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  • Cher Docteur House

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    Hugh Laurie (DR)

    Cher Hugh, toutes mes amies ne jurent que par toi. Expriment des pensées humides devant leur petit ou grand écran plat. En plus, quand tu te met à boiter...c'est l'embarquement immédiat pour une cause humanitaire. Pense donc, un si grand corps malade qui soigne tout le monde sans distinction de races et de bêtises bourgeoises bohèmes !
    Imagines un peu le soir dès que tu apparais sur TFOne, elles ne mettent plus rien sous leur blouse en coton (ramassé par des noirs dans la chaleur du Sud faulknerien). Elles savent tout de toi : Que tu es anglais et que tu acceptes de prendre l'accent amerloque pour faire croire à tes clientes d'Outre-Atlantique que leurs vessies sont des lanternes magiques. Bref, il y a un mois, alors que je me trouvais dans ma maison de campagne en Burgondie (oui, je sais, tu connais bien les grands crus burgonds), je t'ai regardé un soir et j'ai beaucoup apprécié ce ton irrévérencieux, tes contre-pieds systémiques, tes dribbles dans la surface de réparation des bras cassés américains. J'ai surtout noté combien tes scénaristes et dialoguistes s'en donnaient à coeur joie. Ici, nos séries pataugent encore dans le conformisme et la semoule pour ménagères en maison de retraite. Un pays de grandes bouches, comme tu sais. Mais rien dans la culotte. Alors toi par contre, tu fais figure de sauveur cataclysmique de jupons sur l'échelle de Richter. Depuis l'arrivée de not'Président, les mecs veulent travailler plus (même la nuit) et de fait, ils niquent moins. Je connais même des féministes qui seraient prêtes à reprendre leur tablier et se mettre en cuisine pour tes beaux yeux bleus. Que dire des lesbiennes bobiques et khmers vertes qui avouent à leur réunion Amap qu'elles attendent la saison 4 avec l'impatience d'un paysan colombien bio devant une poussée de laitues estampillées commerce équitable. Comme le répète à l'envi mon poissonnier qui est un peu poète à seize heures: "Quand le docteur House passe à la télé, les moules sont en folie."

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    C'est bien simple, les françaises rêvent de passer sur ton billard. (DR)
     

    Mais quel est donc son secret? Le bon docteur House est un résistant. Il résiste au désir de dire non. Il dit toujours oui aux parents de l'enfant qui va peut-être mourir. Ne paie pas ses dettes donc il ne peut que nous enrichir. D'un épisode l'autre, il quitte volontiers les sentiers battus, explore le non dit, les méandres familiaux. Il gronde, grogne et enfin sauve. Mais il n'adhère pas aux raisonnements et préfère se perdre. Il sait comment renoncer à ce qu'il a de meilleur en lui. Il a le désir de ne pas avoir de désirs, ne baise pas beaucoup d'après ce qu'on m'a dit. Le docteur House pense tandis que ses collègues cherchent. Donc il trouve. C'est mister Hyde marchant avec une canne, droit au but. C'est pour toutes ces raisons que cet homme - qui ne croit ni en Dieu ni aux fantômes- est devenu l'acteur de séries-télé le plus bandant de la planète.

    " Si c'est moi qui marche devant moi, à quoi cela peut-il servir de me rattraper? " Le clone triste.

  • Des ratés dans la mondialisation

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    Adidas DR 
    Le numéro deux mondial des équipements sportifs, l'allemand Adidas, juge le niveau des salaires en Chine dorénavant trop élevé et va transférer une partie de sa production vers des pays encore plus compétitifs, estime son patron Herbert Hainer dans un entretien publié lundi.
    Les salaires, qui sont fixés par le gouvernement, sont progressivement devenus trop élevés en Chine, a déclaré Herbert Hainer à l'hebdomadaire Wirtschaftswoche de ce lundi. La part de la production de chaussures Adidas en Chine, qui représente pour l'instant la moitié de la production totale de chaussures du groupe bavarois, va reculer, prédit le patron.

    "Nous avons déjà ouvert une première usine en Inde. Des pays comme le Laos, le Cambodge et le Vietnam s'y ajoutent", a-t-il expliqué. "La production va également revenir dans les pays de l'ex-URSS...(AFP) 

    Première entorse dans la longue marche de la mondialisation. Les petits salaires chinois commencent à lever le doigt et à rêver d'un pouvoir d'achat un peu moins en rapport avec l'esclavagisme moderne. Voilà une information au goût sucré salé qui mérite toute notre attention. Les jeux ne sont pas encore faits. Mais la compétition (dans la course aux profits) fait rage et déménage vers d'autres rivages plus corvéables. Debouts les damnés de la terre...la Chine se réveille. (sourire jaune)

  • Mort d'un conteur

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    Le réalisateur et acteur Youssef Chahine 
     

    Le plus célèbre des cinéastes égyptiens, Youssef Chahine, est décédé cette nuit dans la banlieue du Caire à l'âge de 82 ans après avoir passé six semaines dans le coma à la suite d'une hémorragie cérébrale. 
    Sale jour pour s'en aller. Qui plus est un dimanche jour de fin de tour de France. La télévision égyptienne ne parle que des résultats de l'enquête consécutive à un accident local de Ferry. Et pourtant, l'Egypte vient de perdre son plus grand cinéaste. Ses films étaient autant de portes ouvertes sur les non-dits de la comédie humaine. Il dénonçait aussi d'un film l'autre l'universelle bêtise. Alors, pour ne pas mourir idiots, il serait bienvenu de (re)voir  "Le sixième jour" ou "Alexandrie pourquoi", par exemple...

    NB: "La bêtise n’est pas l’adversaire de l’intelligence, mais plutôt de l’intranquillité..."

     
  • Autour de midi

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    Elle est passée par là sans trop manger, sans trop parler juste pour nous sourire un peu.
    Jeune Mante est très belle a dit la tenancière de Maison rouge.
    Ben, si tu nous regardes...il faut que tu apprennes à peser ce regard minéral.

