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  • Tel père, tel fils ;)

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    Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,

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    Mais, dans l'œil du vieillard, on voit de la lumière.

    Victor Hugo

    (Photo Chloë)


  • Les mots en queue de poison

     

    Un mot entraîne l'autre dit la sagesse populaire.

    Et si je ne suis pas sage la machine s'enraye comme dans la pièce de Nathalie Sarraute: "Pour un oui, pour un non".

    Il suffit d'un mot, d'une phrase suspendue à deux pinces composées de trois petits points.

    "C'est... bien...ça !"

    Dans la pièce de madame Sarraute, donc, tout son théâtre repose sur l'examen narquois de l'infime dans le vocabulaire.

    Je me souviens d'avoir apprécié chaque petite goutte de poison distillé grâce à cette belle machinerie verbale. Sami Frey et François Balmer en étaient les protagonistes.

    J'avais raté la même avec Jean-Louis Trintignant et André Dussolier. Peu importe. Il s'agit d'un identique grain de sable qui provoque toujours une montagne de malentendus entre deux amis.  Durant toute la pièce, ils vont tenter de dissiper le quiproquo qui les a séparés. Il est né d'un léger accent, sans doute ironique. Au premier qui avait bénéficié d'un honneur quelconque - un voyage en Amérique du Sud pour une brochette d'écrivains - le second s'était borné à répondre par : C'est...bien...ça !

    Les spectateurs prennaient parti pour l'un et l'autre, et inversement, d'une minute l'autre. Tout ça pour presque rien. Un compliment, en tout cas, mal interprêté. Une amitié de vingt ans remise en question pour une faute à peine verbalisée.

    Le second a juste installé entre chaque mot un suspens mal enregistré par le radar d'un hypersensible qui y avait distingué beaucoup de mépris.

    A tord ou à raison, quelle importance?

    Ce n'est qu'un prétexte pour un réglement de comptes avec soi-même.

    Il éclate souvent au nez des menteurs que nous sommes.

    Que je suis surtout, prompt à jouer la comédie humaine (et pas des sentiments, je précise) sans perdre de vue mon implacable intérêt.

     

  • Le Barça, enfin

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    Gracias les petits (AFP)

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    (AFP)

    Thierry Henry, collectionneur de victoires...
    Ce soir, il devient le joueur français le plus titré depuis Zidane et Kopa.

  • Les égouts de l'amertume

    Quantité de blogeurs m'épatent. Grâce à eux et au bruit qu'ils font sur leur clavier, les choses se remettent à leur place. Souvent les décors semblent être copiés-collés depuis le grenier de Roger Hart et la mise en scène de leur moi vaguement brûlant digne des Chorégies d'Orange. Bref, du Wagner chez Louis II relooké Conforama, javélisé grâce à la Croix et la Bavière; ça se termine le plus souvent mal comme dans une chanson de Renaud: ta...ta...ta !

    Mon tout dans cette prose lourdement symbolique de la grande routine humaine, semée de clichés, marquée au coin de la prétention intellectuelle, avec son quota de casseroles issues de l'analyse ("Lacan dans le sexe") et où l'action patine dans la semoule jusqu'au bar des naufragés volontaires. Pour les idées, pas mal de marmites que l'on croyait depuis longtemps à la casse.

    Le catalogue numérique, cousu de fil blanc, doit laisser à penser au lecteur qu'il est devenu l'intelligent du village virtuel, et ce malgré lui. Ces besogneux de l'écran plasma voudraient faire oublier qu'au siècle précédent les véritables inventeurs ou rénovateurs de formes - de Proust à Svevo, de Céline à Faulkner - ont mis au point leurs procédés malgré eux. Sans trop y penser. Il suffit de tapoter des tapuscrits. D'ouvrir au monde son journal intime:

    J'ouvre mon frigo. Il est vide. Je le referme et me dirige vers le placard. Une boîte de cassoulet trône sur l'étagère. Je pense à Mathilde. Où se trouve l'ouvre-boîte bordel? Ah Mathilde, comme j'aimerai te culbuter sur la table IKEA. Je m'en souviens comme si c'était hier. Au jour d'aujourd'hui, je suis dans l'impasse. Je perd la boule de cristal. Je relis Anna Gavalda, en boucle. Mathilde, si c'était à refaire, je ne t'offrirais plus mes chemises rayées Hugo Boss à repasser...

    Mathilde, je crois que je vais rejoindre une ONG humanitaire qui envoie des bouquins aux écoliers burkinabés.

    La technique informatique permet tout; c'est à ça qu'on la reconnaît. Somme toute, cette technique multimédia, ce n'est jamais qu'une façon de négocier le tournant de l'impossiblité d'écrire...

