« Mon sexe est il encore de gauche? | Page d'accueil | Prude de décoffrage »

19.05.2008

Gibet de sauvetage

338097588.jpg
Miss Ernestine Jane Geraldine Russel dans "Le banni" (The Outlaw)
 
L'histoire de ce film achevé en 1941 et tourné par le milliardaire Howard Hughes mérite que l'on s'y attarde. Le banni est un western qui révèla aux yeux du monde l'opulente poitrine d'une brune, alors mannequin, dans une scène où la dame se penchait tout bêtement (devant Billy the kid) en laissant deviner une partie de ses obus. N'oublions pas que la guerre faisait rage en Europe et que l'Amérique puritaine était davantage préoccupée à vendre des armes plutôt que ses charmes, jusqu'à l'attaque japonaise à Pearl harbor.
Le film est censuré parce que la caméra plonge trop souvent dans le balcon de Jane Russel. Hughes va s'acharner à défier le code Hayes et l'administration de la censure pendant plusieurs années en faisant de la pub journellement sur son film à la télévision et dans les magazines. Prenant un malin plaisir à montrer les plans censurés donc les lolos de l'actrice qui précisera dans un livre autobiographique: Le Banni n'est plus qu'un lointain souvenir mais jamais je ne réussirai à me débarrasser de l'étiquette que ce film me colla sur le dos. Je dois tout à Howard Hughes, c'est entendu. Il m'a donné gloire et fortune, mais la femme qu'il a fait de moi, ce n'est pas du tout ma personnalité, plutôt un phénomène de foire au sujet duquel courent les légendes les plus fantastiques.
806729719.jpg 
L'actrice, heureusement, ne finira pas sur la paille
 
Le film obtiendra son visa de sortie en 1946, et, depuis, il est entré dans la légende voire la postérité. Grâce aux seins de Jane ou à la censure? Non, à cause de la meute de voyeurs qui n'avaient de cesse de vociférer contre cette vision inspirée de l'enfer. Jane Russel connaîtra beaucoup de creux dans sa carrière jusqu'en 1953, date à laquelle le monde des gentlemen est invité à préférer les blondes. Dans ce film cette merveilleuse brune fera jeu égal (et poitrine égale) avec la blonde Marilyn Monroe. 
 
Mais les plus belles forteresses hollywoodiennes ont des oubliettes. Toujours élégante et discrète dans sa vie privée, loin du personnage de femme cynique et boudeuse dans lequel elle sera confinée, Jane connaîtra quelques drames sans jamais en faire part, sinon en 1985/88 dans son autobiographie. La chanteuse et actrice se fera avorter à dix-huit ans: Seule solution que j'avais en ce temps là, c'était de trouver un charlatan. J'ai eu un avortement clandestin terrifiant. Peu après, mon propre docteur m'a dit: Quel boucher t'a fait ça? J'ai dû être emmenée d'urgence à l'hôpital. J'étais tant déteriorée que j'en suis presque morte. Je n'ai jamais connu la douleur d'un accouchement. 
 
Elle adoptera, quelques années plus tard, deux enfants. Non sans avoir sombré, après son avortement, dans l'alcoolisme. Puis elle trouvera un peu de répis dans la religion et un engagement politique aux côtés des Republicains; elle participa activement à la compagne et à l'élection d'Eisenhower.   
 
Je me souviens de presque toutes toutes ses apparitions cinématographiques. C'est étrange non? Jeune homme, je fréquentais avec assiduité le Marcadet Palace et tous les cinémas du 18ème arrondissement de Paris. Et je ne manquais jamais les deux films de "La dernière séance", ni les explications autant ironiques qu'historiques de Monsieur Eddy*. Il y a des hommes qui préfèrent les blondes mais qui épousent seulement des brunes. 
 
*Généralement offertes au chanteur et acteur par le monsieur cinéma de FR3, à la voix si caractéristique, le génial Patrick Brion, véritable mémoire sans fond de l'âge d'or hollywoodien.
 