    Que tu comptes les jours au calendrier des almanachs.
    Que tu trottes dans la rosée de l'aube normande avec cette comtesse aux mains nues. 

    C'est une île entourée de silence aux froissements effangés qui avance dans les ornières de l'océan. Sa bouche n'a pas bougé d'un étage. L'amour a besoin de doutes pour circuler...(Sourire à vous deux)

     
  • De fil et en aiguillon (saison 3)

    Je remonte l'alphabet de l'esprit. Recherche depuis toujours l'erreur, celle qui neutralise la raison. Le mal est, à certains égards, dissimulé derrière le spirituel le plus profond car il mène la guerre la plus acharnée contre tout ce qui est Etre et il tendrait même à renverser ce qui fait le fonds de la création. De fil et en aiguillon. Apprenons sans relâche.

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     En France depuis quelques années (et pas seulement dans l'hexagone d'ailleurs) il pleut chez les éditeurs des livres qui vantent la transgression, l'infraction à un prétendu code social de la sexualité, alors que le code en vigueur est devenu désormais justement celui de la transgression. On évite, de la sorte, de se confronter à une véritable transgression morale : la violence envers les autres ou dirigée contre soi, l'exploitation, l'abus de pouvoir sur l'autre, la domination, la férocité à doses homéopathétiques. A la transgression - terme qui par lui-même semble irradier une fascinante suggestion - on demande une miraculeuse rédemption des conflits et des pulsions agressives, comme si la simple présence de la sexualité pouvait racheter mystiquement tout ce qu'elle touche y compris l'agressivité et la violence des mots.

    Ainsi, se développe nous explique Claudio Magris : "Une veine littéraire érotico-mystique, larmoyante et involontairement comique, qui célèbre la fureur orgiaque en tant que sanctification de l'existence, dans une Arcadie fangeuse et douloureuse identifiée avec le magma informe de la libido."

    Le fond de l'identité est un non-être, une inexistence; ce mystère rend la vie inexplicable, la fait glisser -comme le remarque Rilke à propos d'Ibsen - dans de sombres cavités intérieures, où elle palpite, mais en restant énigmatique et inaccessible. La totalité sociale est devenue insaisissable pour le regard du poète, qui pouvait naguère la comprendre, la démasquer ou la dénoncer: elle s'est désormais incarnée dans les profondeurs intérieures de l'individu, elle est devenue le fond insondable de sa vie, qu'il ne peut ni comprendre ni dominer. Ibsen a compris que, pour la peindre, l'artiste doit se placer en dehors de sa vie, renoncer à elle, la perdre.

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    "Dans cette représentation du monde réifié et de l'individu aliéné, qui en se rebellant contre l'esclavage s'y englue de plus en plus, Ibsen se concentre avec une acuité impitoyable sur le thème du pouvoir, qui constitue peut-être, sur les modes les plus divers, son thème central. La lutte pour le pouvoir se déroule à l'intérieur de la société, de la famille et de la passion amoureuse; elle implique un vainqueur qui abuse de son pouvoir et un vaincu qui cherche sa revanche; elle s'exprime dans le despotisme brutal ou dans le renoncement feint, elle choisit indifféremment comme terrain la place publique, l'intimité d'un salon, d'une terrasse ou les tortuosités d'un coeur. [...] Le pouvoir s'identifie avec l'essence de la vie, qui pour Ibsen comme pour Nietzsche est volonté de puissance. Mais pour Ibsen cette volonté de puissance, loin d'être la libre manifestation d'une expansion (reconstruction) vitale est une illusion, c'est peut-être la plus grande tromperie de la vie qui se retourne contre celui qui s'y abandonne, croyant s'affirmer et se détruisant au contraire, dans la démarche même par laquelle il se réifie en se vouant au mirage de la puissance qui l'absorbe et le consume."

    In "L'anneau de Clarisse" : Ibsen :la mégalomanie de la vie de Claudio Magris.

     

  • Jambes voyageuses

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    Dans le métro rebonds de fesses anonymes
    Tickets malaxés
    Les jambes s'observent dans l'amnésie de chaleurs nouvelles 
    Où sont tes yeux, j'y logerai les miens
    Le corps éveille un autre corps
    Une frottée de moeurs sexuelles se reflète dans la vitre
    Une pichenette sur un bouton et la porte s'ouvre vers d'autres jambes
    D'autres fugitives romances 
     

  • Un soleil de pierre

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    La jument de montagne prêta une courte attention à Martin lorsqu'il descendit de sa camionnette. Puis elle le laissa opérer sans broncher. Balayant de sa longue queue les évolutions des taons sous son ventre. Martin effectua pendant une heure tous les gestes rituels autour d'Illiade, comme tous les mois. Une sorte de chorégraphie dans l'air bleu, cousue main. Le maréchal-ferrant débuta le travail par le pied arrière gauche. Quand les fers passèrent au rouge dans le four portatif, Martin en avait terminé avec le curetage des sabots. Limant une dernière fois la surface des quatre ongles. Quand la fumée blanche l'envelloppa , Illiade songea aux pierres des sentiers, à l'herbe sèche des fossés, aux pousses de chardons dont elle avait déjà interrompu la croissance par habitude. Ciselant l'argile de ses pas, elle pensa aux orages d'août, aux empreintes du temps qu'elle avait déjà imprimées sur la façade calcaire de la Sainte Baume. Martin acheva de parer le dernier sabot dans un nuage de souvenirs lancés au galop. Il se redressa et chercha des yeux ceux de la jument. Illiade était déjà dans les sentiers de la hêtraie. Bien à l'abri du soleil provençal, ce piège. Du sommet de la montagne lui parvenait le cri de l'aigle en bataille territoriale avec un grand corbeau. Elle assista au combat aérien puis tendit l'oreille lorsque le tam-tam des pierres commença. Le jour tombait doucement. Pas la moindre promesse de pluie à l'horizon. A l'image de ce vieux chêne qui lui procurait de l'ombre depuis sa naissance, elle admit qu'un matin d'automne Martin allait lui murmurer aux oreilles cet ultime conseil : Le temps est venu pour toi de mettre genoux à terre...
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  • Contrôlé positif à l'apéro

