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  • Un Grand Corps Malade ou Artaud ? Que choisir à l’approche de l’été ?


     De passage sur le paradis terrestre of Skye (Nord-Ouest Scotland), damned, i discover this courriel from my brother, my semblable, the philosoph and poet, Archiloque of Paros. Cant' resist au plaisir de vous faire partager the happiness of lecture de ce pamphlet agrement: Sit down, passant, and read it. Photos from Skye island are mine 

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     Que choisir à l’approche de l’été ?

    "La question ici posée ne saurait être de savoir si oui ou non il est convenable - dans l'acception petite bourgeoise de l'épithète faut-il le préciser ici-bas ? - de lire Antonin Artaud. En eût-il l'autorité, l'humble rédacteur de cet article n'aurait ni la main suffisamment partageuse ni l'âme suffisamment condescendante (ou impudique c'est selon) pour déchaîner sa compassion à la disette d'autrui, s'agissant a fortiori de ces choses, précieuses au-delà de toute hyperbole, qu'on emmène avec soi dans les plumards et alcôves, femmes, rêves, livres, pyjamas, acariens. Même à supposer, Dieu l'en préserve !, que ses génitoires fussent la proie d'un puissant ostracisme social, il s'en faudrait encore de beaucoup qu'il n'allât, engrossant l'orgueil de ses congénères, porter en sandwich entre deux encarts publicitaires, outre la sienne, la crucifixion de ses pairs. C'est que l'humble rédacteur de ce très-modeste article, en plus de ne pas se défendre de trouver quelque intérêt à la sottise ambiante, confesserait volontiers à qui le questionnerait en ce sens, son mépris pour l'amalgame petit français des choses du cul et de celles de l'esprit.

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    Sous couvert de quelque digression, évidemment hypocrite, faisons l'hypothèse suivante. Faustine, charcutière supérieure chez IBM, s'éprend par l'entremise du site que vous savez de Faust, épicier fin dans la même compagnie, mais un étage en dessous, lequel se fendit, corps et âme et pauses déjeuner tout ensemble, d'un fracassant article sur, anonymat oblige, Gherasim Luca, le génial poète roumain. S’il n’avait rien montré de réellement senti (il n’avait rien montré du tout d’ailleurs), Faust avait eu le bonheur de manifester un peu de sa chair dans les défaillances de sa syntaxe, ce qui n’avait pas manqué d’interpeller l’acuité critique de Faustine, scrupuleusement attentive aux menus tics, tares, tropes et autres crispations qui forment, moyennant certaine régularité, la tessiture d'un style. Et du style il en a à revendre, l’inénarrable, le prodigieux Faust ; il faut le voir, engoncé dans son col de chemise, les yeux exorbités par le kaléidoscope de son économiseur d’écran, rubicond de face, épileptique de profil, se tortillant sur son fauteuil de président à roulettes, la suffocation attestant chez lui du surgissement de l’Idée, ce qui lui vaut d’ailleurs de passer infailliblement pour un zélé collaborateur. Nous sommes le 14 août. Se bardant d’un courage jusqu’à lors ignoré, Faustine se décide d’entreprendre l’auteur de ses rêves. « Votre commentaire est frénétique », écrit-elle. Faust est touché par l’éloge sincère et dûment argumenté de cette âme tendre et sœur, qui de surcroît partage avec lui une affection immodérée pour les films d’Ozon et la troupe du Splendide. Le visage sur la photo est mafflu, ce qui ne gâte rien.

     

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    Au paroxysme du fantasme et de son despotique tiraillement, Faust et Faustine conviennent de se rencontrer. La date ne souffrant aucune ambiguïté, Gherasim Luca ayant choisi un jour fatidique de janvier 1994 pour se jeter corps et guenilles dans la Seine, on s’en remet au 15 août. Le lecteur avisé aura cette obligeance de nous pardonner l’ignorance crasse avec laquelle nous sommes (et voulons être) des métaphysiques arcanes de la numérologie amoureuse. On transige en revanche longuement  entre le Procope et le Café de Flore, la chose étant de cruciale importance. C’est que soucieux d’invoquer les auspices des illustres bavards qui les ont précédés, nos deux pigeons, frottés d’écran total et de littérature, ne sauraient condescendre à tailler une bavette parmi les autochtones de Belleville ou Ménilmontant. A conversation spirituelle, puisqu’il sera principalement question de la pluie, du beau temps et des rumeurs de la World Wide Company, atmosphère spirituelle, il va sans dire !  Après moult disputes, où chacun rivalise de lyrisme, on se décide donc pour le Café de Flore qui, outre son indiscutable filiation à la littérature de comptoir française, présente le pittoresque de se voir investie l’été par ces hordes de peaux rouges teutonnes et britonnes en pantacourts, simili Nastases, et chaussettes kindy.

