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  • Par suite d'un arrêt de travail

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    Photos Jean Yo des Bois
     
    ...Et d'une grosse flemme passagère, je vous offre quelques vues parteilles de ces journées dans le BT land consacrées à la recherche du point G chez l'hirondelle et aux futures disparues de l'Yonne.
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    Je rappelle aux lapines et aux lapins qu'ils doivent me faire parvenir au plus vite un petit texte (sur papier mauve) relatant ces journées ainsi que quelques photos.
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     La gendarmerie locale s'est lancée à la recherche de la jeune mante, handicapée connue de ses services, qui a disparu lors du ramassage scolaire effectué vendredi dernier devant le collège Emile Louis d'Auxerre.
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    Lors de cet enlèvement, un témoin nommé Ben, n'écoutant que son courage, a bien tenté de secourir la prude jeune fille mais, encore sous le choc, il refuse de parler. Si quelqu'un trouve une gégène dans son grenier la gendarmerie est prête à fournir gratuitement le courant pour diligenter cette affaire rapidement.
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    La dénommée "Lilie la goulue", spécialiste des transports amoureux dans l'avallonais, aurait aperçu un autocar bourré de lapines qui se dirigeait vers le marché bio de Vézelay. Pour l'instant, cette piste n'a rien donné indique "L'Yonne Républicaine" dans son édition de lundi. 
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    La maréchaussée a également été informée de la tenue d'un pique-nique orgiaque sur les bords de la Cure rassemblant quelques lapines égarées en présence d'un gourou très connus pour ses sévices, aux cheveux plus que grisonnants et doté d'un bâton de berger aux dimensions jamais enregistrées sur le livre des records. (affaire à suivre)

  • Feu de la Saint-Jean

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    Le 21 juin sur les bords de l'Yonne.
     
    Nous étions plus de trois cents ce soir là, soirée de fête ancestrale et tacitement reconductible chaque année. Il y avait la famille Sautereau, tous les Argand, les Patureau, les Ragougneau, le tout nouveau maire. Il est né bien coiffé au château, monsieur de la Gravière. J'ai oublié son prénom et son titre de noblesse. Pas grave, il dirige avec son frère une compagnie de transports scolaires et de cars pour touristes. Il y avait aussi les descendants du Marquis de Breteuil. Des amis que j'apprécie beaucoup les de Breteuil...J'ai beaucoup d'estime pour les aristocrates en général. Pourquoi? Parce qu'ils ont tout perdu de leurs privilèges mais ils persistent à transmettre quelque chose que les américains nous envient et qui leur fait singulièrement défaut. Cherchez de quoi il s'agit et répondez moi si vous voulez gagner des millions.
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    Fête de la musique oblige, il y avait aussi un groupe qui a retenu toute mon attention et celle du public. Au début je me disais, tiens, ils tricottent vachement bien ces gaillards. Deux guitares rythmiques, une basse, un batteur fou, trois choristes et un chanteur qui nous balançait du U2, du Eurythmics, du Pink Floyd, du Balavoine (trois octaves au moins). Je me suis approché, j'étais d'abord amusé puis carrément scotché. Le groupe d'amis musiciens qui tue, forgé au balloche made in Burgondy profonde et dopé par les bravos, les vivas, les applaudissements nourris de la foule agricultrice (dans sa majorité silencieuse).
    Bernard Argand, mon vieux voisin complice est venu en éclaireur:
    - Alors, qu'est-ce t'en pense?
    Très très bons. Vraiment. Le guitariste surtout, celui qui ressemble à James Coburn.
    - T'as l'bon oeil, c'est un rosbeef de Londres!

