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  • Dessine-moi un abri !

     

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    Photo Diana Thys (Marseille)
    ***
    Au fond, l'information raconte toujours la même histoire.

    "Les ministres sont désormais en vacances. Ils ont été priés par le chef de l'Etat de rester modestes. Plage, montagne ou campagne, mais pas de bling-bling, rien que du sobre et en France."

    Interruption momentanée du plan de communication gouvernementale.

    L'été, selon la trêve estivale, la vie extérieure est une mince pellicule qui recouvre ses émotions, ses angoisses, et surtout son tranquille, doux et morne échec.
    Pas de vagues à l'âme. Il fait chaud et le soleil n'a qu'à bien se tenir. C'est le temps où triomphe l'allusif qui allège le tragique. La grande solitude.
    Il y a, parfois, une combinaison magique de petits riens qui donnent de l'épaisseur aux silhouettes à peine entrevues et ressuscitent la couleur d'une ville. Ainsi cet homme allongé sur un banc dans Marseille. Quelqu'un a déposé sur son buste, pendant son sommeil, le livre français le plus apprécié dans le monde: Le Petit prince de Saint-Ex dont les phrases coulent de l'unique blessure autour de laquelle l'oeuvre posera sans doute ses pansements.
    Geste rare.

    (Merci à Diana Thys pour toute son attention)

  • Retour dans les grands espaces

     

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    Clint et Angelina Jolie. L'oeil du maître
    ***

    "Le devenir est géographique chez les Américains. On n'a pas l'équivalent en France. Les Français sont trop humains, trop historiques, trop soucieux d'avenir et de passé. Ils passent leur temps à faire le point. Ils ne savent pas devenir, ils pensent en termes de passé et d'avenirs historiques. Même quant à la révolution, ils pensent à un "avenir révolutionnaire" plutôt qu'à un "devenir révolutionnaire".

    Ils ne savent pas tracer des lignes, suivre un canal. Ils ne savent pas percer, limer le mur. Ils aiment trop les racines, les arbres, le cadastre, les points d'arborescence, les propriétés."

    Point, ligne, plan, passage... La métaphore peut s'appliquer à l'urbanisme mais aussi à la littérature. C'est peut-être ça qui manque à la production littéraire en France : des personnages géographiques. Des personnages qui bougent et qui savent limer un mur. Qui savent franchir les clôtures comme les héros chez John Ford ou Clint Eastwood. "

     

    (Je crois que c'est de Michel Foucault mais n'en suis pas sûr. En vacances, une semaine sans internet. See you)

     

     

  • Garde à vue

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    ***
    Perle : On est un peu à l'étroit, non ?
    Charles : Normal, nous sommes dans une buanderie...
    Perle : Tu crois qu'ils vont nous garder longtemps ?
    Charles : Le temps qu'il faudra pour dénouer l'écheveau.
    Perle : Ah...! Pourquoi t'es là, au fait ?
    Charles : J'ai mis la main au Banier d'une ménagère de plus de 80 ans. Je suis le trader de mes bourses. Et toi ?
    Perle : Pas grand chose, j'ai voulu mettre ma mère sous tonnelle...
    Charles : C'est pas un crime ça.
    Perle : Non, mais bon, en période de canicule...
    Charles : Tu veux qu'elle transpire ?
    Perle : Oui, je veux qu'elle me file le code de sa gold, qu'elle crache ses biftons au bassinet. La vieille, elle est complètement niquée du beignet. Et riche comme Fréjus.
    Charles : I see. Toi, tu vas rater l'arrivée du tour de France des drogués. Ils grimpent le Tourmalet en ce moment même. Comme des mobylettes. Et le Président est de la fête... Il va saluer, debout dans la voiture officielle, le bon peuple qui réclame des jeux et du pain béni. C'est Byzance.

  • La planète des songes

     

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    Les mots, ici, rebondissent sur la peau d'un tambour lunaire.

    Comme en écho, chacun devient le commentateur de ce qui lui incombe.

    Prête son fil à la trame tissée sur cet écran.

    Suit sa trajectoire de petite planète solitaire.

    D'autres restent en marge et sourient.

    Se faufilent dans l'imperceptible marge entre les mots et les êtres.

    ***

    Le temps s'attarde l'été.

    Prend un autre rythme.

    Quitte le sentier de la durée linéaire.

    Choisit l'escapade.

    Rejoint les petites éternités estivales.

     

  • En observant le minuscule

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    Photo M.
    ***
    Il existe, prétendait Faulkner, qui courait volontiers les bois, treize façons de regarder un merle.
    La perception du minuscule et du fugace interdit toute vision d'ensemble.
    Le baba cool, en laissant pousser des fromages dans sa barbe, annihile toute hiérarchie et n'est pas en mesure de résoudre, à lui seul, les contradictions du réel et donc de la modernité.
    Il ressent l'histoire moderne comme une déchirure et se lance dans les champs de lavande à la conquête d'une abeille bio sans qualité. Une fois unis, ils chercheront leur salut en dehors de l'espace historique et de toute conception réaliste. Doté de cette inguérissable blessure, le couple ainsi formé parviendra à trouver son point mort, une organisation de l'existant basée sur quelques activités culturelles. La cueillette du romarin destinée à faire mariner le Cabécou. Ils entonneront parfois à la MJC de leur intercommunalité le chant du départ sans indiquer l'arrivée au sommet du col.
    Devenus vieux, les deux complices n'auront jamais su arbitrer ni résoudre les contradictions hégéliennes. Ils n'auront fait que les déplacer, les cacher, en les caricaturant; laissant inchangé l'état de choses qu'ils voulaient résoudre, ajoutant de nouvelles contradictions aux anciennes. Ne tenant dans leurs mains que les débris dérisoires de leur jeu désormais stérile, narcissiquement replié sur lui-même.