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    Quelle aubaine du reste pour nos joyeux aoûtiens du bagne bureaucratique qui, moyennant le prix somme toute modique d’une menthe à l’eau, s’offriront un peu du grand air de Liverpool ou de Rostock. Sans compter qu’il faut beaucoup de laideur à l’extérieur, nos amoureux en ont l’intuition sinon la préscience, pour qu’éclate la beauté de l’intérieure. Nous y voilà. Faustine, nue sous ses pantalon blanc et chemisette blanche, toute de diaphanéité lessivielle comme la banque luxembourgeoise dont elle descend par ses parents, a poussé le vice de la ressemblance jusqu'à se faire une spécialité du blanchiment des sales gueules lettrées. Voilà qui tombe à point nommé; Faust, l'air inspiré de qui aurait chuté d'une ténèbre de nicotine, pissouillard de peau autant que de vêtement et jusque dans son teint de jaunisse et son rire d'un jaune cassé, est le portrait craché, toussé oserions-nous, de Hugh Grant mais vieux, souffreteux, petit, chauve, barbu.

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    La reconnaissance est immédiate, non moins que l’opération du charme et du philosophique esprit. Oublié Gherasim Luca, évacuée en quelques mots la météo, sifflée la menthe à l’eau, disparus les dockers en pantacourts, nos pigeons possédés tout à coup d’une furieuse et rimbaldienne énergie s’envolent loin, très loin, des terrestres préoccupations et se risquent même, dans l’inconscience de leur divin enthousiasme, à refaire le monde à leur image, du moins pcc* et la World Wide Company. On se découvre ainsi des sympathies infinies et insoupçonnées. Tant de distances pourtant les séparaient. Rendez-vous compte, un étage dans un gratte-ciel de la Défense c’est un continent presque, une planète. Rien, non rien, ne laissait présager une telle rencontre. Oh !... miracle de la poésie et de la technologie qui, de conserve, rassemblent les hommes et les femmes de conditions et d’extractions pourtant si différentes, inconciliables de prime abord. Oh !... prodige des affinités électives. Le lendemain, l’enthousiasme est retombé, nous sommes dans quelque chambre de bonne à Belleville, chez Faust le bien nommé. Au sol une Saint-Barthelemy de fripes éparpillées, au mur une vague et cochonnée Joconde regarde de son œil morne nos amants éberlués. « Euh ?... chocolat ou café pour ton petit déjeuner ? ».  L’ordre renaît.

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    Artaud, Gherasim Luca, poètes dont la vigueur toute d’oralité échappa aux castrations de l’écrit. Artaud, Gherasim Luca, solipsistes chtoniens, parleurs à voix haute et solitaire, incommunicables à eux-mêmes, et dont certains ici, s’improvisant porte-étendards, voudraient faire des vecteurs de lien social.  Bah !... Artaud, Gherasim luca,  tombés de leur crucifixion dans la bourbe sentimentale française. Artaud, Gherasim Luca qui ne demandent pas tant à être lus qu’à être entendus. Raucité d’un hurlement, tout droit venu des entrailles de Dieu, qui jamais plus ne s’incarnera. Quel improbable copiste devenir pour répercuter la verve ? Voilà la question.

     

    Ne lis pas Antonin Artaud. Ecoute plutôt Un Grand corps Malade ou Piaf qui subsument toute ta douleur d’être. Du sexe, tu en auras en veux-tu en voilà."

    Archiloque de Paros 

     

  • Les ripoux chez la mouche du scotch

    Tournage ce samedi dans Leith walk: Deux flics ami-ami

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    En souvenir du precedent long metrage premonitoire dans le giono land intitule : Cinq gars pour Saint Zacharie.

    Clin d'oeil a Jean Bruce et Christian Ducasse [de Nice], refugie politique du cote de Granville.

    Clap: Reprise de l'amitie entre deux averses de malt sous le ciel si lumineux d'Edimburgh.

    Dialogue de sourds.

    Moteur !

    Action!

    Don Johnsonofabitch : Tubbs, ton sexe est enorme, tu n'as pas trop de problemes avec les ecolos du coin?

    Tubbs : Je me suis construit cette reputation avec une abnegation toute prophetique.

    Don Johnsonofabitch : On t'appelle Ouest side 117, par ici, un hommage encore ?

    Tubbs : Ouais. Un hommage aux 24 heures du membre avec Steevie the queen.

    Don Johnsonofabitch :  Fucker mother des la premiere petite gorgee de biere ?

    Tubbs : Ya du pain sur la planche.

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     Don Johnsonofabitch : Oh Tubbs, debranche les talkies walkies, 22 vl'a les filles !

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    Tubbs : Alors les cheries, combien ce matin ? C'est l'heure de la releve.

    Don Johnsonofabitch : Deux mille livres, seulement ?! Allez, passons au bistrot, fait soif sous ces latitudes !

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      Tubbs ; Patron, sors nous ton meilleur vin Georgien, celui qu'adorait Staline. On veut pas de ton fuel Tchetchene ! Capice ?
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      J'ai connu une cosette polonaise qui boostait sa mobylette avec c'te gnole pour aller bosser chez un viet.

     

    Photographe de plateau : Jackie Brown  

     
  • Highlands (île de Skye)

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    La simplicité n'est pas originelle; elle est le résultat d'un travail sur soi, et de ce fait sur l'expression.
    Aimer le monde en ce qu'il est se conquiert.
    Une semaine avec PLF, en compagnie des fleurs, les plus communes, les plus basses, poussant à ras de terre.
    Une richesse insoupçonnée, prochainement sur cet écran. 

