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  • Patiente et sauvage vieillesse

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    Passée la grande agitation in Avignon, il lui sembla que les marches sur le massif, entre chiens et chatte, était comme amorties dans sa mémoire. Que ces promenades canine et féline lui permettaient de s'exiler de l'immédiateté du présent. C'est là qu'il trouva sa lumière incomparable. Celle qu'il n'avait pu apercevoir quand elle brillait au-dessus de lui dans l'écrasante chaleur de la cité papale; c'est seulement dans la raréfaction opérée par le souvenir qu'il découvrit la tendre intensité d'une femme que sur le moment, il n'avait pu saisir, parce que dans le présent toute lumière de l'essentiel est obscurcie par les soucis occasionnels, la multitude, qui pressent de toutes parts et que le sens de la vie est  alors offusqué par la vitesse de vivre.

  • Au bout du chemin

    Au bout du chemin, il y a le fin du fin

    Le partage de midi

    L'écoute attentive.

     

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    Causse Méjean

     

     

    Au bout du chemin, il y a une maison aux murs épais

    De la lumière aussi.

     

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    La Volpilière

     

     

    De la grâce dans les yeux de tes hôtes.

    Au bout du chemin, il y a des sourires accueillants et autant de soleils.

     

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    Au bout du chemin, il y a beaucoup de fraternité
    *
    Au bout du chemin cévenol
    Il y a surtout Aimée et Robert.
    Elle porte des lunettes et lui un pull rouge
    Ils t'offrent ce qu'ils ont de meilleur en souriant
    T'emportent sur les vieux sentiers oubliés
    Te font goûter leurs fromages
    T'invitent à visiter leur jardin
    Ils ramassent les courgettes du jour
    Te supplient de manger leurs fraises
    Inversement, ils ne la ramène jamais.
    Le soir, ils te font partager le silence sur un banc
    Contemplent avec toi le massif de l'Aigoual
    Te guident dans les méandres de leur maison
    Et au petit matin, tu te demandes si tu as rêvé
    Tant ils fleurissent tes pensées.
    Au bout du chemin, il y a un couple que se tient la main
    Qui s'est serré les coudes pour s'élever jusque là.
    *
    Au bout du chemin, il y a la généalogie du miel
    Le partage, l'harmonie
    Au bout du chemin, il y a le don
    Celui qui n'est jamais annoncé, claironné.
    *
    Au bout du chemin, il y a le sens originel du mot hospitalité
    La déconstruction de tes certitudes
    Au bout du chemin il y a des mots simples
    Que tu ne cherches plus dans le Robert.
    Il y a le verbe aimer par tous les temps.
    *
    Au bout du chemin, il y a toutes les saisons
    De quoi requalifier ton inlassable questionnement
    Et le peupler de rêves en devenir.

     

     

     

  • L'été (sera) meurtrier

     

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    La danse n'est pas seulement une technique singulière. Pina Bausch
     
    C'était il y a un peu plus de trente ans dans la cour d'Honneur du palais des Papes. Une allemande débarquait sans tutu ni du tulle sur les terres théâtrales et populaires de Jean Vilar avec son Nelken. Un cataclysme dans l'univers de la danse. De celle qui puise ses racines dans le tragique, la dureté du monde.
    De la danse-théâtre dira alors le gratin de la critique qui n'en croit pas ses yeux. Qui se surprend, aussi, à revoir sa copie. Pina déchire volontiers le décorum de la routine culturelle.
    Quarante pièces plus tard, son univers résiste encore à l’oubli, l’érosion, l’affadissement. Même si, ces dernières années, "ce n'était plus ça".
    Elle était encore sur une scène la semaine dernière. Jusqu'à ce qu'un "cancer fulgurant" emporte cette dame singulière sous d'autres cieux, sans crier gare.
    "Et vogue le navire"...