  • Commenter

     

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     Ma Perle, reine mère, et son enfant Lune, chatte à demi sauvage posant pour la postérité
    ***
    Tout d'abord, je vous fais grâce de commenter le match Allemagne/Espagne car la meilleure équipe du monde a baissé les bras, l'autre  soir, et laissé le champs libre à la finale aux Ibères. Ce sont les choses du footcheball. Imprévisibles. Pendant ce temps là, vous n'êtes pas restés muets.
    ***
    • Un grand merci à Isolde, amie de trente ans, et pas la moitié d'un cruche sans qui, ce flot de commentaires...
    • Maître Renard. La comparaison est énorme. Et mon animalité bombe le torse dès lors que tu me compare au milieu de terrain de l'équipe allemande. Au plaisir de te lire encore et encore...
    • Oui madame Saravati, j'étais hors champ ce soir là devant un écran plat qui décrivait des figures géométriques et footballistiques. Ici, c'est le territoire des mes chiens et chatte. Charles est très vexé par votre remarque, vous n'imaginez pas à quel point. Un chien mince comme une affiche. Pffffffff. Mesurez vos paroles, sinon je lâche Perle ! (sourine canin)
    • M., ma bichette, Dieu, accompagné de la grande Clémence, son alter ego mondialiste, te prient de tenir compte de la clavicule qui s'est installée durablement sous les cieux provençaux. On n'est pas aux pièces, merde kua ! (sourire en étoile de mer)
    • En fait, je vais tout vous dire mame Sarah va-ti-bien, j'essuie partout en ce moment. Les chambres, l'argenterie, et même les plaintes. Che travaille beaucoup, même les dimanches.
    • Frère Jean, je vois poindre sous votre bure une montagne de questions existentielles (mon mari). Pensez-vous sérieusement que je vais vous refiler les clés du poulailler ? ( Sourire coq, hein !)
    • Z'avez raison de plussover sur Jean, joli prénom. La France, reconnaissante, vous en remercie.
    • (sourire en forme de prie Dieu)
    • Isolde, ma soeur, mon double. "Que serais-je sans toi que ce balbutiement..." (Sourire aragonesque)
    • Les Héphémères : Passons à la sacristie, je vous prie..
    • Mélie, ma chérie, tu n'as pas reconnu Ashley? C'est elle qui est dans la pub Lewis un peu nouvelle vague" que tu avais appréciée l'autre jour (Sourire burgond)
    • Non Saravati, pas des tomettes anciennes (petit carreaux de terre cuites octogonaux ou hexagonaux provençaux) mais des carreaux bourguignons (Sourire truelle)
    • Vous arpentez tant de contrées Françoise. Biarritz, et son brouillard, sa vierge, le bar du marché, ses vagues...Merci.
    • Je soutiendrai l'Espagne dimanche. De fait, Isolde est bénévole mais pas ma secrétaire comme tu dis M. , alias mon chaton. Elle a souvent inventé, fait rire des millions de français et ça ce n'est pas rien. Mais bon, secret défense. 
    • Une fois tous les quatre ans, corvée de foot chère Zoë. Z'êtes plus près des paëllas que des fromages pasteurisés, n'oubliez pas.
    • Comme tu sais Boug, j'adore tes interventions ici. Toujours un petit mot tendre. Je te souhaite un délicieux été et t'embrasse fort.
    • Alors, chère Delphine, vous démarrez au quart de tour. Si vous saviez le nombre de blagues dont j'ai été l'objet sur ce blog. Isolde est coutumière du fait. C'est un peu son métier que d'écrire des trucs qui font rire ou pas. Je vous expliquerai un peu de son pedigree en privé. Elle a raison quant à ma fainéantise. Imaginez un peu. Je tiens ce blog depuis presque 5 ans et j'ai accusé reception de plus de 12000 commentaires. Quand vous saurez que je suis également sur Face Book, un site de photo qui s'appelle Flickr ou je dois également commenter, ça fait du boulot. Sans compter les courriels, ça use les claviers. Ceci-dit, je partage l'avis de Saravati qui est blogueuse en chef. Avec le temps, la règle "tu commentes, je te commente" a pris du plomb dans l'aile. Et comme vous le soulignez, tout dépend du commentaire. Je n'ai pas envie de répondre aux compliments. Ils n'appellent pas de commentaires d'ailleurs. Sinon un merci. Donc, je ne suis pas très poli, je l'avoue. Et puis, je ne suis pas toujours derrière mon écran mais plus volontiers sur les routes, au jardin, au Festival d'Avignon, au bordel. Je regarde la coupe du Monde de foot mais je n'achète pas Télérama...Bref, je vais regarder les cigales danser tout l'été et soutenir quelques fourmis dans leur tâche. Sur le fond, je dois avouer que ce sont mes mots qui comptent le plus et que je n'ai pas pour ambition d'attirer le complimenteur. Je m'en moque totalement. Non, comme le souligne Isolde, ce blog est devenu la boite à messages d'une joyeuse troupe de fraternels galopins. Mes lapins, comme ils disent eux-mêmes. Voilà. Pour le reste, je pense également que chaque intervenant à son niveau de lecture. Que celle-ci est d'une variété infinie. Je n'en reviens pas d'ailleurs. Que puiser dans cette géométrie variable du commentaire ? Que répondre à une maîtrise approximative du sens niché dans des phrases ? Et souvent le commentaire est indicateur de l'extrême complexité de la narration interne du sujet. Chacun voit midi à sa porte dit le vieil adage...ou cherche la milice à quatorze heures. Même les paranos ont des ennemis...(sourire de fin d'aprem caniculaire)
    • Chère Ema. Touchante votre intervention. Je ne sais si Deleuze pensait à écrire "à quelqu'un" ou plutôt au fait d'écrire. Z'êtes un animal sauvage il me semble. J'arpente les gens et ils me le rendent bien en général. Enfin, plus ou moins bien. Bon courage dans votre lutte. (Sourire lacanien)
    • Bon, je ne vais pas commenter vos échanges sinon on y est jusqu'à demain. 
    • Margot, alias Irma la douce, mais où avez vous déniché ce joyau signé Louis Malle et inspiré du roman de Pierre Drieu La Rochelle et de la vie de Jacques Rigaut...? Aïe, aïe, aïe Maurice, Maurice Ronet et Jeanne Moreau. Ces images dans le bus me rappellent les jours de ma jeunesse en noir et blanc à Paris.
    • Lapin, tu as vu cette lumière unique, du BDF, comme elle est patinée. Le mot est très juste. C'est la même que dans le film tourné par Vifill. Encore un magnifique souvenir. Enfin presque... Bisous d'amour à vous trois. Je pense à vous très beaucoup.

