Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Des racines et du zèle

     

    C'est une maison qui épouse les saisons depuis deux cents ans.

    Celle de l'apprentissage du propre au sens où l'entendait Hölderlin.

    La maison du grand-père formé au 11ème cuirassier de Saint-Germain-en-Laye devenu grainetier en gros dans l'entre-deux-guerres...

    Le maître à penser, à peser ses mots. Quitte à les faire jongler entre-eux de branche en branche.

     

    Voir poindre l'automne.jpg

    J'en reviens. Je l'ai quittée, non sans peine, durant la mort minuscule de l'été. J'entends encore la lumière qu'elle offre avec parcimonie à travers les petits carreaux. La musique qu'elle a enregistré depuis tant d'années et qu'elle porte en elle. C'est une maison charpentée comme un compositeur... un poète. Elle triture les sons, les mots, le chant des oiseaux à l'heure de la rosée blanche. Jusqu'au soir tandis que crépitent les bûches d'acacias dans la cheminée.

    "L'erreur, murmure-t-elle aux dormeurs, est de vouloir tout entendre pour tout comprendre." 

    Non, mieux vaut entendre "le tout" et le chemin qu'elle propose.

    C'est une maison qui identifie les contraires. Mêlant les analyses lucides de comportements. Le sien et celui des autres, la compassion, les mots d'amour, la froidure de l'hiver et la dureté des discours.

    Une maison roman en plusieurs volumes. 

    The writter's office.JPG

    C'est une maison qui se glisse dans les boucles du temps, qui démêle les cheveux et les tensions.

    Elle va et vient de livre en livre. Et quand la dernière lampe s'est éteinte, elle crée le mouvement des hanches des dormeurs sous un ciel d'étoiles en forme de coeur... 

     

     

  • Flâneries avec miss O' Connor

     

    IMG_0606.JPG

    Photo Samuel Nissim

    Facile ! C'est vrai. Flannery O'Connor, compagne sudiste de mes voyages et du sacré, ne me lasse jamais.J'aime la relire parce qu'elle n'y allait pas de mains mortes avec les imbéciles de son temps. Pas le genre à pondre un "Autant en emporte le vent" comme le souhaitait sa mère. Elle a préféré écrire "Les braves gens ne courent pas les rues". Entre autres.

    Voici un extrait du portrait qu'a fait d'elle Cécilia Dutter dans la Revue Littéraire (éditions Léo Scheer)

    "Faulkner, Carson McCullers, Steinbeck, Caldwell… eux aussi ont écrit le Sud. Flannery O’Connor, elle, vient à la fois de là et d’un « ailleurs ». C’est une météorite littéraire, un caillou extraterrestre tombé par hasard à la surface du globe. Elle est différente. Drastiquement. Sa perception, son analyse, son regard, tout chez elle est oblique. Curieuse, elle soulève les couvercles, retourne les pierres, regarde sous les lits. Elle a pour mission de révéler l’autre réalité, celle qui s’immisce entre les faits, la face cachée des choses. 
    Du talent, elle sait qu’elle en a. Pas l’ombre d’une vanité pourtant dans ce qui n’est qu’un simple constat. Et à qui voudrait qu’elle le galvaude, elle ne craint pas de tenir tête. Il n’y a qu’à voir de quelle façon elle envoie valser John Selby qui faillit être son premier éditeur chez Rinehart pour comprendre l’idée qu’elle se fait très tôt de sa vocation et de l’originalité de son propos : « Je suis déjà en mesure de vous dire que je ne souhaite absolument pas travailler selon vos directives, comme le font les auteurs dont vous m’envoyez les noms. Il me semble que les qualités (si qualités il y a) que présente l’ouvrage sont intrinsèquement liées aux défauts que vous mentionnez. Je n’écris pas un roman conventionnel et je crois que la valeur de ce que je dis vient précisément de la singularité de mon expérience. » Voilà qui a le mérite d’être clair.
    Son talent ne vaut rien si elle ne le met pas au service de sa conception du monde. Comme tout écrivain, elle a la sienne bien sûr, mais comme bien peu, elle détient le sens inné du mystère et du sacré. Telle est donc sa tranquille ambition : lever un coin du voile de l’invisible réalité."

     

    Je suis en vacances, inutile de le préciser; ça se sentait, non ? Retour le 19 septembre.