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  • Chambre avec vous

     

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    Enfermé dans sa chambre, l'écrivain fouilla dans les recoins de sa mémoire
    se félicita d'une proximité retrouvée avec l'enfance.
    Un travail d'archéologue du quotidien fut d'abord nécessaire.
    Puis vint le temps de faire l'éloge du précaire,
    de rassembler les éléments du vocabulaire conquis à rude épreuve.
    Il s'agissait pour lui d'identifier certaines traces magiques
    en laissant son âme plonger dans l'asphyxiante touffeur des familles.
    Dans ce lent parcours, l'écriture s'était nimbée
    d'une saturnienne mélancolie que tempéra le léger bruissement de l'humour.
    Soudain la pièce toute de bois vêtue s'allongea,
    libérant tous les objets, ces éléments humbles, tout droit sortis de sa cave.
    Tous lui adressèrent une oeillade complice et ludique.
    C'était des quilles, un grelot, une bille ou un calot qui lui suggérèrent les jeux de son enfance.
    Mais aussi la pomme de pin du temps passé,
    précieux trophée rapporté d'une promenade solitaire.

     

  • Le bougeoir du crépuscule (Char)

     

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    La lumière a un âge (René Char)
    xx

    Plus forte que leur opposition visible est l'harmonie invisible qui unit la lumière aux ténèbres.
    Telle est la leçon (héraclitéenne) que donne à voir la peinture de Georges de la Tour.
    Le temps d'un clin d'oeil.
    Examinons cet état intermédiaire ou jour et nuit font l'épreuve de leur secrète alliance.
    Quelle est la ligne de partage de l'ombre et de la lumière?
    Cette ligne blanche pouvant tout aussi bien signifier l'issue de l'aube
    que le bougeoir du crépuscule. (Char)
    xx
    Il n'y a pas de jour "à part soi", ni de nuit " à part soi",
    mais c'est la coappartenance du jour et de la nuit qui est leur être même.
    Si je dis seulement : jour, je ne sais rien encore de l'être du jour. 
    Pour penser le jour, il faut le penser jusqu'à la nuit et inversement.
    La nuit est le jour comme ayant décliné.
    Ce qui est vraiment n'est ni l'un ni l'autre, mais la coappartenance des deux,
    le milieu inapparent de l'un et de l'autre.
    (Heidegger, 1966 premier séminaire improvisé au Thor
    consacré à Parménide et à Héraclite)
  • Drôles de drames

     

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    Deux disparitions le même jour. Hier après-midi l'une des drôles de dames, celle que je préférai bien sûr, s'est envolée.  Charly, je peux vous l'avouer, c'était moi. Et juste avant minuit, heure française, France-info m'apprend que Bambi a eu une crise cardiaque. Cinq minutes plus tard, le journaliste annonce sa mort au conditionnel. Puis au présent.
    Je n'ai pas envie de me relever pour tapoter quelques mots sur ce blog. Le sommeil l'emporte. Pourtant je me dis que ces deux-là vont faire faire la une des gazettes. Que bien sûr la mort du premier noir à avoir dansé sur la lune va occuper le devant de l'affiche au détriment de la vraie blonde. Juste avant d'être emporté par Morphée, je me suis dis que les quolibets allaient pleuvoir sur le premier artiste global privé d'enfance par un papa dictateur.
    Et ce matin, je me suis branché sur toutes les radios jusqu'au moment où, sur France Inter, Alain Finkielkraut se demandait bravement pourquoi "de Tokyo à Londres, tant de gens allaient être affectés par sa mort."
    Oui pourquoi? Le philosophe ne préfère pas se demander comment un jeune enfant noir est devenu une sorte de Fred Astaire planétaire en défiant les lois de la pesanteur, en renouvellant la chorégraphie instituée par un James Brown, l'écriture des vidéos-clip, en devenant le premier chanteur noir à être accepté par toute la planète. Il en est même devenu blanc de peau ne voulant plus être un noir, contrairement à Nougaro.
    Un inventeur, un travailleur acharné, un petit génie de la scène devenu roi de la pop. Rien que ça.
    Cracher sur sa tombe tient du superflu. Mieux vaut s'interroger sur l'essentiel, le secret de son génie.
    La peur d'une biographie ajoute une crainte à la mort (Oscar Wilde).
    J'attends avec impatience celle écrite par mon ami Olivier Cachin sur le petit Jackson qui avait toujours refusé de grandir.

