Mexique, arrête sa course sur la côte ouest- Islande. 

    Demain, c'est le jour J. Nuit la plus longue de l'année à cette latitude (66 degrés Nord). Qu'importe, je vais y retrouver le soleil de ma vie. (Merci Fiammetta bella pour cette photo du guide Joe franski). Une bestiole généreuse, attentive, posée, chaleureuse mais distante toujours. Insaississable ton fils, tel père , tel fils, me souffle Aurore à l'oreille. Les islandaises tentent bien de l'arponner dans les rues et les cafés. Elles l'adooooorent cet acteur vu à la télé, au cinéma. Derrière les bars (DJ Joe). Il y en a une qui s'est faite refaire presque toute sa carosserie pour l'attirer dans ses bas à grosses mailles qui grésillaient. Lèvres, seins et tutti frutti comme dit Slankinetta. Il lui a dit à cette blonde, devenue brune andalouse pour ses beaux yeux: "T'as oublié l'essentiel, l'opération esthétique au cerveau!"

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    Nous allons vivre le premier Noël sans sa mère. Elle, justement, c'était à la suite d'une opération au cerveau. Une tu meurs. Nous irons tous les deux, Johann et moi, main dans la main, pleurer sur sa tombe en écoutant cette chanson de Léonard "I'm your man" qu'elle adorait. Il y aura tous ses hommes au repas de veillée du 24. Son délicieux mari Trusti, notre Johann, son deuxième fils au prénom imprononçable et moi. Sa fille Julia est excusée. Elle vient d'emporter le concours d'entrée à la royale Scholl de chant of Londres. On chantera quand même "J'ai deux amours, l'Islande et Parouis". J'apporte quelques frugalités dans mes valoches (Alouettes sans tête, Cèpes à gogo, fromages ) et deux bouteilles d'Aloxe Corton. 
    Je verrai défiler plus d'un tiers de ma vie en regardant par les fenêtres de la maisonnette. Sans oublier un clin d'oeil à la mer depuis la salle de bains du premier et une caresse à la montagne toute blanche qui veille sur la capitale islandaise. Nous échangerons la chaleur du feu, laisserons partir le jour et j'aurai beaucoup de difficultés à regarder en face le sofa d'où Dora m'a dit adieu en avril. Elle s'est envolée le 4 juillet dernier. Mon père aussi d'ailleurs. Un an plus tôt.
    Il sera temps, demain, de risquer à nouveau une chair vulnérable aux blessures du chemin comme disait Alfred, mon merveilleux grand-père. A bientôt dans la vie.
     
     
     