    Et puis le chanteur demanda au public de lever le poing à tous ces sarkosistes pur porc. Soudain, il entama un Bloody sunday de derrière les fagots...
    Je n'en revenais pas. Puis Trust, dans la foulée : "Anti social" of course. Les ploucs étaient tous poings levés et scandaient du "anti social" à tout va. Même la haute noblesse s'y est mise sans omettre les cathos de droite comme de gauche (n'est-ce pas Anne!?). 
    J'ai rappellé mon indic.
    Dis-moi un peu Bernard, qui c'est le chanteur?
    - J'peux pas t'le dire, c'est secret défense. Tu vois ben.
    Allez, déconnes pas! Patron, reservez mon ami Argand!!
    Une fois la bouteille vidée il m'a balancé l'info.
    - C'gars là, il a pas la gueule de l'emploi,! C'est l'directeur général du Leclerc de Clamecy; ça t'en bouche un coin, hein, monsieur le journaliste qu'a tout vu!
    Pas seulement un coin Bernard, pas seulement... 

    Vers deux heures du matin, nous sommes rentrés avec France dans nos bras qui tangait devant la scène et qui nous répétait à chaque minute:

    Chui heureux, vous pouvez pas savoir comme chui heureux. Mon fifi, chui heureux, j'vous aime tous, pis cet orchestre aussi. Ah purée que chui heureux!!!

     
     

     
  • Rabbit center

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    Ce ne sont pas les lapins qui manquent dans la prairie fraîchement tondue du BT land.
    Jean-Yo des Bois, toujours de bonne humeur giboyeuse, est parvenu à immortaliser cette petite scène champêtre depuis la fenêtre de sa chambre. Nous travaillons assis et d'arrache mauvaises herbes pour offrir aux rabbits Lilie, Jeune mante , Ben, Fiammi, Zaïra and co une pelouse en excellent état, un éclairage satisfaisant malgré les orages et une température tropicale au taux d'humidité had hoc.
    Il fait chaud à n'y pas croire...
     
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     Après quatre jours de labeurs, de bons et d'aloyaux services rendus à France et sa dream team de champions du lever de coude, ne reste plus qu'à se lancer à la poursuite du saumon sauvage dans la Cure (affluent de l'Yonne) pour satisfaire à la demande générale, surtout féminine. Voici donc, en exclusivité mondiale, quelques vues du Rabbit center.
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    Pour toi Lilie, cette photo qui me présente sous mon plus beau profil de dos en train de tailler une bavette avec quelques jeunes pousses de roses trémières (100% bios et allégées ;) Tu en veux des fleurs, tu en auras. 
    Lapins, lapines, nous serons prêts à vous accueillir dignement vendredi. Apprtez vos maillots de bains (une seule pièce) pour une descente de la Cure en canoé-kayak sous les deux ponts de Pierre-Perthuis entre le château de Vauban himself (notre illustre voisin) et Saint-Père sous Vézelay.
    http://www.chateau-bazoches.com/accueil.htm
     
    Plus que deux jours lapines, lapins...
    Ben tu fais bien attention aux petites, hein! Si jamais tu fais le kakou au volant, je te découperai en fines mamelles même en enfer!
    Reportage photo Jean-Yo des Bois
     
     

