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Flâneries avec miss O' Connor

 

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Photo Samuel Nissim

Facile ! C'est vrai. Flannery O'Connor, compagne sudiste de mes voyages et du sacré, ne me lasse jamais.J'aime la relire parce qu'elle n'y allait pas de mains mortes avec les imbéciles de son temps. Pas le genre à pondre un "Autant en emporte le vent" comme le souhaitait sa mère. Elle a préféré écrire "Les braves gens ne courent pas les rues". Entre autres.

Voici un extrait du portrait qu'a fait d'elle Cécilia Dutter dans la Revue Littéraire (éditions Léo Scheer)

"Faulkner, Carson McCullers, Steinbeck, Caldwell… eux aussi ont écrit le Sud. Flannery O’Connor, elle, vient à la fois de là et d’un « ailleurs ». C’est une météorite littéraire, un caillou extraterrestre tombé par hasard à la surface du globe. Elle est différente. Drastiquement. Sa perception, son analyse, son regard, tout chez elle est oblique. Curieuse, elle soulève les couvercles, retourne les pierres, regarde sous les lits. Elle a pour mission de révéler l’autre réalité, celle qui s’immisce entre les faits, la face cachée des choses. 
Du talent, elle sait qu’elle en a. Pas l’ombre d’une vanité pourtant dans ce qui n’est qu’un simple constat. Et à qui voudrait qu’elle le galvaude, elle ne craint pas de tenir tête. Il n’y a qu’à voir de quelle façon elle envoie valser John Selby qui faillit être son premier éditeur chez Rinehart pour comprendre l’idée qu’elle se fait très tôt de sa vocation et de l’originalité de son propos : « Je suis déjà en mesure de vous dire que je ne souhaite absolument pas travailler selon vos directives, comme le font les auteurs dont vous m’envoyez les noms. Il me semble que les qualités (si qualités il y a) que présente l’ouvrage sont intrinsèquement liées aux défauts que vous mentionnez. Je n’écris pas un roman conventionnel et je crois que la valeur de ce que je dis vient précisément de la singularité de mon expérience. » Voilà qui a le mérite d’être clair.
Son talent ne vaut rien si elle ne le met pas au service de sa conception du monde. Comme tout écrivain, elle a la sienne bien sûr, mais comme bien peu, elle détient le sens inné du mystère et du sacré. Telle est donc sa tranquille ambition : lever un coin du voile de l’invisible réalité."

 

Je suis en vacances, inutile de le préciser; ça se sentait, non ? Retour le 19 septembre.

 

 

Commentaires

  • Merci d'avoir publié un extrait du portrait que j'ai fait de Flannery O'Connor dans la Revue Littéraire.
    Je suis toujours très heureuse de rencontrer (même virtuellement!) un admirateur de cet écrivain majeur (de mon point de vue) hélas trop peu connu du grand public en France.
    Je viens de passer un an et demi "aux côtés" d'une autre grande dame, Etty Hillesum, dont vous connaissez sans doute les écrits,et à qui j'ai consacré un essai biographique qui paraît en octobre chez Robert Laffont.
    On retrouve chez Etty comme chez Flannery une même profondeur et une même richesse intérieure. Elles savent toutes deux traduire magnifiquement l'invisible...

  • Bonjour,
    Flâner sur ce blog vient de me faire commander les œuvres complètes de Flannery O'Connor : romans, nouvelles, essais, correspondance.
    Pour cela notamment - plaisir de repenser l'œil rougi ce matin, au tranquille délire hier sur Facebook - merci.

    A bientôt,
    Francis.

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    Cher Francis, vous avez bien fait et ne serez pas déçu par l'oeuvre de cette femme emportée trop jeune par la maladie. Je vous recommande de lire en premier "L’habitude d’être" qui est selon moi un chef-d’œuvre, parce que cet ouvrage est totalement original. Ce que Flannery O’Connor raconte dans sa correspondance, et la manière dont elle le raconte, est parfaitement singulier. Une personnalité émerge qui ne ressemble à aucune autre. C'est du grand style à tiroirs secrets. Flannery O’Connor, c’est un ton plein d’humour qui passe au peigne fin le tragique; on lit ses lettres comme des polars. Elle brosse une peinture très fine et délicate d’un monde qu’on pourrait croire éloigné dans la géographie et dans le temps – la Georgie des années 1950 et 1960 – mais qui, en fait, est universel. Son Sud, c’est le nôtre, celui de notre cœur, la part sombre de nos vies. Et cette part, il me semble que vous saurez l'explorer avec toute l'attention requise.
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  • "Et cette part, il me semble que vous saurez l'explorer avec toute l'attention requise. "
    Ah bon ? Mais on ne se pourtant connaît pas. :-)
    Merci beaucoup de vos conseils ; je regarderai cette "Habitude d'être" dont l'énoncé n'est pas sans m'interpeller.
    Bien à vous Margot,

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    C'est vrai, l'on ne se connait pas Francis, mais votre blog m'incite à le penser :-)

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  • Ah oui. Mon blog...
    A bientôt,

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