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  • Entre l'iris nain et l'asphodèle

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    Dans la vie, Pierrot, il n'y a pas que les campagnes électorales passées ou présentes. Battre la campagne, c'est, par exemple, humer les iris nains de rocaille (Iris pumila et chamaeiris) qui pullulent sur le plateau parmi les asphodèles (plante préférée de Mallarmé) et une quantité invraisemblable de fleurs particulièrement cortiquées du bulbe. Poser ses coussinets sur des tapis d'hémérocalles rustiques aux pétales jaunes Montrachet ou bleu Méditerranée qui ne craignent ni le froid ni la maladie. Un plaisir Royal canin n'est-il pas?
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    (L'iris nain jaune: asphodèle, me voilà!)
     
    Mon Ami Pierrot, le temps est venu de se replonger dans quelques valeurs aristocratiques de la Renaissance au moment où un nain va être élu président directeur général des revanchards, des commerciaux de grandes surfaces, des haineux du petit commerce d'antan en plein centre ville devant une cour d'aficionados de la télécommande. L'argent roi va encore couler dans les escarcelles du riche et les croquants vont retourner la terre pauvre et asséchée par la triple couche des "osons l'autoritarisme" comme dirait le porte parole black feet du groupe Lagardère qui viendra à nous par le plus petit bout de la lorgnette.
    Les nouveaux mousquetaires de la consommation et du marketing politique sont en route. Des têtes vont tomber. Jardinons en attendant des jours meilleurs.
    Perle
     
    (Il y a, aussi, quelques livres à terminer)  
     

  • Un caractère inoubliable

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    Retour à la montagne, chez les hommes qui plantent des arbres. Il est parfois doux de s'éloigner un peu et demeurer au calme. Marcher pour redevenir nomade de ses pensées. Abolir le fondement de toute hiérarchie, thème majeure de la littérature contemporaine, en observant quelques moutons en train de brouter les jeunes pousses d'herbe entre bouquets de genêts et de thym. Grimper au chêne où l'on a caché son nid. Retrouver ce petit espace vide qui permet de se reconstituer sans cesse. Voir briller le sens de la vie juste avant le crépuscule. Renouer avec le grand style : l'art de se taire.
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    (Photos prises aujourd'hui avec le tout petit Samsung compact ;)
     
    "Pour que le caractère d'un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l'idée qui la dirige est d'une générosité sans exemple, s'il est absolument certain qu'elle n'a cherché de récompense nulle part et qu'au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d'erreurs, devant un caractère inoubliable."
    Jean Giono in "L'homme qui plantait des arbres"
     

  • Historique: Enfin un dialogue vrai

     

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    AFP Photo 

    Pour la première fois en France, un vrai débat démocratique entre deux candidats à l'élection présidentiel a pu se tenir dans la clarté, la nuance, le respect des positions de chacun. Pour la première fois deux candidats se sont adressés à notre intelligence et, parfois, ils se sont mis à rire avec une bonne humeur qui va faire frémir le candidat de la division de la France en deux camps prétendument retranchés. Un débat haut en couleur et non plus en noir et blanc, couleurs de la mafia, des clans et d'un autre temps. Merci à Ségolène Royal et à François Bayrou, à RMC et BFM TV sans qui...

  • La vibration de la vie

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    Il avait su parmi les premiers escalader le mur, le mot mur, se libérer des atomes staliniens, de toute soumission au discours officiel pour restituer "la vibration et l'exubérance de la vie". L'été 91, il avait installé la pointe de son instrument sous les voûtes de la basilique de Vézelay pour y enregistrer les suites de Bach.
    Je me souviens d'avoir vu couler des larmes sur une barbe de trois jours surmontées d'oreilles de chou. Un homme en train de glisser lentement derrière le miroir qui avait aimé percevoir bien des choses infimes et éphémères entre le grand musicien et lui. Rostro et Gainsbourg se retrouveront très vite sur la colline éternelle.

  • L'OM à la Noce...feratu

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    Photo Christian Ducasse 
     
    Voici l'homme qui fait peur aux défenses des éléphants du PS.
    Franck Ribéry, en gros plan, contre Nantes. 

  • Au sommet de l'affiche

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    Bientôt dans toutes les mairies et sur vos écrans: La revanche du nain.  
    Le féroce tranquille: I will be back 

  • Chute des actions Smirnoff

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    La grande Russie est en deuil. Une minute de sobriété sera observée demain, à midi, dans tout le pays. 

