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  • Odeur de sainteté

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    Des ermites ont vécu de longues années
    aux pieds de la falaise de la Sainte Baume 
    depuis le premier siècle de notre ère.
    Se nourrissant d'herbes et de quelques racines sauvages. 
    Parfois d'un lézard, le dimanche.
     Privés de toute relation humaine,
    leur imagination devait être très fertile.
    Beaucoup sont morts en odeur de sainteté,
    jurant leurs grands dieux qu'ils avaient aperçus Marie Madeleine
    auréolée d'une lumière presque aveuglante
    flottant à mi-hauteur de la montagne.
    Comme il est dit dans l'évangile,
    seul celui qui est prêt à perdre sa vie
    peut la trouver et la sauver. 
     

  • Puzzle

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    Violence, rumeur, Nike, manipulations, rap, informations, consommation,
    NBA, machisme, grand-frère, racines, pitt-bull, Chanel 5, village global,
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    Héros, bibliothèque brûlée, périphérie, motocross, puissance, père,
    maternelle brûlée, Coca-Cola, ni pute, ni soumise, intifada,
    gaulois, nique ta mère, victimisation, public ennemy, éducation,
    pétard, BMW, les Bleus, hymne national, banlieue, balles, Brasil,
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    Epinay, politique, Addidas, Marine Le Pen, pavillon, racailles, communautés,
    Rachida Dati, Liban, Tati or, démocratie, Zidane, Sarkozy, Rolex,
    MP3, événement, Auchan, Ségolène Royale, Pétrole, écran plat,
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    nature, ozone, barbarie.
    Tags 
    Vérité 
     
     

  • La mort du tri postal

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    Gare Saint-Charles.
    Un TGV tardait à se lancer dans sa course folle, forcément folle,
    à travers la Provence, le Lyonnais, la Bourgogne et enfin, la Seine et Marne.
    Au loin, une grue à forte mâchoire
    et plutôt lasse de faire le trottoir,
    avalait un immeuble entier de fer et de béton.
    Personne dans le wagon n'y prêta une attention particulière.
    Pourtant, me disais-je, c'est un tri postal qu'on assassine. Un lieu infesté de cédétistes,
    de barbus rescapés d'un festival folk sans électricité.
    Les contrôleurs de la rame de mon TER,
    abrités derrière le corporatisme de leur régimes  spéciaux,
    ne portèrent même pas un regard de solidarité en direction
    de cette monstrueuse boite aux lettres en lambeaux.
    Je fixais avec insistance le dernier carré de belotistes SNCF en transfert de gares et
    profitait d'un court silence entre trèfle et pic pour lancer un pathétique:
     
    "Mais z'enfin messieurs, c'est le service public qu'on assassine...!"
     
    - T'inquiètes me répondit un Sud Rail, chevelu comme son chef de file indien,
    la Poste, c'est devenu une banque, le courrier transite désormais par internet!
     
    Mais, mais... qui se se souviendra de ce haut lieu de la lutte intestine
    entre adhérents de la CGT et de la CFDT lui rétorquais-je
    avec un regard puisé dans mes souvenirs de premier communiant marxiste.
    Il cessa de couper à coeur et me toisa enfin.
     
    - T'es un p'tit malin toi, on dirait...Qu'est-ce que tu cherches ?
     
    Mais, mais... rien monsieur, rien. Je pensais à notre devoir de mémoire ouvrière,
    aux droits de l'homme PTTistes qui battent en brèche sous nos yeux agards...
    de lions. Je tenais simplement à saluer votre courage de grèvistes
    tenant la dragée haute au grand capital public. Aux sabotages des lignes électriques...aussi.
     
    Les cartes tombèrent sur la tablette repliable dans un bel ensemble.
    Le carré d'as réduisit considérablement la distance qui nous séparait.
    Je me demandais ce que Mac Giver aurait fait à ma place. 
     
    Et mon réveil sonna brusquement. Six heures du matin au cadran de mon téléphone portable.
    La radio annonça la fin des grèves à la SNCF et à la RATP. Ouf, je venais d'échapper à la bataille du rail.