  • Misfits mi raisins

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    Immédiatement après l'odeur du café (6h00), celle du thym, de la sauge, du pèbre d'ail (autour de 8h00).Tous les chemins mènent arôme (Sollers).
    Seuls les chiens parviennent à faire un tri sélectif des odeurs matinales. Pistant celles des sangliers, des lièvres et du renard qui rôdait cette nuit. Il fait brouillard givrant ce matin. Je suis couvert de frissons. Le grand chien Charles est en arrêt. Il jappe dans le champs. Gare aux représailles si d'aventure il y a des marcassins. Je suis d'un oeil l'agent marron. Ses pattes sont si hautes qu'il peut s'échapper à la vitesse d'un guépard. L'agent blanc, Perle, par contre, ne possède pas cet avantage.
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    J'aperçois le bout de sa queue blanche qui houspille une haie de genêts. Le refuge d'un mulot sans doute. Les grives dégringolent de la montagne. Elle n'ont pas de plombs dans l'aile. Passent toujours dans le même couloir aérien. Ne profitent même pas de la nuée ouateuse qui surplombe les arbres. Je suis gelé comme les bords des flaques d'eau. J'aime ces inflammations là. On sent le froid faire pression sur les vaisseaux, que le sang renaît, que le coeur lutte, que le corps survit puissamment et que l'âme, si elle bien disposée, lui montre une espèce de gratitude qui m'autorise une endurance fantasque.
    Les deux chiens reviennent bredouilles se poser à mes pieds. Nous observons tout de concert. Silence absolu. On entend les brins de glace se fendre au fur et mesure que le soleil fait son trou dans le lit aux draps blancs qui est en suspension au dessus de nos têtes.
    Mon appareil photo sonne deux fois dans la poche de la polaire:
    "Allo, c'est Pied-pied! Kesss tu branles?
    - Je marche avec les chiens.
    Encore? Bon, je t'appelle pour te signaler que sur un blog, ya une meute qui divague sur Marseille et Pagnol...Un tissu de conneries qui ne pourraient même pas entrer dans une boite d'épinal. Putaing, ça me gonfle ces clichés rapiécés. Tu vas leur rentrer dans le choux, hein !?
    - Hélas non.
    Comment ça? Putainggg, lis d'abord et ensuite fracasse-les ces enculés! Tu vas pas encore nous parler de tes chiens, oh!
    - Mon lapin, on n'en finirait pas de dresser la liste des illusions et des pauvres certitudes - tenues pour vraies - par des voyageurs pressés qui "sont justes passés par Marseille" un jour de congés payés. Leurs croyances sont taillées sur mesure. Ils seront bien plus attentifs dès lors qu'il leur faudra admettre des vérites plus cruelles.
    Ouais... mais quand même, y'en a marre des pagnolades. Dis leur combien cette ville est complexe et qu'ils peuvent se lever de bonne heure pour tenter de déchiffrer ses codes, ses non-dits.
    - Oh Marius, du calme! Ok. Je leur dirai que, chez eux, "la franchise peut aider lorsqu'elle est feinte ou que, du fait de sa rareté, personne n'y croit plus. Les hommes ne rougissent pas des offenses qu'ils commettent mais de celles qu'ils essuient."
    Oauhhh ! C'est du Audiard?
    - Non, Leopardi.

  • Le petit carré blanc

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    (Photo Yann Gensollen)
    La bougie du silence
    Cerne le désespoir à portée de la main
    La lampe sous l'auvent attend notre heure
    On laisse les insectes entrouvrir la nuit
    La promesse
    Un instant
    Des ombres passent
    Regardent la lumière, écoutent à la porte
    Des courtisans
    Attardés
    On se sépare
    On fait comme si
    On s'assemble
    Sans se ressembler
    On tire au flanc
    On contrôle la tiédeur d'un lit
    Comme on tire au pigeon voyageur
    Toi seule es nue
    Tout mon corps qui se lève
    Et trouve en toi sa forme vive
    L'enfance est bien loin
    Il n'y a qu'une bouche
    La langue y ruisselle
    Sous mes doigts les pages se confondent
    Les yeux ouverts
    Les yeux fermés
    Nous écoutons le pas légers
    Des morts qui reviennent d'un enterrement
    Suivent des croque-morts fragiles
    L'horizon au petit matin
    Dégante la nuit nostalgique
    Nous pourrions marcher
    Comme par une sorte d'oubli jusqu'au mot fin
    Avec ses fards ses faux cils ses bas noirs
    Au bout du couloir
    Le chien mord le silence.

  • Jambes en poupe

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    Chassez l'héroïsme, il revient à vélo. (Louis Nucéra)
    Fiammetta, dans les rues de Milan, repousse ses limites à chaque coup de pédale. Elle a volé la Bicyclette au réalisme italien. Ses jambent tournent sur la terre qui tourne pour agrandir ses frontières. C'est bien l'apanage du vélo que de procurer ce pur plaisir de l'harmonie du corps et de la machine dans le paysage. Nietzsche eût aimé cette conception d'une pensée qui se diffuse toute entière dans de bien belles gambettes secrétées par la pompe de l'organisme.

