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  • Ouvrez les yeux en 2009

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    Rien au réveil que vous n'ayez

    Rien au réveil que vous n'ayez
    Envisagé de quelque moue
    Pire si le rire secoue
    Votre aile sur les oreillers

    Indifféremment sommeillez
    Sans crainte qu'une haleine avoue
    Rien au réveil que vous n'ayez
    Envisagé de quelque moue

    Tous les rêves émerveillés
    Quand cette beauté les déjoue
    Ne produisent fleur sur la joue
    Dans l'oeil diamants impayés
    Rien au réveil que vous n'ayez

    Stéphane Mallarmé

  • Dans le rétro/viseur

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    Bernard Madoff, prestidigitateur militant, ex-directeur du Nasdaq. (Boston.com)
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    The logo of French bank BNP Paribas at its headquarters in Paris.
    BNP Paribas, has estimated its risk exposure to hedge funds
    managed by Wall Street money manager Bernard Madoff at up to Euro 350 million
    (US$466.9 million).
    (AP Photo/Remy de la Mauviniere)
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    Un ouvrier de chez Renault- Sandouville au chomage "technique".
    Travailler moins pour ne rien gagner.
    Et prendre une sacrée veste pendant les fêtes.
    (Photo Christian Ducasse)
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    "Nous vivons dans une époque où posséder un barbecue est synonyme de bonheur..."
    Jean Rochefort (sur France Culture)

  • Chez Beckett Dieu est (l')absent

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    La blonde de la rue d'Ulm, Paris 2008
    Photo Christian Ducasse

    Le jour brille un instant puis c'est la nuit à nouveau Samuel Beckett

    Chère Lidia, votre commentaire m'a fait réfléchir en ce jour de Noël...

    Demandez à n'importe lequel de nos universitaires ce qu'il pense de Dieu dans l'oeuvre de Beckett et il vous répondra tout de go: "Parler de Dieu dans l'œuvre de Beckett c'est parler d'un absent. L'absence est tout autre chose que l'inexistence: on pense à un absent, on peut fictivement s'adresser à lui, on l'attend, on le désire, on ressent même sa présence comme un manque, un vide pénible, une blessure; par contre l'inexistant n'éveille rien, et pas même l'indifférence. Chez Beckett, Dieu est absent, c'est-à-dire qu'il se manifeste de l'intérieur comme un manque: c'est le dérangement inexplicable de l'ordre. Ce dérangement, par delà croyance ou athéisme, suscite dans l'expérience qui en est faite une nostalgie renaissante, d'autant plus exaspérante qu'elle est considérée, par principe, comme sans objet; inguérissable - puisqu'elle est la conscience elle-même en train de s'approfondir. Les personnages de Beckett se sentent abandonnés dans une solitude qu'ils considèrent comme une injustice; l'œuvre se développe ainsi dans une atmosphère de revendication et de plainte, elle affirme le néant tout en s'emportant contre le néant: " Le salaud! il n'existe pas " s'écrie étrangement Clov (Fin de Partie, p. 76). Ce qui, par excellence, devrait exister trahit en n'existant pas: absence " active " qui hante et encombre l'esprit, interdisant la paix et la jouissance de soi."

    Il sont légions à se revendiquer "personnages beckettiens" autour de nous. Le plus souvent des adeptes du café-théâtre arpentant le boulevard des Filles du Calvaire, voire des singes qui transportent des mots douloureux de liane en liane. Hélas pour eux, quand on est chez Beckett on n'est pas chez Kafka.
    "Si Watt, Murphy, Molloy, Malone, et les autres... se désintègrent en effet, c'est sous l'effet d'un appel qui les propulse au dehors, les condamne à des quêtes ou des enquêtes, les oblige à se dire, à se chercher eux-mêmes - et s'ils ne cessent d'errer, c'est bien parce qu'ils ne trouvent pas une chose dont ils éprouvent un intense besoin. Existences non pas en décomposition mais polarisées par une attente ou un regret. La vie humaine se déroule sur une frontière indécise, à la limite de deux mondes: Je ne suis ni d'un côté ni de l'autre, je suis au milieu, je suis la cloison, j'ai deux faces et pas d'épaisseur ; saisissante métaphore de la conscience: une mince membrane que traverse par osmose un influx qui vient de  l'autre côté ."

