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  • Ne pas se laisser leurrer

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    Funérailles à Bombay (Photo Reuters)


    Depuis un mois environ, je lis (presque) tout ce qui concerne l'histoire de Bombay, ou plutôt Mumbay comme disent en marâthî et en gujarâtî, les presque 20 millions d'habitants de la quatrième agglomération humaine du monde. J'ai observé, grâce à google, sa position géographique par satellite (une concentration d'îles), pris la mesure de l'économie agissante de la capitale financière de l'Inde, ses cultures, ses grands hôtels de luxe, son plus grand bidonville (un million d'habitants), ses religions, ses langues...et son industrie cinématographique en son Bollywood. Bref, rien ne m'échappe.
    Un sacré carrefour tout de même.
    Et puis l'autre matin, le crépitement des AK 47, des explosions de grenades dans plusieurs endroits stratégiques. Beaucoup de morts, de morceaux de chairs, de sang. L'heure du bilan vient de sonner. La colère et la douleur l'emportent. Pas de doute, ça va saigner encore et pour longtemps entre musulmans et hindous, sans compter tous les groupes de religions qui pullulent même par temps sec.
    En France, les journaux ont fait leur Une sur cette série d'attentats terroristes. Beaucoup y ont vu la patte des services secrets pakistanais. Surtout le gouvernement indien. Et oui, L'Inde et son grand voisin le Pakistan se regardent de travers depuis des lustres. Chacun bichonne son arsenal nucléaire, des fois que...
    Or, depuis peu, les gouvernants se parlaient en face, commençaient à négocier un terrain d'entente à propos du Cachemire. Rassurez-vous, je ne vais pas vous offrir un édito géostratégique sur cette partie du monde qui intéresse si peu nos pouet pouet bloggeurs. L'Inde c'est si loin des facilités de langage, de leur désir d'infini, d'exil frileux...
    Pas un mot sur ce bain de sang. Comme il est doux de se laisser leurrer par tout ce qui relève du narcisso show, de sa petite boite magique. Il pleut des discours estampillés poétiques sur la blogosphère, des lignes de front romantiques voire angéliques. Ces chez gens là monsieur, on pense pas, on pleurniche sur son pôvre sort. On fait comme si l'univers du poétique était séparé du réel, qu'il serait devenu autosuffisant et autarcique. Mieux vaut lire et relire Yves Bonnefoy comme tu dis Patricia. Cet homme a de l'appétit et n'a de cesse de rechercher la juste posture.

    Ps: Johann, mon fils, part la semaine prochaine pour Bombay. Il va y travailler. Il a décidé d'y aller quand même et de quitter l'Islande et son naufrage financier pour quelques temps. Je le soutiens dans son choix.

  • Ce gel que j'aime

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    Le froid est vif
    La nuit porte son long manteau jusqu'aux chevilles
    On la sent plus fragile
    Cassante
    Le hêtre de garde éternue
    Les chiens épousent les rafales de vent
    Renversent la tête
    S'imaginent immenses en s'enveloppant de voix lactée
    Une chaleur monte doucement dans la poitrine du grand chêne
    Son souffle délibère avec un acquiescement presque universel
    Et retenu de tout
    En quelques secondes et quelques pas tout ce petit monde
    Offre des engelures étoilées
    Crache au matin une buée à fondre l'argile
    Le paysage s'égrenne à petites lampées de soleil rasant
    On devient une vitre épaisse et glaciale
    que découpe l'hiver en tranches fines.

  • Solitude et feuilletage

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    Photo Yann G., octobre 2006