  • Nominations du gouvernement (P. Besson)

    André Glucksmann : consul de France au Darfour.

    Enrico Macias : directeur de l’Opéra de Paris.

    Mireille Mathieu : professeur de chant au Darfour.

    Patrick Sébastien : entraîneur de l’équipe de France de rugby.

    Cécilia Sarkozy : présidente d’Air France.

    Yasmina Reza : directrice du théâtre de Neuilly.

    Arthur : président de LCI.

    Christian Clavier : comique officiel.

    Marc Weitzmann : conseiller culturel au Darfour.

    Johnny Hallyday : maire de Neuilly.

    Pascal Sevran : coiffeur de Cécilia Sarkozy.

    Roger Hanin : préfet de police.

    Laurence Parisot : secrétaire générale de la CGT.

    Jeane Manson : maître de manège à l’Elysée.

    Raphaël Glucksmann : conseiller militaire du consulat de France au Darfour.

    Bernard Fixot : secrétaire d’Etat aux Best- Sellers.

    Alain Minc : conseiller fiscal de Johnny Hallyday.

    Christine Ockrent : femme au foyer.

    Alain Finkielkraut : professeur de vieux français au Darfour.

    Faudel : surveillant de parking des Champs-Elysées.

    Doc Gynéco : conseiller culturel en Tchétchénie.

    Michel Drucker : président de RFO.

    Georges-Marc Benamou : goûteur à l’Elysée.

    Marie Drucker : présentatrice du JT de RFO.

    Didier Barbelivien : chanteur à la gueule de bois.

    Jean Reno : Léon.

    Denis Tillinac : président d’honneur du mémorial de Jacques Chirac.

    Steevy : maire de Paris.

    Gilbert Montagné : pilote de chasse au Darfour.

    Dominique Farrugia : nullissime.

    David Douillet : conseiller militaire du consulat de France en Tchétchénie.

    Henri Leconte : ramasseur de balles.

    Richard Virenque : consul de France en Tchétchénie.

    Bernard Laporte : entraîneur adjoint de l’équipe de France de rugby.

    Michel Sardou : professeur de chant en Tchétchénie.

    Alain Delon : grand chambellan.

    Claude Brasseur : chef de camping.

    Jean-Marie Bigard : président de France-Culture.

    Pierre Palmade : comique officiel adjoint.

    Vincent Bolloré : responsable national des Gîtes ruraux.

    Arnaud Lagardère : président du Racing Club de France.

    Philippe Bouvard : grosse tête officielle.

    Eric Zemmour : Laurent Ruquier.

    Alain Duhamel : attaché de presse du consulat de France en Tchétchénie.

    Patrick Poivre d’Arvor : secrétaire perpétuel de l’Académie bretonne.

    Claire Chazal : directrice de la Comédie-Française.

    Luc Ferry : philosophe de Cécilia Sarkozy.

     

    25/05/2007 - Patrick Besson - © Le Point

  • Dolce Fiammetta

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    Notre envoyée spéciale à Athènes, après avoir célébré durant la nuit la victoire de Milan sur Liverpool, a été statufiée au sortir d'un bar socratique. Aurait-elle trop tiré le diable par la queue? interroge gravement la Gazetta dello sport. La langue pratiquée par Fiammi aurait-elle prêté à confusion dans le taxi la ramenant à l'aéroport? La langue est certes sujet grave. Ne perdons pas de vue qu'il ne faut pas la prendre au sérieux qui tue. "Au commencement était le calembour" nous révèle Beckett dans Murphy. La fatrasie aussi, le coq à l'âne, l'assonance imprévue, l'exentricité ou l'absurbe jaillissant du mot valise fiammettien mérite toute notre attention. L'ange du bizarre y trouve son lot en fouillant d'une aile distraite. Vieux démons grecs, rendez-nous notre Fiammi!
    Il ne manque pas de sodomites dans les Dolomites, alors, si en plus le Pirée à redouter, où va l'Europe?
     

  • Pluralité d'attitudes

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    Nicolas, escaladeur des marches du Palais. (Photo Reuters)
     
    Être humain, c'est demeurer à l'affût et chassant, aux aguets.
    Nous ne sommes pas nés pour assister, béats, au spectacle de la Nature, des êtres et de l'Histoire, comme si l'univers était achevé et qu'il ne nous restait plus qu'à bâtir des esplanades et des observatoires, avec télescopes, écrans de télévision et fauteils qui basculent.
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    Patrick, pêcheur sur la côte méditerranéene, barman et pizzaiolo au bar de la mairie du Plan d'Aups. (Photo Jean Yo des Bois)
     
    Et si nous n'observons pas, ne prenons pas de notes, si nous attendons lâchement que les chercheurs, dans leur tour d'ivoire, ou que les politiciens, dans leur tout de contrôle, trouvent, résolvent pour nous les grandes énigmes de l'univers et nous installent des chaises confortables, pour assister à la représentation du monde, tranquille, apaisée, observable à distance, alors nous abandonnons notre vie, nous entrons dans le cauchemar, apparemment féerique, de l'existence virtuelle.
    Jouons avec nos propres masques sans s'identifier durablement à aucun grâce à une pluralité d'attitudes échappant à la structure rigide de la conscience. 
     

