Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Le bien pensant imaginaire (Svevo)

    fac6261ccbe34b6b871865f145f689c7.jpg
    Vieillir, c'est enfiler le masque le plus véridique de cette vie
    comprise comme un bastion du haut duquel
    on contemple le processus entropique
    et l'évolution progressive.
    Les jours ne se suivent pas
    deviennent plus denses
    plus courts.
     
     
     
     

  • Voir la vie en rose (Air France)

    886334eecb2077a4b5b510936d575be3.jpg
    Yann G. en Camargue
     
    "L'argent joue un rôle brutal dans la société"
    Vincent Van Gogh 

  • Cercle rouge aux carreaux bleus

    7cc5a4a352ebcd10f55c02862b7adffd.jpg
    Le cercle de Saint-Zacharie (Var)
    Photo Yann Gensollen
     
    Rue du Progrès, de la laïcité, Boulevard de la République. Autant de mots qui passent presque inaperçus aujourd’hui. Ils se sont inscrits durant le XIX siècle dans les villages varois et provençaux au sein d’une société cléricale, conservatrice et plutôt soldatesque. Lieux d’apprentissage démocratique, les Cercles républicains témoignent encore  de ce passé. Pour combien de temps encore ?

    En 1789, la Provence profonde ignore volontiers ce qui s’est déroulé à Paris. Les informations colportées n’ont rien de révolutionnaires, bien au contraire. Qualifiée de pays de la terreur blanche ou de Vendée méridionale, elle demeure une terre de prédilection du royalisme et de l’orthodoxie catholique. C’est aux élections présidentielles de 1848 que va s’opérer un prodigieux revirement de l’opinion. Les candidats républicains (Ledru-Rollin, Lamartine, Raspail, le général Cavaignac) recueillent plus de 75 % des suffrages face aux représentants des conservateurs, des légitimistes et autres orléanistes ralliés au prince Louis Napoléon Bonaparte.
    Cette mutation politique est le fruit de divers éléments analysés depuis des lustres par les historiens et autres observateurs avisés de cette fringale « associationniste » inspirée du modèle bourgeois des loges maçonniques. Alain Decanis, enseignant, est de ceux-là. Selon-lui, il convient de remonter le temps jusqu’à une enquête réalisée par le Comité du travail en 1848 : « Elle nous indique que l’état normal d’éducation du peuple Provençal des villages correspond à un bilinguisme dans lequel un provençal, largement usuel, se combine avec un Français à peu près compris et parfois baragouiné. Compte tenu du développement des échanges les classes supérieures se sont instruites rapidement car elles étaient tenues de maîtriser le français. Cette nécessité s’est fait ressentir de plus en plus, y compris dans les villages les plus isolés. »
    Outre les progrès de l’alphabétisation, notamment grâce au nombre de conscrits sachant lire et écrire mais aussi à un grand essor de sociabilité dans les classes populaires et enfin à l’apparition des discussions politiques durant ce XIXe siècle, le Var va peu à peu sortir de son isolement.
    015a8e767102dab97487c2a5a7a14765.jpg
    Photo Yann G. 
     
