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  • Morceaux choisis à la hâte

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    Charles : Qu'est-ce que tu lis ? Tu as l'air vachement absorbée?

    Perle : Je relis sans cesse Vies Minuscules de Pierre Michon en ce moment.

    Charles : Il te plaît cet écrivain...

    Perle : En plus de celles du patron qui s'en est allé il n'y a pas si longtemps (Julien Gracq), j'aime à lire les phrases qui poussent à la vitesse de l'herbe, les oeuvres à circulation lente.

     

    Je te l'accorde, Pierre Michon est un explorateur patient de Vies minuscules.

    Charles : C'est l'écrivain préféré des psychanalystes, non ?

    Perle : Oui, des lacaniens surtout.

    Charles : Pas gai, gai le monsieur...!

    Perle : Et alors, on s'en fout. C'est un alcoolique défroqué. Mais lui, il écrit des livres et ne se contente pas de se plaindre.

    Charles : Tu as raison, moi je lis les blogs des névropathes au beurre. Ils s'ennuient à mourir mais ne meurent jamais. C'est là leur drame.

    Perle : Mon chéri, leur drame c'est qu'ils ne sont pas capables d'écrire autre chose. Ils (ou elles) se vautrent dans le tragique de répétition. Je ne parviens pas à comprendre pourquoi tu te complais à lire leurs conneries de manipulateurs (trices) en quête de la toute puissance.

    Charles : Tiens, voici la dernière phrase que je viens de choper sur le web : "Ceux que j'aime, je les passe à la moulinette et, parfois, il m'arrive d'éprouver de la honte."

    Perle : C'est un bon début... ça: avoir honte.

    Charles : Oui, un bon début pour en finir.

    Perle : Alors là, tu te met le doigt dans la poutre mon lapin. Ceux qui écrivent ce genre de déclaration vivront centenaire. Leur moteur, c'est la gerbe de leur moi brûlant balancée à la figure de l'autre considéré comme objet. Rien que de la loose sur canapé Ikea, j'te dis.

    Charles : Oui mais ils me touchent ces névrosés.

    Perle : Vous n'avez plus qu'à monter un club; ça vous occupera !

    Charles : Justement, ils refusent de faire groupe.

    Perle : Tu parles Charles, ils font déjà groupe tout en prétendant hurler l'amour fou de leur solitude. Ces personnes me font penser aux poivrots qui se reconnaissent à vue de nez dans les bars pour naufragés volontaires. Tu es vraiment naïf toi.

    Charles : Je me demande pourquoi ils dilapident le temps qui leur est assigné. " Détruire dit-elle."

    Perle : Allons, allons, ces gens là n'entrent jamais en Yourcenardie ou dans le Durassique parc, ils ne s'émeuvent que dans la dispersion fiévreuse et pressante qui sacrifie chaque instant au suivant, selon cette logique oedipienne du temps que dénonçait Nietzsche.

    Charles : Tu estimes que ce n'est que du nihilisme ?

    Perle : Oui, cette logique qui condamne toute vie à se nier, à chercher son identité toujours ailleurs, à ne se reconnaître que dans le besoin et la privation qui la harcèlent et l'empêchent d'être. Et puis, tu sais, ces personnes ne seont jamais Carson McCullers ou Flannery O'Connor et encore moins Cormac McCarthy ou Wallace Stegner.

    Charles : Et Pierre Michon dans tout ça ?

    Perle : Petit malin. Michon, c'est la puissance de l'écriture pas celle d'un surmoi. Chez Michon comme chez Bergounioux d'ailleurs, c’est de gravité, encore une fois qu’il s’agit, qu’elle vienne, chez l’un, de l’extrême contention à laquelle est soumise une violence essentielle, constitutive, ou, chez l’autre, d’une conscience aiguë, hégélienne, du monde et de l’Histoire. Et puis tous deux sont issus de la ruralité. Cela m'importe de le savoir. Ils ne sont pas en train de patauger dans le boboland. Il faut bien distinguer l'endroit précis où les mots divisent de celui où le son des phrases nous réunit comme disait Bonnefoy.

    (Pierre Michon, photo DR)

     

  • Pour faire court

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    Jean-Pierre Léonardini, star et critique dramatique à "L'Humanité". Mon ami de trente ans ;)


    C'était il y a sept ans. Une belle équipe a tourné pour moi ce petit film jugé Bunuelien par "Le Monde". Je me souviens de nos rires et de nos cavalcades dans le métro. Merci à toi Sam de l'avoir déniché dans tes tiroirs. Et à Ben pour m'avoir expliqué comment le glisser sur cette page.