  • Brouillard de mots

     

     
     
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    "C'est par le dialogue que l'on découvre la vérité" (Platon)
     
    Hors jeu les idées durant le bras de glaire entre cheminots, RATPistes, gouvernants et autres transporteurs de langue de bois. C'est un je ne sais quoi sous lequel on ne trouve pas la moindre trace d'un commencement de réflexions. Fin manipulateur de langue sovieticus (pin's de piolet à la boutonnière), Olivier Besancenot, surfant ce ce grand vide, a battu le pavé aidé en cela par son armée de Sud Railleurs. Une botte de radis rouges (blancs à l'intérieur) s'est engouffrée dans la brêche laissée vacante par les courtisans et les ennemis de madame Royale. Chacun roulant pour soi désormais, promettant de faire le bonheur de tous les fans du Club-Med, un peu plus tard. En pondant à la va comme j'te pousse un bouquin pour "Régler les comptes" de la boutique PS (Julien Dray) et non plus les affaires courantes. L'ordre du jour reste le même :Pour qui le siège présidentiel ?
    "Ma plus belle histoire d'amour c'est vous" (Ségolène, prochainement dans les librairies)
     
    Pour autant, le coffre de la nation se vide. La dette enfle tous les jours. Qu'importe.
    C'est encore et toujours les trentes glorieuses dans les esprits chagrins sous Prozac.
    Les cartes de crédit poussent comme des champignons hallucinogènes.
    La culture politique est dictée par "les guignols de l'info" et la petite musique showbiztique du président par Didier Barbelivien. 
    C'est Byzance au Géant casino. La France, joli village, toujours niquer le voisin, jamais mariage de raison !
    Le voisin, ce romain, roule dans une plus grosse cylindrée que la mienne et sur la voie de gauche de la Francilienne.
    Ici Londres : La chandelle des verts est morte. Je répète, la chandelle des verts est morte. Marie-Georges Buffet ne lira jamais Saint-Simon. Delanoé butte depuis six ans sur un quatrain de Mallarmé. Jean Rochefort, heureusement, à toujours de longues moustaches.
  • Les étoiles du ciel dansent

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    Les premiers pas de danse de Maurice B. marseillais devenu suisse.
     
    Je vous assure, cher cousin, vous avez dit Béjart...
    Moi j'ai dit Béjart...? 
    Comme c'est bizarre... 

  • Un jour, en Provence

     Une fois n'est pas coutume. J'ai découvert, ce matin, cet article sur le site internet du journal "La Provence". J'ai décidé de le reproduire in extenso.

    Le suicide collectif d'une famille de libraires marseillais

    Publié le mercredi 21 novembre 2007 à 05H19

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    Hier, quartier Malpassé à Marseille, les enquêteurs sont restés

    de longues heures dans la maison.

    Ils n'ont retrouvé vivant que leur chien,

    Chéva, blessé par balle aux pattes arrière.

    © SERGE ASSIER

     Le scénario était écrit dans un petit cahier d'écolier rouge, avec cette phrase, sur la couverture, débordante de désespoir: "Confessions d'un enfant dont la vie a basculé". Le manuscrit d'une dizaine de pages a été rédigé par Anthony Simon, 26 ans, comme un testament. Il l'a ensuite fait signer à ses parents, Richard et Olga, 51ans, scellant le pacte suicidaire d'une famille plongée dans une détresse insondable et minée par la dépression.

    Conformément à ce qu'ils avaient décidé, tous ont été retrouvés morts, hier matin, dans leur petite maison de Malpassé, à Marseille. Un jour seulement après avoir envoyé les feuillets, ainsi que plusieurs lettres expliquant leur geste, à leurs proches, à La Provence, ainsi qu'au chef de l'État, auquel ils réclamaient "des obsèques religieuses, malgré le suicide".

    Lorsque les destinataires ont reçu le document, il n'y avait plus rien à faire. Même Caramel, le chat, était mort par balle, quand les marins-pompiers ont entrouvert la porte du pavillon du chemin de la Sartan, peu après 11 heures. Ils avaient été alertés quelques minutes plus tôt par l'un des destinataires de la terrible missive. En progressant dans la pièce, les secours ont d'abord découvert les corps sans vie d'Olga et d'Anthony, côte à côte sur le canapé.