  • Apocalypse tranquille

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    Perle - J'aime notre négligence feinte, pas toi?
    Charles - J'en raffole.
    Perle - Nous sommes là dans le jardin, avec de l'herbe, des fleurs...On entend au loin le Salve Regina...Comme si nous étions dans une nature peinte, avec mille odeurs, une suavité des odeurs. "Les parfums, le son, les couleurs se répondent" comme chez Baudelaire.
    Charles - Oui. Nous sommes dans "Le vert paradis des amours enfantines..."
    Perle - Minute papillon, les gens vont penser que je te connais bibliquement. Je suis vierge, dois-je insister?
    Charles - Ne t'inquiète pas, je n'irai pas jusqu'au procès, il n'y a que nous deux et quelques oiseaux. 
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    Perle - Certes, mais tout de même. Tu sens ce souffle léger qui s'approche?
    Charles - Je dirai plutôt un vent léger... Dommage car le sol embaume de tous côtés.
    Perle - Tiens, voilà la factrice! Elle n'ose même pas descendre de sa voiture jaune.
    Charles - Elle n'est pas payée pour se faire taquiner le mollet.
    Perle - Tu as raison. Ignorons-la. Elle ne fait que passer dans ce coin de pays qui est à la mesure de notre démesure. 
    Charles - Je croyais que nous étions au Paradis !? 
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    Perle - Bien sûr que oui puisque nous avons Spinoza comme voisin immédiat. Le rire, la joie, la joie redoublée, le repos de l'âme ont mauvaise réputation chez les mortels, tu le sais bien.
    Charles - Sans oublier cette épouvantable prédominance doloriste dont ils se sont affublés. Tu sais, je suis très admiratif de Dante.
    Perle - Je sais. Néanmoins, je te trouve très peu religieux. Je déconseille à toute personne de lire Dante sans avoir lu la Bible. Tout comme de lire Rimbaud sans avoir lu l'Evangile...
    Charles - Les gens préfèrent regarder la télévision ou se dissoudre dans la toile numérique. Affichent leur vide, leur revendication sexuelle comme s'il s'agissait d'un élevage de poussières et d'avantages acquis sous les feux de la rampe. Fesses lourdes de clichés, seins offerts avec l'écran plat dans le chariot.
    Perle - Ah l'échange fictif des corps sous l'étoffe presque toujours noire ou rouge, satinée et soyeuse, à la recherche du "paroxysme de l'orgasme", histoire d'accoucher dans la douleur des mots médiocres issus de ce gouffre d'intériorité qu'est la publicité répétitive de son moi. Rien de pudique, d'authentique dans cette absence de vie privée en promo à perpet. Charles, tu veux bien m'épouser en direct live ?
     

  • Rabbit connection (two)

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    Samuel, rabbitson et cinéaste de notre temps, bras séculier du BT gang, donnant le biberon (vers une heure du matin) à sa huitième merveille de l'univers. Absent de la garden rabbit party because il s'envole le 30 juin pour un tour du monde en 80 vidéos "positive attitude" pour Arte. Tu vas te (nous) régaler, lapin adoré. J'en suis très très heureux pour toi.
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    Johann, my son, et sa délicieuse Elin, seront présents à la garden rabbit party. Bisous d'amour mes chéris. (Plus qu'une semaine)
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    Zaira, Fiammi and me. Trio infernal et complémentaire.
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    Molly, (et son mari Léopold), les véritables z'intellectuels de la BT nostra, absents pour cause de Ramadan ;)
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    Shutterlag, alias Josf Ladik, "Maître des noms", absent (ainsi que madame) pour cause de Kippour. 
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    Yann G., apiculteur, dompteur de noir et blanc au repos. Absent pour cause de débarquement en Normandie.
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    Solène, rabbitdaughter, docteur en biologie, chargée du rajeunissement de mes neurones. Absente pour cause de débarquement en Normandie itou.  

  • Garden rabbit party (27,28,29 juin)

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    Jeune mante laïque au repos en son château des Carpates
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    Ben, bourreau des coeurs à marée basse photographié par son père Monsieur Spock
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    Lilie, douce impératrice sévillane et surveillante en chef de la Rabbit attitude.
     
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    France, osthéopathe du poumon à la retraite, Obélix burgond et gardien du BT rabbit temple.
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    Fiammetta, al timone de la sinistra italiana et architecte de la joie de vivre des rabbits
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    Jean-Yo des Bois, Chef cuisinier et fin gastronome de la Rabbit connection (à suivre)
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    Anne (et Aglaée) distributrice de corrections aux athées et de croquettes surgelées aux vieux matoux
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    L'enkilté d'Edinburgh, absent pour cause de construction de bulding, alias Pierrot le fou. 
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    Eugène, jardinier émérite causa du BT land, compagnon essentiel des bons comme des mauvais jours 

  • Le cumulard-nimbus

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    Cumulo-nimbus cajolé par l'objectif de Jean-Yo des bois
     
    Les mots comme les nuages ont un destin identique. Ils s'assemblent puis se désagrègent parfois en quelques secondes.
    Ils sont, à l'instar de la vieillesse, à cet âge où la maladie et la santé permutent, se  confondent. 

    Cyniquement interchangeables s'il s'agit d'une maladie mentale. Tout à l'image de ces "Bien-portants imaginaires" bien installés dans la condition humaine en général. Que penser de ces cumulards-nimbus qui n'entrent plus dans aucune structure?