  • Arracher une pause de calme

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    Agla©2007 
     
     
    Dans presque tous les livres de Jean-Paul Dubois, le tracteur tondeuse est devenu le meilleur ami de l’homme. Un homme qui vieillit plus ou moins bien en découvrant le creuset de ses rides. Parfois, le futur vieillard rit de son propre échec comme Nietzsche avait ri de Faust.  Le presque vieux est un homme vrai parce qu’il sait qu’il est à côté ; un peu perdu entre le remous des profondeurs et le couvre-feu des normes. Il remplit de vie l’espace vide de la vie. Dignement. Parfois avec un soupçon de taquinerie. Il respire l’odeur de l’herbe coupée et cela suffit à son bonheur. Chaque année, il espère atteindre un nouveau printemps.  Cet homme à la fois simple et riche me fait toujours penser à celui interprété avec brio par l'immense Richard Farnsworth. La caméra de David Lynch suit alors l'Odyssée du vieux routier, traversant l'Iowa en tondeuse à gazon pour aller faire la paix avec son frère malade. Elle suit le rythme du temps, de la vie et de la nature, marquant les pas de cet homme qui a tant vécu et pour qui le temps et la vitesse sont des choses qu'il a depuis longtemps oubliés. Il avance, au gré des soubresauts de sa machine et de son corps handicapé, au rythme de quelques rencontres avec la jeunesse.
    Le seul reproche que l'on pourrait légitimement lui faire? "Tu ne comprends rien, non pas parce que tu es vieux mais parce que tu as été jeune."
    "THE STRAIGHT STORY" est un hymne à l'homme et la machine, à ces vieilles carcasses métalliques qui fascinent le cinéaste et qui revêtent une seconde nature pour le voyageur. Ce n'est plus la machine qui sert la déshumanisation ou l'abrutissement de l'homme. Ce n'est plus la machine, créée par l'homme, servant à conquérir la nature. C'est la machine lente, imparfaite et défectueuse, à l'égale de la chair affaiblie du héros. C'est la machine-homme soumise aux intempéries de la nature et du temps qui ne roule plus pour nous. Le tracteur devient alors cheval des batailles à venir.

  • Putain, cinq ans encore!

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    Je tiens, ce soir, à remercier cet homme qui a su faire sortir des urnes une nouvelle voie exploratoire. C'est un premier tour de force historique qui va s'inscrire durablement. La semaine dernière, j'ai participé à une campagne peu ordinaire qui a remis en scène les fantômes du passé. Pour ce qui me concerne, cette franche rigolade qui a consisté à afficher les icônes des temps anciens, c'était ma manière de dire adieu aux "Bonsoir madame, bonsoir monsieur" du président châtelain qui s'engouffrait sous le porche de l'Élysée à l'heure des ramasseurs de poubelles, de dire au revoir au personnage de roman de Château-Chinon qui n'avait qu'une idée en tête : faire disparaitre le PCF du paysage. C'était, enfin, pour moi, tirer un trait définitif sur les reliques qui s'accrochent encore dans certaines têtes aux décombres du mur de Berlin.
    Il a plus d'un an, j'ai découvert que beaucoup de mes semblables ne savaient plus où donner de la pensée politique. Fatigués d'être toujours contre, de se costumer en orphelin. Que faire? Comment voter "Pour"? Une idée à creuser pour éviter le tombeau idéologique. Le béarnais est alors arrivé sur son cheval blanc. Il avait pigé le truc monsieur poule au pot. La droite contre la gauche, c'est devenu tendance chez les pathologiques lourdingues mais ça ne fonctionne plus. La vraie fracture se situe désormais entre ceux qui veulent construire l'Europe et ceux qui s'enferment dans leurs certitudes nonistes au nom de piètres avantages exquis. Ce ne sera pas encore pour cette fois mais, patience. Les deux finalistes ne feront pas le poids dans cinq ans. Certes, j'irai quand même voter pour madame Robocop le 6 mai parce que le Sarko est un féroce tranquille qui rassemble autour de lui toute la bêtise, toutes les haines et les peurs ancestrales de ce pays. Mais franchement, ce ne sera pas de gaité de coeur. Les français sont retournés aux urnes et ça, c'est vraiment l'événement qui va faire date. Bayrou n'y est pas étranger. À bientôt dans la vie, toujours à mi-chemin entre déconnades et prises de positions hors des sentiers battus.