    Lorsque je monte vers la grotte de Marie Madeleine je sais que ma vie, ici, n'est que le purgatoire décrit par Dante. Je marche lentement (parce que le chemin est très pentu) et je prends le temps de penser. De me demander si il y a autre chose. Vivre c'est attendre la vie, le silence même n'est qu'une écoute plus attentive, l'obscurité une occasion d'ouvrir plus grands les yeux. Nous sommes nés en état d'expectative - peu importent nos croyances: nous attendons la plénitude et nous ne pouvons vivre sans elle: La vie là-haut dans la lumière un peu de bleu petites scènes pour la soif pour la paix.

    lllusions sans doute! Mais illusions indispensables. Quand j'ai eu quinze ans, j'ai croisé l'irlandais chez Adamov, parlé longuement avec lui. Et je ne m'y attendais pas. (sourire)
    Chez Beckett, il y a deux façons de ne pas attendre : celle qui résulte d'une trop longue attente déçue et celle de l'homme actif, ou plutôt agité, absorbé par la vie présente. Celui-ci n'attend pas: il réalise. Il est plongé dans l'action et son activité le possède. Solidement enserré dans les structures du temps et de l'espace il ne se pose pas de questions, la vie l'entraîne en avant comme le courant les grains de sable; le malheur même et la misère ne réussissent pas à l'éveiller à lui-même.
    Puis débarquent ensuite ceux qui refusent la vitesse, l'action stérile, qui se posent un peu las jusqu'à arrêter le temps. Vladimir et Estragon ont au moins un but qui est précisément d'attendre et cela suffit pour les élever à un niveau supérieur:

    VLADIMlR: - Que faisons-nous ici? Voilà ce qu'il faut se demander. Nous avons la chance de le savoir. Oui, dans cette immense confusion, une seule chose est claire: nous attendons que Godot vienne.

    ESTRAGON:—C'est vrai.

    VLADIMIR: - [. . .] Nous ne sommes pas des saints, mais nous sommes au rendez-vous. Combien de gens peuvent en dire autant?

    Ps : Rude journée: Harold Pinter est mort. Le dramaturge anglais avait pris tout son temps pour nous aider à explorer le non-dit. Il vient de franchir la cloison et pourtant il connaissait l'odeur de la mort depuis si longtemps. (Je vous souhaite une bonne nuit)

  • En attendant God et la messe de minuit

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    Plan d'Aups la Sainte Baume

    Ce soir, je vais monter à la grotte de la sainte, comme chaque année.
    Marie Madeleine attire les foules depuis que le barbu écorché est né.
    J'aime bien les légendes, les contes, ceux qui ont foi en l'Homme.
    Ce que j'apprécie surtout, c'est marcher la nuit en cette forêt relique.
    Entendre des chants religieux, éclairés par un croissant de lune, des bougies
    dont le reflet sur le sol gelé éclaire nos pas.
    Oui, je vous l'assure, ça fait quelque chose au creux du coeur.
    Ils seront cinq cents au moins à monter à pas lents.
    Avec des lampes, un âne, un évêque, des tambourins
    et les domincains qui veillent au bon grain et mènent ce rite.
    Pendant la longue montée vers la grotte,
    je pense à ceux qui sont partis trop tôt, trop vite.
    Je souris à ceux que j'aime et ils ne le savent pas.
    Je pardonne à ceux qui trichent avec eux-mêmes,
    avec leur petit univers.
    Qui n'aiment que se leurrer.