    Cercle rouge contre cercle blanc

    L’association typique de cette période, en Provence du moins, pour les classes dirigeantes est le cercle. Selon Alain Decanis, « les plus anciens ont été créés au temps du 1er Empire mais c’est surtout après 1815 que l’on assiste à une multiplication des cercles, plus souples, et moins engagés que les loges dans tous les villages. Bourgeois, commerçants, y viennent pour le loisir, le jeu de cartes et la lecture des journaux. Des cercles d’artisans et d’ouvriers  vont également naître. L’administration les tolère non sans inquiétudes car l’amitié, la solidarité s’y installe et fonde des regroupements d’affinités politiques qui le font glisser vers le club de discussion. »
    Des chambrées vont se multiplier. Elles rassemblent les laboureurs, cette classe « ignorante » qui est bien décidée à s’ouvrir aux idées nouvelles. Puis viennent les sociétés secrètes rendues nécessaires par des lois de plus en plus répressives. Malgré Napoléon III et le préfet Hausmann, les cercles tentent de répondre à l’espérance d’une société plus juste, débarrassée du dogme de l’Eglise et des préjugés sociaux.
    Seuls les cercles vont traverser le temps et symboliser des valeurs démocratiques contre celles d’un ancien régime qui tarde à baisser les armes. Dans les villages varois s’étend le besoin de trouver un lieu de rencontre, de discussions, les hommes éprouvent la nécessité d’une vie sociale hors du travail. Il devient impératif pour les membres des cercles républicains de défendre l’école publique émancipatrice et libératrice des obscurantismes de l’Eglise. Les articles et statuts de ses associations mettent en avant, outre la convivialité, la solidarité entre ses membres. En découle plusieurs obligations : le secours à celui qui est en difficulté ou malade. La participation aux obsèques d’un membre décédé est obligatoire et une collecte est organisée pour venir en aide à sa veuve. Tout membre qui déroge à une seule de ces règles est exclu du cercle. Cette socialisation se traduit aussi par des actions plus culturelles avec l’apparition de bibliothèques, de philharmoniques, d’une éducation à la bonne cuisine et aux banquets. Cette période bénie va durer jusqu’à la première guerre mondiale.
    Dans le même temps, les « Cercles blancs » entrent dans l’arène politique. Ils soutiennent voire organisent des manifestations pour le maintien de l’ordre religieux contre les écoles publiques. Les affrontements entre cercles rouges et blancs sont épiques. On se tape volontiers dessus à coups de trombones à coulisse, grosses-caisses, à l’occasion des célébrations annuelles, toujours en musique. Dans chaque village, cela tient davantage de l’ambiance des querelles de clocher entre Don Camillo et Pepone que des joutes oratoires à l’Assemblée Nationale. On s’affronte également beaucoup au sein des cercles.Entre socialistes et communistes notamment. Et l’on se réconcilie au banquet jusqu’aux prochaines élections. En 1924, le Var devient majoritairement rouge. À l’exception de Toulon.

    Le cercle du 21 septembre
    706de16080fe0c48999bb34dd63eea0e.jpg
    Photo Yann G. 
     
    Que reste-t-il aujourd’hui de ces cercles et cet apprentissage démocratique et pluraliste ? De superbes lieux comme à La Valette dans la banlieue de Toulon, le cercle de la Cadière d’Azur, celui de Ramatuelle, de Barjols, de Correns ou celui de Saint-Zacharie. Tous sont demeurés débits de boissons (réservé aux membres) et conservent tant bien que mal leur statut d’association avec un président et un conseil d’administration. Le règlement intérieur figure désormais en bonne place dans les archives, pour mémoire, et la convivialité de rigueur. Le Var comptait plusieurs centaines de cercles au temps de Jaurès ; on en recense une trentaine environ. Témoins d’une tradition démocratique qui bat de l’aile dans ce département ou le clientélisme politique s’impose désormais plus qu’ailleurs, les pratiques mafieuses aussi. L’individualisme invite à ignorer la réalité de l’autre. Les membres actuels des cercles possèdent tous une carte vermeille. Ils ne manquent pas de resserrer leurs maigres rangs. Ne ratent pas un seul loto. Les fanfares ont disparu mais reste cette capacité à se sentir solidaires. Le cercle du 21 septembre à Saint-Zacharie est un miracle de cette résistance là. Il a conservé, outre son aspect d’antan, toutes les valeurs qui ont présidé à sa naissance en 1882. Réalisé par les ouvriers  des fabriques de céramique locales ce lieu chargé d’histoire est à visiter pour la beauté de son carrelage mural au bleu si particulier.
     
    Un bijou d’humanisme en bon état de marche
     
    Le Cercle du 21 septembre de Saint-Zacharie a été inauguré par les
    Républicains de ce village varois, situé à la limite Est des Bouches-du-Rhône, en 1882. Ce lieu est très vite devenu celui de l’utopie, de la transmission de la culture et de la solidarité. Ils l'ont construit et décoré eux-mêmes. Artisans, ouvriers des fabriques de céramique, travaillaient de six heures du matin à six heures du soir. La protection sociale était faible, quasi-inexistante. Mieux valait ne pas tomber malade ou alors s’entraider. L’idée s’est imposée dans les esprits et c’est au cours d’une assemblée, qu’ils décidèrent de créer le « Cercle du 21 septembre » en hommage à ce jour de l’année 1792, lendemain de la bataille de Valmy et première réunion de l’assemblée constituante. Les fondateurs du cercle ont donc choisi la date  de ce jour historique, celui de la naissance de la République française, ou, comme on disait en ces temps, « le jour 0 de l’ère des Français. »
    « Le second but du cercle était d’organiser la convivialité , rappelle au visiteur d’un jour Alain Tirard , membre du conseil d’administration, autour du débit de boisson mais aussi autour du cinéma situé dans la grande salle du premier étage. Nous y avons conservé les affiches de films dans ce lieu d’exposition ainsi que tous les documents qui attestent de notre idéal républicain. Cent vingt cinq ans plus tard, notre attachement aux droits de l’homme et aux valeurs démocratiques demeure indéfectible. »
     