    Le fils présentait une blessure par balle, à la tempe. Sa mère, dont le corps ne portait pas de trace de coups de feu, avait visiblement absorbé une surdose de médicaments. Un peu plus loin, le mari était lui aussi décédé. Après s'être passé une corde autour du cou, pendue à l'une des poutres du salon, il s'était tiré une balle dans la tête, avec un fusil retrouvé à ses pieds.

    Les premières investigations de la police n'ont relevé aucune trace de lutte, accréditant la thèse d'un suicide collectif. Le drame se serait produit lundi dans la soirée, voire hier au petit matin, d'après les constatations des médecins légistes. Une analyse de la scène de crime devra préciser si le père de famille est bien celui qui a appuyé sur la détente, avant de se donner la mort.

    Tous étaient-ils vraiment consentants ? La teneur des courriers, signés de la main des trois victimes, ne laisse que peu de place au doute. "On va partir et s'il le faut, quelqu'un tirera, mais on ne saura jamais qui", écrivent-ils à la fin d'un des textes expédiés avant le drame. Comment ont-ils atteint une telle extrémité ?

    D'abord parce que la famille se débattait dans une situation financière très difficile. Le couple avait racheté une librairie, voilà 25ans, avenue Alphonse-Daudet, dans le quartier de Saint- Just et n'arrivait plus à éponger un déficit de l'ordre de 30000€, selon l'une de leurs connaissances. Olga, la mère, souffrait également de la maladie de Parkinson depuis plusieurs mois et se retrouvait plongée dans une profonde dépression dans laquelle s'étaient aussi peu à peu enfoncés le père et son fils.

    Anthony, après des études de commerce, avait décidé de venir travailler avec ses parents pour donner une nouvelle impulsion. Malgré ses efforts, la petite entreprise familiale continuait de sombrer. Jusqu'à ce que la décision soit prise d'en finir. Brutalement. "Aujourd'hui, nous avons décidé tous les trois d'en finir avec notre putain de vie", écrivent-ils dans leur dernière lettre, le 18 novembre. Leur ultime promesse.

                                                                                                         Par Romain Luongo ( rluongo@laprovence-presse.fr )

  • Je me souviens

    De:

    Chassez le naturiste et il revient au bungalow (Club Med)

    Il faut préserver le pouvoir d'Aicha (Houari Boumédienne) 

    Homme libre, toujours tu puniras ta mère (Bruno Bettelheim)

    L'oeil était dans l'anus et regardait Cocteau (Anonyme 1948, toilettes du Tabou)

    Les négociations vont bon train entre les cheminots et le gouvernement (Un joyeux pessimiste)

    La dérive de l'incontinent (Polémiste Victor)

    C'est la fonction qui crée l'orgasme (Rocco et ses frères)

    Liliane et l'odyssée (Georges Marchais) 

    Sainte Anne ne vois-tu rien venir? (Charcot)

    Les ravisseurs d'Ingrid Betancourt toujours (Hugo Chavez)

    Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans le même sens giratoire (Antoine de la DDE) 

    Quel bel homme des casernes (Jack lang)

    Ici si tu cognes, tu gagnes (Bertrand Cantat)

    Vous ne m'avez pas crue vous m'aurez cuite (Jeanne D'Arc)

    Ouarzazate et mourir (un oiseau caché)