  • L'oeil de son maître

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    Le chien blanc scrute l'horizon. Il est sourd mais dispose d'une imagination fertile et d'une patience qui inquiète les éternels pressés. Il ne semble pas avoir d'exigences particulières. Il se pose un peu là.

    Le Husky observe les humains et leurs incessantes querelles. D'un seul regard, il apaise un fouet révolté. Il ne veut pas devenir un champ de bataille. Pourtant, il sait combattre. Pour lui, tout est simple : il y a la vie ou la mort.

    L'animal ne joue pas à la guerre froide ou chaude. Il sait quoi faire pour survivre si d'aventure on le chagrine. Un soir de pleine lune, il s'est demandé combien de temps il fallait à une civilisation pour basculer dans la barbarie. Ne trouvant pas de réponse, il s'est consolé en se disant que le mal c'était peut-être l'impatience, tout simplement.

  • Un week end radieux

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    L'événement : Pierre (Pierrot le fou) et Adriana en visite à la Cité radieuse (Le Corbusier)

    Parfois, des hommes pensent par couleurs. Comme dans une pensée nietzschéenne. Le Corbusier et sa cité radieuse sise  à Marseille comme un paquebot ancré dans la ville, propose tout l'éventail possible des couleurs. L'ensemble forme une sorte de halo sémantique. On y trouve la rationalité du vert, la folie du noir, l'isolement du blanc, l'ouvert du bleu ciel. Mais ce halo contient aussi son contraire : le rouge, c'est la mortification chrétienne, le sang qui coule dans les arènes et en même temps l'ardente couleur de la vie. Ce village utopique de l'immédiat après-guerre affiche presque 57 printemps et une modernité rassurante. La maison du Fada - disaient il y a peu encore les marseillais - attire encore touristes et bobos locaux. Beaucoup d'architectes, bien sûr, comme Pierrot et Adriana, chatte polonaise vivant désormais sur les toits d'Edimburgh.
    Pour résumer ce week end radieux je ne livrerai que cette phrase typique provençale : "On s'est régalé !"
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    En terrasse, deux hectares d'utopie pour faire la nique au mépris de J.L. Godard

    Je crois que Pierrot aime beaucoup les fesses d'Adriana. Surtout ses silences. Cette façon qu'elle a de se fondre dans tous les paysages. Une femme qui se fait douce présence, comme une flottaison. Qui se fond dans le bleu du ciel balayé par des rafales du Mistral gagnant et nomade sur ses marges avancées. Un vent qui éclaire, qui embrasse la réalité entière dans son devenir, qui fait plisser les yeux. Qui aide, enfin, à repérer dans ce devenir  certaines lignes directrices privilégiées par rapport à d'autres.  Ces jeunes architectes se construisent un bel amour. Et j'en suis le témoin durant ce week end qui comptera double dans ma boite à souvenirs.
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    Sur un toit brûlant, une chatte attentive au mariage des éléments

    Il y a autour de moi des personnes radieuses. Des aimants. Une sorte de prolifération centrifuge de singularités qui s'affirment dans tous les secteurs de l'activité humaine, réfractaires à la plainte et à son infinité rectiligne et cruelle qui ne laisse rien derrière elle. En regardant Pierre (Pierrot le fou) et Adriana, je pensais à Johann et Elin, à Yann G. et Solène, à Samuel et Claire...à l'amour fécond qu'ils échaffaudent avec patience. Je pensais aussi à ce qui est racontable et à ce qui ne l'est pas. A l'intimité par exemple. Notre existence tout entière devrait être littérature, poésie, élégance, architecture de vies amoureuses, bref du grand style, dépouillée de l'inessentiel, de cette opacité limoneuse du marketinge...Amen.
    (à suivre)


  • Un dimanche à la montagne

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    Je me dis, comme ça, qu'il serait plus juste de vous laisser carte bleue (Merci Molly) dans les commentaires de ces deux photos du week end dernier et particulièrement délicieux au moment du pique-nique. La photo témoigne de l'apprentissage de Melba à obéir à son maître Patrick. Le vrai étant Jean-Yo.
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    Là, je me dois d'expliquer que Jean-Jo des bois tente d'attraper " sa femme", alias Patrick son coloc, accessoirement barman du village, plus connu sous le pseudo de saoul commandant pastaga. Bon courage, je ramasse les copies demain (enfin aujourd'hui, devrais-je dire)          

  • Hand ball: France Islande

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    Daniel Narcisse, fou volant non identifiable