     

     

  • L'histoire ne descend pas des nuages

     

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    Le dialogue est important dans mes histoires. Je n'aime pas que les gens parlent pour rien dire, mais j'aime bien les dialogues de sourds. (Raymond Carver)
    ***
    Le chien : Tu vas t'en aller ce matin ?
    La jeune femme : Oui.
    Le chien : Je lis dans tes pensées comme si c'était une carte routière.
    La jeune femme : Je t'écrirai, ne t'inquiète pas.
    Le chien : Tu as entendu parler de Gilles Deleuze ?
    La jeune femme : Tu sais on ne parle pas beaucoup des français au Texas.
    Le chien: Certes. Lui c'est un philosophe très connu, même aux USA, pas un chanteur de country...
    La jeune femme : Et alors, Deleuze...?
    Le chien : Il disait : écrire n'a rien à voir avec signifier, mais avec arpenter, cartographier, même des contrées à venir.
    La jeune femme : J'aime bien tes oreilles, le chien, elles sont attentives... émouvantes.

     

     

  • Le Chien sans qualités

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    Tourelle du fort de Douaumont
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    Le chien ne se privait pas de se souvenir, sur les hauteurs de Verdun, de l'odeur du sang mêlée à celle de la ferraille.
    Il avait reniflé le mauvais coup en préparation, depuis Vienne. Pris pour habitude de suivre les attelages de quelques têtes couronnées des arts et lettres, de la philosophie et de la psychanalyse. Passionné avec scepticisme et désenchanté avec lucidité, il avait peu à peu découvert la bêtise de la transition historique qui était en marche avec l'arrivée des premières automobiles. Une odeur d'acier trop bien trempé pour être honnête.
    Devenu, par un joyeux hasard, le chien de compagnie de Robert Musil, il constata avec une ironie aigüe qu'il était devenu possible d'assister à l'agonie d'un monde. Il passa au crible toute la sagesse chère à Nietzsche en continuant de rêver tout en ayant conscience de rêver. Après la bêtise, il assista à la transmutation de la vie rurale vers les villes, par trains entiers.
    Il attaqua, sabre aux clair, les boucles de la Marne puis celles de la Meuse. On lui confia ensuite une mitrailleuse lourde dans une confusion grisâtre. Jamais il ne renonça à avancer, avec ses mots, jusqu'au bord de l'infini, tel le dynamiteur de roman.
    Faisant étinceller dans chaque détail la descente aux enfers qui allait devenir son paysage quotidien.

  • Pour saluer Laurent Terzieff

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    (Photo AFP)
    Comme son nom et son visage taillé à coups de serpes de moujik ne l'indiquent pas, Laurent Terzieff était né à Toulouse en 1935. Une figure et une allure de Roi Lear plus que parfait. Volontiers roi nu, il a toujours su fuir l'appellation star. Son étoile à lui c'était l'effacement volontaire. Fragile et solide. Il était le théâtre des origines russes aux fortes magnitudes sur l'échelle de Stanislawski. ("Peu importe que le jeu soit bon ou mauvais, ce qui importe, c'est qu'il soit vrai")
    Que du nerf chez lui et jamais de gras. Une silhouette aussi longiligne que maigrissime qui a longtemps arpenté les scènes du théâtre de l'absurde, connu les vaches maigres de la comédie shakespearienne, offert sa gueule d'ange du septième art aux plus plus brillants créateurs de drames sur pellicule.
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    ***
    Comme chez Flaubert ou Tchekhov, c'était les blancs entre les lignes, les vers qu'il préférait souffler en maître du silence quand d'autres hurlaient leur texte sur un champ de foire. Un géant vient de s'esquiver sur la pointe des pieds.

  • Cette durée inestimable

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    Photo Marion Vallabrègue
    ***
    Face au silence, les mots ne font pas le poids.
    J'aime ces moments où il n'est plus question d'agir,
    devenir le lieu de l'abandon,
    comme un extrait volontaire des horloges ou des agendas...
    et soudain, avoir rendez-vous avec ce diable.

  • Remet ton slip, gondolier* !

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    Lee Marvin
    ***
    Dessine-moi un dandy avec des mots, papa !
    Le dandy se doit d'être habillé de façon à ne pas attirer l'attention.
    Cependant, tout le distingue.
    Il enchâsse le détail vestimentaire dans une aura riche de sens.
    Parfois, il efface sa personnalité devant les choses, les événements
    depuis que tout est devenu marchandise.
    * Titre d'un roman de San Antonio
    ***
    Ps: je suis souvent absent en ce moment. Toujours entre Bourgogne et Provence.
    La semaine pochaine je serai Bourguignon.
    J'ai eu le temps de lire vos commentaires, toujours aussi croustillants. Sachez que le tableau statistique en recense 12234. Bigre, je n'ai toujours pas de secrétaire bimbo à lunettes...!