  • Zinédine le grand

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    Algerian President Abdelaziz Bouteflika, right, pins the Al-Athir medal, one of Algeria's highest award, onto French soccer star Zinedine Zidane, in Algiers, Wednesday Dec. 13, 2006. Zidane is currently touring Algeria, his parents' native country. (AP Photo/Str)

    Ah, ce terrible regard! Le capitaine de l'équipe de France honoré par toute l'Algérie. Il reçoit la plus haute distinction de ce pays frère. Regardons mieux. Oui, dans le plus profond de ses yeux. J'y vois du bonheur. Bien sûr, qu'importe la main qui l'épingle. Zidane pense d'abord à son père et à sa mère. Il n'a de pensées que pour ses parents, à ce père kabyle qui, un jour, a débarqué seul à Marseille. Cet ouvrier venu porter des sacs de ciment sur son dos et ainsi faire mieux grandir les siens. Il faut bien connaître cette cité - qui a vu Zidane flirter avec le ballon - pour prendre l'exacte dimension de cette tournée quasi "présidentilelle" du joueur et des siens. Les radios nationales françaises font la fine bouche: " Zinédine est récupéré par le Président Algérien." Pauvreté du regard porté sur l'événement. Inversement, celui de Zidane me semble être un véritable passe muraille: La vérité n'est pas forcément visible dans la réalité observée par nos "envoyés spéciaux" et la réalité n'est peut-être pas la seule vérité.
    Le plus grand joueur français de tous les temps est un penseur de fond. Il ne laisse rien au hasard. Fait ce qu'il pense et pense comme il fait. Il souhaitait tout d'abord visiter les hôpitaux qu'il a subventionné par l'intermédiaire de quantité d'associations. Il a donné des millions d'euros à une jeunesse internaltionale malmenée par le destin. Aujourd'hui, c'est au tour de l'Algérie. L'entreprise Zidane a un petit air pirandellien. Elle est romanesque depuis tant d'années. Sans doute la plus ambitieuse du monde footballistique. Combien de "stars" du ballon rond ont perdu la tête? Se sont échouées dans des bars où les marins ne font pas que pleurer. Lui, non. Il jongle avec le succès comme dans une surface de réparation. Garde en ligne de mire toujours le même but: Faire progresser l'humain où qu'il se trouve. Aujourd'hui, il avait simplement rendez-vous avec la terre d'origine de ses parents. Il sait aussi qu'ailleurs, sur la bande de Gaza, les minots crient "Zidane, Zidane" en jouant sur un bout de plage. Idem en Indonésie. Les mêmes à Reykjavik sur la cendre volcanique. Zinédine ne se laisse jamais emporter par un coup de tête. Il prévoit tout. Même de perdre une finale de coupe du monde, mais pas ce qu'il estime être l'honneur des siens. Et ça fait du monde.

  • Les os de hurlevent

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    France : Tapette dans un verre d'eau. Un animateur de télé est villipendu pour propos de fin de backroom.
    Bagdad : Un attentat suicide signé furax fait soixante morts anonymes.
    UMP : Raffarin pousse MAM à poursuivre les ébats.
    Folle prévision climatique : La banquise complètement fondue en 2040.
    L’amitié. Voilà un sentiment qui est mis de côté. Jamais à la Une des medias.
    En poésie, c’est une herbe aussi verdoyante que rare.
    Amitié, nom féminin, d’origine terrienne, de la famille des plantes vivaces qui résistent au longs hivers et aux grandes chaleurs. Traversent le temps.
    Ce matin, je ne prononce pas les mots. Ils sont bras et joncs, graminées, l’odeur qui permet l’attente, l’équilibre de l’épi dans la mesure des soleils.
    Mes paumes font une nouvelle fois l’amour à ces bouquets caressés par les vents.
    La pluie me pousse de l’échine. Elle est d’hiver camarguais. Le vert tourne de l’œil à l’approche des gros nuages. Dans l’attente des pousses de riz.
    Broussaille des poils et des foins avant la prière du soir…
    Gospel de l’oncle gitan qui dresse sa tante aux Saintes Marie de l’amer.
    Tous piqués par un mystique. Vierge noire, revient ! Ils sont devenus fous à la recherche du duende perdu.
    Picador, torero regrettent d’avoir déserté le campo et sa bienheureuse solitude pour se mettre en danger.
    Est-ce l’ombre d’un toro du delta Rhône qui s’avance peu à peu dans la pensée et les rêves du jeune Juli ?
    Les oreilles ou la queue. L’arène se promet de chavirer à Pâques. L’immense plaine d’entre fleuve charrie ses gouttes . Je me tais.
    Mes mains sont tachées de graines marron foncé. J’avance dans l’âge à reculons. Je commence à lire les livres à la dernière page.
    Demain, j’écouterai le paysage sous les pattes d’un flamant rose.