     

  • Vase communicante

    0e8eb58dd57d394cf5d746023564cfd7.jpg
    Je me demande ce que cet amant
    que j'avais dans le temps peut-être en train de faire,
    se demande la femme. 
    Elle somnole seule sur sa terrasse qui domine la ville.
    Enveloppée dans une couverture en laine qui recouvre la chaise longue. 
    Demain, les enfants seront en vacances avec leur grand-père.
    Qu'est-il devenu cet homme que j'ai aimé comme un être miracle?
    Il me rétorquait que je n'étais qu'un mirage de plus.
    Il doit être en train d'écrire à l'une de ses nombreuses maîtresses. 
    Je vais prendre un bain très chaud. L'automne est froid et humide cette année.
    Je déteste les mois d'hiver.
    J'espère que d'autres hommes viendront me prendre debout et part derrière sur la terrasse.
    J'aimerai tant prendre un bain de boue presque brûlante.
    Effacer toutes ces parties de mon corps qui me rappellent
    ces hommes qui ont laissé des traces de leur passage sur mon ventre,
    mes fesses, mes lèvres, mes cuisses, mes seins, mes pieds, mon visage.
    La femme, elle dirait : J'aime bien être seule.
    Je veux être seule.
    Sauf qu'elle n'a personne à qui le dire.
    Même pas à ses correspondants d'ordinateur.
    Le week end sera long. 
     
     
     

  • Dans les blancs entre les lignes

    05600a3e6c8dc79c808718e0ccb82b95.jpg
    Il erre dans le village depuis des années. Jeune pourtant. 
    Arpente les chemins avec son chien.
    Se baisse pour observer les feuilles déposées par l'automne
    comme pour y lire les lignes de sa propre vie.
    Des feuilles à qui il peut raconter la sienne.
    L'événement qu'il ne peut dévoiler.
    Un espace resté en blanc où il s'insère
    malgré lui.
    L'autre jour, je l'ai croisé avec mes chiens.
    il a souhaité me saluer en m'embrassant sur les joues.
    Nous avons parlé de nos canidés. 
    Sa voix circonscrit souvent un immense vide affectif. 
    Ses mains tremblent légèrement.
    Son visage, blanc comme un linge, transpire l'amour absent.
    Dans le déchirement de cette absence passe la grandeur
    d'une lointaine passion.
    Un matin, il se pendra à un pin d'Alep.
    Son chien donnera l'alerte. 
     

  • Fossiles included baby

    0ae22e959cdebc054be10b03fa10ad20.jpg
    Augenblick, une gonzesse bien campée sur ses positions
     
     Oui l'Archi, Augenblick est brillante.
    C'est une négresse verte aussi swelte qu'une mésange.
    Il est cinq heures, Paris s'éveille.
    La tour de Romainville a froid aux pieds.
    Elle arpente à cette heure là le garage à bennes du cru
    pour y glaner quelques informations nécessaires à son mémoire.
    De quoi ça cause ? De ça:
    "De même que le concept de chaîne opératoire en préhistoire visait à dynamiser le fait technique en l'arrachant à la simple description d'objets, il permet ici, dans un cadre déjà dynamique puisqu'il s'agit d'une succession d'opérations*, d'élargir son propos aux conditions nécessaires d'existence de ces opérations. Enlever un élément de la chaîne et le processus ne conduit plus vers son objectif.
    Laisser les garages péricliter sans trouver d'espaces de remplacement et la collecte ne peut plus être assurée en régie ou si elle l'est, c'est à un coût environnemental et économique peu acceptable.
    *la collecte des ordures ménagères."
     