    J'écoute parfois les jeux Olympiques à la radio. Je préfère imaginer les actions de jeu. Les commentateurs sportifs hurlent comme des journalistes brésiliens pour faire monter l'audimat. L'équipe de France de Hand ball vient de battre hier l'ogre croate 25 à 23. Le titre de champion olympique pointe à l'horizon pour les héritiers des "barjots". Il faudra néanmoins battre l'Islande en finale demain matin. Johann m'a dit que tous les islandais seront devant leur télévision dimanche matin. Qu'ils seront majoritairement bourrés parce que ce soir aura lieu la nuit "culturelle" à Reykjavik. Un événement annuel toujours très arrosé. Je me demande, mon fiiiiiiils si tu seras pour les islandais. Mais pas contre la France quand même, hein !?
    Je pense que je vais déroger à cette règle que je m'étais imposée et que je suivrai ce match à la télévision. Cela fait quatre ans que je fais ceinture cathodique. Que les meilleurs gagnent. (Oui, c'est une énorme fourberie)

  • Maman Célib (tout) contre BT

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    Entretien avec Maman Célib. Elle est noire et porte sur elle une quincaillerie en plaqué or impressionnante (Photo DR)

    BT:C'est bientôt la rentrée scolaire et je constate chez certains profs une montée d'angoisses. A lire certains blogs estampillés Ed Nat, on dirait que pour vous, les profs, c'est comme une descente aux enfers...à la mine.

    Maman Célib : Bon, allez, je fais ma prof de base et je te fais remarquer qu'on dit EN, "chez nous", pas Ed Nat... -1 point... Ahlalala, ces néophytes étrangers à notre immense secte...
    Une descente aux enfers, peut-être pas : on n'a jamais croisé d'Orphée à la rentrée, devant les établissements scolaires, nu, sous son imperméable... (qui a dit que je fantasmais ?)
    Par contre, l'image de descente à la mine est peut-être plus juste : on arrive dans une mine inconnue, toute noire : on ne connait pas encore nos élèves, ni les équipes pédagogiques dans lesquelles on va bosser et on avance, à tâtons, à la lueur de nos expériences précédentes... On ne connait pas encore nos horaires de mines et on ignore si on va devoir acheter une tente Quetchua pour la planter au milieu de la cour ou si on aura l'extrême privilège de rentrer chez nous de temps en temps...
    Comme les mineurs, on sait qu'avant de connaitre la mine de fond en comble, on va devoir travailler dans la peur de l'éboulement et du coup de grisou, dans un environnement parfois hostile... jusqu'en juin... le mois le plus explosif... On travaille dans une certaine incertitude toute l'année, sans jamais savoir dans quel "état" seront nos élèves quand ils déboulent en classe...

    BT: Je pense qu'un bon prof de gauche est un prof mort.

    MC : Et un bon journaliste de gauche est un journaliste mort ?
    Bon, j'attendais la question provoc, elle est là... Heureusement que je te connais ou j'aurais eu une crise cardiaque et tu aurais eu ma mort sur la conscience (rires)
    Alors, raconte-moi : tu as eu, pendant ta scolarité, un prof d'histoire-géographie barbu, les cheveux mi-longs qui fumait la pipe ? C'est le portrait de Marx sur son bureau qui t'a traumatisé ? Ou c'est le fait qu'il militait pour que la sonnerie de ton école soit remplacée par l'Internationale ?

    Non, je ne peux pas te laisser dire ça... C'est excessif, comme tu sais si bien le faire mais, non, par corporatisme de base et parce que j'aime vraiment certains de mes collègues et mon boulot, je ne peux pas te laisser dire ça. (oui, nous sommes quand même une poignée à ne pas avoir cet "esprit EN", de gauche comme de droite...)

    L'EN est remplie de gens de tous bords politiques, d'un extrême à l'autre. D'accord, il y a une majorité de gens de gauche, mais parmi eux, il y a aussi ceux qui ont refusé de voter Ségolène au premier tour des présidentielles à cause des propos qu'elle avait tenus sur les profs.

    Je crois que le grand malaise des profs vient du fait que la classe politique a ce discours tout à fait dédaigneux envers nous, ces pamphlets qui disent qu'on ne travaille pas assez, qu'on est toujours en vacances et en greve... On a facilement l'impression que notre travail n'est pas reconnu et que nous sommes les moutons noirs des fonctionnaires... et c'est aussi l'image que les parents d'élèves et la société nous renvoient.