  • Du souffle au coeur d'Agla

    http://aglabloublou.hautetfort.com/

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    Sublime photo de Yann Gensollen
    Née sous X, Agla n’as jamais perdu espoir. Toute petite déjà elle n’a eu deux fesses de connaître ses véritables prédateurs. Au BHV, elle a consulté pendant des jours le rayon archives. De guerre lasse, elle s’est prise de passion pour la quincaillerie. Puis l’ADN est arrivé, sans se presser. Sa quête a pris un tournant scientifique. C’est en examinant les poils des deux Yorkshire de Bébel Web qu’elle a pu remonter la trace de ses origines. Patience et pertinence, voilà bien les deux fines mamelles de son sacerdoce. En remontant les Champs-Élysées et les traces de l’ADN, il s’avère que sa mère était la petite fille du soldat inconnu et son père, l’enfant caché du chauffeur d’Yves Montand.
    Cette certitude en poche, tout va très vite. Agla se rend en métro à la station Marcel Sembat les couilles pour y déposer sa gerbe car elle est supertitieuse. Elle ignore qu’elle a rendez-vous avec l’Histoire au Rialto de Champigny. Elle se met à la colle avec le fils de Georges Marchais qui lui balance à la tronche son célèbre camouflet : « Agla, fais tes valoches sous les z’yeux, on rentre au cartel !» (NDLR de Medellin) Ils ouvrent le premier musée de la narine et c’est un triomphe. En Colombie, les bonnes nouvelles se répandent comme une traînée de poudre…
    Traînée, c’est ce qu’elle va devenir, un temps, après l’assassinat de son compagnon. Il s’était pris les pieds dans les faux cils d’un transsexuel qui l’a achevé avec un marteau.
    Quoi qu’il en soit, Aglawoui ne manque pas de ressources. Reviens en France et embrase, cette fois, une carrière littéraire sous la luette de son nouveau gourou, (un gros cochon venu d’Inde) Pétardàmèche. Sollers l’accueille dans ses bras, un soir d’été, et publie son « Guide du routard dans la nuit ». Succès immédiat. Dans la foulée, « Mes nuits sont plus courtes que le sexe de Farinelli » puis « Voir zazatte et mourir ». Dans un registre plus sonore :« Le Pont-Neuf fait soixante pieds », « L’explorateur heureux dit que canicule l’emballe ».
    Fine linguiste, elle regrette de n’avoir pu trouver Saussure à son pied. Grâces aux subsides obtenus d’un livre l’autre, elle s’embarque pour l’inquiétante Afrique à la recherche d’un marabout apte à lui greffer un point G au cerveau. L’opération accomplie elle décide de se lancer à la conquête de l’Est. Débarque sur la place rouge, fait la rencontre de Natacha qui lui fait découvrir le Bus Polonium et devient la Goulue dans la revue « Tsar Ac ».
    Jamais en panne de projets, elle organise le premier lancer de stalinains de jardins dans la banlieue de Moscou. Reconduite à la frontière pour «dérive idéologique aggravée» elle tente de passer l’Oural de rattrapage. En vain. Les policiers restent de marbre.
    De retour sur les bords de Marne, elle épouse ses méandres et décide d’entrer dans la blogosphère. Son Glamourama déchire sa race. Clown blanc, elle y raconte les z’avatars de Zavatta.
    Sans aucun doute le blog le plus frais, le plus ironique sa mère que j’ai pu croiser.