  • Oh, vieillesse ennemie

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    Reportage photo Agla
     
    19h30 hier boulevard de la Bastille. Les troupes du  bon roi Arthur et de Fil l'acerbe mettent les choses à plat et les pieds dedans. On distingue, à gauche, les longues gambettes de l'envoyée spéciale d'Europe 1 au prénom Corse intraduisible. Au premier plan, les converses de Fred sont usées. Je répète les converses de Fred sont usées jusqu'à la corde. Parmi les curieux, une historienne en noir qui s'appelle Sarah. Malgré l'urgence de la rédaction de son mémoire elle a tenu à recoller à l'Histoire en marche. La faim de campagne approche, il faut accélerer le mouvement.
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    Remettre au sommet de l'affiche nos vieilles icônes et leur graphisme plus moderne que celui de Bové ou du rugbyman lambertiste. Hervé, fils de "Roro la patate", compagnon de route de Doisneau et de Blondin tient le haut du pavé et son balais frotte dans le sens du poil l'ego des frères ennemis Giscard-Chirac. Il a le physique de l'emploi, l'Hervé, celui d'un soir de franche rigolade. Je lui donne un petit coup de main. Absents sur cette photo, les rires de cette équipée sauvage. Un passant s'arrête : "Mais c'est incroyable! Que c'est drôle, génial. Bravo. Je viens de Toulouse. Putaing con, je n'en reviens pas!"
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    Marchais passe à l'orange autour de minuit à quelques pas du siège de la DST dans le 15ème ar. Entre ici Georges, toi et ton cortège d'ombres. Hervé adore relier des lieux et des hommes. Vieillesse, inaptitude, mort et impertinence sont également traitées, auréolées d'un indentique coup de balais nocturne. Telles de grandes statues inachevées. La vieillesse recollée aux façades, aux piliers de la sagesse n'est-elle pas la saison la plus proche du grand changement ? La France veut le changement en avançant à reculons. Elle a peur de vieillir et de mourir. Elle aime à se tenir au bord du gouffre puis de faire un pas en avant. Ta ta ta!!!
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    Fred et Hervé drôles de zouaves dans le tunnel de l'Alma
     
    Hommage aux princes qui nous gouvernaient, près du pont de l'Alma. Une heure vient de sonner à Notre-Dame. Le chemin de croix de Diana est recouvert d'un "Mitterrand Président" et d'un "Giscard pour la paix". Il faut savoir recoller aussi les morceaux avec son passé afin d'éclairer notre futur que certains imaginent encore et toujours au bout du tunnel. Le treizième pilier a été volontairement épargné. On ne touche pas aux symboles de "Voici" et autres "Points de vues et images immondes".
    Pourquoi avoir fait ça ? me demande Anne Guion, journaliste à l'hebdo La Vie. Pour se tourner avec désir vers le flux vital originel. Pour se demander si la mort n'est qu'une simple titillation plutôt qu'une douleur. Pour vérifier, tout simplement, au terme de notre recherche commune si l'être est ou pas une conscience...
    Ou, plus modestement, pour accomplir durant cette campagne drôlatique le cheminement inverse de  l'évolution de l'Homme, de se défaire dans l'abîme iridescent de la vie et se dissoudre dans son flot. (Rires appuyés).
    Non, nous avons fait tout ça pour obtenir ça: laissons la parole aux images... pour mémoire. 
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    Le sourire de Clément (journaliste en chocolat)
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    La rencontre fraternelle entre le bon roi Arthur et mon moi
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    La main à la pâte d'Albane (future journaliste)
    Photo Clément 
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    L'espièglerie de madame Agla (graphiste et photographe)
    Photo Clément
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    Fred (l'ingénieur du son) et Aurore boréale (graphiste)
    Photo Agla 
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    Philippe (dit Fil l'acerbe) décorateur de cinéma et grand instigateur de cette épopée avec le bon roi Arthur.
    Photo Agla 
     
    Merci aux colleurs, aux passants, aux journalistes, aux blogeurs...pour votre soutien, vos encouragements, vos commentaires.
    Dimanche, n'oubliez pas de voter. Et pensez que nous nous retrouverons dans vingt ans et des poussières (beaucoup de poussières) avec les affiches de ceux d'aujourd'hui. Qui veut s'y coller?
     