    Certes, on a deux mois de vacances l'été mais notre salaire est évalué sur 10 mois et réparti sur 12.
    Certes, c'est un métier qu'on a choisi (pour la majorité) et sans cette foi en l'enseignement, on est un "mauvais" prof.
    Certes, on a 18 heures de cours par semaine, 18 heures face aux élèves. Mais on oublie aussi qu'on en a au moins autant entre les corrections de copies et les préparations de cours. Et je vous fais grâce des réunions parents-profs qui durent jusqu'à pas d'heure au minimum 2 fois par trimestre, des conseils de classe trimestriels dont on sort parfois à plus de 21h, des rendez-vous individuels avec les parents à la fin de nos journées de cours...
    On a la réputation d'être des absentéistes hors pairs alors que le taux d'absentéisme des profs est inférieur à celui des boîtes du privé. (et oui...)
    Tout ça sans compter notre rôle d'assistante sociale, de psy, de médiateur, d'infirmière, d'éducateur, de parent de substitution pour certains, d'animateur, en plus de notre rôle d'enseignant.
    Et pour un salaire bien loin de notre niveau d'études : à un niveau bac+5, un prof commence à 1300€/mois... et je vous assure qu'on ne progresse pas bien vite... Alors oui, je comprends aisément que certains aient parfois envie de tout laisser tomber... et de ne considérer ce boulot que pour le côté "alimentaire"...

    Non, je ne vais pas faire remake de Germinal version EN (nous ne sommes pas le plus à plaindre, c'est certain), mais quand même... Pour tout ça, et plus encore, un bon prof, qu'il soit de gauche ou de droite, qu'il enseigne dans le public ou dans le privé, n'est pas un prof mort...

    BT: J'ai très envie d'épiler ta moustache.

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    MC : Oh non, j'aime bien le côté Che Guevara que ça me donne, surtout depuis que je me suis laissée pousser la barbe... et attends de me voir cet hiver avec mon béret sur la tête; où que je sois, on se croirait sur la place de la Révolution, à La Havane...

    BT: Pourquoi tu n'apprécie que des chanteurs à la con, genre Grand Corps Malade, bref tout ceux que je déteste?

    MC : (rires). Ah bon, tu n'aimes pas Grand Corps Malade ? (rires).
    Je ne suis pas une fan absolue de ce qu'il fait, mais j'aime beaucoup le slam qu'il a fait connaître au grand public. Il a aussi une jolie façon de manipuler les mots pour exprimer des choses qui me parlent. La chanson qu'il a faite sur les parents (pères et mères) ou celle qu'il a dédiée à la femme qu'il aime (Comme une évidence) sont très belles, à mon sens. En tout cas, elles me touchent. Et c'est bien là le but d'une chanson, non ?

    Ceci dit, mes goûts musicaux sont ce qu'ils sont et je conçois tout à fait qu'on n'y adhère pas. J'ai une réelle passion pour la musique (sans en jouer) et j'écoute beaucoup de choses diverses et variées, avec un goût prononcé pour ce qui est orienté rock voire pop rock et ce qu'on appelle "la nouvelle scène française"... avec Zazie et Cali en tête notamment (qu'on classe souvent à tort dans cette nouvelle scène alors qu'ils tournent depuis un certain temps maintenant). Cela ne m'empêche pas de toujours tenter de nouvelles expériences musicales (mon projet : voir un opéra digne de ce nom pour découvrir le genre) mais je fuis tout ce qui ressemble à du R'n'B ou du rap

    (à de très très rares exceptions !)

    Et puis d'abord, c'est quoi tes goûts musicaux ?

    BT: Raconte moi une belle histoire chargée d'optimisme afin que je dorme sur mes deux z'oreilles ce soir.

    MC : Est-ce que j'ai une tête d'anti-depresseur ?

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    Non, ce serait beaucoup plus drôle que tu fasses plein de cauchemars, de rêves horribles avec des vaches et que tu aies une nuit pourrie... Non mais oh ! (rires) (Il faut bien que je mérite mon surnom de Cruelle Célib, quand même !)

    BT : Quel quotidien lis-tu? Quelle est ta radio préférée?

    MC : Et bien non, je saccage le cliché du prof en ne lisant pas Le Monde tous les jours... ni n'importe quel autre quotidien, par manque de temps (et je ne suis pas, non plus abonnée à Télérama) : une petite fille de 3 ans, un boulot et pas mal de trajets occupent mes journées.
    Et je dois avouer que le soir, en rentrant, je préfère profiter de ma fille et me légumer sur internet avec un peu de musique en fond...
    En revanche, vu le temps que je passe dans ma voiture, j'écoute pas mal de radio : Le mouv pour le rock, RTL2 pour les vieilleries et Virgin Radio quand je veux me sentir "djeuns"... En fin de journée, sur le chemin du retour à la maison, ça me permet de donner des concerts gratuits et sans public dans ma voiture... et un petit coup de France Info ou de France Culture quand j'ai besoin de calme...

    MC : Pourquoi aimes-tu le Docteur House ?