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    Riccardo Ricco (pas si frais dit) rime avec EPO
     

    Grosse tuile sur le Tour de France. Les magiciens de l'audimat voyaient en lui la nouvelle star de la grande boucle.
    C'était le nouveau Pantani. Le grimpeur qui devait rendre ses lacets de noblesse à la plus grande épreuve cycliste du monde. De fait, il avait jusqu'ici dominé de la tête et des jambes tous ses frères, forcément frères, ces forçats du pédalier. Les spécialistes prédisaient qu'il allait faire des étincelles dans les Alpes et peut-être porter le maillot jaune sur les Champs-Elysées. Ricco avait 14 ans lorsque l'affaire Festina (et Virenque) a ébranlé le monde des coureurs. Cet homme devait apporter un peu de piment dans la montagne. Damned, c'est râpé !

    "Mes valeurs sont hautes" avait pourtant déclaré Riccardo lors de sa première victoire à Super Besse. Il avait laissé sur place ses adversaires dans tous les grands cols. Son équipe Saunier Duval (une grande marque de chaudières, pas de mauvais jeux de mots svp) s'en est allée par la petite porte de la voiture-balai sous les sifflets du public. Qui aime bien châtie bien, n'est-il pas? 
    Comment faire pour doper le sport à haute dose d'éthique?  The show must go home.

  • Un après-midi avec Albert

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    Rien ne bouge que le temps à peine.
    Albert songe. Il aura 102 ans le 11 novembre prochain.
    J'ai passé une partie de l'après-midi de ce 16 juillet en sa compagnie.
    Dans une résidence médicalisée et plutôt moderne...sise à Nans les Pins (Var).
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    Nous avons discuté de l'augmentation du baril de pétrole pendant deux minutes.
    Albert est un moderne. Il y a cinq ou six ans il m'a demandé de l'aider à voguer sur le web.
    Il a perdu la vue, peu à peu, et m'a confié qu'il s'ennuyait beaucoup depuis qu'il n'y voyait presque plus.
    Il a enterré deux femmes. En général, c'est plutôt le contraire.
    Albert est du genre entrepreneur. Ingénieur en climatisation, puis patron aux idées progressistes. Un humaniste formé par la résistance. 
    Il est devenu peintre sur le tard. Céramiste aussi. Toujours attentif à toutes les avancées sociales et culturelles.
    Il lui arrive d'écouter les autres pensionnaires. Tous regardent passer des hommes et des femmes en exil intérieur. Ceux qui traînent derrière eux de gros crabes chargés d'ombre. Ils font de grands gestes résignés sur leur fauteuil roulant.
    Albert marche la tête haute dans le parc s'aidant de sa canne avec son compagnon de fin de route Monsieur Raffaelli. 
    Parfois, ils se posent sur un banc et ils parlent de tout et de rien. Donc des femmes.
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    Ils passent en revue leurs souvenirs d'hommes, de temps en temps.
    Monsieur Raffaelli se souvient de quelques lèvres mi-closes. De ses mains explorant des cuisses, des seins.
    La panique d'orge de quelques chevelures en ordre de bataille. 
    Pour la photo, Monsieur Raffaelli a enlevé ses Ray-Ban.
    Puis il a raccompagné Albert dans son studio.
    Je me suis retiré sur la pointe des pieds en observant leurs deux silhouettes. J'ai pensé à Laurel et Hardy.
    Dans la voiture, il y avait une chanson des NTM sur France Culture lorsque j'ai démarré. 
    C'est si peu dire que j'aime Albert. 

    (Pour Pierre, son petit fils)
       

     
  • L'ombre de paille

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    La jeune femme portait une robe rouge
    et semblait sans visage 
    Soudain elle décida de prendre le large.
    Naviguant parmi les épis qu'elle caressa bras tendus et paumes offertes.
    Une mer de paille se fendit en deux devant elle.
    C'était l'an dernier.
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    Une ombre flotte depuis sur les blés
    comme lancée à sa recherche
    parmi les parcimonieux bruits de source
    et quelques légers bruissement d'air chaud.
    Sa besace est remplie de mots d'amour
    usagés, rapiécés par le tandem des jours
    déposés avec tendresse
    en équilibre sur chaque épis
    dans la mesure des soleils. 

  • Avec le temps...

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    Quinze jours c'est un peu court, non ?
    Tu parles Charles, c'est le minimum acceptable.
    Il m'a embrassé avant de monter dans la voiture.
    Moi, il m'a portée dans ses bras.
    Tu crois que son avion a déjà décollé?
    Oui, depuis quatre minutes...
    Combien de temps il va voler?


    Trois heures, enfin un peu moins. Tout dépend des vents, s'ils sont contraires ou pas.
    Tu as déjà visité l'Islande ?
    Impossible, il n'acceptent pas les chiens des autres pays. Il y a une quarantaine obligatoire et je crois qu'elle dure 60 jours. Alors, hein, macache bonbon !


    J'aimerai bien y aller un jour. 
    Tu es fou, il n'y a pas de chiens dans les rues de la capitale. C'est interdit.
    Pourquoi?

    Je ne sais pas, c'est comme ça. Ils sont un peu phobiques du microbe les islandais.
    Quel genre de chiens ils ont là-haut?
    Des toutous venus du Groenland avec la queue en point d'interrogation et pis des chiens écossais qui ramassent les troupeaux de moutons.
    Ah oui, des chiens qui ne font que courir autour des troupeaux.
    Oui, c'est ça, des crétins programmés...


    Et il revient quand Johann ?
    Pas avant Noël.
    C'est loin ça ?
    Plutôt. 

     
  • Vigie piratée

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    Biographe de la rue, de la proximité, il observa longtemps l'envers du décors. Toujours du bon côté des barbelés, il chercha néanmoins midi à quatorze heures. Du haut de ses volutes consumées jusqu'au filtre d'amour, il n'avait de cesse de prendre le pouls du tohu-bohu. Des femmes escaladaient le lierre des façades, d'autres pendaient leurs jambes à son cou. Sentinelle avancée, il guetta jour après jour ce quelque chose qui devait produire en lui la décompression nécessaire pour le faire voguer sans risque parmi les vagues de passantes dans une nacelle des plus incertaines.