     

  • Il fait chaud à n'y pas croire

     

    Perle et moi lançons un SOS pour faire en sorte que la température baisse.

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    Je relis ce jour un passage du livre d'Annie Dillard (Pilgrim at Tinker Creek)
    qui relate cet étrange comportement d'une tribu indienne dans l'Ouest américain:
    L'une de ses sécheresses qui reviennent tous les neuf ans a frappé le secteur et les canyons se craquellent comme des cosses.
    Une houle de chaleur monte de l'asphalte : pas étonnant qu'il courre l'oiseau coureur.
    Montre-lui un coin d'herbe fraîche à ce volatile et il se prélassera jusqu'au jour du jugement dernier.
    Arrive un camion qui traîne un pavois de poussière, une camionnette Ford et le gars fait marcher ses essuie-glace.
    Sans doute un poivrot me dis-je; il n'y a pas un nuage.
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    Et puis voilà qu'une vieille Mustang débouche dans le virage,
    couverte d'un manteau de boue, pleine de chiens,
    et les essuie-glace marchent,
    les essuie-glace marchent avec un bruit de sabots sur le pare-brise.
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    Je me dis que le soleil a du me brûler les yeux;
    j'ai des éblouissements, la chaleur m'a épuisée, je délire.
    Je double une Chevrolet, croise une Oldsmobile58, et tout est normal;
    puis voilà qu'arrive un godelureau dans une Pinto, et les essuie-glace marchent,
    se précipitent d'un bord sur l'autre comme des danseurs.
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    Ce soir là dans un motel de Moab on m'a raconté toute l'histoire.
    C'est une mode maintenant, depuis quelques années, qui sévit parmi les Indiens cinglés du coin.
    Ils mettent en route leurs essuie-glace dès que la terre commence à avoir besoin d'eau.
    Une espèce de moulin à prières !
    Stupéfaite j'étais !
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    Nous vivons dans un monde de miroirs bordés d'un horizon de trous et de déformations, de piquets au milieu de monceaux élevés de mirages, d'empilements, de meules de lumière mouvante.

    Les moyens que cet écrivain, et d'autres semblables à elle, suggèrent sont parfaitement clairs.
    Le lecteur est constamment invité à examiner l'organisation de la structure, la nature de la surface,
    et à s'interroger sur la manière dont elles sont advenues.
    Lire Annie Dillard c'est la prendre sur le fait - c'est à dire exactement comme elle s'y attend.





  • Dance with me ! (commentaire)

    De retour du pays des roses...

    Oui Lilie, je les ai bichonnées, caressées, humées. J'ai, par ailleurs, beaucoup tondu, désherbé, taillé. Donc, j'accuse quelques douleurs au niveau des lombaires comme si je m'étais égaré dans Germinal, cher Simon. Une couleuvre a même traversé la haie pour admirer le travail. Ne vous faites pas plus sotte que moi Constance. Je suis imbattable en sottises. J'ai dans mes bottes quelques centaines de km: 627 exactement sous une température insolente. Surtout dans la cuvette lyonnaise.

    Fourbu mais ravi, je vais dormir ce soir sous le ciel étoilé provençal et rêver de la Bourgogne où j'étais prince jardinier...ce matin encore. Je trouve que le retour fut plus long que l'aller. En fait, je sais pourquoi. Demain, il fera jour Bougrenette. Moi aussi je te bise. Dana, princesse roumaine, le poète a toujours raison. Enfin, presque toujours. Passagère havraise, la photo montre la vue sur la montagne bleue de Lure, depuis la Sainte Baume. Il me suffit de m'élever un peu le soir et hop.

    Merci Mélie d'avoir fait diligence. Mesdames et messieurs, cette fille a une belle personnalité (une double).

     

    Bisous à tous et bonne nuit. Et pour accompagner vos songes ce petit extrait godardien et dansant.

     

  • Le soir tire son épingle du jour

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    Quand le jour n'est pas encore le crépuscule
    la distance rend les montagnes bleues
    et la lune se distingue.
    Le pin s'auréole d'une guirlande éphémère.

    On admire toujours d'autant plus qu'on observe davantage
    et qu'on raisonne moins disait Buffon.

    Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire
    répondit l'écho. Ici Boileau.


  • C'était mieux après

     

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    Avant, je me tapais tous les festivaux : Cannes, Avignon, Bourges, les Francofolies, Juste pour rire à Montréal, le festival de jazz à NY, Les étonnants voyageurs à Saint-Malo, Mozart (est là) à Aix...et j'en passe. J'ai même plongé ma Clio dans la piscine miraculeuse de Lourdes avec l'espoir d'en ressortir avec des pneus Michelin neufs. Souvent, donc, je me suis levé de très bonne heure à Cannes pour assister à la projection de 8h00 du matin et ensuite je me précipitais à la conférence de presse de Fellini, Godard, Wong kar-wai, Tarantino...