    Constitués d'insaisissables particules élémentaires, ils se noient dans la querelle d'une grande étendue d'eau, naviguant entre deux molécules (le Bien et le Mal) pour savoir quelle est celle qui finira par s'évaporer. Ils suppurent de la matière morte et à un autre moment s'éteignent dans la "pureté" de l'inorganique, de l'inanimé. 

    "Quand le signe est la chose, dit Magris, le moi perd tout pouvoir d'organisation du réel, parce qu'il ne peut plus se servir des signes et se lacère."

    Dans cette dispersion, c'est sa personnalité même qui se brise. La statistique webienne offre à lire des faims de Moi difficiles. Souvent le sujet s'offre une vitrine numérique et se lance dans une "blogothérapie" de derrière les cloisons de verre plus ou moins transparentes. Dans une langue paralysée car les mots ne franchissent pas "réellement" l'écran mais restent collés au palais comme de la gomme. Le cumulard-nimbus aime les courants thermiques contraires et violents. Il se les fabrique avec obstination.

    Il confond perception objective et projection subjective et développe son discours sur cette frange crépusculaire de la conscience où prévalent tyranniquement les mécanismes enrayés de la pensée, de la condensation mythique du moi et son déplacement au centre du ciel. 

  • Page turner (2)

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    En sortant de chez Colette, magasin célèbre de Paris branchouille (Photo Shutterlag)
     
    Ecriture et photographie relèvent pour moi d'un même processus: exprimer une vision du monde dont on est parfois prisonnier, parfois acteur.
    J'ai d'autres activités sous d'autres identités, pas pour me cacher, mais pour ne pas mélanger les genres.
    L'identité est en quelque sorte au coeur de mon travail, en tout cas c'est un des thèmes du roman.
    Il y en a d'autres moins accessibles, c'est le cas de la structure, qu'elle soit visuelle (perspective, angles, courbes) ou narrative (rebondissements, mises en abîmes). A cet égard, J.L. Borges reste pour moi la référence (Cortazar et son Marelle également, bien sûr, mais aussi Mark. Z. Danielewski, sur un mode plus ardu).
    Depuis l'agencement des particules élémentaires (y compris leurs avatars houellebecquiens) aux voies lactées, la structure est partout, elle nous dépasse, tout en nous constituant. C'est une évidence paradoxale. Comme beaucoup, j'ai sans doute été influencé et séduit par l'ouvrage de Douglas Hofstater, GEB, qui raisonne (en tous sens) avec cette thématique. Des mathématiciens s'intéressent à cela, certains ont flirté avec la maladie mentale (Gödel, Cantor). Darren Aronofsky a réalisé un film intéressant (Pi) sur cette obsession qui peut conduire à la folie et dont certains trouvent la solution dans le concept de divinité.
    Heureusement, d'autres "éléments de structure", comme les mouvements que font les jambes des filles sur le pavé, nous ramènent à des théorèmes sensibles.
    Le Maître des Noms est un thriller futuriste à clés et s'inscrit, d'un point de vue philosophique, dans un mouvement critique sur l'utilisation raisonnée des technologies de l'information (cf. séminaire pour une polémologie de l'esprit).
    Mais c'est avant tout un divertissement, un “page turner” avec de nombreux rebondissements, une écriture scénarisée, visuelle, fortement influencée par la culture cinématographique et le rythme des séries américaines.
    A mon sens, il est tout à fait possible de concilier divertissement de masse et réflexion (culture de masse?). Les thématiques pointues ne doivent pas être gardées dans des niches hermétiques, mais être portées par des registres accessibles à tous, comme celui du roman (ou du cinéma) d'action.
                                                                                                                                                                                                                                            Josef Ladik
     
     

  • Page turner

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    Photo Shutterlag
     
    "Il s’était placé derrière elle, de trois quart à l’endroit où elle n’avait aucune chance de le percevoir. Il n’avait plus aucun doute. Tout collait: les cheveux, la taille et cette manière élégante qu’elle avait de transférer son poids d’un pied à l’autre, en pliant légèrement ses genoux. Il regarda ses jambes et en apprécia le volume. Il prit une grande inspiration et huma son parfum. Il plongea sa main dans la poche de son pantalon et empauma le couteau. Il lui faudrait jeter le journal, puis se servir de ses deux mains pour déployer la lame. Trop long, trop compliqué." 
     