  • Charles: "Dieu m'enseigne à copier son oeuvre"

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    Juste après l'élection présidentielle, Charles s'en est allé en vacances d'affaires sur les rives de l'Ardèche avec Christoph, un jeune allemand vivant et travailant à Londres. Charles, en fin stratège de la com, a aussitôt adopté la politique de l'Autriche en ces terres parpaillotes.
    En européen convaincu, il a même couché avec cet afficionado des eaux fortes de Jérôme Boche. 
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    À sa décharge, il faut indiquer au lecteur pressé que Christoph est un disciple de Heidegger (lasse) les jours d'élection présidentielle.
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    Charles, pendant son séjour ardèchois (au coeur fidèle) s'est demandé, de bonne heure, si le parlement français allait ressembler à la Douma de Poutine. En un mot si le régime présidentiel français allait swinguer de la carotte au bâton de dynamite.
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    Business oblige, Charles s'est ensuite inquiété de l'avenir des relations franco-allemandes au sujet de l'Air bus A380 (notre photo) avec un Braque de Weimar qui s'était infiltré subrepticement sur les ondes de Radio Paris.
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    Le café de la poste faisant foi, Charles s'est enfin réfugié dans les bras de la belle de Christoph, une jeune femme portugaise, pas du tout ensablée dans les méandres de l'Ardèche, mais plutôt fervente lectrice des hétéronymes de son poète favori, j'ai nommé, Fernando Pessoa. Charles, bien élevé, a relevé le défi affectueux lancé par Dina, délicieuse fille de Porto, à l'heure de l'apéro. 
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    Reportage photos: Christoph und Dina
     
    Poète à seize heures, Charles ne se s'est pas fait prier pour couler des jours tranquilles à Clichy sur Ardèche. Façon Henry Miller depuis son balcon de Big Sur.
    Rentré au bercail, il m'a avoué qu'il souhaitait, comme Pierre Teilhard de Chardin : « Mourir le jour de la Résurrection ». Amen.
     
     
     

  • Perle, chutée du paradis

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    Les indiens Navajos se livrent souvent à certains rituels chantés, destinés à restaurer chez l'individu prostré et mélancolique, la claire certitude de son immanence. Ces cérémonies répondent à de jolis noms charmants : "Ennemy way, Coyote way, Ugly way".
    L'une d'entre elles s'appelle "Beauty Way". Je la conseille fortement à certains esprits trop contrariés pour être honnêtes avec eux-mêmes. Dans l'avenir, il leur faudra se livrer le plus souvent possible à ce genre de rituel. Pas chienne pour un sous, je pratique (me, I, myself) le "Beauty way" au sortir d'une battue, du métro, d'une machine à laver les consciences, grâce à cette invocation chantée et tout son tremblement. Il s'agit d'entrer en soi. Pas d'une roupette russe, non, non, je te rassure. Mais d'exister au point précis de rencontre de deux univers. Mon équilibre canin en dépend. You see? C'est comme percevoir, sentir, remuer son corps même en dormant. Regarde-moi bien! Je m'apprête à pioncer du sommeil du juste. En réalité, je vais passer d'un paysage intérieur à l'autre. Les Navajos appellent ça le "Body shift". On entre en soi comme on respire. On pense très fort à Sarkozy, nouveau chef Sioux des grandes plaines. Le vent souffle, balaie les hautes herbes de la middle class heroe. Le nouveau petit chef arbore toutes ses peintures du national-libéralisme. Il est en paix avec son ego. Et il te glisse entre la poire et le fromage : "Tu la sent bien ma grosse démocratie ?!"
    Tu restes calme et tu dois lui répondre oui, pour le rassurer. Bien lire cette sentence d'un écrivain (Lopez) que tu ne perçois pas bien pas parce que tu ne lis que des conneries:
    " Tu ne connais pas un coin de pays ou un territoire, simplement en apprenant les noms et les caractéristiques de tous les êtres qui l'habitent, mais en devenant sensible aux innombrables interactions qui s'y déploient, telles celles qui relient le moineau à la brindille."
    Et tu refermes ta braguette, à la fin du film. Capice!? 
     
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    Perle, chienne politologue de cinq à sec. 

  • Mer courage

    Et le printemps arriva.

    Par vagues à babord.

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    Photo Yann Gensollen
     
    Offrant des chemins luisants
    Comme la bave de l'escargot
    Les nuages défilent tels des paravents
    Montés sur talons aiguilles YSL
    Laissant entrevoir des coups de soleil fous couleur d'huile
    Le mannequin se plante raide comme un i
    Sous toutes ses coutures
    Dans le grand atelier du maître d'oeuvre
    Face à la solitude qui trempe dans le grouillement de la vie. 
     
     
     

     

  • Écoute s'il pleut !

