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  • Labyrinthique ressentiment

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    Villandry (Photo Emilie)

    Penser à réserver les places pour le concert de Cali le 14 novembre.
    Ecrire un post sur le blog "Les femmes dégagées" consacré à l'expulsion des trois afghans.
    Taper sur Sarko et son hymne à la terre, demain, sur le mien.
    Emmener les petits à la médiathèque mercredi pour la rétrospective du cinéma muet albanais.
    Assurer la permanence, samedi, au siège de la section du PS.
    Envoyer un mail de soutien à l'association des femmes battues du département.
    Taper sur Sarko et l'identité nationale, vendredi, sur le blog.
    Réserver une chambre simple à l'hôtel de Roumoules pour la conférence sur "la guerre des gaulles".
    Ne pas oublier d'envoyer la photocopie du divorce au notaire.
    Prendre rendez-vous chez le coiffeur pour une couleur plus automnale.
    Retrouver l'article d'Elisabeth Badinter dans le Nouvel Ob's consacré à celles qui portent volontairement la burka.
    Taper lundi sur Sarko mais à quel sujet?
    Exiger du père des petits qu'il les gardent durant mon séjour à Roumoules.
    Penser à renouveler l'abonnement à Télérama avant la fin du mois.
    Tel à Isabelle Alonso.
    Songer à ne plus dormir, seule, après les fêtes de Noël.




  • Paul Carpita, un précurseur censuré

     

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    "Les sables mouvants" Photo du tournage en 1995 par Christian Ducasse.


    "On a beau savoir que tout arrive un jour, cela fait comme un coup d’épieu dans les tripes. Paul n’est plus. On le revoit encore comme si c’était hier, en plein tournage de nuit, avec un caban bleu de marin et la casquette vissée au crâne, ses petites lunettes d’instit rigolard, sa voix incroyablement chaleureuse à laquelle aucune uniformisation du langage n’avait jamais réussi à faire perdre sa faconde et son accent marseillais. Paul, lucide et modeste au demeurant, roulait les sons avec gourmandise, qu’il parlât des amis, du Parti communiste ou de tous les films qu’il avait encore en projet, mélangeant travail du deuil et espoir d’y parvenir quand même. La dernière fois qu’il nous avait appelés, c’était pour signaler la parution de ses oeuvres en vidéo et celle du beau livre d’entretien coécrit avec Claude Martino, notre estimé confrère de la Marseillaise. On avait écrit, bien sûr, avec joie.

    *

    PÈRE DU CINÉMA HUMANISTE, ISSU DE LA RUE

    Né le 12 novembre 1922 dans la ville qu’il n’allait pas quitter, Marseille, d’un père docker et d’une mère poissonnière, il sera instituteur presque toute sa vie, faisant tourner élèves et amis dans la Récréation, Marseille sans soleil, Graines au vent…, ses premiers courts métrages qui ne sont pas sans rappeler Jean Vigo. « Dès que j’ai su me servir d’une caméra, je l’ai tournée du côté des millions de gens qui ressemblent à papa et maman, les gens humiliés, méprisés », dit-il. Confirmation avec son premier long métrage, le Rendez-vous des quais, histoire d’amour entre un docker et une ouvrière lors des grandes grèves sur le port visant à retarder le départ des bateaux en partance pour l’Indochine. Ce film est le chaînon manquant entre Toni, de Renoir, et donc tout le néoréalisme italien qui en découle, et les débuts de la nouvelle vague, quand Jacques Rozier filme les jeunes zigzaguant sur leurs scooters dans les rues de Cannes. Sinon que le film de Carpita, militant communiste, est censuré et saisi dès la première projection, le 12 août 1955. Le nom du Marseillais n’est guère connu à Paris. Lui ne sait rien des rouages des commissions ministérielles de la capitale. L’oeuvre tombe dans l’oubli pour ne réapparaître dans toute son aveuglante lumière que lors de sa résurrection, en 1989. Enfin, grâce lui est rendue. Paul est ravi, mais a alors soixante-sept ans. Peu importe. Pris d’une nouvelle jeunesse, Paul Carpita renie les décennies d’inactivité et décide de se venger du temps. Son deuxième long métrage, les Sables mouvants, en 1995, n’est sans doute pas en phase stylistique avec ce qui se fait alors mais il marque une magnifique continuité dans la foi en le grand cinéma humaniste, généreux et issu de la rue. Il en va de même avec son troisième et dernier long métrage, qui répond au double et superbe titre de Marche et rêve et les Homards de l’utopie. Ces derniers temps, Paul Carpita préparait un nouveau film, le Dessin, en compagnie de Claude Martino. On n’est pas étonné d’apprendre qu’il est mort dans l’action. Paul restera comme un modèle de cinéaste n’ayant jamais baissé les bras. Son travail n’a pas fini de nous hanter."