     

     

  • BT marabout et grosses ficelles

     

     

    Cher docteur BT, cela fait cinq ans que ma femme et moi gérons notre couple de notre mieux. Depuis la crise financière nous n'avons plus de désir. Que faire ?

    Je vous propose d'écouter (en boucle) la chronique boursière sur France Info.

    Pensez vous, docteur BT, que ma rencontre amoureuse puis une vie commune de vingt ans a fait place après divorce de ma part à l'abandon (mon ex épouse est partie du domicile plusieurs années en vivant avec ma fille déjà fiancée).. De sa part elle ne voulait plus de dépendance. Aujourd'hui j'ai peur de trop souffrir en vieillissant. Pourtant nous étions parti sans calcul.

    Bigre! Je suis marabout et non docteur. Votre affaire me semble bien compliquée. J'ai un peu de mal à comprendre qui couche avec qui là. Quoiqu'il en soit, si vous disposez d'un ordinateur bien équipé, je vous conseille de cliquer sur "calculatrice" puis de compter avec vos dix doigts votre pourcentage de dépendance au vieillissement. En cas d'échec, je vous recommande d'habiter au sommet d'une tour HLM et ensuite de sauter du balcon; un dimanche matin et de très bonne heure afin de ne pas blesser quelqu'un.

    Jolie quadra, je ne vis que des aventures sans lendemain..ne croyez-vous pas que les hommes ont changé et que le couple ne les intéresse plus ?

    Ne remettez plus à demain ce que vous devez faire impérativement le surlendemain ! Et puis, tout à fait entre-nous, il faut bien que les hommes (se) changent pour que rien ne change.

    Bonjour,
    Depuis plusieurs années j'aime une collèque de travail, mariée comme moi et ayant des enfants. Elle m'a avoué un jour qu'elle n'aimait pas son mari, âgé de 13 ans de plus qu'elle. Elle m'a déclaré son amour mais refuse des relations sexuelles avec moi. J'ai décidé de ne plus la revoir mais elle continue à me rappeler. Que faire docteur love marabout BT?

    Téléphonez à votre agence EDF et demandez leur de couper le courant !

    Cher BT, je suis célibataire depuis trois ans et pourtant je suis parfaite. Alors, la faute à qui?

    Vous devriez en parler avec votre père.

    Toutes mes amies sont mariées et moi je vis seule. Rencontrer quelqu'un est-il un facteur chance ?

    Faites vous embaucher à la Poste, vous verrez bien !

    Dans "A la recherche du temps perdu", Proust dit souvent qu'il faut feindre l'indifférence à l'égard d'une jolie femme pour que cette personne s'attache à nous. Qu'en pensez-vous?

    "Laissez les jolies femmes aux hommes sans imagination" et abonnez-vous sans tarder au magazine des retraités de l'amour : "Le temps retrouvé".

    Doc BT, je soupçonne ma main droite de me faire quelques infidèlités. Que dois-je faire?

    Adhérez au PS et votez pour votre main gauche!

    Bonjour ! Le célibat, dit-on, se résumerait à une trop grande exigence sur le/la partenaire souhaité(e) et/ou une trop grande place laissée à sa carrière professionnelle et/ou l'existence de barrières personnelles ?...Et lorsqu'on a quelques idées sur l'homme/ la femme qu'on désire sans cahier des charges imposant (exemple : ne pas vouloir d'un conjoint colérique et autoritaire car son propre père l'était), que le boulot ne prend pas autant de place dans sa vie et qu'on a fait une thérapie de plusieurs années ayant "guérie" ses plus grandes névroses ?
    Bref je connais des personnes, hommes et femmes, ayant du mal à rencontrer (j'en fais partie) car c'est tout simplement difficile de se rencontrer physiquement !
    Lorsqu'on sort dans les bars on ne s'accoste pas forcément chacun étant avec son groupe, tout le monde n'est pas friands des sites de rencontres, le stock d'amis est souvent épuisé, lorsqu'on travaille dans un milieu très féminin en tant que femme ou masculin en tant qu'homme la rencontre avec le sexe opposé est très difficile également...de faux prétextes me direz-vous ?
    Merci de votre réponse ! Marie

    Heu...Marie, je vous suggère d'acheter un sextoy puis d'y glisser un peu de confiture dessus et enfin d'enculer les mouches avec.