    Comme il les aimait ces gambettes porteuses d'espoirs, ces hauts et ces bas de soie qui prenaient chez lui des allures de repères pour naufragés volontaires au long cours du soir. Ce qu'il apprécia par dessus tout, c'était leur ultime ruse à arborer d'étranges pavillons de complaisances. Cela faisait un bail que la Méditerranée avait nargué ses amarres. Souvent femme avarie...lui disait pourtant le proverbial.

    Il aima chez ses compagnes de sillage, jamais déclarées à l'Urssaf, leurs chavirements, revirements, serments de mères à double foyers. Il accorda trop de circonstances exténuantes à ces élues qui prétendirent s'encanailler d'un trottoir l'autre, trop occupées à hisser sur leur détresse quelque couleur métaphysique, imitant la perdition des damnés pour faire diversion des appels montant à fond de cale et masquant leur propre dérilection, leur vie faisant eau de toute part. Autant de sirènes d'alarmes finalement trompées par un optimisme de commande au service d'équipages félons et incapables qui conduisent droit vers l'abîme.

    Un jour, du haut de son mat phosphorescent, il se vit en danger et s'enchaîna à sa propre érection.  

  • RAS

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    Ben, marathonien du sexe sous haute surveillance.
     
    Tout va bien. Il fait chaud en Provence.
    Jeune mante cache derrière ses verts yeux de longues moustaches
    et chie sur les mouches.
    Nicolas dope notre ego en réunissant bon nombre de dictateurs méditerranéens après avoir chié sur les grévistes et les syndicats.

    Le 14 juillet, nos braves soldats seront sommés de faire un salut (bras ?) d'honneur au despote syrien, pas toujours éclairé.
    Grands départs des juillettistes sur les autoroutes annonce le bison de moins en moins fûté.
    Les prix des péages privatisés ne cessent d'augmenter et le baril de pétrole aussi. Je parie qu'il n'y aura pas beaucoup d'embouteillages cet été. Rouler en voiture devient un luxe.
    Les fonctionnaires de l'Education Nationale fonctionnent au ralenti. Ils rèvent de changer leur vie et de lendemains qui chantent grâce à un facteur qui n'a rien de rimbaldien.
    Ségolène perd la boule et rève de se refaire une santé politique grâce à deux cambriolages. Un jour, elle tuera le ridicule. Les agresseurs du jeune français de confession juive sont nés en France. L'un d'eux est un militaire mais ce qu'il ne faut surtout pas dire : c'est qu'ils sont pour l'un d'entre eux noir et les autres d'origine arabe parce que cela va faire trop plaisir à Le Pen, ce nouveau détail.

    Le favori nouveau du Tour est arrivé; il s'appelle Ricardo Ricco (italien) et ses frères (de dopage) sont espagnols : Valverde, Duena Nevado. Un australien, Evans, se tient en embuscade. 

  • Pour satisfaire la demande

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    Pauline, Johann, Elin
     
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    Bains au "cartel Medelin" de Brignoles: Johann et Elin
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    Dégustations de grands crus bourguignons. Elin, Johann, Trausti...
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    Le Tholonet, route de Cézanne il y a trois jours. Trausti et son fils Oli regardent mon objectif.

  • Aux bonheurs de Johann

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    Mon fils a conservé un morceau de verre sous sa peau au milieu du front. Une cicatrice de marin de la Baltique au sommet du nez. Un surplus de peau sous l'oeil droit. Depuis une semaine, nous partageons un été sec, venteux, orchestré par les cigales. 
    Une sorte de bonheur exténuant entre les siestes. L'herbe craque parfois sous nos pieds. Nous avons croisé le regard de l'aigle à poitrail blanc-crème. Une valse d'hélicoptères. Communié avec les beaux silences de Trausti, son beau-père islandais. Observé le néolithique névralgique. Ces moments précieux où l'on rencontre le guerrier, le chasseur au repos, des mouches féroces et des éclaircies radieuses. Il ne lâche pas des yeux les pages de Dumas. Il aime ce comte de Monte-Cristo et je sais oh combien pourquoi. 
    Il n'y a eu qu'un seul orage et nous dormions.
    Pas une seule plainte à l'horizon et pourtant, il y a un hôpital qui s'invite parfois en la maisonnée.

    Je relis Mars de Fritz Zorn emporté par un cancer en 1974. Un jeune homme de trente ans déjà châtré par une vie puritaine ennuyeuse comme un dimanche en Suisse alémanique. Un ironique désespéré (pléonasme) qui ose cette phrase définitive: La chose la plus intelligente que j'aie jamais faite- sous entendu de ma vie- c'est d'attraper le cancer.

    Bobos bercés de crétininismes à la sauce Royale, nains de jardins jonchés de petites souffrances mijotant dans vos barbecues, je vous emmerde. 

  • Née sous X

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    Elle ne saura jamais que ses parents étaient radiologues
    Et sa sœur animatrice sur radio Œdipe
    Rencontra des dizaines d’étalons aiguilles
    Des briconautes du fast foutre
    Arpentant les parkings des grandes surfaces
    Toujours à la recherche du plan cul de poule
    Des spécialistes de l’ameublement du désert sentimental
    Elle collectionna les échecs au petit matin mat
    Afficha sur l’écran ses nuits blanches en lunettes noires
    Se cacha le petit doigt derrière les zouaves d’aujourd’hui
    Fée carabosse entichée de son moi brûlant
    Elle brilla par son absence d’humour
    Faisant resplendir chacune de ses apparences
    Donna son congé à la beauté
    S’empêtra dans les vices de forme
    Accéléra les cadences infernales
    Bronza idiote
    Péta plus haut que son style
    Pensa du haut de ses échasses
    Qu’elle avait tout d’une grande
     Incomprise par derrière.