  • Après la pelle du 17 juin...

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    Mais où est donc passée l'équipe de France de football ?
    ***
    Moi, Laurent Blanc, dit le Président, J'accuse la Fédération Française de Football !

    Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi Mexicain. Bref, l'armée Mexicaine.

     

    Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Mexicains qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des joueurs de l'Uruguay qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.

     

    Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

     

    Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

     

    Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire de joueurs issus des quartiers sensibles derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.

     

    Cette guerre avec les radicaux islamistes, comme Anelka,

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    n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes dans la surface de réparation, tous les retards aux entraînements, toutes les souffrances vécues avec les escorts girls, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mediatique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force droit de l'hommiste supérieure. Le destin du monde est là.

     

    Moi, Laurent Blanc, actuellement dans un bordel de Soho à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs couilles ou sans leurs couilles, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries du dribble qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

     

    Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

     

    Je dis l'honneur, car la France s'est engagée à ne déposer les armes que d'accord avec ses alliés argentins.

     

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    Enfin, surtout avec ses alliées argentines.


    Tant que ses alliées continuent de nous offrir la danse du ventre dans les tribunes, son gouvernement n'a pas le droit de se rendre à l'ennemi qui est partout, comme chacun sait.

    Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de "Ici l'ombre."

     

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  • Le rouge est mis

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    Et il ventait devant ma porte
    Les emporta... (Rutebeuf)

    Comme un petit coquelicot mon âme, un tout petit coquelicot... (Mouloudji)

  • Sentinelle chargée de démêler l'échevau

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    Lune, chatte à demi-sauvage, écoute depuis son perchoir le chant du rossignol, le vent, les battements de coeur du monde.
    Là, se sont des millions de litres de pétrole oubliés par la marée des profits glanés par la vague libérale. Ailleurs, ce sont des chinois qui se suicident dans l'usine qui fabrique des iphones.
    En rangs dispersés, les utilisateurs de Face book s'interrogent gravement : Sommes-nous devenus addicts à une communication schizoïdale ?

    Nous sommes entrés dans l’ère interactive  et sidérale  de l’ennui. À ce syndrome  identitaire correspond une folie spécifique. À l’individu « libre », au sujet  divisé  correspond  la folie  verticale de jadis, la folie psychique, la  folie transcendante   du schizophrène, celle  de l’aliénation, de  la transparence   inexorable  de  l’altérité. À l’individu  identitaire, à  ce clone  virtuel, correspond une folie horizontale, notre délire spécifique  et celui de toute  notre culture,  celui de la confusion génétique,  du brouillage  des  codes et des réseaux,  des  anomalies  biologiques  et  moléculaires, de l’autisme.

    Plus de délire  d’altération, d’expropriation de soi, mais un délire d’appropriation de soi – toutes les variantes  monstrueuses  de l’identité – celle du non schizophrène  mais de l’isophrène sans ombre, sans autre transcendance, sans  image – celle de l’isomorphe mental,  de l’autiste qui a comme  dévoré son double  et  absorbé  son frère jumeau (forme autistique  à deux).

    Folie identitaire, ipsomaniaque,   isophrènique. Nos  monstres  sont tous des autistes maniaques. Sortis d’une combinaison  chimérique,   privés  d’altérité héréditaire,   ils n’ont d’autre destin que de rechercher  désespérément  une  altérité  en éliminant ,  un à un,  tous les Autres.

    Jean Baudrillard  in L’illusion de la fin ou la grève  des événements.


    Est-il raisonnable d'avoir tort seul ou regroupés virtuellement ? Facebook n'est-il pas devenu le café global mondial, celui qui rassemble toutes les blagues de comptoir ? Qu'en pense notre coach adoré, Raymond Domenech, nouveau pervers narcissique des temps modernes ?

    Et ma mère dans tout ça ? Se souvient-elle du prénom d'Alzheimer ? (Aloïs)


  • Mon France

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    Photo Marion Vallabrègue



    France Flohic, bourguignon de naissance comme son prénom, son nom et sa casquette ne l'indiquent pas :


    - Faut que j'aille à Carpentras voir mon frère...y va pas très bien.


    The straight story by David Lynch.

     

     

    J'avais le choix entre lui prêter mon tracteur tondeuse pour qu'il se lance dans une aventure de 1120 km ou bien l'y conduire avec ma limousine. J'ai opté pour la seconde solution.

     

    Sa "petite soeur" nous attendait devant le portail jeudi dernier.

    - Ben mon vieux, t'as sacrément grossi. Vingt ans que t'étais pas venu par ici...

     

    La mienne (de soeur) ira le chercher dans quelques jours et le ramènera devant la porte de sa maison à La Croix Ramonet (L'Yonne).

     

     

  • L'Yonne, l'autre pays du sexe

    De retour en Provence...

  • Un peu de patience

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    Reportage photos Gilles Aumage.


    Discret et fin observateur de la nature, souvent en vadrouille près de chez moi, ce chasseur d'images ultra confidentielles n'en finit pas de m'étonner. Il fait preuve d'une patience d'ange, camouflé sous sa toile aux couleurs forestières.
    Il peut rester à l'affût durant des heures sans bouger d'un pouce. Et la surprise se pointe enfin au bout de son objectif. Là, un chevreuil dégustant un peu de chèvre-feuilles. Plus loin, à l'heure du couchant, s'aventure un renard dont les yeux sont ornés d'un reflet d'or.

