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18.04.2007
Le petit bourgeois début de siècle
Le petit bourgeois début de siècle peaufine ses recoins ténébreux. Il veut imposer son image née de quelques malheurs familiaux, chante "allons enfants de la fratrie" sous la douche et rêve de passer à la postérité dans le petit écran de contrôle de son agence bancaire. Il dit " Dieu est mort" en allumant son barbecue. Enfile des perles à rebours et son costume qui tombe mal. Il n'est qu'un coin de mouchoir en papier, un appendice superflu errant dans les couloirs de la marchandise. Il pleure sur son blog, hurle au monde de la toile sa solitude de bouton décousu. Il ne trouve plus ses mots et se prend les pieds dans ses phrases à rallonge automatique. Il cultive son tragique de répétition en jetant un oeil désabusé sur ses fiches clients. Il taille des costumes sur mesure à tous les humains, ses ennemis potentiels. Le petit bourgeois début de siècle pense à sa fin prochaine quelque part dans la vie. Et s'en vante.
Il fait de la politique tous les cinq ou dix ans. Il construit ses idées au rythme des rumeurs. Il se déclare indécis dans les salons du prêt à penser. Le soir, il pète, seul, devant sa télé. Rote au bureau pour "se noyer dans la masse". Il adore dépendre de quelqu'un "n'ayant aucun but pour lui-même". Il veut se fondre dans les nouveaux objets communicationnels et fouille dans les poubelles numériques. Il obéit à ses impostures, offense la dignité humaine. Il cherche à mettre un peu de désordre dans l'organisation de son moi brûlant. Il souhaite secrètement se sentir lui-même en tant que présence globale et de ce fait unique. Il est stirnerien par habitude. Et surtout un crétin qui s'ignore.



Commentaires
Fulgurant.
S'aimer soi même un peu mieux, c'est tout ce qui nous reste. Ce texte me foudroie. Il me rappelle moi parfois et tant de tant de personnes naufragées volontaires.
Ecrit par : Margot | 18.04.2007
entre ombre et lumière s'exposent les peurs singulières…
parce que suivre une ligne droite n'est pas toujours évident.
it's a hard world for little things.
[pfffiou ! questa foto de Robert !!!]
Ecrit par : rexistance | 18.04.2007
c'est triste.
Ecrit par : elle | 18.04.2007
En chacun de nous sommeille une andouille de Vire qui s'ignore...
Ecrit par : Hermes | 18.04.2007
Mon cher carré Herpès, vous revoir enfin par ici, formidable. Vous savez combien Vire est chère à mon coeur d'artishow.
Ecrit par : Michel Drucker | 18.04.2007
I see. Monsieur ressort les flingues de concours. Il se trouve que beaucoup de ces petits bourgeois sortent du bois en ce début de siècle. Je propose qu'une distribution gratuite de pains soit organisée au plus vite. Robert aurait sûrement aimé. Toi qui a passé beaucoup plus qu'une nuit en compagnie de ce chasseur pas ordinaire, tu vois ce que je veux dire.
Ce qui est triste, finalement, c'est de voir combien ces gens sont prévisibles et tellement ennuyeux.
Ecrit par : Pierrot le fou | 18.04.2007
Oh vous savez, je ne vous ai jamais vraiment quitté. Si je brille par mon absence dans toutes ces louanges qui vous sont adressées, je n'en demeure pas moins un lecteur assidu, turlututu.
Sans doute un réflexe pavlovien petit-bourgeois qui s'en dédit m'aura conduit à sortir de mon mutisme, allez comprendre. Mais soyez sans crainte, je m'en va me retourner derrière la petite lucarne.
Au plaisir l'ami
Ecrit par : Hermes | 18.04.2007
ou qui ne s'ignore pas. l'herpes est trois fois grand c'est bien connu. c'est bien ces commentaires...
Ecrit par : l'andouille | 18.04.2007
Mon cher ami Hermes, venez donc ce soir dîner au Président. Il y aura des femmes (et malheureusement leurs maris) du vin et quelques projets audacieux dans nos serviettes surprises. Ce serait faible de vous dire combien votre présence est souhaitée. Le plaisir sera au menu, n'en doutez point.
Ecrit par : BT | 18.04.2007
Oui. Ou qui ne s'ignore pas...
Dans tous les cas, je vous vire.
Ecrit par : Blog-trotter | 18.04.2007
Elle & vire... Je crois bien que le lait a tourné avec les pendules!
Ecrit par : Hermes | 18.04.2007
Elle l'aime, elle le vire, c'est fou comme elle l'aime :)
Ecrit par : Isolde | 18.04.2007
"Il n'est qu'un coin de mouchoir en papier." Diable que tu es bon dans ce registre là !
Portrait fichtrement réussi.
Ecrit par : S. | 19.04.2007
J'aime bien la métaphore filée qui coud et découd le texte !
Un costume taillé sur mesure !
Ecrit par : Lydia | 19.04.2007
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