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    (sourire fraternel à tutti)
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

  • Rebelote ce soir

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    Reportage photo : Philippe Meunier
     
    Aurore vient d'être élue affichiste la plus sexy de la précédente sortie collage de têtes anciennes.
    Mesdames, n'hésitez pas à venir nombreuses ce soir pour participer à
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    l'ultime campagne: "Faire du neuf avec de l'ancien". 
    Rendez vous à 19h30, ce soir à Paris. Venez apprendre le geste qui peut vous sauver.
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    au café: "l'antenne B" 32 ter bld de la bastille Paris 4ème ar.
    Donnons la parole démocratiquement au bon roi Arthur, qui orchestre la soirée avec Fil l'acerbe:
    "Petite précision: -pour ceux qui étaient déja la lundi (les "anciens" bravo a eux!!!) venez bien entendu avec le matériel et les affiches restantes de lundi! -pour nos "nouveaux amis" -d'abord bienvenue- nous n'avons malheureusement plus les moyens de vous fournir l'équipement du colleur a savoir -brosse a encoller
    -un seau ou "camion"
    -et toute sorte de bricolage inventif permettant de coller "haut et fort"!
    -si possible un véhicule!!!
    -pour nos amis journalistes de l'agence reuters:
    brigitte:il serait préférable que vous ne veniez nous rejoindre qu'a partir de 20H30(heure présumée de notre départ!

    voilà,il ne nous reste plus qu'à vous remercier encore pour votre participation enthousiaste!!!
    et à ce soir!!!

    p.s:nous comptons sur vous "les anciens", pour nous aider a briefer les nouveaux!!! "
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    Le bon roi Arthur en action de grâce.
     
     
     

  • Le petit bourgeois début de siècle

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    Le petit bourgeois début de siècle peaufine ses recoins ténébreux. Il veut imposer son image née de quelques malheurs familiaux, chante "allons enfants de la fratrie" sous la douche et rêve de passer à la postérité dans le petit écran de contrôle de son agence bancaire. Il dit " Dieu est mort" en allumant son barbecue. Enfile des perles à rebours et son costume qui tombe mal. Il n'est qu'un coin de mouchoir en papier, un appendice superflu errant dans les couloirs de la marchandise. Il pleure sur son blog, hurle au monde de la toile sa solitude de bouton décousu. Il ne trouve plus ses mots et se prend les pieds dans ses phrases à rallonge automatique. Il cultive son tragique de répétition en jetant un oeil désabusé sur ses fiches clients. Il taille des costumes sur mesure à tous les humains, ses ennemis potentiels. Le petit bourgeois début de siècle pense à sa fin prochaine quelque part dans la vie. Et s'en vante.
    Il fait de la politique tous les cinq ou dix ans. Il construit ses idées au rythme des rumeurs. Il se déclare indécis dans les salons du prêt à penser. Le soir, il pète, seul, devant sa télé. Rote au bureau pour "se noyer dans la masse". Il adore dépendre de quelqu'un "n'ayant aucun but pour lui-même". Il veut se fondre dans les nouveaux objets communicationnels et fouille dans les poubelles numériques. Il obéit à ses impostures, offense la dignité humaine. Il cherche à mettre un peu de désordre dans l'organisation de son moi brûlant. Il souhaite secrètement se sentir lui-même en tant que présence globale et de ce fait unique. Il est stirnerien par habitude. Et surtout un crétin qui s'ignore.

  • Le retour du futur


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    Reportage Yann Gensollen
     