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    J'ouvre les yeux sur un ciel bleu qui menace de passer à l'argent clair. Soudain, ça caquette du côté du pin. J'aperçois enfin  l'étourneau écrivant à coups de bec des vers sur l'écorce de la branche nue. Je pose ma tasse de café et j'observe le manège. Je vibre sans remuer le petit doigt. Puis me met à voler sans aucun effort.
     
    "Chaque instant, chaque mot, chaque regard jetés au hasard, chaque pensée profonde ou badine, chaque tressaillement à peine perceptible du coeur humain, de même que le duvet aérien des peupliers ou le feu d'une étoile dans une flaque d'eau nocturne, sont des grains de poussière d'or...
    Il est étonnant que personne ne se soit donné la peine d'observer comment, de ces grains de poussière,
    naît le flot vivant de la littérature..." 
    Paoustovski in Notes sur l'art d'écrire 
     

  • Au Ritz, Charles!

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    Charles est un chien de chasse à courre d'arguments. Une puce incrustée dans son cou indique qu'il est d'origine teutonne. Longtemps, et de bonne heure, je me suis demandé si son sexe était de gauche. Tant il a envie de "niquer tout ce qui bouge" comme disent les poètes des quartiers sensiblement chauds. Néanmoins, tout indique que Charles est né bien coiffé. Sans doute a-t-il été, dans une autre vie politique, ministre de l'aménagement du rable de lapin. De plus, et c'est un insigne qui ne trompe pas, il n'a de cesse de regarder sous les jupettes des filles un peu Gironde. Adepte de la géométrie dans les spasmes, il répugne, néanmoins, à montrer sa queue les jours de clavicule dans les maisons de retraite. Plongé sous haute température, il n'est plus que l'ombre de lui-même, l'ombre de son ombre, recherchant désespérément une nappe frénétique. Beaucoup de pays nous l'envie car Charles est un sportif sain à l'insu de son plein gré. Plus ça monte, sur les chemins de la montagne, plus il accélère. C'est un clébard faussement facile, parce qu'il fuit la complication culturelle explicite et le maniérisme intellectuel pour se tourner vers la présence brute des choses; en réalité c'est un animal extrêmement ardu, à cause de l'aimable et disert voile d'incrédulité sous lequel il dissimule sa profondeur. Son inspiration inquiète, toujours allumée par une tension érotique que vient atténuer l'ironie, se confond avec le rythme de la vie, mais s'en détache fermement et avec clarté dès qu'il flaire du non-dit. Bref, Charles dispose de toutes ses facultés pour devenir chauffeur de maître. Et quand une caravane passe, il regarde l'horizon sans se faire d'illusions.
    (Spéciale dédicace à une voix de France Inter)
     

  • Compagnies Saint Just et Guy Môquet

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    Dans ses mémoires, l'éditeur André Balland évoquait la personnalité de Guy Môquet, son camarade de classe du lycée Carnot. « Déjà attentif aux autres, généreux, passionné de littérature, excellent camarade et élève brillant. »
    Le 13 octobre 1940, le jeune communiste, qui distribuait des tracts, était arrêté gare de l'Est. Interné à la Santé puis au camp de Choisel et enfin à Châteaubriant, Guy Môquet fut fusillé le 22 octobre 1941, avec vingt-six autres otages désignés comme tels par Pucheu, alors ministre du gouvernement de Pétain, dans la carrière de la Sablière. Il n'avait pas encore dix-huit ans.
     "J'aurais voulu vivre, écrivait-il à sa mère avant d'être conduit devant le peloton d'exécution, mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose."

    Symbole de cette prémonition, d'une Europe un peu plus solidaire, l'ambassadeur d'Allemagne en France, le 22 octobre 2003, assistait, à la cérémonie d'hommage à Guy Môquet, organisée au lycée Carnot en présence des élèves.
     
    Sur la photo, ci-dessus, observons les deux joues bien pleines, au deuxième rang entre les deux jeunes hommes en chemise blanche, de Madeleine Riffaud, poète, résistante, grand reporter « à L’Humanité ».
     
    "À dix-sept ans, je publiais mes premiers poèmes clandestins."
    Sacrée bonne femme qui eut vingt ans en 1944, pour la libération de Paris à laquelle elle participa activement. Après avoir abattu un officier allemand sur le pont de Solferino à Paris, elle fut arrêtée, torturée puis libérée avant de reprendre la lutte. À cette époque, on l’appelait Rainer (référence à Rilke), elle épousa tôt la cause de la Résistance en devenant volontaire dans les FTP où elle prit, avec d’autres, la suite du groupe Manouchian... " À cette époque, la lutte armée était complètement démolie à Paris ", se souvient-elle. Le copain qui m’a accueillie m’a dit : tu sais, petite, un groupe FTP ne dure même pas six mois. J’ai tenu cinq mois. Nous étions tous déterminés."
     
    Comment vous dire? J'ai eu la chance de croiser, d'aimer André Balland et Madeleine Riffaud, de partager avec eux des moments qui m'ont singulièrement ébranlés et constitués. 
     