    Augenblick fait du Kung fu.
    Arpente la ville lumières
    sur un vélo d'homme.
    C'est une femme verte des pieds au carafon.
    Un cerveau comme on en rencontre peu.
    Pire encore:
    Elle ne ramène pas sa fraise.
    "Son éthique, c'est l'esthétique de l'intérieur" (Pierre Reverdi) 
    Pas le genre à faire son narcisso show.
    Germaniste, amoureuse de l'histoire de l'art,
    des poètes, du verbe haut,
    Aude observe notre monde
    avec fermeté et indulgence.
    Se tient en coulisse toujours.
    Tient un carnet de voyages
    depuis sa fenêtre:
     
    "le drapé froissé du duvet turquoise
    la chemise à carreaux de Foucault II
    le beurre périmé qui crispe l'estomac
    la triste trilogie nocturne
    les pensées urbaines qui s'organisent
    les corbeaux, les pies et les sitelles
    les deux hommes à sacoches sur le toit
        en légère compétition de crédibilité
    les encoches territoriales de la première couronne
    le pelage de mon chat
    le linge qui sèche, la radio stratagème
    l'image de la peau de serpent
        et la visite fantomatique d'Anna Blume"
     
    J'aime beaucoup cette femme
    qui aime les femmes. 
     
     
     
     

  • Tout à l'Ego

    0ac9f0a7ef136658d142a0e5b656b2af.jpg
    En chaque Français sommeille un génie des alpages. Et pour les plus modestes, un canal de l’Ourcq de la pensée. Les barbecues ayant été remisés dans le garage pavillonnaire, voici venu le temps de préparer l’hiver et quelques fagots pour la cheminée Leroy Merlin, l’enchanteur des dimanches uniquement réservés à ceux qui peuvent se dépenser plus en joggant.
    C’est aussi le règne des « éditorialistes » sur blog qui souhaitent désespérer Neuilly en refusant de lire « la lettre de Guy Môquet ». Une propagande ne pouvant qu’en cacher une autre, ils vont répétant que nous vivons, ici, sous le règne de la loi de la junte. Pendant ce temps, Billancourt toujours après ses avantages exquis. Pour meubler ce grand vide idéologique, quelques passives agressives replongent dans le tiroir à naphtaline de leur jeunesse pour en extraire le turban le plus célèbre de la littérature française - après Mme de Staël - et relisent « le deuxième sexe », à la hâte, dans un métro surchargé de souverains poncifs. Dis-moi qui tu hais et je te dirai sur l’oreiller qui je suis vraiment : « Fuck me, petit proustien ! »
    Les arguments ont la souplesse d’un panzer et l’analyse la profondeur d’un dé à coudre. Le blog, ce port de l’angoisse agrémenté du zeste auguste de prozac. Martine Aubry, reviens, ils sont devenus bios, comme tous les parvenus du Nicolas land ! Rien que d’y penser je me voûte la semelle. Tristes semailles d’automne.
    Une prof jette en pâture les mots de ses élèves (qui lui sont pourtant adressés à elle seule) et récolte un sac de quolibets anti-jeunes apporté gracieusement par des chasseurs patentés de fautes d’orthographe.
    Une femme se félicite d’avoir transformé son mari en fée du logis et raconte dans ses moindres recoins le dimanche rangement de son homme. Une autre vilipende haut et court Baudelaire pour avoir écrit qu’« aimer une femme intelligente est un plaisir de pédéraste.»
    Le je en vaut-il la chandelle ? Il fait si chaud dans les consciences que ces poules pondent un œuf à la coque. Un peu partout sur la blogosphère hexagonale, le commentateur veut se persuader d’avoir supplanté le créateur. Démocratie numérique et participative du néant. Bonjour, je m’appelle untel, né sous le signe du zéro, avançant masqué et chevauchant mon propre cadavre pixellisé par le sergent Garcia.
    Dans les souterrains de cette blogoréalité où l’on accédait qu’en chuchotant le mot de passe – Flaubert, Mallarmé, Céline, Borges – nous écoutions sonner sur le pavé le pas de la nouvelle garde sémiotique. On entendait parfois au sommet de la tour «AXA » des bribes recyclées de la chanson de Roland Barthes.
     