    L'acte d'écriture est souvent dicté par l'expérience.
    Cette photo de Yann, prise chez moi en ma maison burgonde,
    m'a rappelé à l'ordre ce matin lorsque je l'ai découverte sur son blog Flickr.
    Un petit choc, côté coeur. Et pas seulement.
    Oui, pour une fois, je vais écrire à la première personne de mon être si singulier (sourire).
    Donc, je rembobinais ce matin:
    Je suis dans ce fauteuil qui en en vu des fesses et des jambes.
    Celles de mon grand-père puisque c'était sa maison avant d'être celle de ma mère puis la mienne.
    Une longue histoire de transmissions.
    Des siècles de passage de témoin dans une famille bourguignonne depuis que l'église recense les noms, archive les lignées et quelques accidents de parcours.
    Ce jour là, tout allait bien. Sans doute devais-je songer à un problème d'ordre technique
    et de zapping télévisuel que Yann n'a pas manqué de solutionner.
    L'ami Vivill préparait de son côté le tournage des dernères scènes de son court-métrage (montré en amont de ce blog).
    Il y avait aussi ma précieuse Solène. Des acteurs et pas de chiens. Heureusement car le lendemain matin, j'accusais 25/13 au tensiomètre.
    Pas de panique néanmoins.
    Impossible de me lever. Yann m'apporte un café que je vomis cinq minutes plus tard. Tiens, ça me rappelle une émission médicale. Un truc d'hyper tension ou quelque chose comme ça. Ma soeur apporte son appareil à mesurer la tension. Elle n'en revient pas. Adapte l'appareil à son poignet. 12/8. Normale la sienne. La mienne par contre...
    Une ambulance plus tard, je me retrouve aux urgences d'Auxerre. Tiens, il y a foule. On me transporte enfin derrière un rideau. Je suis relié à pluseurs écrans. Constellé de capteurs. Je connais l'infirmier mais ne me souviens plus de son nom. Nous sommes voisins communaux. Il plaisante. Moi aussi. On parle queue bien sûr. Du club des hypers tendus. Bienvenue au club me dirat-il pour me clouer le bec définitivement en mimant le macaroni cuit avec son petit doigt.
    Ad majorem Dei gloriam, rétorque-je. Quelques heures passent. Le produit injecté commence à faire effet. Je reviens parmi le monde des vivants. Le docteur urgentiste me glisse à l'oreille : Vous êtes passé à un cheveu de la rupture d'anévrisme monsieur.
    -Ah bon?! Du fauteuil roulant ou de la fosse commune?
    L'un entraîne souvent l'autre vous savez. 25/13 c'est de l'ordre du record...
    - Charmant.
    Ce matin donc, je repensais à cette journée d'octobre 2006. Et inévitablement à mon grand-père, à ce grainetier en gros. Vendre des graines voilà un beau métier. Il en a semé dans ma mémoire des moments qui se sont révélés déterminants. Je marche comme lui avec les mains vaguement nouées derrière mon dos. J'aime aller pisser dehors au petit matin, comme lui. Ah, ce plaisir d'entendre l'herbe gelée craquer sous mes pantoufles. Ah, la belle solitude qui était la sienne lorsqu'il marchait sur les chemins que je n'ai de cesse d'emprunter sur ses traces. La trace, quel beau sujet romanesque. Remonter le fil des histoires familiales ou celle d'inconnus que l'on croise dans un tiroir constellé de vieilles photographies.
    Quel bonheur que de leur inventer un destin, des obstacles à franchir et de belles empoignades amoureuses aussi.
    Leur offrir des voix, des exhortations et même quelques avertissements. Plus vous détruisez, moins il y a à détruire sauf à vous détruire vous-mêmes. Plus vous trouverez à bien aimer, plus on vous aimera. On dirait du Dante (second sourire).
    En regardant cette photo de Yann je songeais aussi à ma solitude d'être humain, à cet ami qui me disait en souriant : nous sommes toujours seuls. Il est bon de le savoir.
    Depuis, j'aime ma solitude. Elle est profonde et belle. Cela fait deux ans que j'en suis amoureux. Dès lors, je savoure chaque seconde, dévore les chemins. Chaque jour, j'en découvre un nouveau. Je le feuillette jusqu'à épuisement puis le range soigneusement dans ma mémoire. Je suis devenu ami avec le temps qui passe. Et l'ennemi de ceux qui me demandent de presser le pas. De voir la (leur) vie en accéléré.