     

  • L'orgueil rouillé

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    Sous les voûtes

    La grande lessive règne

    Les ouvertures trient le vent et la lumière

    La poésie balaie en silence 

    Toi seule est nue

    Mes paumes caressent la pierre

    Des mots tombent au goutte à goutte

    Entre eux j'insère mon ombre

    Ton inspiration tient la clef

    De mon commencement

    Chaque mot menteur

    S'infiltre dans ce bassin perdu 

    Les mots remués

    Par la brise

    Se noient dans la vérité

    Et la violence d'un orgueil rouillé. 

     

     

    (Photo Yann Gensollen) 

     

  • La pointe d'un accent aigu

    Barbey d'Aurevilly, sur Mirabeau:

    Un porc à longue crinière que

    l'on prit trop facilement pour un lion.

     

    Baudelaire, sur George Sand:

    Elle est bête, elle est lourde, elle est bavarde.

     

    Léon Bloy, sur Arthur Rimbaud:

    Un avorton qui se soulage au pied de l'Himalaya.

     

    Jacques Prévert, sur Henri de Montherlant:

    Un bas du cul qui se prend pour un roi d'espagne.

     

    Henri Michaux, sur Georges Bataille: 

    Il donne l'impression d'un séminariste

    sortant furtivement d'une pissotière.

     

    Roger Nimier, sur William Faulkner: 

    Il a le défaut des gens de la campagne,

    il cultive le même champ tous les ans. 

     

  • Aboule le saucisson! (W.C.Fields)

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    De notre correspondant granvillais (grand vilain?)    

    Chers blogueurs, geuzes, un petit message lié à l'actualité.
    Je m'étonne du brouhaha fait autour du "travail" de roumains, de passage à Angoulème. Comme l’indique la main courante sur le registre de la maréchaussée, ces personnes ont la fâcheuse habitude de commettre des larçins pour, disent-ils, "subvenir aux besoins" de leurs familles, et, ce faisant, détournent sans vergogne quelques charcuteries des hypermarchés qu’ils visitent de ville en ville. Aussi, madame la témoin n'aurait-elle pas bien perçu la proposition :
    "Vous m'en donnez combien du saucisson? "    
    Cette dame n'aurait-elle plutôt préférer entendre quelque chose comme 
    "Vous m'en donnez combien du nourisson ?"  
    Navrant non?  
    Merci de votre attention.
    The Duke   
     
    Ps: Il est à noter (greffier) que ces gens, originaires des Carpates,
    ne chapardent jamais du saucisson... à l'ail. 

  • Pensées d'avant JC

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    L'iris wilde apache
     Jean-Claude Van Damme:  "Si tu es très près de Dieu, tu peux avoir une certaine communication. Je ne parle pas de téléphone : je parle d'une certaine spiritualité."
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    L'iris de Laurence (apache de la Bastoche)
     JCVD:"Une vache, ça te bouffe trois hectares, moi, avec trois hectares, je te fais deux mille kilos de riz. Avec trois hectares, je te nourris Avignon, tu vois." 
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    JCVD:"Tu n'as pas besoin d'un flash quand tu photographies un lapin qui a déjà les yeux rouges." 
     
     

  • Chambre avec vue sur le réel

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    Dans "Noé", Giono écrit: " J'ai ma vision du monde; je suis le premier (parfois le seul) à me servir de cette vision, au lieu de me servir d'une vision commune. Ma sensibilité dépouille la réalité quotidienne de tous ses masques; et la voilà telle qu'elle est: magique. Je suis un réaliste. Il faut se servir de cette micheline (vous savez, celle où nous sommes si souvent descendus de Manosque à Marseille) comme Rabelais se sert d'une baleine, le reste est vanité, orgueil et solitude: la vision commune est solitude."
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    "On ne saurait être trop scrupuleux, trop sincère, trop soumis devant la nature...mais on devrait être plus ou moins maître de son modèle." Cézanne
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    "Il est aisé, après tout, de ne pas être écrivain. La plupart des gens ne sont pas écrivains et il leur arrive fort peu de malheurs." Julian Barnes in "Le perroquet de Flaubert".
     
    Ils préfèrent regarder la télévision pour être moins seuls et se retrouvent enfermés dans un cachot sur les murs desquels sont projetés les rêves des autres - des cauchemars, le plus souvent - qui les transforment, comme le narrateur de "La Métamorphose", en bibitte inexplicable. Mon attention, comme le faisceau d'une lampe de poche, erre et scrute, découvre et s'attarde à tous les détails du monde réel.
     
    (Pour le Duke, ce soir: "Allez l'OM et que la lumière (provençale) soit") 
     
     
     

  • Vivre en écrivant

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    Chienne de vie? Allons, allons, du calme! J'emprunte volontiers le titre de cette note à un livre majeur d'Annie Dillard, écrivain américaine tant aimée, observatrice de grande facture de la comédie humaine. "Pourquoi lisons-nous" dit-elle "sinon dans l'espoir d'une beauté mise à nu, d'une vie plus dense et d'un coup de sonde dans son mystère le plus profond ?
    "Pourquoi lisons-nous, sinon dans l'espoir que l'écrivain rendra nos journées plus vastes, plus intenses, qu'il nous illuminera, nous inspirera sagesse et courage, nous offrira la possibilité d'une plénitude de sens, et qu'il présentera à nos esprits les mystères les plus profonds."
    Ce présent, c'est donc l'écriture, qui varie sans cesse et maintient la tension vitale, c'est, aussi, la vieillesse disponible à tout parce que libre de tout, c'est le jeu qui tient en échec l'ombre de la mort et la fossilisation de la vie. Le présent est intervalle, pause, espace vide qui vibre, vie qui se contemple elle-même, comme la gondole dans la lagune, seule présence vivante dans cette paix de l'eau. Lapins, lapines, ne soyez pas ennemis du temps, ni fouets révoltés. Soyez non pas "la vie même mais l'oeil qui la considère" comme l'écrivait Italo Swevo.
     