  • Houle sentimentale

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    Brouillard de condensation de neige ce matin encore.
    Puis gros soleil paresseux à l'heure du réveil de la cheminée.
    Le tout-puissant Peintre cherche son style d'heure en heure.
    Touillant sur sa palette pour marier le jaune doré et le bleu d'azur,
    enduisant au fil des minutes la neige de brillances nacrées. 
    Les cristaux fondent lentement pour panser les blessures de la terre,
    brûlée par quatre mois de sècheresse.
    Les chiens sont excités par la froidure.
    Ils jouent à redevenir sauvages. 
    La nature est au sommet de l'affiche.
    Je suis en transe devant elle.
    Elle me fait du gringue.
    Ce matin, elle ressemble à Emily Dickinson
    et "sa chronologie incertaine, ses bizareries voulues, sa ponctuation aléatoire."
    Ici, je suis chez moi. Nous sommes chez nous avec les chiens.
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    Après les batailles champêtres ma blanchotienne, mon orchidée, se glisse sous le couvre-lit.
    Repos de la guerrière qui a eu son compte de caresses et de mots doux.
    Quelques minutes plus tôt, elle avait aboyé après un cavalier qui me faisait songer à Jean Rochefort.
    Son élégance sans doute et cette communion parfaite entre l'homme et son plus ancien ami.
    L'acteur arpente actuellement les planches du Théâtre de la Madeleine.
    Il met les bouchées doubles pour raconter le livre que les éditeurs voudraient imprimer.
    Sa vie de lecteur avisé et au long cours...
    Jean Rochefort est le seul et unique bonhomme que j'admire sans retenue.
    C'est un cheval à moustache aristocratique. Il ne se lasse pas de nous murmurer
    des merveilles aux oreilles.
    Ouvrant en grand sa bibliothèque intime:* "Ame, te souvient-il au fond du paradis" (Verlaine)
    Voyant disparaître un à un ses contemporains, il lâche la bride:
    "Je me tiens à mon atavique pudeur;
    je ne suis vraiment pas doué pour le déballage intime,
    je ne sacrifie pas à l'ego turgescent de ma profession." 
    A 77 ans, il caracole en tête dans tous les coeurs.
    "J'ai opté pour la couleur muraille parce que, voyez-vous,
    mon père ne voulait pas que je fasse clown."
     
    (* In le Nouvel Observateur) 

  • Noël en novembre, Pâques en ray-ban

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    En écoutant la radio ce matin, juste avant que ne sonne 6h00, la météo régionale
    annonçait de la neige sur le massif de la Sainte Baume.
    Pourtant les étoiles brillaient de tout leur feu dans le ciel
    étrangement dégagé de toute obligation véléitaire. 
    Je ne pouvais qu'en sourire une fois de plus. Les pauvres, ils disent
    n'importe quoi. Lors de la promenade avec les chiens, il faisait bleu à n'y pas croire.
    Et pas un brin de vent. Le Mistral ayant été remisé dans les Calanques grecques.
    Le temps de déguster le pot au feu et de me jeter sur le lit de Perle
    pour méditer pendant une bonne demi-heure, je me suis réveillé avec des flocons pleins les yeux.
    Des chips blanches bien croustillantes tombaient sur le gravier avec la régularité d'une montre suisse.
    Je me suis dit: "Tiens, pour une fois, les gens de la météo ont eu le nez fin de Séraphin."
    Je me suis plongé dans la relecture d'un livre de Julian Barnes ("Lettres de Londres")
    en observant l'évolution de cette pornographie des dieux dont le sperme nous tombait sur la tête.
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    Wunderbar! Des dieux teutoniques (ta terre) prenant en levrette
    la montagne sans renâcler, cinq heures durant.
    J'ai glissé un truc de Wagner dans le pousse disque, histoire de les encourager à la tâche.
    Bien m'en a pris. Au total, pas moins de quinze centimètres -puisés
    à la banque du sperme paradisiaque- ont été récoltés.
    Un record en novembre. Y'a plus d'saisons.
    Les nouveaux villageois (des chboubas comme il convient de les appeler)
    comprenez d'ex-citadins en manque de paysages montagneux,
    sont restés bloqués dans la vallée, attendant que le chasse purée ouvre enfin la voie. 
    En vain. Un camion bloquaient l'une des routes d'accès en provenance de Marseille.
    Coincé le truck, entre rochers et barrière DDE.
    Je pense que certains automobilistes, agacés par cette entorse au règlement de la République,
    se sont jetés sur leur téléphone portable pour protester auprès des autorités incompétentes.
    Moi, j'dis qu'si il neige en montagne et en novembre de surcroît, c'est la faute à Sarko.
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    Putain d'enculé d'fasciste le locataire de l'Elysée. Tous ces cadres qui n'ont de cesse
    de travailler plus et de plus en plus loin du domicile conjugal
    se retrouvent coincés, un soir après l'turbin avec leur quatre fois quatre diesel "Adventura",
     aux pieds d'un massif bio provençal. Y'a qu'en France qu'on voit ça.
    Les chboubas sont très colèreux. Ils ont découvert le coin lors
    d'un pique-nique Mac Do en été et voilà qu'à l'approche de l'hiver
    la réalité leur saute sur le pare-brise. Adieu géraniums, veaux, vaches, cochons d'payants.
    Mais que fait la DDE, ces fainéants qui se planquent derrière un tas de sel ?
    En jouant dans la neige avec les chiens ce soir, je pensais à ces cassianites qui
    se trouvaient être les défricheurs de la Sainte Baume. Ce sont eux qui balisèrent quelques sentiers et permirent aux premiers pèlerins d'accéder à ce haut lieu de la chrétienté. Dans la confusion chronologique qui préside à la légende magdaléenne, on ne s'étonne pas de trouver cette affirmation sous la plume des hagiographes:
    "Jusqu'à Saint Cassien, la grotte avait été inaccessible, et les pieux pèlerins, après avoir pénétré dans la forêt, devaient se contenter de s'agenouiller sur la mousse, de contempler, les yeux baignés de pleurs, l'orifice mystérieux de la Sainte Baume, d'y faire monter leurs soupirs et leurs voeux, et de baiser par dévotion la base des rochers. C'est Saint cassien qui, pressentant la possibilité d'y pénétrer, ordonna à ses religieux de creuser le granit (calcaire), et, à force d'arceaux et de murs, d'obtenir un sentier jusqu'à la grotte." (Valuy *) 
    Les nouveaux "pèlerins" sont pressés de regarder les Guignols de l'info sur Canal Plus.
     