  • Hauteur de vue (des coms)

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    Photo Shutterlag

    Quand je vous dit que parfois il fait bleu en Provence, en voici la preuve.
    Aujourd'hui il fait gris mais ce n'est pas grave. Demain, re-bleu.
    Je suis très impressionné par la qualité de vos commentaires, en général, et ceux que vous avez déposé sous la photo de notre tourmentée nationale, en particulier.
    Et de fait, je n'ai guère envie de ramener ma fraise, bref de faire le prof qui note: Patricia-M: twelve points from the L. world jury, Xavier: Twelve points from the bulgarian yogourth jury, Isolde two points from the bistrot de la gare, M. zéro point from the moldavian academy of sexe et ainsi de suite, ou mieux encore de faire celui qui ramasse les copies. Pierrot, peux-mieux faire avec son couteau et sa pipe, Mini-jupe soulevez là qu'on en finisse! 4. et ton ventre, il bouge. Et ton petit 4. il mange du chocolat? Ben, oui toi Ben, pourquoi tu commentes depuis tes toilettes. Et toi Maman Célib, tu n'as pas encore tué le proviseur ou le ministre de l'éduc Nat? Et toi S... comment va ta vie, toujours en point de suspension? ;)
    Et toi Pascale, l'amie de plume de Raphaële qui passe tous les jours sans mot dire ;)
    Et toi Björk, est-ce que tu prends bien soin de mon fiiiiiiiiiiiiiis qui vient de fermer son magasin de fringues de luxe parce qu'il n'y a plus de liquide en Islande. Et dans les verres?
    Que penser de Ségolène, de François, de Martine, de Jean-Luc et toute la bande éléphantasque...
    Hein, qu'en penser?
    Et Nicolas, il va s'en payer du bon temps, non?
    Et General Motors ? Toyota va se payer les bagnoles américaines?
    Et ma mère? Est-ce qu'elle va bien?
    Et toi ma soeur? Fait froid dans l'Yonne?
    Et toi ma nièce, bientôt docteur es...? Ton uncle t'embrasse ;)
    Et ma grosse vie sexuelle, comment se porte-t-elle?
    Z'en moquez bien!
    Et toi Fiammi, tu me caches quelque chose, je le sens.
    Et toi Yann, j'adore tes sourires discrets.
    Et toi Solène, hum!
    Et toi Louise Miches, que fais-tu de ton corps ce soir?
    Et toi Jean-Yo, as tu gagné ta course contre toi-même aujourd'hui?
    Voyez, on n'en finirai pas de commenter l'actualité et notre libido tellement malmenée par les subprimes.
    Vous savez combien j'ai récolté de vos commentaires en trois ans (Bon anniv Perle, cela fait trois ans que tu t'affiches sur ce blog)
    non vous ne savez pas !?
    Presque 11 000...
    Faites le calcul. à raison de trois minutes passées pour répondre à chacun de vos délicieux commentaires et je n'ai plus le temps de laver mes chaussettes et mes vieux slips. Surtout qu'à mon âge, hein Lilie et jeune Mante...!
    Agnès, dis leur aux dealers de coms que j'ai de quoi faire avec Perle, Charles et cette petite lune qui a déjà pris le pouvoir sur mon lit puisqu'elle a viré Perle.
    Sans compter les mails qui me touchent tout autant que vos commentaires et qui sont parfois plus nombreux parce que figurez-vous que les gens sont intimidés par vos plumes (hé oui Margot, hé oui Molly).
    Et puis, et puis, il y a le tel portable, les SMS.
    Non franchement je trouve que vous avez établites des échanges suffisamment rit'ches entre vous pour savoir vous passer de moi pendant quelques jours. Je garde aussi un peu de temps pour lire rêvasser, marcher, siester, libidonner do, do, donner (accent Enrico). Tu vois? You see ?
    Alors je résume pour les sourds et le malentendants. Je commente en écrivant des textes. Lisez bien entre les lignes. Je ne cesse de vous répondre. De flirter sur vos vagues à l'âme. Les miens aussi. De rire, de dire des grossièretés bien grasses. De dialoguer avec vous en utilisant Charles et Perle comme porteurs de banderilles. Voilà !

    Je vous aime beaucoup vous savez, toutes z'et tous. Vous me réchauffez le coeur tellement fort que j'en perd mon latin. Et je préfère vous répondre silencieusement. Merci de votre attention et de vos encouragements si fraternels, si up-percutants.

    Ps: je signale à la foule que ce soir il y a un bandeau tout nouveau tout beau sur les sommets de ce blog. Fabriqué par Alex, ce cher Alex B^, mon voisin et graphiste hors pair (de couilles). C'est beau!
    Bravo Alex, t'es pas un...

