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27.04.2008
Dans la tonte tout est bon
Accalmie dans le ciel bourguignon. Deux jours d'ensoleillement par an (depuis le réchauffement de la planète) et cela suffit pour voir pousser des tondeuses sur les pelouses burgondes bien plus grasses que les boeufs du Charolais. Humer de l'herbe fraîchement coupée, je l'ai déjà écrit par ici, cela me plonge à chaque printemps dans une extase bio-écolopratine. Si José bové passait par chez moi à ce moment là, je crois que j'irais jusqu'à lui offrir une bouteille de pommard...
Tondre, le cul bien posé sur mon tracteur "Roper", c'est devenu le rituel d'avril, l'occasion annuelle de "jouir sans entraves".
De penser, aussi, au trépidant ex-maire de Neuilly qui a inventé le starkosysme en détournant l'émotion intacte de l'objectif des caméras et des micros bien tendus mais pourtant déjà lassés de faire le trottoir entre République et Nation. Souvenez-vous : "On sait tout du boulevard des Filles du Calvaire mais on ignore tout du calvaire des filles du boulevard."
De repenser surtout à cet échange furtif avec un ami mécanicien devant la boulangerie de Montillot :
- Tu sais ce qui arrive à Fabrice ? (Mon garagiste Renault depuis trente ans).
Oui, je l'ai renconré il y a trois jours sous la pluie. Il promenait son labrador. J'ai failli ne pas le reconnaître...
- C'est intolérable ! Il a perdu vingt kilos. J'ai parlé à sa fille hier. En fait, ce n'est pas seulement un cancer du côlon. C'est tous les intestins. Bref un cancer généralisé.
Oui, c'est injuste. Quand je suis passé devant son garage, je comptais bien blaguer avec lui et lui laisser ma voiture. Et tout était fermé.
- Vous avez le même âge, non ?
Presque, il doit avoir un an de plus que moi... Je me souviens d'une virée avec lui dans son patelin, le sancerrois. C'était il y a vingt ans. Je souhaitais acheter un tracteur tondeuse plutôt puissant. Nous sommes partis en plein cagnard d'août vers la Loire. Arrivés chez le vendeur de tondeuses, j'ai écouté vaguement les explications du patron qui avait été son premier employeur. Puis nous sommes entrés dans un bureau étrange. Sous son fauteuil directorial, il y avait une trappe menant à la cave. Nous sommes descendus conclure l'affaire devant un tonneau de pouilly fumé. Température ambiante treize degrés. Nous sommes sortis de là avec le tracteur sur la remorque. Après avoir franchi la Loire à nouveau puis être entrés dans les sous-bois de la Puisaye, nous avons stoppé à l'entrée d'un chemin forestier. Je pense que nous avons dormi là trois ou quatre heures dans sa camionnette...
Ps: Perle me manque considérablement
21:47 Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : merry sur yonne
23.04.2008
Autun en emporte le temps
Le temple dit « de Janus », à l'extérieur des remparts de la ville d'Autun.
Cette photographie, prise avec mon téléphone portable, n'offre guère de détails sur cette mystérieuse construction posée au milieu des champs qui entourent la ville. Qu'est-ce donc que ce temple qui a été à attribué à la divinité romaine Janus? En vérité, je vous le dis mes frères z'et mes soeurs, les archéologues ignorent quelle divinité était vénérée en ce lieu. On peut lire ceci sur une plaque explicative près du temple: « Au nord-ouest de la ville antique, sur la rive droite de l'Arroux, se développait un quartier dont le seul vestige visible, le temple dit « de Janus » souligne la vocation cultuelle de la cité. […] La forme particulière de ce temple, dit fanum est de tradition gauloise quoique sa technique de construction, datable du 1er siècle de notre ère soit romaine. Le nom de Janus lui a été associé à tort au XVIe siècle par l'historien Pierre de Saint-Julien qui interprétera ainsi le nom du secteur où il s'élève : La Genetoye (l'endroit où poussent les genêts).
Il y a bien d'autres curiosités dans cette superbe cité : Un théatre romain pouvant contenir jusqu'à 20 000 personnes, le plus grand en capacité de la partie occidentale de l'Empire romain. Un lycée militaire conçu au 18ème siècle qui a compté parmi ses élèves un certain Napoléon Bonaparte et son frangin Joseph.