     

    Joyeux Noël

  • La fille du père Noël

     

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    Es-tu ma mort
    Avec toi je suis nu
    Toi seule pourtant es nue
    Mes mains ont escaladé tes façades
    Jusqu'à la renaissance
    Et depuis, tu calmes la nuit dans la nuit
    Tu m'appelais je m'en souviens
    Rebelle et haletante
    Je ne quitte plus ta hotte
    Le corps rejoint le corps
    Pour toi j'ai chaussé mes bottes de sept lieues
    J'ai valsé sur cette neige infiniment patiente
    Je me suis mesuré à Rocco et ses frères en souriant
    Ta voix rauque libère des essaims de seins
    Tes draps ondulent de bonheur
    Les yeux ouverts les yeux fermés
    Je fais la lecture à tes fesses
    La lèvre est douce à la lèvre
    Au silence
    Les arbres les plus grands haussent la lumière
    Des forges respirent le ciel
    Tes hanches offrent des roses aux passants
    Les fenêtres sur cour anoblissent l'obscurité
    Les jours anciens étincellent
    L'amour fait du tam-tam sur les lignes des téléphones sans fil
    Les bonnes nouvelles sonnent à ma porte
    Le facteur Cheval rue dans mes brancards
    Je ne lui jetterai pas la pierre
    Il colporte la photo d'une gorge d'aumône
    Qui se change en rosée au petit matin.

  • Quoi de neuf en 2009 ?

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    Ben (par lui-même) souhaite de bonnes fêtes de fin d'année à Bernard Madoff

    Les banques françaises (et pas seulement suisses) aiment le secret. Pas facile de savoir à combien s'élève le chiffre de leurs pertes depuis la crise financière born in USA. L'argent des riches n'est heureux que lorsqu'il s'installe sur les bords du Lac Léman, les Bermudes, le Liechtenstein, sans compter la mer des Sarcasmes toujours turquoise et ses plages de cocotiers aux oeufs d'or. La moitié des échanges bancaires et commerciaux mondiaux transitent par des paradis fiscaux. Des millions de milliards d'euros, de dollars disparaissent dans ces trous noirs. Et mon banquier mutualiste me jure ses grands dieux que le Crédit Mutuel ne mange pas de ce poison là. C'est pourquoi, il me rappelle à l'ordre dès lors que je dépasse d'une poignée d'euros le découvert autorisé.

    De source sûre, il sait aussi que je n'ai pas une grande foi en ce système et que, tout petit déjà, je n'ai jamais pensé que l'argent faisait le bonheur... des pauvres qui vont rembourser durant des années les dettes accumulées par les plus riches.

    2009, année zéro ? Il paraît que le marché se régule toujours par lui-même comme le disait encore hier soir, sur une chaîne de télévision suisse, le comique croupier Guy Sorman.

  • Derrick, mon amour

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    Horst Tappert n'est plus

    Ah mon cher inspecteur, combien de somnifères as-tu su faire économiser à notre sécurité sociale? Combien de retraités as-tu su endormir pendant l'heure de la sieste? Combien de dentiers as-tu déchaussé? Imagine un peu les ravages que tu as pu causer dans les mâchoires qui tentaient de prononcer ton nom. Ah Derrick, au regard si doux de tortue des Galapagos, je pensais que tu étais notre immortel d'Outre-Rhin. Pendant presque vingt cinq ans, tes yeux de danseur de taverne munichoise ont donné le bon tempo aux stimulateurs cardiaques de toute notre belle Europe.

    Jamais un crissement de pneus de trop. La force tranquille de ta BMW rassurait les téléspectateurs. Du solide ton matériel. Ils t'auraient donner l'Alsace et la Lorraine sans confession. Peut-être même les Ardennes si tu avais insisté un peu. Moi qui a été élevé dans la haine du boche par un grand-père qui s'était tapé trois ans à Verdun sans oublier deux années de camps à Nuremberg après la drôle guerre, je me demande in fine si tu n'as pas fait plus pour le rapprochement de nos deux peuples que De Gaulle lui-même. Je n'oublierai jamais les décors bourgeois des intérieurs allemaniques dès que tu entrais en scène après le meurtre. Ensuite je m'endormais. Me restait plus qu'à me réveiller cinq minutes avant la fin pour vérifier si j'avais trouvé qui c'était le meutrier.