  • Rafraîchir l'écran

    e5054943904cdb09d270200ae7fbe0ac.jpg
    Hello, mon nom est le nettoyeur, Charles le nettoyeur.
    Je trouve que vos commentaires ont parfois ni queue, ni tête.
    Un peu comme moi lorsque je m'enroule autour de mon nombril pour m'assoupir.
    J'y vois quelques tourments de la dissonance.
    "C'est par soi qu'on est avant tout menacé" me glisse Perle aux oreilles.
    Elle en connaît un rayon sur ce sujet.
    Je le vois dans ses yeux.
    Quelque chose d'aussi terrible que la découverte de la mort.
    Perle a cette facheuse tendance de coller aux basques
    des lapins suicidés de longue date.
    C'est comme vouloir coller à la peau de l'actuel président.
    Un fondu de pouvoir qui se suicide lentement mais sûrement.
    BHL n'est pas en reste, lui qui s'accroche au cadavre de la gauche.
    Celui de madame Royale par exemple.
    Prendre le parti de la laideur, c'est indigne.
    Le suicidé au long cours devient objet de convoitises. 
    Je vous souhaite de préférer ceux qui écrivent, fouillent sans renâcler l'obscurité.
    Choisissent l'écart et la solitude, transforment une tension,
    une inquiétude, pourquoi pas une souffrance, 
    en cette matière langagière où se déploie l'ordre syntaxique
    et stylistique d'une phrase.
    Ceux qui multiplient les chemins de traverses
    d'une écriture ample, sinueuse, tendue et vivante.
     
     
     

  • Nouvelle vague

    476ead41240aad0cc3ce1b1601bf113a.jpg
    Fiammetta et Archiloque
     
    "Le souvenir est le seul enfer auquel nous sommes condamnés en toute innocence" 
    Jean-Luc Godard 
     
    "La memoria è il solo inferno al quale siamo condannati in qualsiasi innocenza."
    Jean-Luc Godard
     
     

  • Petite cantate pour la route

    J’aime une femme qui aime les coups.
    Avec moi, elle est servie.
    Je suis un rocker.
    Waouh, le capitalisme c’est lui le mal
    « Les coups, oh ça fait mal… »
    J’adore ce proverbe : « Frappe ta femme,
    Si tu ne sais pas pourquoi, elle, par contre, le sait. »
    J’adore mon public.
    Il fait la différence entre un crochet de gauche
    Et un crochet de droite. Oh yeah !
    Bon, je sais, ça se terminera mal un soir.
    Mais « le vent me portera. »
    Pom, pom, pidou, hou !
    Mon fidèle batteur viendra me prendre
    Devant les portes du pénitencier
    Avec la Merco. Yo !
    Universal me fera un pont d’or.
    Si j’avais un marteau…
    Je frapperai ma mère, ma sœur…
    Ah ke, Suis un rebelle. Oh yeah !


    Lu ça ce matin sur le net :
    « Je regrette ce qui est arrivé à Marie Trintignant et je ne connaîtrais jamais les circonstances de ce drame. Humainement, pour sa famille, pour celle de Bertrand, c’est horrible, on ne peut pas cautionner ce genre d’actes. Personnellement, d’un point de vue artistique, ce n’est pas une grande perte, j’ai toujours trouvé qu’elle jouait mal et qu’elle était assez antipathique…En revanche, Noir Désir était et restera toujours le plus grand groupe de rock français que je ne me lasse pas d’écouter. Le live que j’ai acheté récemment est merveilleux. J’ai hâte de le revoir en concert et j’espère que ses fans seront encore là et feront la différence entre son talent et sa vie privée. Bertrand, moi je t’aime et je t’envoie plein de courage là où tu es.. »
    L’auteur se prénomme Raoul et son message est daté du 21 septembre dernier.

    http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article854

    Toutes les 20 minutes en France,
    une femme meurt
    rouée de coups.

  • Papilles de la nation

    6f19035f4cf515439bc27e8fb7ec0302.jpg
    Le voici, Jean Yo des bois qui a pignon sur le sommet de la montagne Sainte Baume.
    Ici, à Maison rouge, à l'heure de la rentrée culturelle, c'est à dire 18h00.
    Juste avant que la nuit ne tombe.
    Putain, ça pense à l'apéro !
    Tee-shirt Zarathoustra, casaque sépia, pour faire comme au bon vieux temps de Nietzsche. 
    Entre deux gorgées de vin varois (dont nous tairons le domaine pour ne pas faire d'envieux rue d'Ulm)
    nous évoquons Arendt, Schopinehauer, Habermas, Wittgenstein, Sloterdijk...
    Que des patronymes de nordistes qui impressionnent rue Monge ; )
    Hips !  
    Expirez fort les H, faites claquer les consonnes bande de nazes ! 
    Noyez les voyelles dans le mystère.
    Quelques verres plus tard, Patrick déclenche son mobile photoshop,
    version camera qui explore et surtout déforme le bon vieux temps.
    Résultat des courses ci-dessous
    362137cf1d0eca995400780df353bee1.jpg
    E.T, sors de ce corps d'athlète, por favor ! Hips.
     