    MC : Parce qu'il est délicieusement cynique, bourré d'humour et d'ironie, parce qu'il me fait rire, parce que qu'il a tout de l'anti-héros et accessoirement, parce qu'il a des yeux bleus à tomber (mais même sans ça, je l'aimerais quand même le grand Greg)....
    (si tu attendais que je te dise que c'est parce qu'il ressemble à Grand Corps Malade avec son handicap et ses yeux bleus, c'est raté !)

    BT : Viendras-tu dimanche pique-niquer avec nous (Jean-Yo, PLF et moi) sur le balcon du monde (la Sainte Baume)?

    MC : Tout dépend de ma fille et de ses 38.5 de fièvre... Mais j'espère me joindre à vous :)

    Ramassage des copies, c'est terminé !

  • Premier roman (suite)

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    Un premier roman et un coup de maître. C'est assez rare pour être mentionné à nouveau. L'ami shutterlag, alias Josef Ladik, alias D. homme délicat et posé a plus d'un tour de passe-passe dans son jeu de manche. D'une plume limpide, vivace, farfouilleuse, il traque l'indicible qui se niche dans nos sociétés. Science-frictions à venir avec un Etat trop sécuritaire pour être démocratique? D'évidence. Petite piqure de rappel. (Il sera édité en poche et fera l'objet d'un film) Josef Ladik planche déjà sur la suite à donner à ce thriller.

  • In the moon for love

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    Début d'éclipse de lune (Photo Jean-Yo des bois)

    Communion sans rature
    Union parfaite de deux ex-solitudes

    Face à face des yeux
    De ceux qui contiennent encore leur enfance

    Il a suffit d'un jour
    Sans percer cet étrange mystère
    Puis découvrir d'autres possibles

    Lutter contre l'inconsistance diffuse
    Entre un air de jazz
    Un filet de lumière dans les persiennes

    L'après-midi pour savourer l'instant
    Voguer sur les émotions si longtemps retenues

    Retrouver les rues étroites
    Les choses favorites qui reviennent lentement
    La nuit qui s'ajuste sous la lune pleine
    Et sa peau de bébé

    Oublier les pages froissées
    Se laisser emporter par la tendresse
    Simplement nommer l'ombre d'un sourire partagé.

  • Coulis nuageux

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    La Sainte Baume (Photo Jean-Yo des bois)


    La sécheresse a commencé il y a trois ou quatre ans. Pour faire tomber la pluie, les indiens locaux ne dansent plus. Ils font marcher leurs essuies glaces sur des vitres constellées d'insectes comme dans un roman fameux d'Annie Dillard. La Vérité m'intéresse rarement. Elle est devenue le paravent de toutes les manipulations. Pourtant, je colle mon oreille au sol pour entendre les voix venues des gouffres qui sont légions dans le coin. Puis je gomme mes traces de pas inscrits dans l'argile séchée par les vents avec des branches de chênes verts.
    Il y a des coeurs qui cultivent leur séchéresse intérieure et qui braillent leur volonté de se raccomoder avec leur désir d'être autre chose qu'un humain laissé sur le bas côté. Hélas, trop de ces coeurs pleuvent doucement au dessus des lavoirs abandonnés. En plein jeux olympiques, le soleil lui-même prends toujours la même direction et rêve de se pendre aux arcades des gymnases. Lassé qu'il est de réchauffer les certitudes des passants qui se défilent. Parfois, les nuages apportent une humidité qui console la crête de la montagne et celles des arbres. On se sépare plus vite que l'on s'assemble. On ne contrôle plus la tiédeur d'un lit de feuilles qui annoncent déjà l'automne. L'enfance est bien loin. Je n'aimerai pas avoir trente ans aujourd'hui.

  • On tourne en silence

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    http://13productions.net/europe3.html

    (Bon, je ne sais pas comment faire pour glisser le lien en html, alors tu vas dans le premier commentaire, hein!)

    Tu cliques sur ce lien puis sur watch film et tu entres dans ma maison burgonde. Magique, non?

    Special bravo to Vifill (og Takk, bandit)

  • Lettre de Perle à Petit 4.