    Perle, anthropomorphiste militante. 

  • Clin d'oeil au philosophe Anaximandrake

    "Je nageais dans un courant impétueux, mais une partie de moi-même demeurait sur la rive" Manès Sperber

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     Le pont inachevé (Le Rhône en Avignon)

     "Le temps est un fleuve qui m'entraîne, mais je suis le fleuve" Borges

     

  • Il ne fait pas les choses à moitié

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    Photo Yann Gensollen
     
    - Bonjour, je voudrai une demi-baguette.
    Ouiiiiiiiiiiii, et avec ceciiiiiiiiiiiiiii?
    - Rien.
    Monsieur vit sans doute seul dans la grande ville?
    - Oui. 
    Ah ben c'est dommage, beau comme il est! Et comment qu'il fait pour vivre sans sa moitié?
    - Je dors davantage. J'ai le lit pour moi tout seul.
    Ah ben tout de même, c'est préférable d'acheter une baguette entière, non? Hi,hi,hi.
    - Vous avez la bosse du commerce vous.
    Ouiiiiiiiiiiiiiii. Et pourquoi elle est partie, elle?
    - Je l'ai virée. Elle n'aimait pas pratiquer la fellation. 
     
     
     

  • L'insécurité du moi

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    Où que son pied se pose, l'électeur de gauche sent que le terrain n'est pas sûr depuis dimanche soir 20h00. Cette insécurité ne date pas d'hier. Il était à la recherche d'un père royal investissant la totalité de sa vie depuis la sphère jalousement privée jusqu'à la sphère politique, et il ne trouve plus de réponses et pleure. Va-t-il rejoindre d'autres horizons comme ces Guévaristes, errants en Équateur, sur les traces de leur jeunesse perdue? Le militant de la démocratie participative occupe désormais une place indéterminée sur l'échiquier et les contours de son moi. Il se sent en insécurité et ouvre la boite de ses fantasmes pour y chercher une ligne de défense. S'accroche à une chaine de réponses compulsives. Il dit non comme un gosse cherchant une limite et sa place dans la fratrie. Puise dans le regard lumineux d'un enfant de mineur bolivien
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    ce courage qu'il a abandonné, il y a longtemps, sur une plage sous tutelle du Club Méditerranée. Le moi petit-bourgeois, médaillon stoïque de l'unité de la personne, se fêle et se brise. Le petit bourgeois vert ou de gauche se sent dominé par "le dehors", le perçoit comme une altérité ressentie, comme le prolongement de sa personne, bref, une frontière protectrice. Mais toute frontière est illusoire; si l'immensité mouvante du monde est peu sûre, les distances instituées par l'homme de gauche français (comme celui de droite ;) pour se différencier et pour préserver sa propre différence finissent par oblitérer et paralyser cette individualité, par l'embaumer dans la mort. Toute défense est destructrice, bouillie informe. J'aime sous Prozac, je milite au Lexomil. Stop! L'Homme, créature la plus capable de métamorphoses, se doit de redevenir poète de la frontière. Renouer avec la grande odyssée du moi et occuper une place plus volontaire. "Il s'y dresse comme un moulin à vent dans une plaine immense" (Canetti).
    Établir des distinctions et des limites plus subtiles comme c'est nécessaire dans toute opération intellectuelle.
    Retrouver le désir véridique du vivre.
     
     

  • La France qui gagne (1)

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    Comment en l'an de grace 1192 le comte de Montmirail et son fidèle écuyer, Jacquouille la Fripouille, vont se retrouver propulsés en l'an 2007 apres avoir bu une potion magique fabriquée par l'enchanteur Doc Enrico Zarkozy leur permettant de se défaire d'un terrible sort.

    "Vivre - dit une célèbre formule d'Ibsen -, c'est lutter contre les démons du coeur et du cerveau".

     

     

       
     
  • Historique

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    Le mur de Berlin vient seulement de tomber en France, ce 6 mai 2007.

  • Insaisissable surface

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    Choisir entre ombre et lumières ?
    "Tous juraient sur la vie, et personne ne savait vraiment ce que c'était, la vie..."
     