  • Ah qu'il est beau le débit de l'eau

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    C'est un petit lac sans nom. Une étendue d'eau précaire qui prend position les jours de grande pluie. Des torrents d'un jour dévalent sur le plateau du Plan d'Aups la Sainte Baume et ils terminent leur course à La Tourne, vaste étendue de buissons et refuge pour quantité d'oiseaux migrateurs. Le siège social des sangliers et autres lièvres.
    Les chasseurs de grives ne ratent jamais le rendez-vous avec ce précieux gibier. Heureusement, la faune sauvage ne manque pas d'astuces. Les hommes en tenue de camouflage manquent souvent leur cible. Parfois même, les pourchassés se rebiffent. Un vieux solitaire a ouvert le ventre à deux chiens la semaine dernière. Il a chargé et tranché dans le vif avec ses deux défenses aiguisées comme des rasoirs. Un chien est mort éventré, l'autre peine à se raccomoder avec l'existence. Lorsque l'eau monte du gouffre, vaste réceptacle de calcaire, il faut imaginer un immense lavabo disposant d'un syphon et qui voit les eaux venues de la nappe remonter frénétiquement le conduit profond de trois cents mètres. L'eau s'étale alors sur la contrée donnant naissance à ce lac qui prend ses aises sur dix, voire vingt hectares.
    Impresionnant phénomène naturel à sept cent mètres d'altitude. Parfois la montée des eaux ne dure qu'une journée. Les grandes années de pluies, ce lac prend racine durant une semaine. Alors, les habitants ne manquent jamais de profiter de l'aubaine. Qui sur une planche à voile, un zodiac ou le "bateau Petit Baigneur" du gamin. Une fête nautique improvisée et gratuite s'organise alors. Tout ceci à une centaine de pas de mes fenêtres.
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  • La belle et le Sans Domicile Fixe

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    Yann, c'est bien moi, Perle, qui s'adresse à toi en catimini. Figure-toi que je marchais ce matin parmi les bouquets de thym que je reniflais et je pensais à toi, transporté par ce RER qui te conduisait à travers la plaine Saint-Denis. Dès la sortie du tunnel de la Gare du Nord, tu peux apercevoir cette tour Dyonisienne posée là comme une âme en peine, battue par tous les vents et si seule. Certes, il y a bien ce vaisseau spécial nommé Stade de France pour meubler un peu le paysage en perpétuelle transformation et surtout les esprits. Des immeubles de verres se sont installés avec arrogance en lieu et place des anciennes fonderies ou verreries, des usines à gaz qui empestaient l'air et les poumons des ouvriers, principalement espagnols, comme tu sais, de cet ancien triangle noir coincé entre Aubervilliers, Saint-Denis et Saint Ouen qu'on appelle encore "la petite Espagne".
    En trottinant, donc, je me demandais, si toi, qui ouvre l'oeil toujours, qui colle de si près au quotidien, qui en accepte les responsabilités, tu ne pourrais pas saisir dans ton objectif un SDF de ce nord parisien. Un exclu de la sphère économique comme ils disent...Pourquoi pas un séquano-dyonisien dont chacun des pas l'éloigne un peu plus de son passé. Un qui marche sans but comme délesté du poids qui l'écrasait jusque là. Un dont l'histoire personnelle l'a conduit sur le trottoir, comme libre. Tu sais aussi qu'il suffit de trois jours pour devenir un authentique SDF. L'homme (ou la femme, je précise pour nos amies bobos) bénéficie de trois petits jours d'état de grâce comme ils disent encore. Combien pour un premier ministre?
    Le sans domicile fixe sait, qu'au delà de ces trois fois vingt quatre heures, il ne pourra plus jamais remonter la pente. Il se fera piller du peu de biens et de dignité qu'il possède encore. Il dormira sur ou sous les flancs du périphérique. Oui, mon très cher Yann, j'aimerai que tu le rencontre cet Humain. Que tu le serre fort dans tes bras d'abord. Que tu affrontes son regard ensuite. Bref, que tu lui parle. Tu vois, je me suis arrêtée un instant sous le chêne Héraclès que tu aimes tant. Cet arbre gigantesque, devenu noble avec les années, a élu domicile juste devant la forêt millénaire. Tel un gardien de phare, il s'est fixé là depuis plus de quatre siècles.
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    . Posée, à ses pieds immenses, sur la pierre réservée aux gens qui se reposent avant la montée vers la grotte de Marie Madeleine, je me suis peu à peu persuadée que si tu parvenais à prendre le visage et surtout le regard de ce damné de la terre, tu deviendrais, à mon sens, un grand photographe. Tu sais que la vraie poésie est là. Je parle de cette poésie contemporaine qui va à la bataille en chantant, une poésie qui est, pour tout dire : "chienne" comme disait Robert Desnos.
    Perle, l'amie des Humains.