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    Photo Gilles Aumage


    Tandis que tous s'agitent, le chasseur sans fusil traque les allées et venues des animaux libres. Il use et abuse de notre patience. Celle que les impatients chroniques ont oublié dans le tiroir à voeux pieux. Il puise dans nos rares repaires, nos guets, nos effrois, notre soulagement toujours incertain, nos atavismes secrets. Plonge dans le monde du silence juste interrompu par le chant d'un roitelet triple bandeau. Prend bien soin de ne pas froisser une feuille de chêne morte. Il décripte les heures du cadran solaire qui s'inscrivent en jaune puis en rose sur le flanc de la Sainte Baume. Revisite nos terreurs enfantines, nos idées intraduisibles et les transforme en concepts clairs et nets. Parfois transcodés en philosophie improbable. Bref, il fait le point sur notre imaginaire, notre errance aux allures de destin.

     

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    Photo Gilles Aumage

    De loin, je l'observe. Et repense à Barry Lopez, autre guetteur avisé, qui, en planque lui aussi, écrit :

    Je reste caché là, persuadé qu'un lien surnaturel nous rattache au monde des animaux. Nous avons en commun avec eux les brûlures de la faim et de la peur, ainsi que la présence du sel dans notre sang.


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    Dans la tente de l'imprévu, Gilles Aumage

    Lopez encore...dans Artic dreams, imagination and desire in a northern landscape :

    Je suis revenu au camp en songeant à la complexité qu'entretiennent les animaux avec le temps et l'espace : leurs migrations, leur patience, tous leurs réseaux et repaires. Ont-ils vraiment des désirs, du courage, de la perspicacité ? Peu d'êtres vivants nous défient à la manière des animaux sauvages. Ils nous bouleversent, comme le font les grandes marées, nous hantent en posant sans cesse les grandes questions de la détermination, du sens de la responsabilité et de l 'importance de notre héritage génétique et du passé en général.

    En hommage à ta patience et à ton talent sauvage, Cher Gilles.


  • Il y a anguille sourate

    En préambule, distinguons entre trois types de voiles :

    La burqa, c’est le voile intégral des Afghanes qui sont apparues dans nos postes de télévision, il y a une dizaine d’années. La burqa est en général de couleur bleue et grillagée au niveau des yeux.

    Le hijab, un long voile noir qui couvre tout le corps et laisse voir le visage.

    Le niqab, un voile sombre ou noir qui cache le visage avec une fente à la hauteur des yeux, prolongé pour le corps par une longue mante, parfois les mains sont également gantées.

    Quand j’emploie le mot voile ou voile intégral, c’est du niqab dont je parle.


     

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    L'étrange M. Hebbadj (Photo AFP)

    L'homme aux quatre femmes, menacé de perdre sa nationalité, a semé le trouble tout le week-end.

     

    Examinons de quelle manière le voile intégral piétine le triptyque qui nous fonde : Liberté, Egalité, Fraternité.

    Des femmes se voilent. Des femmes disparaissent. Disparaissent-elles ? Non. Au contraire. En voilant, il est toujours question de paraître. Un fauteuil est toujours plus massif sous une housse. Une femme aussi. Le pont neuf à Paris et bien d’autres monuments n’ont jamais été aussi présents que lorsque l’artiste Christo les a emballé. Disparaissant, ces femmes prennent toute la place. Là où il y avait une femme, se matérialise une masse indistincte et noire. Cette disparition fait masse, elle produit du sens, elle véhicule une information. Cette disparition proclame une idéologie radicale, celle d’une secte des plus offensives.  Si tout costume a trois fonctions : utilitaire ou sémiotique ou esthétique ou les trois, la fonction du voile est essentiellement sémiotique. Le voile n’est que signe. Le voile est l’étendard des salafistes.

    Pour en démonter le mécanisme, Il est essentiel de revenir aux sources du voile. Dans la sourate 24, verset 31, il est dit que les croyantes doivent « ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît. Qu'elles rabattent leurs voiles sur leurs gorges ! ». Dans le verset 59 de la sourate 33 – « O Prophète , dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des Croyants de serrer sur elles leur voiles ! » – Le terme employé – jalabib – désigne un vêtement, une mante, couvrant le corps du cou jusqu’aux chevilles. C’est le seul endroit où le voile est cité clairement. Il est également dit ailleurs qu’un hijab, doit séparer les croyantes des croyants au moment de la prière du vendredi. Le terme hijab désigne alors non pas un voile, mais un tissu aux larges dimensions, que l’on dispose à la façon d’une tenture pour soustraire aux yeux des hommes le visage des femmes.

    Le XXe siècle voit l’émergence des islamistes, mais aussi de ceux que nous appelons, les salafistes – de salaf, le vrai, le pur –, qui prônent le retour à la pratique observée du temps du Prophète. Le salafisme est une lecture littéraliste, archaïque et hautement discutable du Coran.

    C’est surtout un courant d’idées et d’opinion organisé avec une méthodologie de recrutement, dans une visée strictement politique.


    Faisons l’hypothèse qu’agir sur le corps de la femme console de ne pas pouvoir agir sur le monde. On éprouve son pouvoir sur un territoire à sa portée, sur un peuple à sa merci.

    Sur ce sujet du corps comme territoire, le psychanalyste Bruno Bettelheim a conduit un travail qui étudiait en miroir les mutilations initiatiques chez les peuples primitifs et les automutilations des enfants autistes. Modifier son corps quand on n’a pas les moyens de modifier son environnement. Exercer une action autoplastique faute de pouvoir accéder à l’alloplastie. Ainsi de la manipulation du corps de la femme par l’autorité religieuse masculine, par la loi. La manipulation du corps de la femme en tant que 1er stade de la manipulation du monde. Le voile est non seulement un discours mais encore un geste politique malgré la manœuvre salafiste qui  tente de contenir le dossier voile sur le terrain religieux.