     
    La campagne électorale bat son plein. les colleurs d'affiches ne chôment pas, dès la nuit tombée, à l'heure où tous les chats sont gris. Hier soir, nos reporters se sont accrochés aux basques de cinq équipes qui s'étaient partagées les endroits stratégiques de la capitale. (Place du colonel Fabien, au Figaro, à l'entrée de Charlie hebdo, de  Libé, sur les murs des permanences UMP, du PS dans les 18 et 17 ème arrondissements, dans le Marais...)
    "Au secours la droite revient!", "Mitterrand président", "Georges marchais, le candidat anti-Giscard", Chirac : "Maintenant, il nous faut un homme de parole".
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    Les candidats, dans la dernière ligne droite, ne se font plus de cadeaux. Chacun tire à boulets rouges ou soigne son gauche pour espérer l'emporter. La France a le choix entre plusieurs casaques. Le suspense sera à son comble dimanche à 20h00. Pour quel type de société les français vont-ils voter? Bonnet blanc ou blanc bonnet ? Taisez-vous Elkabach ! L'hexzzzagone sera-t-il sous l'emprizzzze du grand capital? "Vous n'avez pas le monopole du coeur" répondirent les échos. 
    Retour en arrière toute. De joyeux drilles essaiment les murs de la ville lumière à l'heure où nous mettons sous presse. Ils sont aux anges et armés de pots de colles et d'affiches d'époque qu'ils ont fait retirer pour faire sourire les parisiens demain matin.
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    Ils étaient vingt et cent, et demain, ils seront des milliers.
    Ce matin, peu avant 8h00, branchez-vous sur France Inter et ne manquez pas la chronique sonore de Caroline Cartier qui s'est bien amusée.
    Moi aussi. A vous les studios, à vous Cognacq-Jay.
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    Bonne semaine électorale à tutti. Et dimanche, votez pour moi! La France éternelle vous remercie. 
     
     

  • Une nuit sur le Mont chauve

    medium_Sieff12.2.jpg«L'invisible, ce n'est la disparition, mais la délivrance du nuisible.»
    [ Yves Bonnefoy ] - Extrait d’ Un rêve fait à Mantoue.
    (Photo Jeanloup Sieff)

  • Pensée du soir en Bourgogne

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    Photo Yann Gensollen 
     
     Retrouvailles avec le bureau ministre disposant d’une vue imprenable sur le printemps et son magnolia en fleurs. De la fenêtre, j’observe l’arrivée progressive et douillette des hirondelles en provenance du sud, ce lit du ciel, ainsi que tous les oiseaux qui nous apprennent à voler dans nos songes au son de flûtes venues de nulle part. Sur la corde à linge, les draps quittent volontiers leur couleur hivernale et les chemises se libèrent des pinces. Entre les bras du vent d’Est, les bras d’une femme à peau de lait marchant, digne et volontaire, sur la route menant à la ferme voisine. L’univers redevient plus petit comme la motte de terre léguée par la taupe à chaque retour au bercail. Au pied du cèdre, je suis ému par la candeur de l’ombre du soldat de Verdun qui allait pisser contre la haie au crépuscule. Je perpétue ce rituel même quand la table de marbre tangue sous les rires des convives. L’herbe fraîche élève l’héroïsme du grand-père Alfred comme la flamme du ciel et la lymphe de vie s’infiltre en moi. On ne trahit pas ses morts. Ils habitent toujours la maison. Ils sont paisibles et souriants. 

  • L'homme du Var Ouest

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    Photo Boris Conte 
     
    Son nom le laisse deviner, François Ferraina à des origines italiennes, surtout calabraises et siciliennes. Une vrai gueule de rital. Je rêve de le filmer dans un western spaguetti à la bolognaise sur une musique d'Eric Satie. François est mon Ami de la Sainte Baume. L'homme avec qui je murmure aux chevaux (et oui, encore un). Le confident silencieux avec lequel je découvre les sentiers forestiers accrochés à l'univers minéral. François est seigneur des arbres et des plantes. Son empire s'étend sur trente six communes et quelques vingt mille hectares dans le département le plus forestier de France et de Navarre (à l'exception des Landes, forêt qui n'est pas sauvage mais plantée).
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    J'aime beaucoup son laboratoire mental. Ce grand forestier ne manie pas la langue de bois. Il sait qu'il y a une infinité de causes dont chacune fait partie d'autres causes déterminées par d'autres causes. Il suffit d'observer régulièrement le travail des insectes dans la forêt qui "s'autogère" toute seule. S'autodigère aussi. Il connait les noms en latin de chaque espèce rencontrée. C'est un jeu entre nous lorsque nous voyageons, tirés par ses deux juments dans ce désert sauvage qui évoque la forêt dans la langue classique.
    Nous partageons quelques silences de bon aloi, là ou règne le solaire, brûlant ou glacé, au rythme des saisons, le végétal irrégulier entre pierres, argiles et poussières. C'est, enfin, l'Ami qui donne, avec sa femme Anne, le coup de main singulier lorsque qu'il faut traverser et vaincre les tourmentes dans un monde où le pire est toujours d'actualité. L'été, il surveille la forêt comme le lait sur le feu. A cheval le plus souvent et, quand il y a urgence, en voiture. François est l'homme orchestre de l'Office National des Forêts du Var Ouest. 
     