    * In "Marie Madeleine en Provence" de Jean-Paul Clébert 

  • Le tour du je

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    Le mardi ce n'est plus ravioli mais le jour du je.
    Celui des brumes du non-dit. Mesdames et messieurs,
    cela fait juste un peu plus de deux années que j'arpente ce clavier
    en votre compagnie. Je suis un peu fâché avec les dates en général,
    les anniversaires en particulier. Et, grâce au ciel, avec la modestie.
    Tambourin, annonce la bonne nouvelle puis va te coucher! 
    A la longue, cela tourne un brin à la conversation villageoise. 
    Arrêtons-nous un instant à quai avec ce train de mots.
    Au départ, j'étais venu par ici pour pleurnicher un peu comme tout le monde.
    Je venais de recevoir un coup de casserole sur la tête. Plusieurs devrais-je écrire.
    Je suis donc venu m'épancher sur ce balcon, costumé en noir.
    Un deuil, puis deux, un cancer, une alerte rouge plus tard je me surprend à sourire
    comme si je venais de rejoindre la cour de récré.
    Chaque jour, je me contente de regarder par la fenêtre
    puis je me plonge entre ces paragraphes d'inégale longueur,
    dans ces silences que vous respectez.
    Je suis venu avec ma chienne Perle pour me donner un peu plus de courage.
    Pour dominer des émotions qui, si elles crevaient à la manière de l'orage, détruiraient
    le fragile échafaudage de la confiance. Je vous ai montré la montagne de Marie Madeleine
    sous toutes ses coutures. Fait partager quelques voyages. 
    Vous avez emprunté cette passerelle jetée par dessus les abîmes de politesse,
    d'indifférence, d'égoïsme qui, en société, séparent les individus. 
    Je le dis tout net, le voyage en valait la chandelle.
    J'ai découvert des personnes généreuses, attentives, éxubérantes, drôles.
    Cultivées, fraternelles. Des passagers clandestins aussi.
    La confession va son bonhomme de chemin avec ses retours en arrière,
    ses ruptures, son faux négligé, quelques observations et des disparus.
    Le train va repartir.
    S'impose alors la phrase du poète Yves Bonnefoy:
    "Il n'y a plus de passé dans ce moment qui s'achève."
    La compagnie Blog-trotter vous souhaite une bonne continuation.
    Tchu, tchu... 
     
     
     

  • L'éveilleur a eu 101 ans aujourd'hui

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    Albert et Lucile embarqués sur le même bateau 

    Quand il regarde Lucile (20 mois) son arrière petite fille, Albert nous explique pourquoi "la mort n'est pas désirable, que le mal c'est l'immobilité, l'impatience, ce désir d'arrêter le temps. Le mal, c'est aussi vouloir mener notre vie et rien que la nôtre, branche toute seule qui s'extrait du paysage, qui fait chambre à part ou chambre close, qui refuse d'accueillir l'oiseau ou son nid." Albert c'est un arbre qui a encaissé tous les coups de vent de l'Histoire depuis 1906. Prodigieux témoin de tant de guerres et acteur de "cette combustion que nous appelons la vie." Une sentinelle avancée, un résistant qui est passé de la chandelle à l'électricité. Du cheval à la voiture. Du pain de glace au frigo. De la bassine à la salle de bains. 