  • Calme plat

    3032786aa1f6214a98746c066873e6f9.jpg
    Photo Jean Yo des bois
     
    Les mots remuent sous la couche brumeuse.
    Je vais bientôt les rejoindre.
    Heureux de les retrouver encore assoupis, comme les villageois,
    dans une sorte de néant cotoneux.
    L'endroit se prête volontiers à ce vertige tranquille
    où tout se vide de contenu et de sens.
    La réflexion se situe sous les nuages.
    Le sommet de la montagne, lui, est en amont.
    Propose une marginalité provisoire
    qu'un simple Mistral peut balayer d'un trait. 
    L'heure, très matinale, indique l'insignifiance universelle.
    Propose la condition de la lucidité au petit déjeuner
    et comme bagage accompagné 
    un nécessaire ennui costumé en passager clandestin.
    Les questionnements viendront plus tard.
    Mes chiens se font scalper par le froid du petit jour.
    Ils hument la rumeur de leur existence.
    Nous guettons ensemble l'aigle et son éternelle répugnance
    à se saisir de ceux qui se brûlent les ailes. 
     
     
     

  • Les fantômes de l'histoire

    1d0cd044a3f6159e50d9f2e1d902bc8c.jpg
    Photo Yann Gensollen
     
    « Le malheur a été mon dieu » écrivait Rimbaud avec le visage de ses 17 ans.
    La première fois que j’ai croisé celui de Solène, elle avait le même âge.
    Son malheur était encore au sommet de la friche paysanne. Une originalité silencieuse aussi.
    Trop forte pour être perçue par le plus grand nombre. Comment surnager dans l’obscurité des méandres de la Meuse quand une absence vous condamne à baisser tête et bras ? Que l’on vient d’une tribu où les mots sont rares et cruels toujours. Qu’ils sont aussi bien astiqués qu’en novembre les cuivres du mausolée de famille fraîchement refermé.
    Nous étions quelques-uns autour de Solène, portes-parole de l’esquisse d’un peu probable réconfort.
    Dix ans se sont écoulés. Yann, savais-tu, en prenant cette photo, que tu allais m’obliger, une fois encore, à mesurer le chemin parcouru par ta dame ?
    Examinons-là au plus près. De cette zone d’ombre, je vois une jeune femme qui relève la tête, illumine de sa superbe dignité ce lugubre décor. En son temps, Virginia Woolf observait qu’il y a souvent deux faces dans chaque situation affective et, pourquoi pas, romanesque.
    L’ « une qui, étant en pleine lumière, peut être décrite avec le plus d’exactitude et de minutie possible »  Et l’ « autre qu’on ne peut aborder que dans un moment de foi et de vision au moyen de la métaphore ».
    Aujourd’hui, renversement de vapeur. C’est depuis vous deux que mon réconfort prend sa source.
    Etonnant, non ?
     

  • Concerto de tomates pour violons


    3216543086227491a47771a4a9720971.jpg
    Vertèbres en sus...(Ingres)
     
    Silence dans le TGV du retour. Pensées en vrac.
    Les nuits à Paris sont plus belles que le jour.
    Le cochon est dans le maïs, je répète le cochon est dans le maïs.
    55a678b337c65112831e99c9ab43cf76.jpg 
    Una Madona (Fiammetta au Louvre)
    d3389a57ec5b07c16df0cb4d41686d2e.jpg
    Intronisation d'un diacre à Notre-Dame of Paris.
    Au premier plan le nouvel Archevêque.
    Non, ce n'est pas une rave party.
    cb3c16ae99ae9f8f9eee80362c814f79.jpg
    Ils sont entrés dans Paris. Mais où est donc passée la 7ème compagnie? 
    0dc38e1cc41e50da6fe8323150b23a7f.jpg
    Les bleus sont en train de rouster les All Blacks au Dax, quartier général
    du feld maréchal BT. Hervé, rugbyman, fils de "Roro la Patate"
    veille au bon grain de l'ivresse.
    43cb640686de4d204117602aaa2a4246.jpg
    Il s'en est retourné à Reykjavik. Vent de tristesse...
     