    Je cite Régis Debray dans son texte « Ce que nous voile le voile »


    L’opposé de la laïcité n’est pas la religion, mais la viscosité du coutumier et l’emprise agressive de convictions exacerbées dans les sectes.


    Le voile piétine ce qui nous fonde. Il piétine la liberté.

    Certaines femmes voilées, parmi les plus militantes, ou les plus instrumentalisées ont revendiqué récemment dans les médias la liberté de porter le voile en tant que liberté de conscience, liberté de vivre sa foi.

    Outre que l’invocation des libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie est une trop vieille astuce, nous avons vu précédemment et les plus hautes autorités du culte musulman le disent et le répètent : Le port du voile n’est en rien justifié par le livre sacré. Il découle d’une interprétation spécieuse de versets coraniques de l’ordre du récit.  Nous sommes dans la tradition et non dans la religion. La tradition wahhabite (Arabie saoudite) et la tradition pachtoune (Afghanistan et Pakistan).

    À parler de liberté parlons de la liberté de la femme. De la liberté du corps. Enoncera-t-on toute la série des droits qui dépendent de la liberté du corps de la femme. Le droit à une sexualité choisie, le droit de ne pas être vierge au mariage, le droit de ne pas rendre de compte, j’arrête car, devant cette assemblée, l’énumération est inutile.

    On se bornera à constater la grande communauté de pensée des intégristes catholiques, juifs et musulmans dans l’hostilité au corps de la femme. Le corps des femmes appartient aux hommes car c’est là que se fabriquent leurs fils.

    Où est ici la liberté ?

    Le voile piétine l’égalité.

    L’égalité des êtres humains y compris de sexe différents. Mêmes droits, mêmes devoirs. Or si l’on entend bien le discours salafiste la présence du corps de la femme est supposé entraîner l’homme à produire de « mauvaises pensées ». Quelles mauvaises pensées ?

    Du désir ? Singulière conception des hommes. Je me cache du regard de l’homme car le regard de l’homme est impur. Tu me vois, tu me violeras.

    Singulière conception des femmes : des proies sexuelles potentielles qu’il faut dérober aux prédateurs. Est ce l’égalité des êtres, des sexes que ce monde fantasmé de bites en furie et de trous à remplir. C’est sûrement quatre fois par an le projet de vie des cochons d’inde. Est-ce le nôtre ?

    Le voile piétine la Fraternité.

    Le voile est un refus absolu et déclaré d’entrer en contact avec l’autre. Le refus absolu et déclaré de la réciprocité. Femme voilée, tu me vois, et refuse que je te voie. Tu regardes sans être vue. Ou plutôt tu proposes à mon regard un objet indistinct et sombre, un emblème qui attire sans réciprocité mon regard, bien davantage que ton visage découvert. À ce sujet le titre du texte de Mohammed Tahar Mansouri : « le voile frontière entre les hommes et les femmes, frontière entre les femmes et les femmes ».

    Je conclurai en citant Jean Luc Mélenchon :

    On me dit que la plupart des femmes qui portent le voile intégral le font par un choix librement consenti. Je propose de ré autoriser le lancer de nains, tous les nains étaient consentants.


    Sylvie Coulomb



     

  • Le marché bio comme un camion

    C'est en feuilletant chez le dentiste une revue intitulée Pluriel Nature (?) que j'ai pu mesurer combien notre civilisation avait monté de plusieurs degrés en quelques années. De pages en pages j'ai découvert  qu'un site d'amours bio avait désormais pignon sur écran :

     

    http://www.amours-bio.com/

     

    Qu'il était devenu possible de faire de la gymnastique buccale grâce à un appareil nommé Head Balance. De fait, grâce à un travail masticatoire symétrique il vous permettra d'équilibrer, de décontracter vos muscles et par là-même de lutter contre les tensions musculaires, les migraines, le bruxisme nocturne (?). Mieux encore de contribuer, en mâchant dare dard, à la prévention des rides, dues à un raffermissement du visage et du cou.

     

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    Clou de la nouvelle société du spectacle, l'irrigation du côlon chez soi. Grâce, cette fois, à la planche Colon-Net vous prendrez désormais soin, dans l'intimité de votre maison, de votre hygiène intestinale. Finie la gêne occasionnée par ce contact intime avec un inconnu nommé praticien. Je ne sais pas s'il faut utiliser un karsher. Pour le savoir consultez le catalogue sur :

     

    www.colon-net.com

     

    Je dois m'absenter car ce soir j'ai une conférence sur le thème Couleurs et chakras. Il paraît que les savants sont unanimes : La matière n'a d'existence que grâce à son énergie. Un professeur nommé V. Hunt, de l'Université de Los Angeles, a remarqué que la fréquence des ondes électroniques émises par les cellules variat en fonction des différentes régions du corps de 1 à 1500 Hz...Or ces zones correspondent justement aux chakras décrits dans les textes hindous et localisés le long de notre colonne vertébrale. Quand vous saurez que chacun des chakras possède une couleur correspondant aux sept couleurs de l'arc en ciel...

     

    Ps : Je signale aux doux rêveurs que tout ce qui est mentionné, ci-dessus, est absolument authentique.

     

     

  • Les défis de l'Eyjafjallajökull

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    M. Fulle@Eyjafjallajökull, Islande (19 Avril 2010)

    Plus d'avions durant une semaine. Il aura suffit d'un volcan niché sous un glacier au sud de l'Islande.

