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  • Il y a anguille sourate

    En préambule, distinguons entre trois types de voiles :

    La burqa, c’est le voile intégral des Afghanes qui sont apparues dans nos postes de télévision, il y a une dizaine d’années. La burqa est en général de couleur bleue et grillagée au niveau des yeux.

    Le hijab, un long voile noir qui couvre tout le corps et laisse voir le visage.

    Le niqab, un voile sombre ou noir qui cache le visage avec une fente à la hauteur des yeux, prolongé pour le corps par une longue mante, parfois les mains sont également gantées.

    Quand j’emploie le mot voile ou voile intégral, c’est du niqab dont je parle.


     

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    L'étrange M. Hebbadj (Photo AFP)

    L'homme aux quatre femmes, menacé de perdre sa nationalité, a semé le trouble tout le week-end.

     

    Examinons de quelle manière le voile intégral piétine le triptyque qui nous fonde : Liberté, Egalité, Fraternité.

    Des femmes se voilent. Des femmes disparaissent. Disparaissent-elles ? Non. Au contraire. En voilant, il est toujours question de paraître. Un fauteuil est toujours plus massif sous une housse. Une femme aussi. Le pont neuf à Paris et bien d’autres monuments n’ont jamais été aussi présents que lorsque l’artiste Christo les a emballé. Disparaissant, ces femmes prennent toute la place. Là où il y avait une femme, se matérialise une masse indistincte et noire. Cette disparition fait masse, elle produit du sens, elle véhicule une information. Cette disparition proclame une idéologie radicale, celle d’une secte des plus offensives.  Si tout costume a trois fonctions : utilitaire ou sémiotique ou esthétique ou les trois, la fonction du voile est essentiellement sémiotique. Le voile n’est que signe. Le voile est l’étendard des salafistes.

    Pour en démonter le mécanisme, Il est essentiel de revenir aux sources du voile. Dans la sourate 24, verset 31, il est dit que les croyantes doivent « ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît. Qu'elles rabattent leurs voiles sur leurs gorges ! ». Dans le verset 59 de la sourate 33 – « O Prophète , dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des Croyants de serrer sur elles leur voiles ! » – Le terme employé – jalabib – désigne un vêtement, une mante, couvrant le corps du cou jusqu’aux chevilles. C’est le seul endroit où le voile est cité clairement. Il est également dit ailleurs qu’un hijab, doit séparer les croyantes des croyants au moment de la prière du vendredi. Le terme hijab désigne alors non pas un voile, mais un tissu aux larges dimensions, que l’on dispose à la façon d’une tenture pour soustraire aux yeux des hommes le visage des femmes.

    Le XXe siècle voit l’émergence des islamistes, mais aussi de ceux que nous appelons, les salafistes – de salaf, le vrai, le pur –, qui prônent le retour à la pratique observée du temps du Prophète. Le salafisme est une lecture littéraliste, archaïque et hautement discutable du Coran.

    C’est surtout un courant d’idées et d’opinion organisé avec une méthodologie de recrutement, dans une visée strictement politique.


    Faisons l’hypothèse qu’agir sur le corps de la femme console de ne pas pouvoir agir sur le monde. On éprouve son pouvoir sur un territoire à sa portée, sur un peuple à sa merci.

    Sur ce sujet du corps comme territoire, le psychanalyste Bruno Bettelheim a conduit un travail qui étudiait en miroir les mutilations initiatiques chez les peuples primitifs et les automutilations des enfants autistes. Modifier son corps quand on n’a pas les moyens de modifier son environnement. Exercer une action autoplastique faute de pouvoir accéder à l’alloplastie. Ainsi de la manipulation du corps de la femme par l’autorité religieuse masculine, par la loi. La manipulation du corps de la femme en tant que 1er stade de la manipulation du monde. Le voile est non seulement un discours mais encore un geste politique malgré la manœuvre salafiste qui  tente de contenir le dossier voile sur le terrain religieux.