    Le Maître des noms" de Josef Ladik,  Passage de témoin (Chapitre 38)  First thriller 

  • 10 juin 1976

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    Dandy viking né à Aix-en-Provence 
     
    Viðeigandi afmæli minn ástvinur. Hann mig daður óður í veita athygli þinn andlit , óður í hann liggja upp að. 

  • Vigne vierge

     
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    La muse, quand elle daigne s'approcher, ne te commande pas d'écrire. Elle te dit :"Lève-toi et suis-moi, j'ai quelque chose à te montrer. Regarde !...Attendre, désirer, ne sont-ils pas des grâces en soi ? Être simplement cet instrument dont jouent tour à tour le vent, le soleil et l'ombre ? " Annie Dillard

  • Embuscade (bis repetita)

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    Il y a longtemps, il décida d'abandonner sa tenue de ville.
    Il opta pour le besoin de se dégourdir les pattes.

    Presque toujours aux aguets, il observa quotidiennement le chevreuil et sa croupe sombre surgissant de la futaie. Sans doute la faim l'avait fait sortir de son abri et musarder en bordure du champ de luzernes en fleur.
    L'animal gracieux, sauvagement distingué, était empêtré dans les piquants d'un massif de genévriers. Après quelques tentatives prudentes un ultime saut sembla le lancer dans le ciel. 

    Il songea au temps où il était l'esclave docile des misères de la ville. Celui de sa vigilance entremêlée à celle des autres. Paraphrasant les éternels transformistes du "changer la vie", il se réveilla un matin "attentif autrement", avide de ciel, d'herbes et d'odeurs saisonnières jusqu'à s'en lêcher les babines.

    Elle préféra lui offrir son plus beau profil teinté d'un mépris godardien. Contesta son rôle de premier de cordée durant les chasses matinales en forme de cercles piègeux. Lui délaissant les grandes boucles pour les plus courtes, elle demeura en embuscade. Tous deux étaient reliés par une insondable, une secrète appartenance à l'univers naturel. Quand leur chasse cessa, elle pensa à Colette, écrivain de la solitude et des volubilis, "auteur de livres organiques", qui fut pourtant rate de music-hall, académichienne, danseuse exotique et plus encore...

     
  • Clou du spectacle

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    Un jour, Christine Angot rencontra Martin, maréchal-ferrant.
     
    Martin, un jour je serai écrivain. Un jour, je serai grande et je t'épouserai. Martin, j'imagine tes grosses pognes me caresser. Je voudrais que tu me montes comme un âne. Comme Sandrine Kimberlain, à plat ventre, qui se fait sodomiser. Martin, il y a des problèmes en France: l'inceste, l'homosexualité, des Lolita de caves. Je ne peux pas me permettre de réaliser mes désirs. Pourtant, je voudrais tant que tu me prennes dans une cabine d'essayage Prada. Martin, je te parle, merde !
     
    Martin: - Han, han ! 
     
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    Martin, j'aimerais tant que tu battes mes fesses quand elles sont encore chaudes. Que tu les sculptes avec ton dard à peine sorti du fourneau. Que tu graves tes initiales baby sur l'une d'elles. Martin forge-moi mes sens, manucure-moi le cerveau ! Lime-moi les lèvres. Martin, je ne te mentirai pas, je ne suis plus vierge. Tu sais Martin, la prostitution ça existe en France. Tu es mon moujik à moi Martin. Martin? MARTIN???
     
    Martin: - Honf, honf ! 
     
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    Martin, ferre-moi, gratte-moi, frappe-moi ! J'aime ton tablier de cuir, tes silences, ta respiration, ton odeur, tes méandres, ta pince, ton enclume, tes marteaux, tes coups de boutoir...
     