  • Parfums séparés

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    Monica Vitti
     
    On croirait la mer ton souffle
    un long murmure
    un éclat rauque
    ne dis rien les mots te reviennent espace
    les yeux ouverts les yeux fermés 
    la lèvre est douce à la lèvre au silence
     
    Et sous mes doigts les pages se confondent. 

  • Adjugée

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    Photo Ben 

    Parfois, il convient de fermer les yeux pour mieux entendre le monde.
    Construire des phrases dotées de multiples recoins afin de saisir à pleines mains les complexités de l'existence.
    Trop d'images tuent l'image.
    La marquise sort. Il est cinq heures. Et bien soit. Improvisons. Sur son lit de  presque mort son mari vient de lui murmurer avec un sourire : Ce n'est rien. On a beaucoup exagéré cette histoire de dernier souffle...  
    On ne se lamente pas, on constate. 

    La bonne, habillée en Prada, extrait une larme de crocodile numérique de son sac LVMH. Deux anges la prenne en levrette, plutôt tendrement, sur la table Louis-Philippe du salon, puis se reboutonnent comme tout le monde et disparaissent. L'appartement transpire à grosses gouttes cet héritage chrétien qui a soigneusement oublié de transmettre la vérité crue du désir. Vous l'aurez cuite répondit l'écho en prenant soin d'empocher au passage les dividendes du désespoir de la marquise des anges. 

    Exilée des contenus depuis la révolution informatique, la marquise s'est réfugiée depuis longtemps dans la solitude désarmée du geste intime, dans le jeu combinatoire de l'expression, avec un plaisir insolent et anarchique. Cet après-midi là, elle alla se faire consoler chez son épicier arabe. Elle disait toujours : Je vais chez l'épicier sans jamais préciser arabe. Tunisien de Djerba en réalité. Chez lui, elle oubliait son épaisse trame d'arrogance stérile qu'elle réservait à la bonne. Le vieillard tunisien avait du style, une subtile faculté de n'exprimer que l'essentiel malgré sa syntaxe approximative:

    Tu viens te faire consoler madame!"

    - Oui. Mon mari est mort cet après-midi, le pauvre.

    Pourquoi tu dis le pauvre, il était riche non?

    - Je dis le pauvre parce qu'il n'a pu échapper à la mort.

    Tout le monde il est mort un jour madame. Y'en a qui meurent pauvres d'autres qui meurent riches comme ton mari, mais tout le mode il est mort un jour ou l'autre. C'est comme ça. Tu sais pas si il avait une belle âme c'est pour ça que tu dis le pauvre.

    - Non, il avait plus qu'une belle âme, il n'avait pas peur de mourir. Moi si. 

    Ton front n'a pas une ride mais tu n'es pas éternelle madame. Il faut que tu penses au recueillement. Il te faut une prise de conscience même si elle a un goût amère madame. Plus tard, elle sera consolatrice. Pense à tous les souvenirs que tu as partagé avec ton mari. Les plus beaux comme les horribles. Après tu reviendras me voir. On en parlera tous les deux. Allez, rentre à ta maison. J'ai du travail. Et sois gentille avec ta bonne, hein madame.

  • Anne

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    En robe noire, Anne la rouge
     
    Epoustouflée je suis… depuis samedi exactement. Et ça continue. Je resterais bien là, à savourer ces textes qui tombent goutte à goutte, mais bon.
    A mon tour, je me jette à l’eau… mon tout nouvel élément… comme cette bande de lapins farceurs vous l’aura fait comprendre en stéréo !

    D’abord, hommage à celui qui a guidé mes premiers pas de navigatrice au long cours : Jean-Yo, tout en finesse, en humour, en générosité.
    Bien sûr son tartare de saumon est entré dans l’histoire du BTland, mais je signale qu’avec lui, même les coquillettes au beurre ont une saveur étonnante… j’ai testé.
    Et puis à l’adorable Lilie, simplement irrésistible.
    Je ne serais pas étonnée que les pierres des chemins viennent rouler au creux de sa main, pour peu qu’elle le leur demande…
    Pour notre délicieux brin de Mante sauvage, douce et acide, j’ai un gros coup de cœur.
    De Ben, je retiens l’élégante désinvolture, l’acuité du regard et du propos… écrit surtout…
    Avec Zaïra nous envisageons de battre le record de Maud Fontenoy.
    Ses coups de rame désormais légendaires auront vite fait de vider l’océan et ainsi j’aurai toujours pied…
    J’écris « Fiammi » et je souris. Fiammi est un cadeau.

    En Bourgogne, ma maison est nichée sur une colline, à quelques kilomètres de celle de Philippe. J’avais donc le privilège de connaître France ô combien attendrissant. Samedi, j’ai découvert Hubert. Ancien légionnaire, aujourd’hui bûcheron, taillé en Hercule (du genre, à côté Raphaël Nadal ressemble à un danseur étoile) regard bleu et sourire désarmant, Hubert parlait de ses années africaines, de sa détestation de la guerre, du droit qu’a chacun, où qu’il vive, d’être respecté. Et ça aussi, c’était inattendu et très beau.

    Revenez vite lapins ! J’irai vous chercher à la gare dans ma jolie voiture bleue… Mais non, ce n’est pas une menace !!!
    Je vous embrasse tous, ainsi que ceux qui n’étaient pas parmi nous cette fois (je n’oublie pas Perle et Charles… )
    Quant à toi, cher BT, je t’adresse aussi un sourire de connivence. Merci pour tout.

    Anne comme un poisson (rouge !) dans l’eau…


     

  • Lilie, Adrénaline, Aline

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    Sur les marches du palais, France roucoule...Tandis que (tout en haut à gauche) Lilie contemple.
     
    Ah la traitresse !!! J’ai à peine le dos tourné qu’elle a précipité ses jolis doigts enrillettés  sur son clavier pour écrire son compte rendu.
    Je me cite «  Et merde, après Fiammi et Cyril, v’là Jean Yo qui vient de publier son rapport. Nous voilà les dernières... L'Orel, on est mal, on est mal !!! Passer après tout le monde sans se répéter, ça va être chaud !»