    Je cite Régis Debray dans son texte « Ce que nous voile le voile »


    L’opposé de la laïcité n’est pas la religion, mais la viscosité du coutumier et l’emprise agressive de convictions exacerbées dans les sectes.


    Le voile piétine ce qui nous fonde. Il piétine la liberté.

    Certaines femmes voilées, parmi les plus militantes, ou les plus instrumentalisées ont revendiqué récemment dans les médias la liberté de porter le voile en tant que liberté de conscience, liberté de vivre sa foi.

    Outre que l’invocation des libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie est une trop vieille astuce, nous avons vu précédemment et les plus hautes autorités du culte musulman le disent et le répètent : Le port du voile n’est en rien justifié par le livre sacré. Il découle d’une interprétation spécieuse de versets coraniques de l’ordre du récit.  Nous sommes dans la tradition et non dans la religion. La tradition wahhabite (Arabie saoudite) et la tradition pachtoune (Afghanistan et Pakistan).

    À parler de liberté parlons de la liberté de la femme. De la liberté du corps. Enoncera-t-on toute la série des droits qui dépendent de la liberté du corps de la femme. Le droit à une sexualité choisie, le droit de ne pas être vierge au mariage, le droit de ne pas rendre de compte, j’arrête car, devant cette assemblée, l’énumération est inutile.

    On se bornera à constater la grande communauté de pensée des intégristes catholiques, juifs et musulmans dans l’hostilité au corps de la femme. Le corps des femmes appartient aux hommes car c’est là que se fabriquent leurs fils.

    Où est ici la liberté ?

    Le voile piétine l’égalité.

    L’égalité des êtres humains y compris de sexe différents. Mêmes droits, mêmes devoirs. Or si l’on entend bien le discours salafiste la présence du corps de la femme est supposé entraîner l’homme à produire de « mauvaises pensées ». Quelles mauvaises pensées ?

    Du désir ? Singulière conception des hommes. Je me cache du regard de l’homme car le regard de l’homme est impur. Tu me vois, tu me violeras.

    Singulière conception des femmes : des proies sexuelles potentielles qu’il faut dérober aux prédateurs. Est ce l’égalité des êtres, des sexes que ce monde fantasmé de bites en furie et de trous à remplir. C’est sûrement quatre fois par an le projet de vie des cochons d’inde. Est-ce le nôtre ?

    Le voile piétine la Fraternité.

    Le voile est un refus absolu et déclaré d’entrer en contact avec l’autre. Le refus absolu et déclaré de la réciprocité. Femme voilée, tu me vois, et refuse que je te voie. Tu regardes sans être vue. Ou plutôt tu proposes à mon regard un objet indistinct et sombre, un emblème qui attire sans réciprocité mon regard, bien davantage que ton visage découvert. À ce sujet le titre du texte de Mohammed Tahar Mansouri : « le voile frontière entre les hommes et les femmes, frontière entre les femmes et les femmes ».

    Je conclurai en citant Jean Luc Mélenchon :

    On me dit que la plupart des femmes qui portent le voile intégral le font par un choix librement consenti. Je propose de ré autoriser le lancer de nains, tous les nains étaient consentants.


    Sylvie Coulomb



     

  • Le marché bio comme un camion

    C'est en feuilletant chez le dentiste une revue intitulée Pluriel Nature (?) que j'ai pu mesurer combien notre civilisation avait monté de plusieurs degrés en quelques années. De pages en pages j'ai découvert  qu'un site d'amours bio avait désormais pignon sur écran :

     

    http://www.amours-bio.com/

     

    Qu'il était devenu possible de faire de la gymnastique buccale grâce à un appareil nommé Head Balance. De fait, grâce à un travail masticatoire symétrique il vous permettra d'équilibrer, de décontracter vos muscles et par là-même de lutter contre les tensions musculaires, les migraines, le bruxisme nocturne (?). Mieux encore de contribuer, en mâchant dare dard, à la prévention des rides, dues à un raffermissement du visage et du cou.