Ps: Il se peut que cette phrase récurrente "elle a des jambes à faire trembler Hollywood" soit inspirée de celles de Jane Russel et non pas de Cyd Charisse. 

Commentaires

Ben dis donc, c'est culture sans OGM aujourd'hui. Splendide la poulette.Pas mal le texte. Tu es marqué à vie par l'âge d'or d'Hollywood, toi. Moi, c'est le cinéma albanais. Chacun son truc. D'ailleurs, je te met au défi de me citer le nom d'une actrice albanaise à forte poitrine...

Ecrit par : Isolde | 19.05.2008

En ce temps là, j'aurai souhaité être son gilet de potence.

Ecrit par : Pierrot le fou | 19.05.2008

Sourires à vous deux.
Connais-tu, chère toi, Arta Dobroshi l'héroïne du dernier film des frères Dardenne? Tu vas entendre parler d'elle. Dans "le silence de Lorna". Bon, d'accord, elle est d'origine Kosovar, mais bon, albanaise quand même. Elle est très jolie. Par contre, je ne sais pas si elle est poitrinaire.

Bien trouvé PLF. J'en ferai un titre un jour. Tu auras remarqué que la nature sait parfois être généreuse en offrant à certaines dames un gilet pare-balles.

Ecrit par : Blog-trotter | 19.05.2008

ohhh!
1° belles photos!
2° belle brune
3° vive les brunes! (ca se suit..)
4° moi aussi suis nostalgique des films de la dernière scéances et de la voix chaude et rassurante d'Eddy..:(

Ecrit par : Lilie, pimprenelle aux yeux de biche effarouchée | 19.05.2008

En 1941 (je précise que je n'étais pas née) l'on ne distinguait pas les jambes des filles. Seulement leurs chevilles. Ce qui était considéré comme déjà érotique malgré les socquettes blanches très glamour. Les chemisiers étaient fermés jusqu'au dernier bouton ou bien par une broche. Tout ça pour dire combien cette "vison d'apocalypse" s'était attirée les foudres de la censure. Souvenons-nous qu'il aura fallu attendre la fin des années soixante pour découvrir des cuisses et des jambes de crevettes comme celle du mannequin nommé la "shrimp". Courrèges fuyons! (Je plaisante)
Je préfère comme vous cher BT, ces femmes aux formes voluptueuses et généreuses. Ava, Jane, Marilyn, Lana et tant d'autres. Je préfère l'élégance de cette époque, notamment celle d'un James Stewart aussi ou d'un Cary voire Gary. Chaque génération invente ses rêves et ses canons.

Ecrit par : Margot | 19.05.2008

Pimprenelle aux yeux de biche, tu as le look des années 40 et 50. Bref, tu es belle à croquer. Tu regardais "la dernière séance"? Diantre, tu n'avais pas l'âge autorisé. ;) Bisous doux.

Merci Margot pour ces précisions. James Stewart dans "the shop around the corner" représente pour moi l'image emblématique de l'élégance en ces temps là...Une Amérique chasse l'autre.

Ecrit par : BT alias bruno d'agen | 19.05.2008

Moi aussi j'ai regardé la derniere séance..sommes nous si vieux que ca...snif. C'était ca ou zorro le dimanche soir il me semble..

Ecrit par : jean yo des bois vieillis | 19.05.2008

Bonjour tout le monde. A Los Angeles, enfin sur Santa Monica ou Venice, je ne croise que des fausses blondes en débardeur, short ou jogging trop collants pour que je puisse écrire le mot élégance. Cette mégalopole me file le bourdon. Il y a une richesse le plus souvent vulgaire qui s'affiche partout et à quelques kilomètres de là, une pauvreté sans limite. Et beaucoup de boudins buldés. De gangs aussi. Il n'y a pas que Las Vegas qui soit parano.