    Eyjafjallajökull

    Passant, tu n'oublieras jamais ce lieu béni par tous les adeptes de la randonnée de haute montage. Elle est un peu sportive, je l'avoue. Passage obligé entre Þórsmörk et le village de Skogar qui accueille un petit musée. Il en dit long sur la dureté de la vie locale à travers les siècles.
    Impossible d'oublier le Fimmvörduhàls. Ce petit raidillon de montagne qui se glisse entre deux glaciers dont celui qui vient de partir en fumée depuis quelques jours. Je l'ai emprunté à plusieurs reprises. Mon fils Johann davantage. En tant que guides. Je suis très lié à cette île depuis 1972. Quelque chose comme une histoire d'amour au long cours. En Islande, il est recommandé d'apprendre à lire les paysages parce que ceux-ci vous réservent quantité de surprises. Les meilleurs commes les pires. L'erreur de l'Homme pressé se paie cash. Oui, l'erreur étant de vouloir tout comprendre, tout entendre, tout voir. Et trop vite.

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    - Non, pas par là madame ! Il y a danger de mort. Des solfatares un peu partout et vous n'avez pas l'oeil exercé. Vous risqueriez de voir votre jambe griller comme une saucisse de Franckfort.
    - Non monsieur, nous ne passerons pas à droite de ce rocher aux flancs si accueillants; il va nous falloir faire un détour de plusieurs kilomètres. Traverser deux torrents car il n'existe qu'un seul point de passage possible. Et je suis le seul parmi vous à le connaître. Patience donc. Reprenez plutôt votre souffle...Economisez votre verbe. Merci de faire preuve d'un peu plus d'humilité. En cette terre sauvage qui nous domine tous, il convient de conserver une voix humaine, parfois émiettée mais vivante. Elle contient les atomes gravitants d'une même cellule, les planètes d'un même cosmos. Allez, filez droit ! Je ne veux voir qu'une seule tête, fusse-t-elle de lard, derr!ère mes traces. Je vous remercie de votre précieuse attention.

  • Donne-moi la main

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    Photo M. la Maudite

    Le tailleur de pierres rêve de sculpter des fesses, de bâtir quelques métaphores quand l'horloge lime le temps jour après jour.

    ***

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    Photo Ben

    Les mains toujours reviennent, témoins du lien d'amour, toutes chargées de ce que leurs mots ne diront pas.

  • Le murmure du monde

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    C'est une lumière qui se réverbère et se diffuse
    comme une auréole mystérieuse tendue vers l'ailleurs
    invitant le doux errant à se soustraire de tout statut social
    pour vivre dans une condition de "vacances de la vie".
    Son existence n'est plus à prédire
    elle a trouvé les rayons de son enveloppe lumineuse.
    ***
    L'herbe est dansante et grave,
    déjà oublieuse de l'hiver qui rôde encore.
    Elle offre aux gelées blanches ses verts appétissants.
    Les feuilles des chênes rôties par les grands froids
    s'éparpillent au vent d'Est
    quelques-unes s'accrochent encore aux branches presque nues
    jusqu'à la montée de sève.
    ***
    L'être humain bien luné se poste à l'affût aux aurores.
    Partie prenante du réveil de la nature
    il se délaisse de sa peau de marmotte
    prêt à dompter de nouveaux mystères
    chassant aux aguets pour ne pas assister, béat,
    au spectacle de la Nature.
    Il sait qu'à force de voir
    et non pas d'apercevoir
    il sera apaisé.

  • Tolérance zorro

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    Cherche l'intérêt de la personne qui te parle et tu trouveras le mobile de son attitude et souvent une amère déception.
    Daniel Desbiens, écrivain québecois

    Jouissance de la pulsion qui les pousse à faire du chiffre. De l'audience diraient les annonceurs. Ils passent à côté de la plaque et rapacent. Cherchent des proies faciles. Souvent au nom de la tolérance, ils s'offrent même des thèmes à débats pour retenir un peu d'attention...
    Ils jactent pour meubler un grand vide.

    Dans l'idée de tolérance, il y a l'idée de délai. On tolère facilement une situation ou une personne que l'on est sûr de pouvoir éviter ou neutraliser, à son gré ou prochainement. On tolère par politesse, par ruse, par calcul ou tout bêtement par lassitude. Mais, au fond, on attend de n'avoir plus à tolérer.
    Jean-Paul Desbiens, Bâtisseur québecois de pensées

    Je ne tolère pas que l'on vienne me casser les burnes avec des mots miroirs destinés à faire briller un narcissisme altéré.


     

  • Ce goût du bonheur en cavale

     

    Notez, greffier !

    J'accuse tous les beuglants qui naviguent dans les eaux territoriales de l'écran plat comme une limande.

    J'accuse tous les moutons qui se contentent de bêler. Et surtout les fourbes qui leur offrent des hauts parleurs parce que ça fait démocratique que de faire le micro-trottoir.

    J'accuse tous ceux qui se refusent à penser le monde et qui prônent une normalisation proche de la bêtise.

    Notez encore, greffier, que je préfèrerai toujours écouter ou lire les mathématiciens, les philosophes, les jardiniers, les créateurs, les inventeurs, les poètes...

     

     

     

     

  • Sans faire de nouvelle vague

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    Le film pourrait débuter sur un plan fixe montrant une rivière. Presque à la fin du jour. Les spectateurs distingueraient dans les reflets argent un héron à l'affut d'un gardon. Ses deux longues échasses bien plantées dans le courant. Une musique signée Georges Delerue s'imposerait doucement dans les tympans. Par petites touches aussi subtiles que dramatiques.