    Blei in Le beau Brummel 
     

  • My beautiful solitude

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    Photo Yann Gensolen
      Je soigne méticuleusement ma tenue vestimentaire dont le raffinement consiste à ne pas attirer le regard, à se dissimuler parmi les autres en effaçant tout trait personnel. Seul me distingue un langage choisi. L'esthétique fixée? Je m'en lave les mains. Seule compte la métaphysique, le rapport intime à la question de l'être et du paraître, à la modernité. Baudelaire appelait ça le « dernier acte d'héroïsme », une aristeia de l'apparence:

      "Le dandysme apparaît surtout aux époques transitoires où la démocratie n'est pas encore toute-puissante, où l'aristocratie n'est que partiellement chancelante et avilie. Dans le trouble de ces époques quelques hommes déclassés, dégoûtés, désœuvrés, mais tous riches de force native, peuvent concevoir le projet de fonder une espèce nouvelle d'aristocratie, d'autant plus difficile à rompre qu'elle sera basée sur les facultés les plus précieuses, les plus indestructibles, et sur les dons célestes que le travail et l'argent ne peuvent conférer."
     

  • Milan impérial

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    Photo l'Équipe.fr
     
    Il pleuvait des cordes hier soir à San Siro. Cela n'a pas empêché le brésilien Kaka de mouiller son maillot comme rarement. Quel footeur de merde dans les défenses, celui-là. Grâce à cette victoire (sans appel du 18 juin) Milan a rappelé aux équipes anglaises  que celles-ci n'avaient pas le monopole de la victoire en Ligue des champions. Pourtant, les milanais étaient handicapés par l'absence de leur capitaine courageux Maldini et celle de Gattuso, deux pièces maîtresses de leur dispositif défensif...Un match au scénario parfait pour les Rossoneri, qui ont su regarder la cage adverse droit dans les yeux et marquer un but dès la 11e minute et leur a permis d'éviter de douter trop longtemps. Avec une défense plus que bancale (Vidic revenant de blessure, Brown habituel remplaçant et O'Shea pas à son poste de prédilection), les Mancuniens ont accumulé trop de matchs et largement dépassé les 35 heures dans l'espoir d'annihiler le génie de Kaka, trop heureux d'éponger ses dettes d'alteregomondialiste. Élu sans conteste meilleur joueur de cette édition 2007, le brésilien a fait de l'ombre aux attaquants adverses Ronaldo et Rooney qui pourtant s'étaient montrés nettement plus brillants au premier tour à Old Trafford. Cette fois, c'est au milieu (de ce marécage de chiffres) que les protégés de Sir Alex ont perdu le match qui a été suivi par des centaines de millions de téléspectateurs dans le monde.
     Place au remake de la finale de 2005, Liverpool-Milan AC à Athènes. Espérons qu'elle vaudra celle d'il y a 2 ans à Istanbul - l'une des plus belles de l'histoire - ce sera alors l'apothéose pour ce cru 2007. Milan ne rêve que de ça depuis 2 ans...
    Nos deux envoyés spéciaux Fiammi et Raffaele seront présents dans les tribunes à Athènes. Forza Milan et baci à nos Rossoneri.

  • Deux petites notes de musique

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    Après Miles Davis, photographié par son papa sous tous les angles, voici désormais, sur la place Cambernon de la Haute Ville de Granville, Henri, donnant à entendre un peu de musique, autour de midi, le mardi 1er mai 2007. Il proposait, de concert, le muguet de son jardin aux passants. Bonjour Henri, je t'envoie pleins de bisous provençaux.
    Photo du grand, très grand Christian Ducasse, dit le Duke, mon ami de trente ans ;)

  • Bela (ciao) Sarkozy

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    Bela Sarkozy in "Happy birthday mister President of Transylvania" 
     
    Bela Sarkozy quitta la Hongrie un soir lugubre de décembre noir, puis se rendit en calèche, quatre à quatre, à Neuilly sur Scène, en passant par les Carpates, deux ans plus tard. C'est là-bas (après quelques années difficiles à cause de son manque de connaissances du corrèzien) qu'il jouera des centaines de fois Dracula dans le "Petit rapporteur", pièce de théâtre tirée du roman d'Édouard Balladur. Son accent hongrois contribua grandement à son jeu d'acteur. Célèbre comédien de films fantastiques et politiques, c'est le rôle du "Féroce tranquille" (Bouygues Universal Pictures) qui le fit connaître. Malheureusement pour lui, il refusa de jouer la créature du film "Christian dans le clapier de Frankenstein". Après une courte apparition dans "Les bronzés font de la raclette à Bondy", la même année, il obtient un petit rôle dans "Ta mère, elle suce Rocco Siffredi devant Auchan". Après cela, Bela Sarkozy fut cantonné aux films d'horreur, dont la qualité baissa lentement à partir de Mai 2007.

    Il mourut en plein tournage de "Racailles, me voilà!". Certaines rumeurs disent qu'il se prenait réellement pour un vampire présidentiable à force de jouer cette créature, mais aucune biographie complète ne confirme le fait. De même, s'il a été enterré avec l'une de ses capes présidentielles (mon mardi), ce n'était pas à sa propre demande mais sur celle de sa femme Toyota Cécilia et de son fils Tortue Nissan.

    Il est le sujet d'une célèbre chanson du groupe de rock gothique Bauhaus : Bela Sarkozy''s dead - chanson qui figure dans la bande-son d'un autre film de vampires, Les Prédateurs de Tony Karscher (1983). (Avec l'aimable complicité de Winniepedia l'ourson)