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    Alors comme ça, Petit 4., tu demandes presque tous les jours à ta maman (4.) pourquoi je dors tout le temps en découvrant ma photo sur le Blog-Trotter, en haut à gauche. C'est vrai, je te l'avoue, je dors beaucoup et toujours sur un lit. Celui qui se trouve dans le bureau de BT. Tu sais, il dort aussi beaucoup ce flemmard. Rêve de prendre toute la place dans son lit de sieste mais je lutte et je le pousse avec mes petites pattes de reine en prenant bien soin d'appuyer mon dos au mur...
    Oui, Petit 4., je suis la reine d'une grande maison toute de bois vêtue et à robe rouge.
    Non, Charles n'est pas mon fiancé. Juste mon souffre-douleur. Je suis comme on dit en langage de chien, une dominante. Bref, c'est moi qui commande. Toujours. Charles file doux et si nécessaire je le niaque aux babines s'il oublie sa juste place de Poulidor de la maison.
    Qui est mon fiancé ? BT, ben oui. Il ne veut pas se l'avouer mais je ne suis pas dupe. Pose lui la question juste pour voir. Je suis certaine qu'il te répondra comme Picasso à propos de son teckel : "Ce n'est pas un chien, ni un Homme, c'est autre chose..."
    Je ne fais pas que dormir rassure-toi, je mange aussi, je cours après les lièvres avec l'appui logistique du grand Charles, comme hier soir. On dit que je suis vieille parce que j'ai 77 ans mais je peux te dire que j'ai encore de bons muscles et du souffle.
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    Je dois te dire que je me méfie beaucoup des enfants. Quand j'avais un an, j'étais dans une famille de dingues. Ces sales gosses me tapaient avec un bâton. Pourquoi? Pour rien. Juste parce que parfois les enfants sont cruels. Sans doute parce que leurs parents l'étaient plus encore. Aujourd'hui, je vis au paradis. Mais je ne pourrai jamais oublier que ces gens très méchants m'ont abandonnée, il y a exactement dix ans, un quinze août, sur une aire d'autoroute. Si tu regardes bien ma patte arrière droite tu distingueras les petites traces noires de mes blessures. Avant de me laisser toute seule sur ce parking, ils m'ont cassé la jambe. Tout cela est gravé dans ma mémoire et ne s'effacera jamais.
    Voilà, je te lèche ton petit nez en signe d'amitié. Si d'aventure tu pouvais manger un peu de Nutella, je te lècherai davantage, très cher Petit 4.

  • Banzaï !

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    La passion de Ben

    Ton travail photoshopal m'a inspiré ce petit jeu de langue Ben, Ben.

    Voici une phrase bien sertie extraite du Journal de Casanova:

    Elle lui sangla un soufflet à main renversée des mieux conditionnés.

    Imaginons l'évotion de notre belle langue classique, du 18ème à nos jours en conservant l'essentiel du propos.

    Exemple, qu'aurait pu écrire Albert Simonin, roi de l'argot parisien estampillé années 50/60 ?

    Elle lui mornifla une mandale du meilleur cru façon boulevard des Filles du Calvaire.

    Christine Angot: La gifle ne se définit pas, elle se vit et le lecteur à qui j'en colle une n'a aucun droit.

    Eric Cantona : Tu vois ma main? C'est une mouette qui va à la rencontre d'une sardine en un dixième de seconde.

    A vos plumes, je ramasse les copies demain!

  • Joyeux z'anniv Old slip

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    Et un tartare de saumon, un. Oh combien de petits plats, combien de dives bouteilles tu as pu déguster dans ta longue life...?
    Allez, une de plus, c'est pas grave.

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    C'est d'la bombe.
    Jean-Yo des bois.


  • Quotidien pluriel

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    Charles: Font grises mines les filles en ce moment.
    Perle: Normal, leurs "psy" sont en vacances.
    Charles : Se plaignent beaucoup des hommes...
    Perle : Sont seulement amoureuses sous Prozac.
    Charles : Oui mais elles font quand même la grimace.
    Perle : Tant mieux, ça les rend moins laides.
    Charles : Pourtant elles sont de gauche, le plus souvent.
    Perle: Quelqu'un appelait ça le "mentir vrai".
    Charles : Tu crois qu'elles mentent?
    Perle : Non, elles se font briller le nombril dans l'ombre.
    Charles : ??? C'est un non sens!?
    Perle : Non, c'est un os qui mord.
    Charles : T'as mangé du lion, toi...!
    Perle : C'est beau une femme qui rate tout par non amour.
    Charles : Je ne comprends rien à ce que tu me racontes.
    Perle : C'est comme les mathématiques, c'est complexe.
    Charles : Si j'étais président, hé ben je demanderais l’abolition des maths parce que je n’y ai jamais rien compris.
    Perle : Pourquoi pas. Tu ne comprendras jamais rien aux handicapés sentimentaux.
    Charles : Ben pourquoi ?
    Perle : Parce que tu es un chien dans une chienne de vie.