  • Péricliter dit-elle

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    Jeune mante par elle-même

    Examinons chaque détail.
    Le titre indique la chute,
    la descente au fond d'un puits où tout serait plus simple.
    Un déclin, un péril en sa demeure.
    Une vie qui se consumait jusqu'alors et qui, soudain, se jette à l'eau.
    Pour mieux remonter?
    Le carrelage comme métaphore, rampe de lancement?
    Le sens de la vie luit par fragments sur le sol de ce huit-clos.
    On espère qu'elle relèvera la tête.
    Dans cette attente, chaque détail, dis-je, est encore trop détaché,
    enveloppé du souffle de l'éventuel.
    Jeune mante, poétesse de sa mise en abyme.
    C'est inscrit noir sur blanc comme sur une toile de maître.
    Comme si quelque chose devait commencer, s'ébaucher demain.
    Ceux qui regardent ne sont pas invités à imaginer la suite à donner.
    Ils ne pourront qu'épier le possible battement d'ailes de cet ange déchu,
    à genoux dans l'antichambre de la vie.
    Aux caves obscures de l'ombre.
    Magnifique château de cartes!

  • La falaise à pic de l'assistance

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    Photo Shutterlag

    Ils parlent d'écritures de romans autour de la table.
    La petite féline écoute,
    au doigt et à l'oeil.
    Une voix commente: Moi de même mon cher...!
    Une autre voix insiste : Il est facile de voir que ce qui en nous aiguise la douleur et la volupté,
    c'est la pointe de notre esprit.
    Un homme entre dans la pièce et cite encore Flannery O'Connor:
    Nul n'est mal longtemps qu'à sa faute.
    Silence académique.
    Dehors, la pluie redouble d'intensité.
    Couvre le battement de cils de la chienne qui trône sous la chaise de son maître.
    Le narrateur commença à faire danser ses lèvres.
    Songea à l'initiation au savoir secret d'une communauté,
    reflet de sa manière de comprendre les lois de la création.
    Soudain, la première voix repris son cours tranquille : Les rites d'initiation,
    aux étapes cruciales de la naissance, de la puberté, du mariage et de la mort,
    entraînent pour le néophyte
    un approfondissement de sa vision interne et l'acquisition de la conscience.
    Puis l'atmosphère resta en suspens.
    Le silence n'était troué que de faibles rires étouffés.
    Le narrateur se moucha.
    Au loin, une mouche vola.
    Personne ne l'entendit.
    Et chacun scruta le regard de l'autre.

  • Buon compleanno maestro

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    Ennio Morricone fête aujourd'hui ses 8O ans.

     

    1968: J'entre dans ma salle de cinéma préférée, le Marcadet palace. De bonne heure, je me suis nourri des grands espaces fordiens, de l'exploration minutieuse de l'Ouest mythique grâce à Anthony Mann ou Sam Peckinpah. Longtemps, je me suis laissé bercer par les balles de la Winchester 73 et l'élégance de James Stewart. Et puis ce jour là, de retour d'une nuit sorbonnarde des plus agitées, j'ai gouté mon premier western spaguetti à la sauce Leone avec Ennio Morricone à la baguette.

    Harmonica mon amour. Un instrument qui diffuse un cri, un peu flou, illustrant quatre flash back. Une quête du temps perdu autour du thème de la vengeance. Et puis cette scène du début, sans musique, sinon celle d'une éolienne rouillée, de quelques gouttes d'eau tombant sur un feutre, d'une mouche à canon et de cache-poussières battus par le vent. Ensuite la musique des flingues et ce type aux yeux presque trop plissés, étrangement froid comme le plat qu'il va nous servir durant 2h55 minutes. Une tronche que j'avais déjà remarquée dans les sept mercenaires aux côtés de mes héros d'alors : Yul Brynner, Steve McQueen, Eli Wallach, James Coburn, Robert Vaugn, Horst Buchholz...

    Charles Bronson est devenu mon nouveau héros en quelques secondes. Juste après le départ du train qui le menait là sur ces planches de la station.

    Quelques années plus tard, autour d'une bonne table de l'ïle de la Jatte, l'immense barbu et bedonnant Sergio Leone me raconta qu'il s'était jeté sur le musicien à l'harmonica pour l'étrangler : Je veux que tu me transformes le son de ton instrument en cri humain ou je te tue ! J'avais un peu grandi et dans la vie, j'étais devenu critique de westerns. Entre autres.