    Sourire crispé… :D Bon.. bin voilà.. J’suis la dernière (but not the least ?..). ah non! l'avant dernière , puisqu'il reste Anne encore (oui oui je sais, ça s'appelle de la délation )

    Pourtant, ce ne sont pas les impressions qui manquent. J’en suis toute marquée (des bleus et des roses jusqu’au fond du coeurJ) mais ce sont les mots qui manquent. Soyez indulgents, je vais sûrement plagier mes prédécesseurs (bien que leur plume soit 10 fois plus sautillante d’humour noir que la mienne).

    Alors bon voilà, résumons :
    Un week-end en Burgondie, c’est un bol d’air frais parmi des lapins mauves au regard pétillant. De la douceur, de la féminité, des hommes, des vrais, de l’amour, de l’humour un peu, voire totalement décalé, des rires francs, et des sourires charmeurs et attendrissants…


    Lapins, lapines, je vais vous redire ce que je vous ai dit à chacun personnellement :

    Philippe : Tu es aussi tordu et attendrissant que je l’imaginais. A la fois d’une finesse et d’une simplicité qui mettent de bonne humeur et en confiance. Merci pour tout, chef scout, sincèrement…
    (Ps : Stp, peux tu sortir du frigo et me rendre les morceaux d’Orel ? J’en ai besoin pour ma prochaine fournée de rillettes).

    France, Philippe te passera sûrement nos messages : tes crêpes au four à bois étaient succulentes ! Merci mille fois. Je referais le tour de France avec plaisir J


    Jean Yo : Ton tartare de saumon est incontestablement le meilleur que j’ai mangé jusque là. Il y a des droits ou je peux imiter ta recette sans risque de me manger un procès ?! Ta « femme » a bien de la chance de vivre en ta charmante compagnie. (Elle fera bientôt des jalouses, ne t’en fais pas ;) !)


    Fiammi and Zaira, hirondelles italiennes: je vais prendre des cours de langage des signes pour mieux communiquer avec vous la prochaine fois, promis ;) Vous être rafraichissantes de spontanéité. Gracie mille carinas.


    Cyril : Tu sais déjà tout ! Le son a manqué certes, mais tes yeux pétillants de malice et de vacheries bien placées ont parlé à la place. C’est vraiment dommage car j’aurais aimé parler plus avec toi (de vive voix, j’entends bien !). Mais ce n’est que partie remise, on ne se débarrasse pas de deux sarthoises comme cela ;)


    Orel ma belle : Toi aussi tu sais déjà tout : tu es ma beauté empoisonnée, magnétique et déroutante à la fois. Ma puce, toujours là pour toi, j’espère que tu le sais…


    Anne : J’ai été touchée par ce bout de bonne femme en pleine révolution. Quoi qu’on en dise, elle affronte tout sans fléchir, de la lutte automobile au catch aquatique (à Noël, demande un GPS ;).  Ta maison est superbe et chaleureuse: tout est douceur et classe chez toi. Aglaé a bien de la chance, je me prélasserais bien des heures durant devant ta cheminée sur ton canapé moiJ. See u soon ;)


    Lapins, lapines, ce week-end en Burgondie a été un réel plaisir. Suis heureuse et fière d’y avoir participé et de vous y avoir connus. J’espère vous revoir très bientôt. En attendant ce jour, prenez soin de vous. Philippe, encore une fois merci, sans toi Satan, rien n’aurait été possible.

    Bisou tendre à tous.
    Lilie, ex lapine andalouse et future lapine parisienne.
     
    (Ndlr : Pour toute réclamation photographique, consultez les pages jaunes) 

     

  • Aurélie, Orel, Jeune mante...

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     Lapines, Lapins,

    Un air de Herbie Hancock, un verre de thé glacé, la douceur d’une maison en pleine chaleur et le sourcil froncé devant la page blanche.
     
    J’ai lu vos textes avec attention, l’ouverture des petits cœurs de léporidés, la tendresse touchante de vos mots et leur sincérité évidente. Alors j’hésite, je reste plusieurs secondes les mains suspendues au dessus de mon clavier, me mordant la lèvre inférieure, passant autant de temps à écrire ces quelques phrases qu’à les effacer.

    Ce fut un réel plaisir de passer ces quelques jours avec vous, personnalités multiples mixées en un cocktail improbable. Tout ceci par la volonté d’un seul, un messie que l’on ferait bien de crucifier, avant qu’il n’assouvisse ses pulsions de quinquagénaire encore dans le coup sur un sanglier burgonde. Philippe, un phénomène mystique, une bizarrerie humaine que je ne proposerais même pas au plus piètre des scientifiques, tant ils ont à faire, s’acharnant tour à tour sur le traitement du cancer, le triangle des Bermudes et les vibromasseurs à triple rotation. Un grand homme sans nul doute.
    Autour de la table dressée, tous se réunissaient.
     
    Anne, GPS waterproof, pleine de charme tout comme sa demeure, respirant sérénité et finesse. Jean-Yo, délaissant sa bien-aimée pour quelques bières fraîches, brisant le cœur de nos estomacs amoureux lors de nos adieux déchirants.
     
    Fiammi et Zaira, le charme botté d’un sourire toujours présent après un périple de plusieurs heures pour nous rejoindre et la fraîcheur d’une ramée d’eau en pleine figure.
     
    France, dont le débit de parole n’a d’égal que sa générosité et la température de son four à bois.
     
    Cyril, dont je regardais la bouche s’agiter frénétiquement, tout en me demandant combien de litres de salive s’étaient abattus sur les membres présents. Ma Lilie, amie sincère, la féminité à fleur de peau et le sourire rayonnant auquel il serait difficile de ne pas succomber.
     

    A l’heure où Minus veut, comme chaque soir, conquérir le monde du haut de ses talonnettes grippées, où à la méfiance envers tous est devenue plus automatique que les antibiotiques, il est si délicieusement surprenant d’être en compagnie d’hommes et de femmes dont le palpitant est rempli à ras bord, qui ne demandent que sympathie en échange de leurs actes désintéressés. Le vert des campagnes et la beauté des villages avoisinants n'ont pas été aussi dépaysants que l'aventure sociale qui s y est menée, au creux d’un hamac ou d’un canoe.