    ps: Près d'un Français sur deux (48%) pense qu'il pourrait devenir un jour SDF.
    Un sondage BVA pour l'Association Emmaüs-La Vie-L'Humanité montre que cette crainte de l'exclusion touche 62% de la population des 35-49 ans et jusqu'à 74% chez les ouvriers. Enquête à paraître aujourd'hui dans La Vie et L'Humanité.

  • L'art de faire surgir des cathédrales

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    Parfois le soir, on entre dans un bar et l'on découvre une cathédrale. Au petit matin, en sortant de là, c'est Notre Dame qui vous fait la courte échelle pour escalader le mur du temps qui titube devant vous. Yann, une fois de plus, passait par là. (Patron, reservez Anitta et Margot !)

  • Yann s'illustre chez Assouline

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    Yep! Mon apiculteur préféré se pose un peu là dans la chronique du jour du blog de Pierre Assouline " La République des livres".

    http://passouline.blog.lemonde.fr/livres/


    Photo: Le mecano bar par Yann Gensollen

  • Pleine lune

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    Ton oeil à la fois doux et fou m'indique que tes canines vont m'embrasser ce soir. Et profondément. Il y a dans tes prunelles de multiples figures qu'un texte rend possibles comme dans le "livre" de Mallarmé. Tu es la figure des figures, au repos. Un prétendu délassement. Jusqu'à un certain point. Tu es celle qui rêve les yeux ouverts. Qui va devenir, à minuit, ce qu'elle voit.

  • Drôles Doisneau

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    Photo Yann Gensolen
    Des gens qui s’aiment. Non. Des amoureux. La différence ? On peut les regarder longuement. Ils ne nous voient pas. Ils habitent on ne sait quel entre-deux, un territoire mystérieux derrière l’invisible clôture d’un invisible monastère. Ce sont d’étranges habitants, une nation à deux ressortissants. Les locuteurs d’une langue singulière dont ils sont les deux dictionnaires. Ils ont ces gestes codés des gymnastes chinois.
    Les photographes en raffolent évidemment.
    Qui d’autres que les amoureux pour à ce point désordonner le paysage, pour arrêter l’œil, contaminer l’ordinaire de leur très tranquille sauvagerie. Ils fréquentent des lieux éloignés de l’électroménager, des cafés, des clairières. Ils canotent, se promènent, s’embrassent, se taisent, se serrent, chuchotent. Surtout, ils ne font rien.
    C’est peut-être ce qu’ils font de plus épatant ce rien. Ils observent la peau, entre eux, qui se désépaissit (Pascal Quignard). Autour d’eux, il y a nous qui n’existons pas. Nous sommes ce gros paquet qui ondule à peu près dans ce décor. Nous marchons au bord des amoureux, nous leur sourions en pure perte. Nous sommes les autres gens. Certains d’entre-nous, peuplade sans nom, s’appellent Brassaï, Boubat…
    Ils savent capturer un instant de ce monde dans le monde. Ce sont des acalmies, des douceurs. Ce sont des îles. Une géographie qui nous rafraîchit, les fragments d’un discours amoureux que, par- dessus tout, nous reconnaissons.
    Sylvie Coulomb

    in Cent ans d’amour par Nelly Elmaleh. (Marval)