    Monsieur BT, j'ai un blog comme vous et j'y raconte mes aventures sexuelles (C'est bon pour l'audimat ;).J'ai notamment raconté ma dernière aventure avec trois hommes qui m'ont fait jouir durant cinq heures. Je n'ai même pas honte. Est-ce normal?

    En amour, comme en cent, la notion de normalité est très personnelle. Si un jour les jeux Olympiques du sexe se déroulent en Afrique, je vous recommande vivement d'y participer. N'est-ce pas là l'essentiel ?

     

  • L'éventail céleste du temps

     

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    Nouvelle saison
    Les fruits sans boue, sans rosée ont tout leur goût
    Le Mistral souffle les bougies annonçant le retour de l'été
    Les herbacés portent les ferments de sa grandeur
    C'est le retour des arômes frais
    Chantant comme un bouquet de thym.
    Le moment est venu de grandir, braver, oser (Colette)
    De raconter l'aube retrouvée
    Cet amour de l'harmonie familière et quotidienne
    La capacité d'être satisfait et heureux de cette répétition toujours neuve
    De ce qui fait le charme du passage du temps:
    Regarder, se promener, construire, lire,
    Se mettre à table dehors sur la terrasse
    Entouré de visages chers
    Parler, se rencontrer, s'aimer, être amis.
    Penser à ceux qui,
    de cette harmonie,
    sont exclus.
    (Photo Jean-Yo des bois)

     

     

  • Un pays de silence

     

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    Photo Mélie
    Un pays où coulent lentement le goudron, les graviers cousus d'herbes folles,
    la voie royale qui ignore les aboiements des pneus,
    les papiers gras, les gares qui mettent les cygnes sur le bon rail.
    C'était la ruée d'une poignée de sauvages venus des quatre coins de partout.
    France se demandait si tous savaient tendre une oreille immobile
    le soir autour de la table ronde.
    Prenant le pouls du chevaleresque.
    Du convivial sous roche.
    Au bord du pays de silence l'on sentait un petit froid
    quand, à la fin de la promenade,
    la choralité qui avait fraternellement réunit l'équipée s'était défaite;
    l'amitié restera mais cette constellation et son atmosphère ne se reproduiront pas.
    Désagrégation d'un moment comme la forme des nuages
    dont les yeux lumineux ignorent la peur du lendemain
    mais flirtent d'un peu trop près avec la mélancolie.

     

     

  • Solène et Yann G. pour le meilleur

    Mes chéris,

    Depuis ce 5 juin, je n'ai eu de cesse de penser à votre union. Celle que vous avez scellée en la mairie du 19ème arrondissement de la capitale. J'ai beaucoup songé, depuis, aux sourires que vous avez échangé avec les vôtres. L'automatisme du rire est implacable. Vous savez combien je me méfie de ceux qui évitent le rire et refusent son ouverture.

    J'ai aimé cette cérémonie parce qu'elle coulait de source. Cela fait plus de dix ans que je partage avec vous des moments forts et exquis. Elégants comme ton costume, Yann. Légers comme ta robe somptueuse, Solène. Il était donc devenu urgent d'inscrire la beauté de votre relation sur un livre officiel.

     

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    J'ai laissé glisser une ou deux larmes dans le parc des Buttes Chaumont quand j'ai vu couler celles de ton oncle, Yann. Comment, en effet, ne pas penser à ton cousin disparu trop tôt à ce moment si particulier qui construit les bases d'une existence. Je me souviendrai surtout de la promenade qui a suivi dans le parc. De ce moment précis que j'ai figé autour de l'arbre.

     

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    Et des mots que j'ai ensuite échangé avec Solène. Je me souviendrai, enfin, de ces deux jours de partages en Bourgogne. Une fête authentique. Quelquechose d'assez proche du bonheur dont vous êtes les infatigables artisans.

    Vous êtes formidables (pour la rime avec infatigables).

    Indispensables à mon équilibre.