    A bientôt,

    Votre dévouée au teint d’albâtre, démasquée bien plus puceron athée que mante religieuse.
     
    (Ndrl: Jeune mante a le bras long. J'ai reçu des menaces émanant des principaux dictateurs de la planète si d'aventure je persistais à ne pas faire disparaître les photos de la miss qui se soucie beaucoup trop de son minois. Des menaces en provenance, notamment, du Zimbabwe et de son président dicateur à vie, son altesse Mugabe. Poutine m'a également téléphoné cette nuit vers une heure du matin pour me promettre un voyage sans retour dans un ascenceur moscovite. Bref, jeune mante (notez l'absence de majuscule) aurait du faire un procès à ses parents dès sa naissance mais comme elle ne connaissait pas l'arrêt Perruche (http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Perruche) elle n'a pu parvenir à sa fin. Depuis, elle n'a de cesse de se faire briller son narcissisme grâce à photoshop. Je l'ai donc effacée ce matin et de bon coeur. BT)


  • Frère Jean (Yo-des-Bois)

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    By Ben
    De retour chez moi, après une garde à vue de 32 heures. (il fallait au moins ça pour que je me souvienne de tout ce qu'il fallait raconter de ce week end des plus original..)
    Des souvenirs pleins la tête, un sentiment de pas assez, un gout de reviens-y (vite).
    Des rencontres, des sourires, des vannes..cela faisait longtemps que je ne m'etais pas lâché ainsi, bref une renaissance en quelque sorte.
    Un petit mot à tous les rabbits:
    Rabbit en chef et chauffeur de bus à seize heures, un grand merci pour m'avoir fait découvrir ta belle région Burgonde, ton accueillante demeure, et surtout d'avoir réunis une partie des lapins et lapines de France et de Navarre.
    Lapine Lilie, merci pour ta gentillesse naturelle, ta sensibilité à fleur de peau et ta joie rayonnante qui a éclairé notre week end.
    Lapine Aurel, tu es troublante et mystérieuse à souhait (à tes souhaits d'ailleurs ...!)
    J'espere que ta rhinite allergique s'est apaisée. Tu es le mystere qu'il est bon d'avoir dans toute aventure (humaine).
    Lapine Anne, Je voudrais te dire à quel point ton sourire et ta finesse m'ont enjoyé, tout n'es "pas gaie" mais ton "sens de l'orientation" vers le parti d'en rire fait du "bein"! hun hein...;-))
    Lapin cyril: content d'avoir rencontré un compatriote, je n'oublierai pas tout ce que tu m'as raconté durant ce wenk end;) T'inquietes, je sais ce que c'est d'etre imbibé, ..euh.. inhibé par la pression..en tout cas je me suis poilé sur ton flickr, continue ainsi et, oui, la prochaine fois invite donc Ben..;)
    Lapine Fiammi, toujours aussi charmante et pleine de vie, un vrai bohneur d'avoir passé plus de temps avec toi que lors de notre première rencontre, j'avais fait l'autiste la premiere fois, tiens ca me rapelle quelqu'un....:-) tous les mêmes ces vikings.
    Lapine Zaïra, ou ma future belle soeur, un charme Greco-Romain a tomber, une fille à revoir au plus vite parmis nous, on apprendra l'italien rien que pour entendre ta voix...
    Lapin France, certainement l'homme le plus gentil de Bourgogne et sûrement plus..Un gars comme on en fait plus, tu m'as fait penser a mon grand-père qui n'est plus, pour me raconter ces histoires d'antant que je n'ai pu l'entendre jusqu'au bout. Amitié et à bientot. ( moi aussi, chui content)
    Enfin un bisou à tout les voisins du terrier, Sylvain et son fils Sylvan, Eugène, Pierette, la Bûche, le cafetier de Chatel Censoir, Jaqueline et son mari, leur fille et son copain ( merci pour l'accueil royal et tout et tout..)
    Et j'en oublie, forcément, mais je reviendrais..
    A tous les lapins et lapines du blog qui n'ont pas pu venir, grosses bises et au plaisir de vous rencontrer bientôt dans une future rabbit party...!

  • Big Ben le beau parleur

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    Photo Ben himself


    Merde, ça faisait longtemps que Rouen ne m'était pas paru aussi fade ...
    Point de hamac ici, juste mon Imac pour faire le point sur cette expérience peu commune que je ne suis pas prêt d'effacer du disque dur...

    Je tiens en premier lieu a remercier le fantastique maître de maison, l'atypique Philippe, clone d'un Duncan Mac Leod sous acide, à la manne de savoir intarissable, et a l'humour oscillant sans cesse entre le Desproges et le Carlos (grand écart que peu peuvent se permettre)...
    Merci pour ton accueil, Yoda de la déconne, ton QG est un petit coin de paradis dont le gardien semble s'être échappé du purgatoire...

    Merci à toi, Jean-Yo des bois, collègue Normand, dont le savoir faire culinaire à su enchanter toutes les bouches présentes... Ta réputation n'était pas surfaite...
    Merci pour ta bonne humeur et ton naturel, tu as été un fier compagnon de "trinquage" et ce jusqu'à tard-tard (de saumon bien sur)...

    Merci à toi Anne, pour ta douceur et ta bienveillance... ta propension à la déconne m'a très agréablement surpris et a fait de toi une hôte de grand standing...
    Merci d'avoir surmonté tes craintes lors de cette humide traversée de l'Yonne (et descente de la Cure ndlr), ce fut la preuve ostensible de ton amitié pour ce groupe hétéroclite, et je ne peux que dire "brave eau"...