    JEAN ROY (in "L'Humanité")

  • Cheyenne automne

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    Comme installé au sommet d'une tour, il observe tout. La vigne vierge qui passe au rouge.
    Les mésanges qui picorent ses raisins. La chatte qui piaffe d'impatience, rêve de les croquer en filets mignons.
    Le film est en panavision. Vers la fin, le héros dit adieu au bel été.

    Suspendue au ciel, la montagne semble dans l'attente des derniers rayons du soleil tandis que la lune pointe du côté de Vénus, fait le signe de la croix avant de rejoindre, plus tard, plus haut, les voûtes sombres afin de conjurer la menace d'un désastre imaginaire.



  • Stéphane Guillon est un âne gâté

    L’amuseur d’une radio nationale dit de service public (comprenez à forte tendance poujado/gaucho/socialo) tient le haut du micro chaque matin pour vilipender ses victimes. Cependant, il n’offre ni à penser ni à conceptualiser. Il rote. Mieux, il pète comme on aime le faire en France à la fin des banquets de la communion du p'tit qui n’a plus rien de solennel. Chaque matin il présente une messe laïque à usage d'instits ou de profs installés durablement au rez-de-chaussée de la pensée.

    Jamais il ne crache sur les tongs des randonneurs du PS, il les cire. C’est le clone triste du pamphlétaire moderne qui se venge de n’être rien d’autre qu’un tragique troupier en jetant le trouble sur la déconfiture de la pensée politique ; il l’accompagne et souvent la précède.

    Pour ce faire, il utilise un langage qui martèle et sur lequel ne plane l’ombre d’aucun doute.

    Stéphane Guillon rassure le casseur de vitrines, fait bomber le torse du crétin exportateur de pâles certitudes et montées en kit par les conseillers de la présidence. Il brouille les pistes, les émetteurs et les récepteurs de sa clientèle qui en redemande. C’est un guignol de l’info cousue main pour tous ceux qui sont d'abord contre; ça sent le mégot de la gauloise mal éteinte.

    Guillon, c’est le Bigard de la gauche plurielle en pleine auto destruction. Ce qui est intéressant finalement car quelque chose de plus fraternel peut sortir du chapeau après la traversée du désert politique.

     

     

  • Prénom : Jean. Nom : Dynastie

     

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    Il est intéressant de relire Alexis de Tocqueville in "Le Monde" (Photo DR)

    A son retour des Etats-Unis, vers 1830, Alexis de Tocqueville défendait l'introduction du suffrage universel. A ses amis qui le traitaient de fou, il disait en substance : "Ne vous inquiétez pas, le suffrage universel ne fait que légitimer l'exercice du pouvoir par ceux qui l'ont déjà."
  • En ordre de Bataille

    Pour mémoire, je suggère à Marine le Pen de lire au moins une fois dans sa vie le livre de mon camarade Henri Alleg, "La Question".

    Que conseiller aux quadras du PS qui lui emboitent le pas? De s'interroger sur le rôle de la littérature. Celle-ci est la vraie police. Imaginez un peu, messieurs, combien elle peut devenir, à votre insu, la lanterne sourde du policier qui éclaire l'anarchie intime des Hommes.