    Oh combien d'assassinats de femmes de notaires, de dentistes as-tu su élucider sans tambours ni trompettes de la Wehrmacht. Tu n'as pas défendu que les veules et l'orphelin. Tu as su ranger le bonheur dans une armoire de style wagnérien d'opérette tyrolienne. Tu vas beaucoup nous manquer toi et tes lunettes, Horst. Je n'oublierai pas de si tôt tes yeux bleus comme un puits de pétrole sans fond.

     

  • Et la lumière fuit

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    Ah madame, imaginez ma peine. Il pleut sans relâche depuis deux jours. Ajoutons à cette eau celle de la neige qui était tombée abondamment les jours précédents. Le lac s'est formé en fin de journée. Les routes sont coupées et aucune diligence ne peut traverser les flots à gué. Ma lettre reste à demeure alors que mes mots sont suspendus à votre indulgence. Nous manquons cruellement de bougies aussi j'ai décidé de vous écrire en installant mon secrétaire devant l'âtre. Seules vos lèvres, votre gorge, pourraient ranimer ma flamme. J'imagine vos doigts agiles extirper mon épée de son fourreau. Dehors, la nuit aboie sous les feuillages; le vent agite les aisselles rousses des chênes. Ah ma mie, qu'il me sied de vous savoir à l'abri près du Palais de notre sainte Eglise. D'imaginer au delà de mon silence les effets de ma langue incomprise sur vos reliefs tant désertés. Cette belle langue dont je me sers pour épouser vos méandres, maîtriser mes mots de loup affamé. Je m'invente des fables pour meubler votre douloureuse absence au plus fort des forêts livres. Je vous écris sur des pages de lumière plus fauve que Sauvagine quand elle court vers les étables. Je glisse ces quelques mots à la plume pour clore ce silence. Demain la neige allumera sa lampe contre les hanches des dormeurs.
    Le temps ne me permet pas de me livrer à vous, Madame, aussi dirai-je au plaisir ou au besoin de vous écrire, je commence par vous supplier de m'entendre. Je sens que pour oser vous déclarer mes sentiments, j'ai besoin d'indulgence; si je ne voulais que les justifier, elle me serait inutile. Que vais-je faire après tout que vous montrer mon ouvrage d'un coup de braguette magique? Et qu'ai-je à vous dire, que mes regards, mon embarras, ma conduite et même mon silence ne vous aient dit avant moi? Eh! pourquoi vous fâcheriez-vous d'un sentiment que vous avez fait naître? Emané de vous, sans doute il est digne de vous être offert; s'il est brûlant comme mon âme, il est pur comme la vôtre. Serait-ce un crime d'avoir su apprécier votre charmante figure, vos talents séducteurs, vos grâces enchanteresses, et cette touchante candeur qui ajoute un prix inestimable à des qualités déjà si précieuses? non, sans doute; mais, sans être coupable, on peut être malheureux; et c'est le sort qui m'attend, si vous refusez d'agréer mon hommage. C'est le premier que mon cœur ait offert. Sans vous je serais encore, non pas heureux, mais tranquille. Je vous ai vue; le repos a fui loin de moi, et mon bonheur est certain. Ah! dites un mot, et ma félicité se mesurera en centimètres. Mais, avant de prononcer, songez qu'un mot peut aussi combler mon malheur. Soyez donc l'arbitre de ma destinée. Par vous je vais être éternellement heureux ou malheureux. En quelles mains plus chères puis-je remettre un intérêt plus grand, toujours plus grand?

    Je finirai, comme j'ai commencé, par implorer votre indulgence. Je vous ai demandé de m'entendre; j'oserai plus; je vous prierai de me répondre. Le refuser, serait me laisser croire que vous vous trouvez offensée, et mon cœur m'est garant que mon respect égale mon amour.

    P-S. Vous pouvez vous servir, pour me répondre, du même moyen dont je me sers pour vous faire parvenir cette Lettre ( un pigeon voyageur); il me paraît également sûr et commode.

    (Avec l'aimable participation du DJ Laclos)

    17000 personnes ont été privées d'électricité aujourd'hui dans le Var et 10.000 le sont encore à 22h30.