    Merci à vous, Fiammi et Zaira, charmantes italiennes à la bonne humeur si communicative...
    La barrière de la langue n'est pas restée close longtemps, tout le monde avait prévu son double de clé et c'est fort heureux... (les italiens parlent avec les mains, j'aurais du me demerder un peu mieux bizarrement...)
    Un grand "Grazie" s'impose donc, alors que mes fringues sont encore imbibées des attaques aquatiques de Zaira ;)

    Merci à toi, Lilie, pour ta fraîcheur et ta gentillesse toujours sincère...
    Malice, caractère et candeur sont les atouts majeurs de ta charmante personnalité, ne change rien...
    Cependant attention, côtoyer une prêtresse vaudou de la vanne bien sentie commence à déteindre sur toi, élude ce coté obscur jeune padawan, j'ai déjà fort à faire avec ton maître Jedi ;)

    Enfin the last, but not the least ...Merci à toi Jeunemante...
    Merci d'avoir accepté de jouer avec moi à "le premier qui parle a un gage", fantastique divertissement qui s'est conclu par un match nul (mais vraiment très nul)
    En même temps, j'ai peu de mérite, pour gagner il me suffisait de te regarder un quart de seconde pour perdre l'usage de la parole (en plus de la vue et de l'ouie, mais ça j'ai réussi à le masquer)...
    Ce week end aura été l'occasion pour tous les Flikr's addict de se rendre compte que tu n'es finalement pas si photogénique que ça... (pour les lents du bulbe, sachez que c'est un compliment, et que ça m'arrache un peu la gueule de sortir ça par ailleurs...)
    Merci d'avoir irradié mon WE de ton aura toxique...

    Quant à moi, je ne me dis pas merci, promis la prochaine fois j'envoie Ben plutôt que Cyril, histoire de vous faire profiter du son en plus de l'image...

    Grosses bises à tous et à toutes, vous me manquez déjà ...

    Ben, coiffeur pour dames pipi. 

  • We love Fiammetta

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    Photo Ben
     
    Merci pour ces mots, aujourd'hui plus que jamais remplissent mon coeur...
    Je suis en train de me reprendre lentement de la plénitude du we... à fatigue je reprends le travail citadin à Milano en ayant dans le coeur le GPS des lapins.
    Une mélancolie flotte dans l'air...
    Je t'écrirai mon compte rendu du we mais je nécessite un peu de temps.... pour écrire en français plus ancre....
    Aujourd'hui je t'envoie mes photos... j'ai été arrêtée hier par un "petit accident sur ma parcours"...

    Now je voudrais vous dire deux ou trois choses importantes j'ai appris en français ce we:
    1. que "Aire de" en autoroute n'est pas une ville mais une place d'arrêt;
    2. que toutes les rues ne portent pas à Roma mais à Lyon!
    3. que j'aime BT ;
    4. qu'il est si beau de nous rencontrer et rester sans avoir rien ensemble, apparemment, en commune, seulement la joie des lapins!

    Merci Philippe parce que je ne pourrais plus faire à moins de ton amour et je traverserais des montagnes pour dépenser avec toi un sourire et une embrassade.
    pointG.JPG

    Merci Jean-Yo des Bois parce que je t'ai entendu ami à la 2 fois seule vraiment que je t'ai rencontré, et merci pour les leçons de Français!

    Merci Lillie pour m'avoir accueilli avec ta douceur et d'avoir essayé de communiquer avec moi, tes yeux du vrai me plaisent encore de plus!

    Merci Jeunemante pour avoir totalement été vraie et douce, et pour m'avoir permission de te photographier! J'ai découvert un Jeunemante si différent de celle que j'imaginais, ton visage que parfois tu caches du vrai me plaisent encore de plus!

    Merci Ben pour m'avoir écouté avec patience! .... C'est ma faute peut-être pour les tiennes peu mots... merci aussi pour avoir silencieusement supporté les pelletées d'eau de Zaira!

    Merci Zaira pour avoir été ma copine de voyage et de beaucoup de kms...

    Merci Anne pour m'avoir donné beaucoup d'amour dans un jour seul, pour m'avoir parlé en anglais, pour avoir gagné ta peur de l'eau et pour m'avoir fait le guide dans basilique de Vézelay d'où les croisades ont eu début..... et de quì que notre nouvelle aventure a je commence!

    I love le France et j'aime les Français!
                                                                                                                                              
                                                                                                                                                                      Fiammetta Parola 

  • Pour quelques rillettes de plus

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    C'est là que tout a débuté. Merry sur Yonne.
     
    L'occasion de repenser à ce cher Tao tö king:
    "L'homme cherche sans passion
    le coeur de la vie
    ou passionnément
    cherche sa surface,
    mais coeur et surface sont essentiellement identiques,
    les mots ne les opposent
    que pour exprimer l'apparence.
    Si un nom est requis, la surprise les nomme tous les deux:
    De surprise en surprise
    L'existence s'ouvre." 
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    Pierre-Perthuis sur la Cure
     
     La joie est invisible. Omniprésente durant ce week end. On le dois à qui ce certain goût du bonheur qui permet de chevaucher la crête verte des arbres ? Suffit-il de garder la tête haute? Pas seulement:

    Quand tu abandonnes ton quant-à-soi, le paysage se révèle (Lopez)

    Ah l'exigence de ceux qui ne sont pas à côté de la vie...Qui veulent s'offrir cette joie moelleuse, chaque fois nouvelle dès lors que l'on accepte de quitter sa tribu pour découvrir d'autres autochtones qui ne se lassent jamais de ces recommencements de l'attention. Ils sont comme France, Sylvain et Pierrette, tout entier peuplés d'une merveilleuse espérance, d'une envie de sortir du coma et de rejoindre ce consentement à vivre presque illilmité sous un climat bienveillant, avec de l'herbe dansante et grasse, un ciel généreux de soleil et de nuages. Juste pour affronter l'hiver et les mauvais coups du sort à venir.

    Je me souviendrai longtemps de cette courte escapade entre lapins venus de la grande agitation. 

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    Photos Jean-Yo des Bois 
    Etre humain, c'est se placer volontairement à l'affût, aux aguets.
    Nous ne sommes pas nés pour assister béats au spectacle de la Nature, des êtres et de l'Histoire.