    Il ventait fort aujourd'hui. Satané Mistral. Albert se tient droit avec sa canne. Il est toujours élégant, attentif aux autres malgré sa cécité : "Lutter est un jeu, tout comme vivre. Et mourir, c'est encore un jeu, ce n'est pas moi qui le dit mais une femme écrivain dont j'ai oublié le nom." Papy birthday.

     

  • Norman Mailer, écrivain singulier et pluriel

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    Stupeur hier soir sur le plateau de la Starac. Yaëlle se faisait virer tandis que Noémie était sauvée.
    Peu de temps après ce vote hystérique franco-français, l'écrivain et journaliste américain était rappelé par Dieu à l'hôpital Mount  Sinaï, ayant dépassé son quota de péchés. D'une insuffisance rénale d'après les médecins. 
     
    Norman Mailer était un bon provocateur, iconoclaste et souvent courageux. Exemple: il s'affirmait volontiers anti-féministe quand le féminisme lui cassait les burnes. Physiquement petit, l'air belliqueux de rigueur, il pratiquait la boxe puisqu'il avait fait son apprentissage d'homme dans les rues de Brooklyn en pleine crise de 1929. C'est pour cette raison que tous ceux qui l'ont rencontré ont toujours été frappé...par son regard perçant et ses yeux (bleus) toujours à l'affût. Un regard pour esprit vif et brouillon à la fois. A la manière de Dos Passos, il passera au peigne fin les névroses de l'Amérique avec un zeste d'analyse marxiste glissé dans son stylo plume. Norman Mailer parlait et pensait très vite: "George W. Bush est le pire président que j'ai vu". Beaucoup de gens détestaient cet ancien combattant de la seconde guerre mondiale (Pacifique sud) en raison de ses bravades et de ses propos d'inquiet. Son éditeur, Yvan Nabokoff estime qu' "il était en fait une espèce d'anar' mais un anar' qui croyait aux valeurs de l'Amérique et à l'affrontement du bien et du mal."
    Depuis de nombreuses années, il souffrait de problèmes d'arthrose et marchait avec des cannes, refusant d'être opéré. En rigolant, il disait que c'était Dieu qui le punissait pour tous ses péchés. Il laisse une trentaine de livres écrits à la diable. Avec «Oswald», il consacre 750 pages à démontrer que Lee Harvey Oswald a bel et bien tué Kennedy. Dans «Marilyn» et «L'Evangile selon le fils», il parle de Marilyn Monroe et de Jésus à la première personne du singulier. A 25 ans, il a connu un succès universel avec «Les nus et les morts» qui racontait son expérience de la guerre mondiale, juste avant d'entrer à la Sorbonne. Son œuvre, de facture inégale, restera marquée par l'humour et un réalisme prompt à démasquer les pathologies de la société us et, au-delà, occidentale. Touche à tout, il fera même l'acteur notamment pour Godard ("King lear"). Biographe (Portrait de Picasso en jeune homme), réalisateur (Les vrais durs ne dansent pas), homme à femmes ("Le prisonnier du sexe"), chevalier de la Légion d'Honneur et Commandeur des Arts et des Lettres (Merci la France). Il avait 84 ans. Zoubi, vieux bourru.
     