     

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    Clou de la nouvelle société du spectacle, l'irrigation du côlon chez soi. Grâce, cette fois, à la planche Colon-Net vous prendrez désormais soin, dans l'intimité de votre maison, de votre hygiène intestinale. Finie la gêne occasionnée par ce contact intime avec un inconnu nommé praticien. Je ne sais pas s'il faut utiliser un karsher. Pour le savoir consultez le catalogue sur :

     

    www.colon-net.com

     

    Je dois m'absenter car ce soir j'ai une conférence sur le thème Couleurs et chakras. Il paraît que les savants sont unanimes : La matière n'a d'existence que grâce à son énergie. Un professeur nommé V. Hunt, de l'Université de Los Angeles, a remarqué que la fréquence des ondes électroniques émises par les cellules variat en fonction des différentes régions du corps de 1 à 1500 Hz...Or ces zones correspondent justement aux chakras décrits dans les textes hindous et localisés le long de notre colonne vertébrale. Quand vous saurez que chacun des chakras possède une couleur correspondant aux sept couleurs de l'arc en ciel...

     

    Ps : Je signale aux doux rêveurs que tout ce qui est mentionné, ci-dessus, est absolument authentique.

     

     

  • Les défis de l'Eyjafjallajökull

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    M. Fulle@Eyjafjallajökull, Islande (19 Avril 2010)

    Plus d'avions durant une semaine. Il aura suffit d'un volcan niché sous un glacier au sud de l'Islande.

    Eyjafjallajökull

    Passant, tu n'oublieras jamais ce lieu béni par tous les adeptes de la randonnée de haute montage. Elle est un peu sportive, je l'avoue. Passage obligé entre Þórsmörk et le village de Skogar qui accueille un petit musée. Il en dit long sur la dureté de la vie locale à travers les siècles.
    Impossible d'oublier le Fimmvörduhàls. Ce petit raidillon de montagne qui se glisse entre deux glaciers dont celui qui vient de partir en fumée depuis quelques jours. Je l'ai emprunté à plusieurs reprises. Mon fils Johann davantage. En tant que guides. Je suis très lié à cette île depuis 1972. Quelque chose comme une histoire d'amour au long cours. En Islande, il est recommandé d'apprendre à lire les paysages parce que ceux-ci vous réservent quantité de surprises. Les meilleurs commes les pires. L'erreur de l'Homme pressé se paie cash. Oui, l'erreur étant de vouloir tout comprendre, tout entendre, tout voir. Et trop vite.

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    - Non, pas par là madame ! Il y a danger de mort. Des solfatares un peu partout et vous n'avez pas l'oeil exercé. Vous risqueriez de voir votre jambe griller comme une saucisse de Franckfort.
    - Non monsieur, nous ne passerons pas à droite de ce rocher aux flancs si accueillants; il va nous falloir faire un détour de plusieurs kilomètres. Traverser deux torrents car il n'existe qu'un seul point de passage possible. Et je suis le seul parmi vous à le connaître. Patience donc. Reprenez plutôt votre souffle...Economisez votre verbe. Merci de faire preuve d'un peu plus d'humilité. En cette terre sauvage qui nous domine tous, il convient de conserver une voix humaine, parfois émiettée mais vivante. Elle contient les atomes gravitants d'une même cellule, les planètes d'un même cosmos. Allez, filez droit ! Je ne veux voir qu'une seule tête, fusse-t-elle de lard, derr!ère mes traces. Je vous remercie de votre précieuse attention.

  • Donne-moi la main

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    Photo M. la Maudite

    Le tailleur de pierres rêve de sculpter des fesses, de bâtir quelques métaphores quand l'horloge lime le temps jour après jour.

    ***

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    Photo Ben

    Les mains toujours reviennent, témoins du lien d'amour, toutes chargées de ce que leurs mots ne diront pas.