    (à suivre) 

  • Tous derrière les bleus à l'âme

    c4ad064852ce12e466253c962e06e91f.jpg
     

    Un soupçon de soleil et c'est l'affluence aux terrasses des brasseries.

    Bras en liberté, cheveux empoignés, pull délaissé et pas un seul baiser à voler.

    Le mot "gérer" est utilisé à toute les sauces.

    Un couple en rupture à la table numéro 4.

    Un retraité qui se lime les ongles à la 6.

    Il connaît Proust jusqu'au bout des doigts.

    Un dandy aux semelles de fer à la 10.

    Une comtesse aux pieds nus à la 2.

    Une alcoolique à la 5, la 7, la 11.

    Un dolypranné de la dernière pluie à la UNE.


    "Paris martyrisé..."

    672bf03f289ace455824bed1b3aaa33b.jpg
    "Bon ! je le sais, que la vie est malsaine.
    Je sais qu'elle est la grand mère des coups.
    Oui, je le sais, qu'on crève dans la Seine,
    faute d'amour, faute, des fois, de sous."
    Jacques Audiberti 

     

     
  • Nuit parisienne au-dessus d'un nid de cocus

    0be7fb6b072c0bff55c20c48f3a8e07f.jpg
    Yann G., guetteur de l'ombre 
     
    Première rencontre au sommet.
    Hier soir, jusqu'à plus soif.
    Action.
    Titre du film: Le sanglot long du tire-bouchons.
    Avec dans les rôles principaux : 
    Fabien le soubretteur en cuisine,
    Yann le tigre du bidet en photographe de plateau.
    Johann en Johann.
    And Me, king of the canapé Habitat.
    Décors de Roger Hart.
    F3 plus cuisine en utopie. 
    Scène 1 
    La dandy connection réunie autour d'une bonne table.
    Dialogues: "Toutes des salopes j'te dis !"
    Une voix off : 
    (Sauf Roseline Bachelot, intronchable) 
    Morale du film:
    Tout est bien qui finit avec la lune dans le caniveau. 
    8289d7d260d4c6d5a343632165007bd6.jpg
    Ceci n'est pas une chaise musicale au centre de l'intrigue, mais une pipe.
    Magritte, reviens, ils n'ont plus rien à boire! 
    On entendait, au loin, le bruit des rameurs qui frappaient leur femme en silence.
    Ô lac, t'en souvient-il ?... 
    ad99112cc93f8e47829bb2933b2becfe.jpg
    Séquence réflexion. 
    La dialectique peut-elle casser nos briques ?
    Après cinq plombes de palabres
    Voici quelques vers clamés par
    l'Archi: 
    "Ben moi, finalement, la Roseline...
    j'me la taperai bien."
     
     
     
     
     

  • Chant du départ

    81305e20dc977c814b83fdd8f9c34216.jpg
    Charles: Oh, je sens que depuis ce matin il nous mijote quelque chose.
    perle : C'est fou comme tu es fute fute...T'as pas vu le sac? C'est celui des longs voyages.
    Charles: Ben si je l'ai vu. Tu me prends pour un cake ou bien? 
    Perle: Non, pour un chien que tu es.
    Charles: Je suis certain qu'il va m'emmener avec lui.
    Perle: Tu rêves Herbert.
    Charles : Ha, ha, ha. Très drôle. Tu veux parier?
    Perle : Laisse tomber, espèce de merlan frit. Dans la vie des chiens, y'a des OS, toi, et puis des stars, moi. S'il doit emmener quelqu'un avec lui inutile de te préciser que ce sera moi.
    Charles : Cause toujours. Et mon os, c'est du nougat?!
    Perle: Merde, il se dirige vers sa voiture. Je te laisse.
    Charles : T'as raison, il se barre. 
    Wouap, dou wouap...!?!?
    Perle: ...???? 
    abe8f2c894fc0610db7bc553f17c593e.jpg
    Perle: Nooooooooon...Le sa...
    Charles :...lopard !!!! 
     

  • Sentimentale-moi, salope!