  • L'homme de toutes les soifs

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    Voulez-vous danser avec moi, ce soir. Z'êtes mannequin y parait, on s'en fout de la taille, pas vrai?

    L'idée géographique du désert, pour sévère qu'elle soit, peut rassurer, stimuler, fasciner ceux et celles qui se sont lassés d'un monde surpeuplé, suractif, à la fois constructeur et destructeur, techniciste en un mot. Pour ceux qui traversent le désert affectif, amoureux, il convient d'avoir pour compagnon mon ami France (son prénom), l'homme de toutes les soifs. Il habille de fraternité, de convivialité, de jovialité les espaces les plus désolés. Ceux qui parfois désertent la tribu, qui tentent de remonter à leur source se doivent de prendre un verre avec cet Astérix/Obélix burgond qui résiste au morne silence et à tous les fantasmes de solitude humaine. Pourtant l'homme vit seul depuis la mort de sa belle-mère qu'il souhaitait emmener jusqu'à cent ans. Il a perdu la partie, à un an près. Ne lui restait plus que sa chatte comme compagne de route, celle qui traverse presque sa cuisine tant sa maison touche au goudron...
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    Quand un chef d'orchestre venu d'Autriche rencontre un ouvrier métallurgiste, le sourire sonne juste.


    Il a suffit du pare-choc d'un chauffard pour mettre à terre l'histoire, entretenue avec soin, d'un homme et son chat:
    Tu sais mon fifi, cette bête là était formidable. Tu n'imagines pas l'amour qu'elle m'a donné. Ch'sais ben que ça peut faire ironiser certains mais tu sais comme j'aime le monde, comme j'aime les bêtes. Tu sais, j'l'ai mise dans son petit cercueil et pis d'main j'vais l'enterrer dans une place au jardin où j'l'a verrais tous les jours...J'vais l'aimer encore pendant longtemps; elle en a pas fini avec moi. Ch't'l'dis moi !
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    Et pour faire bonne mesure, le pointeur (au micron près) a dansé avec la femme du chef d'orcheste, une cantatrice internationale.


    Il y a des gens comme France qui, d'un sourire, meublent nos déserts modernes. Qui sont envisagés comme un remède à l'invivable condition humaine. Avec eux, le désert le plus vrai n'est pas invincible. Ce soir, les larmes de France ont coulé. Demain, une oasis va pousser là où elles sont tombées entre la porte de sa cuisine et le goudron.

  • Deux poids et démesures

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    La neige parfois recouvre les plaies de notre purgatoire.
    Dès les premiers rayons du soleil ressurgit l'opacité du corps.
    L'âme en bandoullière devient alors excès de ce corps.
    Une longue marche vers les éboulis provoqués par la fonte des cristaux
    n'autorise même pas une purification.
    Cet après-midi, je contemplais le spectacle de cette nature
    qui s'offrait devant mes fenêtres dans le plus simple appareil.
    Et j'avançais dans mes pensées en aveugle.
    Avec cette lancinante question accrochée à mes brodequins:
    Pourquoi sommes-nous affamés de tout?
    L'écho, dans la montagne, me renvoyait à une autre question:
    Sommes-nous en manque de tout?
    Et Dante dans tout ça ?
    Lui qui, comme l'écrivait Sollers il y a fort longtemps,
    s'achemine par ruptures successives vers la racine d'un langage
    échappant à la culpabilité.
    Pourtant, le corps de Dante était bien chargé en enfer.
    Sur les pentes du purgatoire ma décision fut prise.
    La flamme de l'amour ne peut pas prendre dans un corps qui s'enracine volontiers en enfer.
    Fin de partie.
    Beckett, reviens, ils sont devenus chiants tes prétendus disciples
    aux paroles volantes qui vont et viennent comme des feux follets!
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    Depuis mon balcon, j'ai ensuite pensé à toi cher Sam,
    Toi qui tourne des reportages autour du monde avec Sylvain
    afin d'y piocher quelques espoirs pour nos lendemains planétaires.
    Je songeai aussi à cette vue imprenable sur ce bidonville de la capitale du Bangla dèche.
    La misère sur pilotis de fortune.
    Que pensent-ils, là-bas de l'anorexie qui est vantée sur des milliers de sites web
    en Amérique par des jeunes femmes dans la fleur de l'âge?
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    (Photos du Bangladesh par Samuel Nissim)
    Je pense qu'il aurait été injurieux de leur demander à ces dames.