Ce week end, Autun va célébrer sa onzième "fête du livre" et proposer au public la plus grande librairie burgonde pendant deux jours. Mes hôtes, Jacqueline et Christian, font partie des organisateurs. Et depuis hier, ils ne me nourrissent que de belles choses à lire, à boire et à goûter: Lapin chasseur, fondue bourguignonne, soupe de courges et de poireaux, salades de fruits, jolie, jolie... avec un peu d'Aloxe Corton pour l'irrigation du palais. Au loin, de la fenêtre de ma chambre, j'aperçois le mont Beuvray (Bibracte) où Jules César rédigea en partie "La guerre des Gaules". Autun fut construite pour l'empereur Auguste, juste pour emmerder les z'éduens et monter aux autres tribus gauloies de quel bois se chauffait désormais toute la puissance romaine.
Le ciel, toujours nappé de gris, menace de me tomber sur la tête. Heureusement, la météo annonce le retour du soleil pour ce week end.
Fin de la seconde carte postale burgonde.
Ps: comme disait Oscar Wilde: "J'ai les goûts les plus simples qui soient. Je me contente toujours de ce qu'il y a de mieux".
19.04.2008
Elles sont passées par les Ardennes
21:59 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
17.04.2008
Carte postale
Le ciel s'affiche en gris depuis mon arrivée. Le paysage semble en souffrir. Il a les pieds dans l'eau depuis plus d'un mois. L'Yonne menace de sortir de son lit. Les paysans sont désespérés. Certes, les blés sont en herbe mais leurs chaussettes sont trempées. Les moniteurs s'emploient à nous dérider en nous obligeant à lire des pages de Derrida (merci Molly).
J'espère que par chez vous, tout va ben. J'veux dire là-bas dans l'eau d'là. Quand je pense qu'à la radio et pis même à la télé y disent que nous sommes en plein réchauffement de la planète, ben j'en doute. Je n'ai d'cesse d'entretenir l'feu dans la grande cheminée et dans la vieille cuisinière à bois: Une "Rosière". La Rolls dans le genre qui disait mon grand-père Alfred. J'me fais cuire des potées que j'dévore avec mon ami France qui fend du bois dans la remise. Ct' homme là, c't'un roc. Y vise le billot et hop, d'un coup d'un seul, y t'fend une bûche sans lui faire de procès. J'ai bien tenté de l'imiter mais j'préfère y r'noncer car je n'ai pas z'envie d'me r'trouver à l'hôpital d'Auxerre avec une patte en moins comme y disent les fermiers du voisinage.
Je ne me suis pas encore rendu dans mon cher Morvan tellement y pleut depuis mon arrrrrivée; c'est vous dire l'ambiance. J'ai r'trouvé mon accent morvandiau après deux ou trois jours seulement...Tu vois ben !
18:19 Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : les rochers du saussois
12.04.2008
Retour en Burgondie
Toit de lauzes de l'église romane de Metz-le-comte près de Clamecy (Photo Anne D)
Lapins, lapines,
Charles et moi-même, par la présente, avons la joie de vous annoncer que nous avons pris nos quartiers de printemps, depuis hier soir, en Bourgogne. Perle, demeurée en Provence, nous manque déjà.
N'étant pas reliés avec le monde moderne ni par téléphone ou par internet mais seulement avec la verte prairie (très humide en ce moment), il conviendra de faire preuve de patience pour espérer recevoir quelques nouvelles via les corbeaux voyageurs.
09.04.2008
Sauvons les bébés tibétains
Jadis, la poésie devait avoir pour but la "vérité pratique", "être faite pour tous", et filtrer dans ses cornues "l'alchimie du verbe" à destination du futur dont nous nous écartons à reculons, car le clapotage de l'actualité ne se conjugue qu'à l'impératif présent. Sur le net, c'est encore pire. Il y pleut des poètes de l'information et ceux-ci ne poussent que là où c'est mouillé, bien sûr. Le plus souvent, il s'agit de facteurs "cheval" costumés en Tintin au Tibet avec des rimes pour Mickey Maousse. Le panel me semble bien large. Il va du lectorat de "Télérama" à celui du "Figaro" jusqu'au docteur honoris causa des blagues de comptoir. Résumons, "Le Tibet est victime d'un génocide culturel et le gentil Dalaï Lama, un démocrate" Et les chinois dans tout ça ? "Des viets qui mangent des chiens". Je suggère à ces néophytes reclus dans leurs certitudes de s'instruire un peu sur la situation du peuple tibétain quand Dieu Lama était à la tête de cet "état" théocratique. En France, tout le monde est, pêle-mêle, entraineur des bleus, historien, journaliste, spécialiste des droits de l'homme, académicien du verbe et stratège en géopolitique. C'est devenu un lieu commun que de l'affirmer.