    NB: J'ai eu la chance de vivre plusieurs soirées mémorables en la compagnie de ce désespéré et celle de Samuel Fuller. En 1981, pour la sortie du film de Milos Forman "Ragtime" et surtout en 1988, à NY, pour "Le combat du siècle". Nous avons parlé de Mohamed Ali, des femmes, de la politique en France, des vins et de ma Bourgogne natale. (Pas une seconde du dégoût des autres. Spéciale dédicace à Patricia-M)
     
     
    Son oeuvre 
    • (1948) The Naked and the Dead (Les nus et les morts)
    • (1951) "Rivages de la barbarie"
    • (1955) The Deer Park (Le parc aux cerfs)
    • (1956) The White Negro: Superficial Reflections on the Hipster
    • (1959) Advertisements for Myself (Publicités pour moi-même)
    • (1966) An American Dream (Un rêve américain)
    • (1967) Why Are We in Vietnam? (Pourquoi sommes-nous au Vietnam ?)
    • (1968) Armies of the Night (Les Armées de la nuit)
    • (1968) Miami and the Siege of Chicago
    • (1970) Of a Fire on the Moon (Bivouac sur la lune)
    • (1971) The Prisoner of Sex (Prisonnier du sexe)
    • (1974) "Un caillou au paradis et autres nouvelles"
    • (1979) The Executioner's Song (le chant du bourreau)
    • (1982) "Mémoires imaginaires de Marilyn Monroe"
    • (1983) Ancient Evenings (Nuit des temps)
    • (1984) Tough Guys Don't Dance (Les vrais durs ne dansent pas)
    • (1988) "Le combat du siècle"
    • (1992) Harlot's Ghost (Harlot et son fantôme)
    • (1995] "Oswald. Un mystère américain"
    • (1998) "L'évangile selon le fils"
    • (1999) "L’Amérique. Essais, reportages, ruminations"
    • (2003) "Pourquoi sommes-nous en guerre ?"
    • (2004) "Portrait de Picasso en jeune homme"
    • (2007) "Un Chateau en forêt" (Wikipedia)
     

  • L'actu en images

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  • Les chevaliers de la table rase

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    Elle m'avait dit: "Je suis venue ici pour la barre".
    Comprenez le massif montagneux qui s'étire
    sur une bonne douzaine de kilomètres. 
    C'est un lieu qui invite à penser, seul.
    Montaigne faisait de la liberté
    un synonyme de la solitude.
    Devant cette montagne, il n'est pas utile de dire nous.
    On la tutoie d'un cil. On lui dit Je,
    à l'oreille. 
    Nul besoin de brailler,
    la Sainte Baume n'est pas le royaume des aveugles.
    Ce que ne dit pas l'évangile selon Marie Madeleine
    la pierre sainte l'inscrit dans nos mémoires
    d'ermites.
    Elle nous fait chevaliers de la table rase.
    Du passé faisons...
    Retenons quand même la phénoménoligie dialectique (Hegel)
    ou bien la transcendantale (Hussler/Levinas), puis l'existentielle
    (Il y a du beau linge et des bavoirs).
    A pas feutrés, loin de l'ultra moderne solitude des villes.
    Je suis tombé amoureux de cette barre.
    De ma solitude. 
    En relisant "Chopinehauer" à l'apéro.
     
    "Mon corps s'ouvre au monde,
    tel qu'il est en soi. 
     d'une part comme représentation dans la connaissance phénoménale,
    comme objet parmi d'autres objets et comme soumis à leur loi ;
    et d'autre part, en même temps, comme ce principe immédiatement connu de chacun,
    que désigne le mot Volonté"
    (Le Monde comme volonté et comme représentation, livre II).
     
    La montagne comme volonté et comme représentation, livre en cours.
    (sourire de corniaud devant une culotte glacière)
     

  • Alabama song

    Alabama is the state song of Alabama composed by Edna Gockel-Gussen and adopted in 1931.

    The "Alabama Song" (also known as "Whiskey Bar") was originally published in Bertold Brecht's Hauspostille (1927). It was set to music by Kurt Weill for the 1927 "Songspiel" Mahagonny and used again in Weill's and Brecht's 1930 opera Rise and fall of the city of Mahagonny. In the latter, it is performed by the character Jenny and her fellow prostitutes in the first act. Musically it contains elements of foxtrot, blues and advanced soprano coloraturas, sung by Jenny.

    The lyrics are attributed to Bertold Brecht, but they were probably actually written by Elisabeth Hauptmann. The lyrics for the "Alabama Song" are in English (albeit specifically idiosyncratic English) and are performed in that language even when the opera is performed in its original German.