    Martin: - Bon d'accord, je vais te monter comme l'étalon de Lady Chatterley égaré dans une nouvelle de Tchekhov si ça peut te faire plaisir, et ce en conformité avec le mythe fin 19ème siècle des vagabonds libres et rebelles. Et quand tu seras devenue grande, nous nous en allerons sur une île des mers du Sud que nous achèterons à un prix avantageux, avec une préoccupation économique quasiment inconsciente qui révèlera les connotations petites bourgeoises de l'évasion mythique et qui sera complémentaire du dédain expéditif qui te suce le cerveau. Je me tiendrai droit comme un pic de la mirandole, excité et vulnérable, gonflé par ton flot de paroles et infatué des guillemets de tes romans, conforme à l'archétype du lettré ferrant et décadent et en même temps de l'intellectuel français plaintif pseudo progressiste. Allez-hop, maintenant écarte les cuisses, salope!
     

  • La musculature, c'est son destin

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    Rafael Nadal relanceur de marteau? (Photo AP)
     
    Il y a peu, j'écoutais le délicieux roumain Ilie Nastase répondre à des journalistes sur une radio périphérique. Il semblait regretter le tennis d'antan. Celui de ses amis Connors, Mc Enroe, Noah, Tiriac. Des gens qui avaient le sens du swing, bref du spectacle. En ce temps là, il était encore autorisé de rouspéter après l'arbitre, de lui envoyer des vertes et des pas mûres à la figure disait-il. Puis le numéro un mondial du début des années 70, (vainqueur de Roland Garros en 73, de l'US open un an plus tôt et d'une quantité invraisemblable de tournois) déclara tout de go : "Je trouve que les joueurs de tennis d'aujourd'hui n'ont pas la musculature adéquate mais plutôt celle des lanceurs de marteaux."
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     Ilie Nastase, roi du swing des fonds de courts
     
    La pratique du tennis allonge les muscles du bras expliqua notamment le roumain."Là, je me demande ce qu'ils avalent au petit déjeuner depuis qu'ils jouent, c'est à dire dès l'âge de quatre ans. Vous avez remarqué qu'ils prennent leur retraite à 25 ans? Ils ne s'amusent pas c'est évident. Nous, on aimait rigoler, faire les clowns hystériques...On buvait du vin, on fumait des trucs bizarres, on emmenait des filles - seulement après les défaites- dans les discothèques. On s'amusait. Le tennis, c'est un jeu, ne l'oublions pas."

    Je ne regarde plus les matchs de tennis et encore moins Roland Garros. L'ennui me gagne lors des affrontements entre ces damnés de la terre battue. En plus, il grognent, crient, barissent, se font des bras musclés d'honneur perdu. Se regardent toujours de travers ou ne se regardent pas. Bref, se haïssent. Ainsi Nadal qui affiche un regard de tueur parce qu'il semble penser que son adversaire est le castingman des films d'Almodovar et qu'il ne pourrai faire l'acteur que dans les Rambo productions. On dirait qu'il veut bouffer du viet, de l'afghan à toutes les sauces. Pourtant, un ami, fervent admirateur de Cocteau, me confiait lors de mon dernier séjour parisien que Nadal "était devenu l'icône des jeunes du Marais. Qu'ils rêvaient tous de son coup droit, de son revers à deux mains" si vous le voulez bien Rafael. Le "cannibale" de Roland Garros pourra, s'il le souhaite un jour, faire carrière dans le penis de table chez certains de ses aficionados du IIIème et IVème arrondissements de Paris.

  • L'élégance bouche cousue

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    Photo Jeanloup Sieff 
     
    Yves Henri Mathieu Donat-Saint-Laurent , 71 ans,
    est décédé le premier juin 2008.
    Il a toujours été le premier,
    Smoking, no smoking pour les dames?
    Lui a osé. 
    Un styliste, un révolutionnaire toujours en avance d'une révolution.
    "Les modes passent, le style est éternel" disait-il.
    Ne soyons pas bavards de compliments
    Il y a des magazines spécialisés pour ça.
    YSL mérite d'entrer au pantalon des femmes.