  • Rest in peace

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    Isaac Hayes (AFP)

    Ses grands-parents l'ont bien élévé du côté de Memphis. Joue du piano debout à cinq ans. Puis cire les chaussures des blancs pour surnager au pays qui a accepté d'accorder les droits civiques aux noirs en... 1962. Se relève, joue dans les bars. Chante un peu. Rêve d'être médecin. Emporte adolescent un concours en interprétant "Looking Back" de Nat King Cole. Rejoint Otis Redding et bien d'autres au piano et au saxo. Devient star US en 1969 avec "Hot Buttered Soul". Et star mondiale en composant la plupart des musiques de film pour la Blaxpotation.
    Qui ne connait pas la musique et la chanson du film "Shaft" ? L'Amérique lui offre en récompense un Oscar en 1972 et une standing ovation. Le militant des Droits civiques se fend alors de son plus beau sourire. En 1995, il verse dans la Scientologie. Dimanche, à 65 ans, il s'en est allé rejoindre d'autres légendes de la soul music: James Brown, Barry White et tant de musiciens qui ont, comme lui, magistralement influencé la musique noire américaine. Rappers included. Samuel L. Jackson, Pam Grier et Quentin Tarentino sont bien tristes.

  • Dire l'invisible


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    L'apparition de l'ange à saint Joseph (Georges de la Tour)

    L'homme fut sûrement le voeu le plus fou des ténèbres; c'est pourquoi nous sommes ténébreux, envieux et fous sous le puissant soleil. (René Char)


    Plus forte que leur opposition visible est l'harmonie invisible qui unit la lumière aux ténèbres: telle est la leçon héraclitéenne que donne à voir la peinture de Georges de la Tour. C'est là la lecture que Heidegger fait également d'Héraclite, en lequel il voit un penseur moins de la dialectique des contraires que du déploiement des contrastes, au sens où si les contraires s'excluent, les contrastes en revanche se complètent et ce qui diffère en réalité s'entr'appartient.

    "Il n'y a pas de jour "à part soi", ni de nuit "à part soi" mais c'est la coappartenance du jour et de la nuit qui est leur être même. Si je dis seulement jour, je ne sais rien encore de l'être du jour. Pour penser le jour, il faut le penser jusqu'à la nuit et inversement. La nuit est le jour comme ayant décliné. Ce qui est vraiment ni l'un ni l'autre, mais la coappartenance des deux, le milieu inapparent de l'un et de l'autre." Voici ce que Heidegger expliquait en 1966 lors du premier séminaire improvisé au Thor qu'il choisit de consacrer à Parménide et à Héraclite. Ce qui est vraiment, ce n'est donc pas l'état de ténèbres ou de lumière, mais l'événement inapparent par où les ténèbres se font lumière, l'éclosion native par où un monde nous est donné.

    Or c'est précisément cette éclosion native, que Heidegger nomme Lichtung, éclaircie, quand il ne lui donne pas son nom grec d'alêtheia, que la pensée philosophique ignore, attachée qu'elle est au dire du seul visible, alors que la poésie, elle, a su ne pas déserter son site. Dire l'invisible en tant qu'il sous-tend tout le visible, dire la nuit en tant qu'elle est le coeur du jour, telle est la tâche d'une pensée qui ne se nomme plus elle-même philosophie sans pourtant se confondre avec la poésie dont elle emprunte parfois la forme.

    Nuit du profond silence
    Nuit pure
    Emplie d'étoiles
    Apporte-moi
    La seule chose
    Qu'à peine encore un penseur
    En attente
    Ait jamais surpris en toi:
    L'avènement
    Du jour de l'Être.

    Heidegger, Denkerfahrungen, Klostermann, 1983, p.29.

  • Lapin attitude

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    To be or not to be a rabbit.

    Les échanges entre lapins coulent de source. La beauté, l'effroi, les palpitations innombrables du monde ne peuvent plus leur échapper. Pourtant, il ne suffit pas de se reconnaître en criant : lapin. Ils ont bien ancré en eux cette conscience là: les humains vivent le plus souvent seuls. Ainsi, ils doutent souvent. Certains ont même peu de foi au bonheur. Ils rient d'eux-mêmes. Se rappellent à l'ordre dès que l'un d'eux pense que son narcissisme ne brille pas assez au firmament. Ils se disent je t'aime sans risquer de passer sous les fourches de Claudine. Ne cherchent pas une récompense quelconque pour ce fait de bravoure. Tous reprennent espoir à l'approche de la convivialité. Ils ne sont pas de ceux qui jouissent mais comme Virgile de ceux qui disent comment on jouit.

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    Fiammetta et Jean-Yo des bois ce matin à la recherche de Marie Madeleine. Perle assurant l'arrière-garde.