     

     

     

    Il y aurait alors un travelling de gauche à droite qui prendrait fin sur la chevelure brune d'une femme au volant d'un cabriolet venue contempler la lente disparition des rayons du soleil derrière la colline dominant le lit de la rivière.

    Une voix grave de femme, emprunte d'émotion, dirait : Je crois que l'amour m'a rendue aveugle...

    La voix d'un homme agacé lui répondrait : Mais regarde-moi !

    Le film ferait découvrir ensuite l'invisible labyrinthe des chemins solitaires. Le regard bleu et doux de la dame touchant d'un cil les flots déchirés par la cascade du pont. Puis un jeu de voix superposées serait chargé de réunir les instants disjoints du passé. De leur passé. Tout ce qui les sépare et les entraîne l'un vers l'autre. La caméra s'attarderait enfin sur la berge, sur le limon des enjeux futiles.

     

  • Ne nous voilons pas la face

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    Le bouclier fiscal ne passera pas l'été.

  • Nuage non identifié

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    Un nuage lanticulaire (Altocumulus lenticularis) photographié hier après-midi

    Même les paranos ont des ennemis.
    Eux qui voient des espions dans le ciel. La météorologie est leur religion. Elle leur donne du zèle. Clef de voûte de cette vaste entreprise de lavage de cerveau, la liturgie publicitaire qui vampirise leurs rêves.
    La tautologie fonde un monde mort disait Roland Barthes.
    Soyons bref: la sur-consommation de produits et d'images est une anesthésie de masse qui adoucit les petits meurtres entre amis dingos et la texture du danger. Elle change la réalité en fantasmes.
    Parfois les nuages préfèrent avoir de la fuite dans les idées et voir dans les formes que leur inspire le vent une métaphore multiple de la condition humaine.


  • Dennis Hopper va se faire la malle

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    73 ans, un cancer de la prostate en phase terminale, 45 kilos aujourd'hui.
    (Photo Reuter)


    Rien que ce film "Easy Rider "qui claque au vent de l'histoire du 7ème art. Caméra sur l'épaule ou arrimée sur la plate-forme d'un pick-up truck, Dennis Hopper a écrit et réalisé ce "Harley movie" (avec Peter Fonda) pour nous présenter l'Amérique profonde de la fin des sixties. Une échappée belle dans l'Amérique qui freinait des quatre fers devant le Rock'n roll, les déhanchements sexuels d'Elvis et qui venait à peine de découvrir qu'un noir pouvait s'introduire dans la salle à manger pour le dîner.
    Une joyeuse troupe de camés, porteuse de la contre culture ... en herbe.
    Denis Hopper, l'indiscipliné, le rebelle, l'enfant de la narine, va s'endormir dans les jours qui viennent. Pourquoi attendre la mise en boite, le jour du  grand sommeil, pour lui dire merci. A ses cinquante ans de carrière, ses apparitions d'archange rustaud aux yeux bleus acier trempé dans  «Johnny Guitar» (1954) et «La fureur de vivre» (1955) de Nicholas Ray, «L’ami américain» de Wim Wenders (1977), «Apocalypse now» de Francis Ford Coppola (1979), ou «Blue velvet» de David Lynch (1986)...
    Pourquoi attendre et rappeler qu'il s'est inspiré de la Nouvelle vague, du néoréalisme italien dans toute son oeuvre de prince sans rire. Une gueule comme la sienne ça s'imprime bien volontiers dans la mémoire cinématographique mondiale.
    Il arrivait ponctuellement en retard aux tournages et dans les dîners, mais il n'a jamais raté le train de l'Histoire du cinéma de son temps. Une voix de grand brûlé qui s'était mis à pleurer sur un plateau de télé en racontant ses dérapages et ses fractures d'enfance. Pour lui, et pour chacun, il est nécessaire de revenir à l'enfant, si l'on veut déceler la blessure de l'adulte par où l'encre de ses yeux coule. (Merci Cabrel)
    L'explication de son talent explosait à la figure des spectateurs. Indubitable cette tristesse, cette crispation des mâchoires d'un visage sans cesse partagé entre le sourire des lèvres et la buée des yeux soigneusement dissimulée derrière des Ray Ban. Ce que le client d'un rade de la route 66, accoudé au comptoir et piquant de sa fourchette les deux seins d'oeufs au bacon, pouvait apercevoir d'un simple coup d'oeil à travers la vitre.
    Il n'a jamais su ni voulu échapper à son incontrôlable passé. A-t-il été un jour heureux ? On en doute.
    Bonne route, Dennis !




  • Un chemin ordinaire

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    Photo Kjartan Mar Magnusson



    Les pieds du hêtre se sont glissés sans hâte dans les interstices du temps.
    Il a décidé de s'installer là sur un chemin menant à la dernière résidence de Marie Madeleine.
    D'après l'ONF, c'était pendant la révolution française. Aujourd'hui, il mesure 43 mètres.
    Il ignore superbement ses concurrents qui ont pris racines sur "Le Chemin des rois". Depuis François 1er, pas un monarque n'a manqué le rendez-vous avec cette forêt autant relique qu'initiatique.
    François Mitterrand fut le dernier.
    Des millions de pèlerins ont usé les marches menant à la grotte. Le grand arbre a vu passer des licornes, des nourrices peintes par Rubens allaitant de futurs énarques. Des autistes de la politique aussi. Des candidats au grand chelem.
    Maître de l'humour, il recense ce qui ne va pas, murmure parfois des chansons qui serrent le coeur et n'a de cesse de ramener sa virtuosité aérienne sur cette terre où l'on n'est pas souvent heureux.
    Les jours de grand vent, il organise des féeries à grand spectacle pour se consoler de la méchanceté des humains, de leur empressement à se détourner du bonheur et de l'amitié.