"Je est un autre": Un con, forcément. Moi-même personnellement, I, myself, je sais seulement où le bât blesse, dans cette sorte d'incompatibilité d'humeur (je m'y complais sans être dupe) avec l'époque qui pourrait donner à penser que la langue est pur et simple reflet de la politique. Ce n'est pas le cas. La politique est faite d'actes qu'accompagnent ou précèdent les mots.
20:03 Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : phoques, moines, you, me
07.04.2008
Chronique d'une idée tombée à l'eau
Se pose toujours la question de la poésie de l'instant, de la pensée qui picore dans les vallons, dans "l'autre monde" comme disait Baudelaire. Et puis et puis, le paysage rencontré est devenu de plus en plus beau. Originel.
05.04.2008
Sur le balcon du temps
14:37 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : massif de la sainte baume
04.04.2008
Liborius celebrate Kjartan
Join us on the date later to be confirmed in Liborius when we will celebrate the works of photographer par exellence KJARTAN and the launch of his internet website. Champagne, polaroids, naked people, black diamonds.
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Um leið og við minnumst fallinna meistara, Helmut Newton, Richard Avedon og Guy Bourdin, kynnum við með stolti rísandi stjörnu tískuljósmyndunar, KJARTAN Má Magnússon. Að námi loknu starfaði Kjartan sem aðstoðarmaður fjölmargra bestu ljósmyndara heims. Kjartan bjó lengi í Paris, Los Angeles og New York en býr nú á Íslandi.
Innan skamms verður þér boðið í partý þar sem verk Kjartans verða í hávegum höfð. Þá ætlum við að samgleðjast honum þegar hann opnar formlega nýja vefsíðu sína. Kampavín, poloraid-myndir, nakið fólk og svartir demantar!
03.04.2008
Revue de blogs
Plus les jours passent (vites) et plus le printemps tarde à se pointer. Est-il retenu prisonnier par les FARC dans une ANPE angevine couleur café ? C'est à se le demander à l'issue d'une promenade de blog en blog. L'heure ne s'affiche pas à la régalade. En France plus particulièrement. Baisse du pouvoir d'Aïcha dans les banlieues, frigos vides de sens, cadres supérieurs couverts de stress avant et après le saut à l'élastique, filles pleurant l'absence du père, souvenirs d'un itinéraire d'enfants pas gâtés parce que nés dans l'Est, panne d'inspiration pour gogos, concert de mal au dos sur divan pas terrible, conducteur de TGV mis à pied. Pire encore: Le travail est-il une fatalité? Bref, quand ça va mal, l'humaniste de base s'envole vers des causes lointaines à défendre pour soigner ses propres bleus à l'âme. Bonjour (la) tristesse.
Mais que fait Lautréamont qui osait écrire : "L'homme ne doit pas créer le malheur dans ses livres." ? La France numérique va mal. La France blogueuse a peur. Le plus souvent, cette complainte générale se termine par des chansons, un blues made in Roubaix ou Carcassonne. Mais que font les Blues Brothers? Vite un plan Marshall de rires et chansons ! Oncle Slam reviens, la France est un Grand Corps Malade!
Est-ce la faute à Voltaire si les cartésiens sont déprimés, si Paris s'éveille...humilié, martyrisé par le CAC 40. Non, mais bien celle de Chateaubriand : "On habite avec un coeur plein un monde vide; et sans avoir joui de rien, on est désabusé de tout."
Que faire? Le monde à venir ferait-il la part belle à l'appétit de pouvoir et à l'égoïsme des hommes nouveaux, "ces Barbares (bobos) de l'intérieur"? Faut-il encore "porter le deuil de ceux qui nous ont précédé" (Nerval) ? Stop ! Brisons la chaîne de l'effroi!
Pourquoi je parle de ça? M'en souviens plus...
Ah si, c'est parce que, bientôt, ma mère ne se souviendra plus du mien.
14:36 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : blogosphère, ennui