     

    Aujourd'hui, je préfère jardiner. Je suis fier de partir pour ma Bourgogne et y retrouver mon tracteur tondeuse. Dans le tondre tout est bon !


    (Françoiz Breut)

     

    J'aime voir la vie défiler kilomètre après kilomètre. Elle se révèle toujours être ailleurs, pour qui veut la saisir en deçà ou au-delà des médiations et des connexions. C'est la lumière des villages qui défilent à douce allure. C'est l'endroit où l'on voudrait habiter mais où l'on n'habite pas, c'est parfois la fête. J'aime à retrouver quelques amitiés durables. Flairer les mesquins, les flatteurs, les narcissiques-léninistes, les faux-culs gentils qui traitent l'autre de crétin à peine qu'ils se traitent.

     

    Comme il est dit dans l'évangile, seul celui qui est prêt à perdre sa vie peut la trouver et la sauver.

     

    In fine, dénicher ce qui n'existe que dans le mot Désir.

    (à pluche)

     

     

  • Question amere

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    Comment une éthique peut-elle vivre sous un ciel vide ?

  • Silence

     

    La famille de Nathalie de Mazaugues ne souhaite plus que son grand chagrin soit exposé sur ce blog. Je retire donc tous les articles et commentaires qui y étaient reliés. Merci à tous d'avoir dit votre émotion pour le partage et la fraternité. Par respect pour les très aimés de Nathalie, je propose que sur son absence, nous fassions désormais, silence.

     

  • Je fais ce qui me plaît

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    Tulipa Australis (Sauvage) poussant autour de la maison rouge

    - Oh BT, qu'est-ce tu fais putaing, tu travailles ?
    Hein !
    - Et ouais, on dirait que tu travailles ?
    Quoi ?
    - Branche ton sonotone que je te murmure à l'oreille, vieux canasson!
    Ouch !
    - Je te demandais pourquoi tu travailles, culé ! C'est le premier mai.
    Hé ouais, bordille, je jardine. Pourquoi tu me casses les couilles?
    - C'est le premier mai, je te dis !!!!
    Hé bé, quoi le premier mai !?
    - C'est la fête du travail...
    Ah, et bé bonne fête, gary, je croyais que t'étais au chômage.
    - Ben ouais, je suis au Semic.
    Alors bonne fête, mon petit. C'est Byzance.
    - Nan, c'est pas Byzance, c'est régalade aujourd'hui. Y sont des millions à manifester aux quatre coins de l'ézagone.
    Super ! Un hexagone, c'est un polygone à six côtés et six sommets, gary )
    - Oh papy, je m'en branle de l'ézagone, ça s'arrose le premier mai...non ?
    Ouais. Viens, viens, j'ai du Vacqueyras à la cave.
    - Du Vacqueyras, taing, tu t'emmerdes pas...oh, mon vier madame Olivier, je veux bien, oh !
    Allez, ha, viens, on va trinquer à la santé de monsieur Bruni.
    - Oh, t'y es fada, je trinque pas à la santé d'un nainculé ! Je suis t'un fou mais pas complètement bringue, quand même.
    Hé bé, on n'a qu'à trinquer à la santé des gars de Caterpilar si tu veux. L'important c'est de trinquer...
    - Oh papy, t'es un peu trop relaxe côté bulbe rachidien, non ?
    Hé, je suis comme le temps, je fais que passer.
    - Nan mais je veux dire, on t'a connu plus révolutionnaire dans le temps.
    Dans le temps, j'étais un branleur comme toi.
    - Un branleur, un branleur, mais t'y as toujours bossé, je veux dire.
    Hé ouais, j'ai bossé tranquille.
    - Mais aujourd'hui, old slip, on bosse plus, taing, on chômeu. Les patrons, tous des nainculés, je veux dire ! Y s'en mettent plein la gueule...
    Taing, t'y es un philosophe toi !
    - Hé ouais, y'en a marre de se faire niquer. Et qui c'est qui va payer les traites ?
    Ma foi, le Crédit-Mutuel, je sais pas moi.
    - Qué Crédit-Mutuel, c'est tous des nainculés. Y s'en mettent plein les coffres et c'est nous qu'on paye leurs stocks lotions de perlinpinpin. Je veux dire, c'est toujours nous qu'on passent à la caisse. Tu vois ce que je veux te dire. Taing, il est bon ton vin. C'est pas un vin de tapette !