  • Sur la route de Bombay

    Le viking débarque ce soir en Inde.

  • Tango (pas très) catolico

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    Le duende rythme les mouvements de son bassin
    Lorsqu'elle arpente le haut du pavé
    J'ai regardé au fond de ses bleus yeux
    Senti qu'elle était une lumière de moi
    Hibernatus recherchait Ibère désespérement
    Pour quatre saisons depuis son retour d'enfer
    L'automne nous a arrêté
    De peur, je comptais mes doigts
    Bandais sous le néon
    J'ai ouvert mes veines
    Recherché la morsure de la banderille
    Dessiné mon souffle
    Sur sa bogue de femme
    Aux reins cathédrale
    Duende, duende...
    J'ai vu qu'elle était l'eau
    L'origine
    Qui se penche sur le devenir du monde
    Elle a frappé ma poitrine avec son coeur
    J'ai escaladé les marches menant à ses sourcils
    Juré que je lui laverai les pieds
    Que je créerai la verdure et la joie
    Qui croissent entre ses seins
    Je suis entré dans son palais
    D'un coup de langue
    Elle effaça l'inscription de mes fautes anciennes.



  • "No chairs disparues"

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    Exposition “NO CHAIRS DISPARUES”
    C’est avec plaisir que je vous attends ce week end


    Code 8A256 ( mais à priori, il ne fonctionne pas)


    Metro :  Menilmontant
    Bus   :  96 arrêt julien Lacroix

    A bientôt


    Phédia Mazuc.

    www.phe-no.blogspot.com

     

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    J'apprécie beaucoup les silences, les absences de Phédia Mazuc, artiste peintre, photographe de compositions mélancoliques à la sinueuse architecture toujours inscrites dans la validité des signes pluriels sans cesse attaqués par la rouille du temps universel.
    Phédia, reine de Ménilmuche, fonde son travail, comme disait Borges, sur la croyance qu'une image une fois forgée constitue un bien public.
    Autant d'images fluctuantes, d'expressions floutées, indéterminées dont on sent le souffle derrière un voile insistant au delà de l'horizon du "dicible".
    Son langage visuel se montre intransitif et satisfait de l'être, d'être, tout simplement. Souvent, il réclame un complément d'objet. C'est alors qu'elle devient brocanteuse de la représentation. Un langage que Phédia parvient à saisir mais qui lui échappe, toujours.
    Ses créations disent la vie.
    Parisiennes, parisiens, courez-y vite à son atelier! Le bonheur s'est glissé sous son paillasson d'une manière illicite.
  • Farewell

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    Photo Dmondmon (Vivill)

    One day when I was walking down Bond Street thinking how impeccably dressed I was in a well cut brown suit, a very distinguished-looking man shouted at me, ‘People like you ought to be shot!’”
    — Cecil Beaton


    Madame, Monsieur

    As a number of you already know I have recently accepted a position with another company and will be leaving at the end of this week.
    Please accept this to be my sincere goodbye to each and every one of you.
    In all honesty I am leaving Liborius with mixed feelings; happy about my new career opportunity but regretful to be ending such a great chapter in life where I gained so many important experiences.
    The last two years as Art director/buyer of the boutique was the best period of my career so far. It was most fulfilling both professionally and personally.
    I can only wish that my new adventure in India will give me such rewarding experiences and supportive friends.
    Thank you so much for making my time at Liborius a truly enjoyable one.
    I invite any of you who would like to keep in touch, to write before I leave Iceland next thursday. I will be happy to give you my new e-mail co-ordinates.

    Sincerely,
    Jóhann Meunier

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    (Photo by Snorri)

    Johann, mon étoile, tu es le premier a éclairer mes nuits...
    Bonne route.