     
     

  • Remerciements a tutti

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    Johann, Icelandicman in NY (Photo Oddny Eir)
     
    C'est bien padre,

    Tu as beaucoup de chance tu sais.
    Tes amis sont formidables. Nous avons échangé de coeur à coeur, il n'y a pas si longtemps. Ils sont capables de transformer le temps qui passe en des moments plaisants qui réchauffent, et ce, dans les pires circonstances. Je me souviens d'avoir joué au naturaliste avec les Italiens Fiammi et Raffaele. Ah! quels instants magnifiques tous ces souvenirs partagés avec eux...dans le Landmannalaugar.
     
    Mes plus belles pensées à vous tous et merci pour vos encouragements juste avant la "Première".
     
    Johann Meunier 

  • La France a peur

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    Photo Yann Gensollen 
     
    C’est la fin de l’épique
    Et coller gramme à cœur.
    La totalité est brisée par la dialectique
    De ceux qui gerbent sur les fleurs
    En recomptant les sondages quotidiens.

    À ma table de travail
    Je persiste à inventorier les lambeaux
    À recoudre les parpaings du bail identitaire.
    Regarde passer les TGV à 574km/h
    On avance, on avance, comme dit l'autre.
     
    Après le génocide de la Gare du Nord
    Le coup de boule des sans ticket
    Catastrophe humanitaire à la cantine.
    Donne-leur tout de même à boire
    De l'eau et du pain dit le père fouettard.
     
    Les femmes du Darfour envoient de la solidarité
    Aux démunis de Neuilly-sur-scène.
    Sur les trottoirs de Bangkok
    La recette du gang bang 
    Coule dans la bouche du Medef.
     
    "Tsunami schizo sur la Gaule"
    à la une du Morning star.
    "Sanglots longs des veaux"
    en pages intérieures du Guardian.
    Pour qui sonne le glas? 
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

  • Parvis by night

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     Photo Yann Gensollen
    Ligne droite, chemin le plus court entre deux points. Trop simple. Que faire de la courbe de réverbères? Et que font ces gens? Ils marchent vers un but dans la métropole qui, la nuit venue, retombe dans l'indifférence. Règne de la discontinuité? Du casuel, du fortuit? Les individus marchent à la rencontre de leur histoire. Ils semblent n'être que de simples concrétions provisoires des mécanismes collectifs impersonnels. Ils apparaissent fongibles et interchangeables. Ils semblent volontaires pourtant et se dirigent vers le passage du destin sans rechigner. Est-ce que les images ont toujours gain de cause? Si les mots m'obéissent je me demande si j'obéis aux images. Souvent, elles me prennent dans leur filet, la main dans le sac. Les images sont des pickpocket et surgissent à la surface du temps. Elles naissent dans le grand bain révélateur nous immergeant comme des sirènes. Et si la métropole n'a pas de centre, l'image met le point sur le i. Le point où se concentrent sentiments et valeurs, où se nouent les destinées. Les images empêchent le regard de se perdre dans l'infini pernicieux des rues, des places, des trottoirs et parvis rectilignes. Les images éprouvent un malin plaisir à mettre l'accent sur un coin de notre oeil; l'accent a une image, trace d'une origine qui n'en finit pas d'être questionnable.

  • Lettera a la mamma

    Mamma,

    Je suis allé à Milano, pendant le week end, mesurer la fierté nationale des italiens. Je peux te dire que depuis ton dernier passage, leur fierté n'a fait que grandir. Tous les italiens, qu'ils soient du Nord ou du Sud, parlent d'une seule voix métaphysiquement irréprochable. Tiens, prenons par exemple un couple, au hasard: Fiammetta et Raffaele. Ils sont demeurés fidèles aux rêves de Jules César. Ils m'ont offert l'hospitalité en me montrant leurs reliques de guerre. Et surtout, ils avaient affiché la Une de la Gazetta dello Sport dans la chambre d'amis, celle de la victoire de l'Italie face à la France: "Champions du monde", histoire de me rappeler qu'ils étaient devenus number one à la suite du penalty manqué par Trezeguet, ce putain d'enculé de fasciste, turinois d'adoption, faut-il le souligner.