Ecrit par : Pierrot le fou | 19.05.2008

Non Jean Yo, ce n'était pas le dimanche mais le mardi soir sur FR3. Réalisation: Gérard Jourd'hui que j'ai bien connu ;)

PLF, tu exagères, il y a aussi des drogués, des travestis, des unijambistes sur planche à roulettes, des chinois édentés, des coréens around the corner, des arméniens velus, des chicanos à gueules d'anges et j'en passe.

Ecrit par : BT le nettoyeur | 19.05.2008

Je trouve que les poitrines des femmes qui soutiennent la droite sont plus belles que celle des femmes de gauche.

Ecrit par : La trique Devedjian | 19.05.2008

Margot, je suis bien d'accord avec vous, un bon James Stewart au 4h, un Gary Cooper au dessert et ça repart!!! (Mars n'a rien inventé..)

BT: ou zétais tte petite et je remercie mon pôpa d'avoir autant pris soin de mes neurones naissants...

Devedjian: Djian comme Orel? Non ca colle pas pourtant.. Ou alors j'l'ai pas "pillée" celle là...

Ecrit par : Lilie, pimprenelle aux yeux de biche effarouchée | 20.05.2008

(j'aime beaucoup ce rappel au désordre)
Elle était donc gauchère ?

A moins que ce ne soit pou conserver la "bonne main" (comme on dit chez les gens de bien) pour des tâches moins futiles que le carton sur cible plus ou moins vivante.
(sourire)²

Ecrit par : le bateleur | 20.05.2008

http://it.youtube.com/watch?v=pWKRzmvBpQ4

Ecrit par : @Kiki of Marseille | 20.05.2008

Quand j'étais enfant, qu'est-ce que je les trouvais belles, moi, ces actrices pulpeuses aux yeux de braise!
Avec ma mère, nous étions en admiration et j'adorais ces moments bénis de complicité esthétique.

Ecrit par : nathalie | 20.05.2008

Bonne anniversaire MC. Je vais boire un verre de Santenay ce soir à votre santé. (Sourire burgond)

Ecrit par : Margot | 20.05.2008

Et dire que je ne pouvais pas regarder Bardot, Monroe ni autre Loren de l'époque. De la pornographie selon mon père barèse …à cause des seins sans doute.

Ecrit par : nina de zio peppino | 20.05.2008

Et si c'était tout simplement à cause de leur beauté, leur charisme reconnus mondialement, Nina ? Tu me diras, les généraux birmans refusent l'aide internationale parce qu'ils sont persuadés qu'on va les attaquer avec des couvertures et des sacs de riz...

Ecrit par : Pierrot le fou | 20.05.2008

Oui lilie, chaque communauté a son lot d'abrutis, Devedjian pour les arméniens.. Un autre niveau que notre Kasparov..
Et je soupire devant la généralité concernant les arméniens et leur pilosité.. les arméniennes elles, sont seulement grosses.

Ecrit par : jeunemante | 20.05.2008

la trique: je pensais, à tord, que ta provocation ne manquerai pas de déclencher de virulentes réactions, ben non.

Lilie, tu as eu de la chance d'avoir des parents communistes ;) (je n'ai sait rien en fait)
La trique c'est quelqu'un de mon entourage professionnel. Un politologue, il va de soi.;)

Luc, tu n'as pas la main froide, toi. Merci pour tes commentaires toujours bien inspirés.

Z'avez eu de la chance Nathalie. ^^
Je n'avais pas de complicité esthétique puisque j'allais le plus souvent seul au cinéma à une époque où mes copains roulaient des gamelles dès que la salle était plongée dans l'ombre. Dommage pour eux, ils ne se souviennent plus de ces grands classiques et aujourd'hui ils boivent pour oublier qu'ils n'ont pas de mémoire. ;)

Merci pour elle Margot. ;)

Ah Nina, Sophia Loren...Sans doute celle qui a bouleversé ma conception de la géométrie dans les spasmes.

PLF, tu ne mesure pas bien l'influence de Rome dans les consciences italiennes.

Jeunemante: tu aurais du faire Sciences po ;)

Ecrit par : BT | 21.05.2008

Ecrire un commentaire