  • Baiser envolé

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    Claude Jade, petit bijou déniché par Truffaut, s'est envolée ce soir. Sans doute pour un casting au paradis.

  • A saute-moutons par dessus nos ombres

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    Marcel Duchamp, Broyeuse de chocolat N2. 1914. Oil and thread on canvas. 65 x 54 cm. The Philadelphia Museum of Art, Philadelphia, PA, USA
    Souvenez-vous de cette réplique de Groucho Marx adressée à une superbe blonde qui le serrait tant contre elle qu’agacé, il finit par lui dire : « Si vous continuez, je vais me retrouver de l’autre côté. »
    Depuis que nos candidats à la candidature sont devenus candidats, les petites phrases pleuvent comme la grêle car, voyez-vous, de leur hauteur, ils ne veulent pas laisser l’humanité dans le chagrin. En leur prêtant une oreille attentive, pendant ce week-end, je me suis demandé s’il y avait, pour eux, une vie sur terre. Premier sur la liste de nos extra-terrestres, le champion de l’oxymore. Après le temps du Kärcher voici venu celui de la « rupture tranquille ». Ah, ce clair obscur, cette douce violence de l’idéal qui est partout proposé en kit avec des tonnes de « Il faut que ». L’homme ainsi oxymorisé par ses conseillers, paradoxe amusant, ne veut pas quitter son costume de second personnage du gouvernement.
    Il devrait «faire» depuis quatre ans, mais il n’a de cesse de se projeter dans le futur en répétant inlassablement: « Je ferai ceci et cela ». Pourtant, il contrôle la police mais pas les supporters racistes d’un stade curieusement nommé « Parc des Princes ».
    Il a été le ministre de nos finances le temps de privatiser les services publics de l’énergie. Si Lacan appelait de ses vœux un discours sans paroles, c'était pour y parer. Par discours, il entendait une modalité particulière du lien social, une pratique fondée sur l'échange de paroles afin que celui-ci puisse toucher au Réel. Ce Réel que Lacan définissait, à l'occasion, comme « l'impossible à supporter, comme la clinique même, et qu'il opposait aux registres du symbolique et à l'imaginaire, autant de registres qui, dans la parole, se bornent et s'intriquent mutuellement ».
    Nous avons à faire face, depuis des semaines, à une avalanche de paroles, lancées par deux collectionneurs de pouvoir aidés en cela par leurs relais médiatiques. Des phrases comme nées d’un savoir et de quelques diplômes. Hélas, nous faisons face à une pratique communicationnelle pour bobos en panne d’idées et de sens mais pas de 4X4. Hauts les cœurs d’artichaut.
    Envoyée spéciale dans un Liban au bord de l’explosion, une femme présidentiable vient de déclarer «sur zone»: « Je pense que la diplomatie doit être franche, simple et efficace». On ne peut mieux résumer la diplomatie mondiale. Talleyrand doit se retourner dans sa tombe. Et De Gaulle, sourire.
    Nous voici désormais portés par une parole thermomètre mesurant la limite de la pensée et les sondages. Nos favoris des sondages (le réel tranchera) sont d’authentiques machines à faire croire que demain sera mieux qu’aujourd’hui grâce aux vitamines du bonheur et aux anxiolytiques. Deux crétins qui vont entonner dans les mois à venir et sur tous les tons "Prozac, nous voilà ! Champions du monde !"