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    Heureusement, ils m'ont acheté des sushis pour faire passer la pilule et tuer le match comme ils disent à la télé. Pendant le repas, les couples italiens regardent la télé. Enfin, les matchs de foot surtout. Ce soir là, (samedi) c'était la Roma contre Milan. Fiammetta commentait l'esprit d'équipe des joueurs. Enfin, surtout celui de l'équipe ennemie, la Roma: "Va fare un culo" qu'elle répétait souvent dès qu'un romain de souche faisait semblant d'être victime d'une agression milanese. Le prétendu blessé, ce "comediante" ne pouvait être qu'un chanteur d'opéra, sans doute un castra, passager clandestin en short sur la pelouse de la Roma. Une grosse tapetta disait encore Fiammi. Pendant la mi-temps, elle s'est mise à lire un livre de Claudio Magris pour me faire croire qu'elle était avant tout una intellectuale della sinistra.
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    Avec Raffaele, nous buvions un chardonnay de l'Italie du Nord qui m'a singulièrement fait penser à nos Chablis (premier cru) comme ceux des "Monts du milieu". Entre deux morceaux de thons crus, avalés avec bonheur, nous parlions philosophie et politique. De l'ogre de barbarie notamment, alias Berlusconi, président du Milan et de tous les medias italiens. Nous avons beaucoup évoqué le nom du nouveau meneur de jeu du Milan AC, Caca. Drôle de nom pour un joueur appelé à un grand destin d'après Raffaele.
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    Grâce à mes tours de magie, Milan a obtenu le match nul (1 à 1) et nous avons ouvert une bouteille de rouge (Pinot noir) inconnu à mon palais mais de grande cuvée italienne d'après le caviste du Fauchon local. Ensuite, et bien je suis tombé dans les bras de Morphée pendant dix heures d'affilée. Au petit matin, Fiammi m'a offert un café digne de ce nom avec des croissants et la lecture du "Monde" daté de dimanche. Normal puisque nous étions dimanche. Nous ne sommes pas allés à la messe malgré le rappel insistant des cloches environnantes. C'est fou le nombre d'églises qu'il y a dans le coeur historique de Milan. Et autant de voitures dans les rues et sur les trottoirs. Milan est la capitale financière de l'Italie. Tu ne vas pas me croire, mamma, mais il n'y a pas ou peu de distributeur automatique de billets dans les rues. Par contre, il y a beaucoup de roumains qui te proposent des montres de "prestige" à très bas prix. Il y a aussi des albanais en quête d'auteur. Ces gens là n'ont pas leurs mains dans les poches mais dans les miennes. J'ai senti qu'ils n'étaient pas très appréciés par les italiens du Nord. Je ne sais pas pourquoi. Dimanche, nous avons déjeuné dans un très beau restaurant et Laureen s'est jointe à nous. Tu te souviens d'elle mamma, c'est la danseuse américaine dont je t'ai parlé, il y a presque dix ans maintenant. Tu ne vois pas ? Mais si, elle dansait au Lido. Auparavant elle étudiait la civilisation française à VCU de Richmond. Ah tu vois, tu t'en souviens. J'étais prof de sexologie dans cette université. Figure-toi qu'elle va se marier avec un milanais. Comme le temps passe. La nuit de dimanche à lundi, je l'ai passée chez elle. Enfin chez elle, non pas vraiment. Dans l'appartement où elle réside avec sa compagnie de danseuses venues elles aussi du Lido. Tu te rends compte mamma, j'étais entouré de cinq étoiles. Des bestioles de rêves pour middle class heroe, d'un mètre quatre-vingt, des blondes aux yeux bleus. Roulées et suspendues comme des déesses 21. Nous avons également causé philosophie et poésie jusqu'à pas d'heure. Ah la, la. J'aurai jamais du quitter Montauban.
    Tiens, voici Laureen. Elle n'a pas beaucoup changé...la bluebell.
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    Allez, je te quitte, j'ai sommeil. Je t'embrasse mamma et pense bien à toi. 
    Ton Rocco.