    63630cc4cd9da6261db96fa1ed5c986d.jpg
    All Blacks, Haka
     
    Par Archiloque
     
    Elle insiste pour qu'on la laisse seule. Toute seule. Elle a mal au cœur dit-elle. Très mal. Oh la pauvre, la belle âme, la petite âme, blessée, meurtrie, souffrante, abandonnée. La petite âme qui se retire à l'abri de tout regard et se replie sur elle-même en reniflant sa douleur. Comme c'est triste et attendrissant. On voudrait la prendre au creux de ses mains pour la bercer, pour la moucher, pour la protéger et la consoler de ses petits malheurs. Viens-là, pauvre petite âme. Mais non. Elle se referme. La voilà indéhiscente comme une vierge à rebours. Déterminée. Impénétrable. Fermée. Extatique. Verrouillée comme la charogne d'une vieille bénédictine. Sait-elle seulement qu'en pensant trouver refuge dans son for intérieur, dans son petit jardin secret comme elle l'appelle amoureusement, dans son petit ashram rien qu'à elle, c'est au devant des pires contradictions, des pires atrocités qu'elle court avec tant de candeur, avec tant de précipitation ? Elle est innocente. La pauvre petite âme. A moins qu'elle ne s'arrête avant bien-sûr, bien avant, dans la douceur, et la suavité sans pareilles d'un petit vestibule psychique, bien confortable, bien rangé, bien propret et tout tapissé des hypocrisies de ses certitudes mondaines. Le temps semble s'y être arrêté.
    cb518a22cfb69fbb53dcd7bc77bf9c1a.jpg
    Oh le cri primal marchant sur les eaux 
     
    On y prend du thé chinois et de petits gâteaux moyennant deux ou trois chatteries, comme ça, entre amis. On y parle de Goa et de l'Inde, dans les volutes d'encens. On se pâme dans les arcanes d'un tarot. On se congratule. Comme c'est charmant. En somme, une réplique mentale de sa petite chambre patiemment décorée où festoie tout un peuple trivial d'ombres familières. Son intériorité à elle. Sa solitude à elle. Son vide à elle. Papa, Maman, mes amis qui m'aiment, mes collègues qui m'admirent, et Dieu, les hommes, les bêtes, les fleurs, les montagnes, les insectes, la télévision, les raveurs, Bob Marley, Martina Ingis, comme le monde est joli finalement, et gentil aussi, comme le monde a besoin de moi, ce monde qui est fait finalement pour moi et moi seule.
    c407d9209ae4366edbf0225b042fb3fa.jpg
    "Le sourire est le commencement de la grimace" Jules Renard
      
    Chut, car elle se recueille maintenant, se repose avec gravité et se redonne du cœur à l'ouvrage. La voilà reconstruite, régénérée, purifiée. La voilà redevenue elle-même. Elle peut repartir travailler sur son petit rapport. Faire ses petites leçons. Bravo, bravo, bravo ! Lire son petit Proust, son petit Bobin et avaler son petit Gavalda. Faire son petit pas de danse ou ses petites photos. Splendide ! Persécuter ses petits amants. Magnifique ! Mépriser ses petit amis, Dieu, les hommes, les bêtes, les fleurs, les montagnes. Mépriser le monde avec bienveillance, avec humanité, avec noblesse et distinction. Magistral ! Et cultiver à l'occasion son petit jardin solitaire, profondément rongé par la vermine et la stupidité. Elle parle du silence. Elle croit connaître le silence, la malheureuse. Oh le silence !
     
    (Toute ressemblance avec...serait fortuite. Ceci est une fiction, comme chacun sait) 

  • Ajouter une note d'élégance

    bc31ad1ea0be7683d9987ffb7b4caed7.jpg
    Photo Shutterlag
     
    Je suis allongé dans l'herbe sèche.
    Vautré dans une joie moelleuse.
    Distrait un instant par le froufrou des ailes d'une mésange.
    Et je prends le temps, mon temps.
    La beauté du lieu m'essouffle.
    Je sais que je vis. 
    La chienne me lèche la main droite. 
    Sans doute pour me remercier de cette attente.
    Puis elle croque son bâton. 
    Vous n'imaginez pas la mémoire qu'il faut
    pour parvenir à vivre dans les étendues désertées par le quidam.
    a6fa3648acc595f2df0c0dd22e985c09.jpg
    Photo Archiloque 
     
    Je me souviens de tous les films de François Truffaut.