10.04.2007
Pensée du soir en Bourgogne
Photo Yann Gensollen
Retrouvailles avec le bureau ministre disposant d’une vue imprenable sur le printemps et son magnolia en fleurs. De la fenêtre, j’observe l’arrivée progressive et douillette des hirondelles en provenance du sud, ce lit du ciel, ainsi que tous les oiseaux qui nous apprennent à voler dans nos songes au son de flûtes venues de nulle part. Sur la corde à linge, les draps quittent volontiers leur couleur hivernale et les chemises se libèrent des pinces. Entre les bras du vent d’Est, les bras d’une femme à peau de lait marchant, digne et volontaire, sur la route menant à la ferme voisine. L’univers redevient plus petit comme la motte de terre léguée par la taupe à chaque retour au bercail. Au pied du cèdre, je suis ému par la candeur de l’ombre du soldat de Verdun qui allait pisser contre la haie au crépuscule. Je perpétue ce rituel même quand la table de marbre tangue sous les rires des convives. L’herbe fraîche élève l’héroïsme du grand-père Alfred comme la flamme du ciel et la lymphe de vie s’infiltre en moi. On ne trahit pas ses morts. Ils habitent toujours la maison. Ils sont paisibles et souriants.


Commentaires
Votre chère voisine Colette n'aurait pas mieux dit :
"J’irais droit au coin de terre où fleurissaient les
perce-neige, dans le jardin. La rose, le treillage qui la
portait, je les peindrais de mémoire, ainsi que le trou
dans le mur, la dalle usée. La figure de mon père reste
indécise, intermittente. Dans le grand fauteuil de repos,
il est resté assis. Les deux miroirs ovales du pince-nez
ouvert brillent sur sa poitrine, et sa singulière lèvre en
margelle dépasse un peu, rouge, sa moustache qui
rejoint sa barbe. Là il est fixé, à jamais.
Mais ailleurs il erre et flotte, troué, barré de nuages,
visible par fragments. Sa main blanche ne saurait
m’échapper, surtout depuis que je tiens mal mon pouce,
en dehors, comme lui, et que comme cette main mes
mains froissent, roulent, anéantissent le papier avec une
fureur explosive."
Et bravo à Yann pour cette apparition de Lénine sur un bureau.
Ecrit par : Molly | 10.04.2007
Je ne rêve donc pas, c'est bien Vladimir Ilitch Oulianov qui trône sur ce bureau ministériel... le vote centre-mou n'est donc qu'une couverture pour ne pas froisser tes lecteurs...! Sacré virage! ;-)
Ecrit par : pedro | 12.04.2007
La Bourgogne, pourquoi pas ? Petite cure de nature (et de recueillement) à Maison-Verte ? Surtout, en passant (si vous n'êtes pas trop loin), saluez bien le Bout-du-Monde pour moi ;-)
Ecrit par : Anitta | 12.04.2007
Pedro, petite vipère lubrique, ventre mou de la sociale démocratie franc-comtoise, tu profites de mon repos pascal à "maison verte" (joie trouvaille miss chti) pour m'égratigner le ventricule gauche. Et bien soit! Lénine trône sur mon bureau depuis bientôt toujours. Le vote Bayrou est Le vote révolutionnaire du moment ;) Celui qui va t'épargner un long séjour en Sibérie. Tu devrais mesurer la chance qui est la tienne et surtout me préciser quand tu viendras arracher mes betteraves pour ton bonheur idéologique, en Burgondie.
Anitta, je désespérais de vous lire. Que Marx soit loué, vous êtes toujours vivante. ;)
J'espère que vous agitez votre plus belle plume dans un bureau avec vue sur la mer du Nord. Je vous embrasse très très fort et en public. Yann et moi préparons notre visite lilloise. Notre agent du KGB va prendre contact avec vous en bon uniforme. Nom de code: "eune blonde o eune brune ?"
Ecrit par : Blog-trotter | 12.04.2007
A lire votre Burgondie, mon mal de ma Burgondie à moi s'accentue. Il est grand temps que l'on rouvre la maison. Le champ du bas sera certainement à faucher mais peut importe tant les odeurs seront enivrantes.
A bientôt ;-)
Ecrit par : Douja | 12.04.2007
Je ne suis pas encore allé me promener au bout du monde, Anitta, mais l'idée trotte dans ma tête reposée;) J'irai rien que pour en faire une note, of course.
Douja, la pluie fait des claquettes ce soir sur les pelouses. Demain, je tond. Et dans la tonte, tout est bon. L'odeur de l'herbe coupée...
Ecrit par : Blog trotter | 12.04.2007
Bonjour!
ciao Bello, je remarque qui restes bien dans ta "maison verte", (brava Anitta!) j'ai apprécié ton vent léger.
Cependant je me demandais de qui c'était le bureau: eh bien yes, BT's bureau!
je voudrais souligner seulement (W Pedro!) que le monsieur Lénine a la partie gauche de sa figure sombre, en ombre... comme il s'était déjà vu dans une autre photo de Yann... http://farm1.static.flickr.com/147/425147187_97e2229eef.jpg
... ce matin j'ai arrosé les fleurs avec le chant des hirondelles... qu'ils ont le nid dans ma cour...
Ecrit par : fiammi | 13.04.2007
Que c'est bon de revoir les hirondelles, hein Fiammi. L'accélérateur de particules me presse de toute part. Bisouxxx à tutti.
Ecrit par : Pierrot le fou | 13.04.2007
@ fiammi : (sourires)... il n'en reste pas moins posé bien à la gauche du bureau! ;)
Ecrit par : pedro | 14.04.2007
Il vaut mieux rester sous le soleil parmi les violettes et les tulipes en ce moment béni des dieux du ciel. Pensées et tendresses pour tout le monde.
Ecrit par : Margot | 14.04.2007
Oui
et les morts
comme nous
ressucitent
lorsqu'à nouveau la chemise qu'ils ont occupé
peut prendre l'air
entre deux pinces à linge
funambules paresseuses
Ecrit par : le bateleur | 15.04.2007
@ Fiammi e Pedro: c'è la faccia oscura della sinistra !
http://www.youtube.com/watch?v=fdg5T-bXmfo
Ecrit par : Molly | 17.04.2007
Pedro, il bouge encore le vieux, sais-tu. Il passe l'âme à gauche et parfois à droite. Mon bureau tangue.
Fiammi, alors vous venez me rejoindre à la maison verte?!
margot, les tulipes sont ouvertes, je répète, les tulipes sont ouvertes. Le hollandais volant marche sur la pelouse avec ses sandales...le hollandais volant marche...
Molly, mais quelle est donc cette force obscure qui fait voter Ségolène?
Luc, la chemise de mon aieul ne perd pas le fil de tes belles envolées.
Pierrot, demain au Président, je compte bien vérifier si les hirondelles font (ou pas) les rouleaux du printemps.
Ecrit par : Blog-trotter | 17.04.2007
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