    Et voilà le résultat. Monsieur Morricone, je voulais juste vous dire, en cette grise matinée de novembre, que j'écoute quotidiennement vos compositions. Comme de bien entendu, j'ai demandé à mes proches qu'ils diffusent cet air là, extrait aux forceps de l'harmonica de votre musicien, le jour de mon jugement dernier en espérant qu'il me conduise directement dans la chambre mortuaire de mes amis Henri Fonda, Charles Bronson, James Stewart, Cary Cooper, John Wayne, Eli Wallach, Steve McQueen, James Coburn et j'en oublie, forcément. Puisse-t-il m'accompagner dans ce grand espace temps délivré du mal en bonne compagnie. Quelques centaines de vierges par exemple. Pourquoi pas des romaines à la chevelure souple et bouclée comme celle de Claudia Cardinale que j'ai souvent caressée d'une seule main...

    En attendant Clint.

     

  • Continuité harmonieuse

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    C'est un flux, un discours qui s'insère dans le récit d'une histoire ancienne
    Celle de la beauté qui coupe le souffle
    L'épiphanie absolue et soudaine
    Mademoiselle rêve de vents
    De ranimer des volcans
    Elle déchire le tissu de la composition française
    Elle veut le Grand Style
    Tendu et brisé.
    Elle répugne à jeter l'encre dans l'expérimentation linguistique
    Et lui préfère l'intensité bouleversante de l'expérience
    Celle qui naît de la tension vers la Vérité
    D'un sens originel de la vie
    Et l'exprime à son corps
    Tour à tour demandant et défendant.

  • Yes he did

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    Barack Obama, 44ème président des USA.

    Les américains n'ont plus peur du Noir. Respect!

  • Ou vivre ou raconter

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    Le Gensollen gang en tenue de déménageurs (geuses)

    Sartre encore. Le vieux fumeur de concepts avait raison qui conseillait : Ou vivre ou raconter.
    J'ai préféré vivre ces instants d'installation joyeuse dans la nouvelle demeure cévenole du clan de Yann (à droite). Le père s'affiche en polaire rouge. La maman, à l'extrème gauche, est très bien entourée. On redoute le violon tsigane chez les Gensollen. Inversement, on n'économise pas les rires, les blagues, l'effort.
    Ils sont tout oreille. Tout sourire. Oui, je sais, je souligne, j'insiste. Je n'en suis pas encore revenu. Ce fut un honneur, très cher Yann, et une merveilleuse impression. J'y retourne bientôt. Pour eux et leurs nouveaux paysages. Ce beauty way dont j'ai été le témoin-réceptacle. Merci.
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    La Volpilière (Causse Méjean)

  • Le miel de l'inexpliqué

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    Un voyage dans le pays cévenol au gré du désir ou de la nécessité, même court, ça se digère lentement.
    Ils ont été si nombreux à le découvrir à petites lampées impressionistes. Sartre et madame Simone se plaisaient à s'y retrouver entre le chaos de Montpellier le vieux et les Gorges du Tarn. Histoire d'épouser leurs méandres et d'en rendre compte au passé simple. Le plus illustre de ces marcheurs, Robert-Louis Steveson, a légué son nom à un chemin sur les crêtes menant à Florac. Un autre océan pour ce conteur toujours en quête d'une galerie de personnages peu fiables, frères ennemis, parents hostiles, voire Deux cavaliers dans l'orage. Il faut être écrivain déraciné, ou errant comme le natif d'Edimbourg, à la recherche de l'ailleurs comme seconde patrie sans que toujours il oublie la première. Une ambivalence que nous retrouvons chez Melville et chez Conrad. Les Cévennes et ses causses viennent volontiers en aide à ceux qui font leur miel de l'inexpliqué.
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    En ces terres dénudées, épurées, la densité de population s'affiche à l'identique de celle de la Laponie. L'endroit se visite seul ou à deux silences partagés. L'orgueil devient vite un péché bien encombrant à ces altitudes. Le nous se conjugue au présent et l'avenir à deux mains qui suintent pas à pas de tendresses infinies. Les mots prononcés presque en chuchotant deviennent impitoyablement vrais, débarrassés des scories de la grande et fébrile agitation. J'y ai planté quelques panneaux imaginaires pour guider les pas des suivants et inscrits les mots de Flannery O'Connor qui ne me quittent d'une semelle : Ne cédez jamais à l'attrait fallacieux du pathétique.