     

     

    Alabama, Alabama,
    We will aye be true to thee,
    From thy Southern shore where groweth,
    By the sea thine orange tree.
    To thy Northern vale where floweth
    Deep and blue thy Tennessee.
    Alabama, Alabama
    We will aye be true to thee!

     

    Broad the Stream whose name thou bearest;
    Grand thy Bigbee rolls along;
    Fair thy Coosa-Tallapoosa
    Bold thy Warrior, dark and strong.
    Goodlier than the land that Moses
    Climbed lone Nebo's Mount to see
    Alabama, Alabama,
    We will aye be true to thee!

     

    From thy prairies broad and fertile,
    Where thy snow-white cotton shines.
    To the hills where coal and iron
    Hide in thy exhaustless mines.
    Strong-armed miners--sturdy farmers:
    Loyal hearts what'er we be.
    Alabama, Alabama,
    We will aye be true to thee!

     

    From the quarries where the marble
    White as that of Paros gleams
    Waiting till thy sculptor's chisel,
    Wake to like thy poet's dream;
    For not only wealth of nature,
    Wealth of mind hast thou to fee.
    Alabama, Alabama,
    We will aye be true to thee!

     

    Where the perfumed south-wind whispers,
    Thy magnolia groves among,
    Softer than a mother's kisses
    Sweeter than a mother's song;
    Where the golden jasmine trailing,
    Woos the treasure-laden bee,
    Alabama, Alabama,
    We will aye be true to thee!

     

    Brave and pure thy men and women,
    Better this than corn and wine,
    Make us worthy, God in Heaven,
    Of this goodly land of Thine;
    Hearts as open as our doorways,
    Liberal hands and spirits free,
    Alabama, Alabama,
    We will aye be true to thee!

     

    Little, little, can I give thee,
    Alabama, mother mine;
    But that little--hand, brain, spirit,
    All I have and am are thine.
    Take, O take the gift and giver.
    Take and serve thyself with me,
    Alabama, Alabama,
    I will aye be true to thee.
     
    Sources Whiskiespedia 
     
     
  • Pier Paolo Pasolini l'inclassable

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    Dans la nuit du premier au deux novembre 1975,
    Pier Paolo Pasolini était assassiné par un ragazzo
    sur la plage d'Ostie près de Rome.
    (Ici en conversation avec La Magnani)
     
    "Que vienne Hitler, et la bourgeoisie est heureuse.
    Elle meurt, suppliciée, de sa propre main.
    Elle expie sous la main du Héros qu'elle s'est donné, ses propres fautes.
    De quoi parlent les jeunes gens de 1968 - avec leur
    chevelure hirsute et leurs vêtements édouardiens, de goût
    vaguement militaire, et qui cachent des membres aussi déshérités que le mien,
    sinon de littérature et de peinture?
    Et que signifie ceci, sinon évoquer du fin fond de la petite bourgeoisie le Dieu
    exterminateur, pour qu'il la frappe encore une fois
    pour des fautes plus noires encore que celles qui ont mûri en 1938.
    Il n'y a que nous, bourgeois, pour savoir être des voyous,
    et ces jeunes extrémistes, dépassant Marx et s'habillant
    au marché aux Puces, ne font guère que hurler, ingénieurs et généraux,
    contre des ingénieurs et des généraux.
    C'est une guerre intestine.
    Si quelqu'un mourait vraiment de consomption,
    en habit de moujik, âgé de moins de seize ans,
    ce serait le seul peut-être à avoir raison.
    Les autres s'entre-dévorent."
    (Théorème) 
     
     

  • Loto/biographie

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    Le révolutionnaire ou le chrétien sont des passagers clandestins
    qui se dirigent vers le futur oubliant le présent
    par égard pour le passé 
    toujours prompt à s'immoler ou immoler,
    à refuser leur vie ou celle des autres
    en balançant leur autobiographie
    à la gueule de l'Autre
    comme seule
    valeur
    d'échange. 
     
    Ils s'envolent volontiers vers le royaume
    de Dieu afin de jouir de leur
    manière d'être, là où, pensent-ils, se tient
    l'inexistence de leur vie.
    Dans cette course vers le futur
    ils passent du rien au rien.
     
    Tout cela avec l'impression
    "de l'avoir déjà vécu".
     
    ("On apprend toujours des imbéciles
    égarés dans un drame" JLG)