  • Le murmure du monde

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    C'est une lumière qui se réverbère et se diffuse
    comme une auréole mystérieuse tendue vers l'ailleurs
    invitant le doux errant à se soustraire de tout statut social
    pour vivre dans une condition de "vacances de la vie".
    Son existence n'est plus à prédire
    elle a trouvé les rayons de son enveloppe lumineuse.
    ***
    L'herbe est dansante et grave,
    déjà oublieuse de l'hiver qui rôde encore.
    Elle offre aux gelées blanches ses verts appétissants.
    Les feuilles des chênes rôties par les grands froids
    s'éparpillent au vent d'Est
    quelques-unes s'accrochent encore aux branches presque nues
    jusqu'à la montée de sève.
    ***
    L'être humain bien luné se poste à l'affût aux aurores.
    Partie prenante du réveil de la nature
    il se délaisse de sa peau de marmotte
    prêt à dompter de nouveaux mystères
    chassant aux aguets pour ne pas assister, béat,
    au spectacle de la Nature.
    Il sait qu'à force de voir
    et non pas d'apercevoir
    il sera apaisé.

  • Tolérance zorro

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    Cherche l'intérêt de la personne qui te parle et tu trouveras le mobile de son attitude et souvent une amère déception.
    Daniel Desbiens, écrivain québecois

    Jouissance de la pulsion qui les pousse à faire du chiffre. De l'audience diraient les annonceurs. Ils passent à côté de la plaque et rapacent. Cherchent des proies faciles. Souvent au nom de la tolérance, ils s'offrent même des thèmes à débats pour retenir un peu d'attention...
    Ils jactent pour meubler un grand vide.

    Dans l'idée de tolérance, il y a l'idée de délai. On tolère facilement une situation ou une personne que l'on est sûr de pouvoir éviter ou neutraliser, à son gré ou prochainement. On tolère par politesse, par ruse, par calcul ou tout bêtement par lassitude. Mais, au fond, on attend de n'avoir plus à tolérer.
    Jean-Paul Desbiens, Bâtisseur québecois de pensées

    Je ne tolère pas que l'on vienne me casser les burnes avec des mots miroirs destinés à faire briller un narcissisme altéré.


     

  • Ce goût du bonheur en cavale

     

    Notez, greffier !

    J'accuse tous les beuglants qui naviguent dans les eaux territoriales de l'écran plat comme une limande.

    J'accuse tous les moutons qui se contentent de bêler. Et surtout les fourbes qui leur offrent des hauts parleurs parce que ça fait démocratique que de faire le micro-trottoir.

    J'accuse tous ceux qui se refusent à penser le monde et qui prônent une normalisation proche de la bêtise.

    Notez encore, greffier, que je préfèrerai toujours écouter ou lire les mathématiciens, les philosophes, les jardiniers, les créateurs, les inventeurs, les poètes...

     

     

     

     

  • Sans faire de nouvelle vague

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    Le film pourrait débuter sur un plan fixe montrant une rivière. Presque à la fin du jour. Les spectateurs distingueraient dans les reflets argent un héron à l'affut d'un gardon. Ses deux longues échasses bien plantées dans le courant. Une musique signée Georges Delerue s'imposerait doucement dans les tympans. Par petites touches aussi subtiles que dramatiques.


     

     

     

    Il y aurait alors un travelling de gauche à droite qui prendrait fin sur la chevelure brune d'une femme au volant d'un cabriolet venue contempler la lente disparition des rayons du soleil derrière la colline dominant le lit de la rivière.

    Une voix grave de femme, emprunte d'émotion, dirait : Je crois que l'amour m'a rendue aveugle...

    La voix d'un homme agacé lui répondrait : Mais regarde-moi !

    Le film ferait découvrir ensuite l'invisible labyrinthe des chemins solitaires. Le regard bleu et doux de la dame touchant d'un cil les flots déchirés par la cascade du pont. Puis un jeu de voix superposées serait chargé de réunir les instants disjoints du passé. De leur passé. Tout ce qui les sépare et les entraîne l'un vers l'autre. La caméra s'attarderait enfin sur la berge, sur le limon des enjeux futiles.

     

  • Ne nous voilons pas la face

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    Le bouclier fiscal ne passera pas l'été.