    Les lapins deviennent avec les années des guetteurs de pensées, de cette sincère passion à transmettre. Souvent ils sont usés par l'insouciance. Puis se remettent en marche, ouvrent les yeux, s'offrent une joie nouvelle bien moelleuse cachée dans les branches. Les lapins (non ils ne sont pas du cirque) jonglent avec les tendresses oubliées. Ils ne gèrent pas leur vie, ne font jamais l'économie d'un soutien. Ce sont des personnes sensibles, branchées d'antennes. Parfois ils émettent des signaux de détresse ou de joie, de don ou d'alarme.
    Leur ombre est celle d'une tourterelle, d'un sourire, d'une acalmie. Jamais celle d'un piège.
  • Une minute avant J.C. Van Damme (le retour)

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    Il a suffit d'une minute seulement. Devant l'entrée d'un parking du cimetière, elle s'est écartée pour fumer une cigarette.
    Sans doute la dernière qu'elle lui offrirai à voir se consumer. 
    Par décret, elle avait décidé de rejoindre l'armée des ombres. Comme si elle avait hypostasié un seuil qu'elle n'envisageait plus de dépasser.

    Pourtant, ils étaient en manque de tout, avaient passé en revue les offenses à la raison qui sont toujours des offenses au coeur. Assis sur les marches d'un escalier qui offrait à voir l'éthique (l'esthétique de l'intérieur), ils étaient tombés d'accord : Violer la logique, c'est faire violence non seulement aux concepts, mais aussi et sutout à la vie et aux sentiments, car cela signifie brouiller les cartes et confondre les rôles des victimes et des coupables, altérant ainsi l'ordre des choses et attribuant à des événements des causes et des auteurs qui ne sont pas les leurs.

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    Clair de lune à Marseille vu de la Sainte Baume (Photo Jean-Yo des Bois)

    Quand la ville dort, les blondes pensent. Les femmes minces n'aiment pas quand ça (tout) baigne. (Merci Raphaële)
    Ils s'étaient pourtant aventurés sur la plage et les premières pentes du Purgatoire de Dante. 
    Leurs positions étant ce qu'elles sont, l'accord de leurs violons va requérir un certain temps (sourire)

    Pourquoi attacher une importance spéciale aux confidences: "Je te suivrai autant qu'il m'est permis,/répondit-elle, et si la fumée empêche de voir,/ l'oreille à sa place nous unira." Le Purgatoire, XVI, 34-36.

    Si le corps de Dante est lourd en enfer, il est obscur au purgatoire. Le purgatoire est une traversée de l'opacité du corps, et l'apparition de l'âme un excès de ce corps. (Nelson Monfort in Si tu vas à Rio en passant par Pékin)

    Dante et Virgile avancent en aveugles, guidés dans l'opacité par des voix venues du ciel: "Le purgatoire est un lieu de paroles volantes, qui vont et viennent comme des feux-follets, indiquant de temps en temps à nos pélerins la marche à suivre. Virgile quittera bientôt son compagnon, la flamme de l'amour ne pouvant pas prendre dans un corps qui s'enracine en enfer."

    Dante s'acheminant ainsi par ruptures successives vers la racine d'un langage échappant à la culpabilité.

     

  • L'être mutant

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    Pam Grier
     
    "Les frontières entre les espèces sont constamment bardassées et redéfinies par les succès ou les insuccès amoureux de chaque individu de chacune génération." (Darwin)
     
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    Jackie Brown
     
    "Et l'amour nous porte, toujours, vers l'être mutant, celui ou celle qui fera notre avenir et celui du monde" (Robert Lalonde)

  • Que reste-t-il...?

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    Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) 
     
    Je me souviens de : "Fabienne Tabard, Fabienne Tabard, Fabienne Tabard, Fabienne Tabard..." dans Baisers volés. Antoine Doinel tombe amoureux de la femme d'un marchand de chaussures (Delphine Seyrig). C'est elle qui décide de le déniaiser, un après-midi dans un hôtel montmartrois. Je pense souvent à cette scène. A Madame Seyrig, l'élégante, et à son timbre de voix.

    Je me souviens de quelques phrases de François Truffaut: Le cinéma, c'est une série d'événements bien agencés. Un metteur en scène, c'est quelqu'un à qui on pose beaucoup de questions. Parfois il a des réponses, parfois non. Les oeuvres divertissantes offrent aussi matière à réflexions. Nous sommes tous de grands malades, les gens de cinéma. C'est un problème d'infirmité qui nous incite à devenir des créateurs. Je serais infirme jusqu'à ma mort. Cette infirmité a des avantages et des inconvénients. Si j'avais fait une psychanalyse, je suis certain que je n'aurai pu réaliser un seul film.

    Je me souviens d'un peintre qui se peignait lui-même avec une oreille en moins. Et qui est mort pauvre et désespéré. Je me souviens d'avoir cherché la rue du Cherche-midi à quatorze heures. Je me souviens d'avoir eu un an de plus le 12 août prochain.