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  • Les égouts de l'amertume

    Quantité de blogeurs m'épatent. Grâce à eux et au bruit qu'ils font sur leur clavier, les choses se remettent à leur place. Souvent les décors semblent être copiés-collés depuis le grenier de Roger Hart et la mise en scène de leur moi vaguement brûlant digne des Chorégies d'Orange. Bref, du Wagner chez Louis II relooké Conforama, javélisé grâce à la Croix et la Bavière; ça se termine le plus souvent mal comme dans une chanson de Renaud: ta...ta...ta !

    Mon tout dans cette prose lourdement symbolique de la grande routine humaine, semée de clichés, marquée au coin de la prétention intellectuelle, avec son quota de casseroles issues de l'analyse ("Lacan dans le sexe") et où l'action patine dans la semoule jusqu'au bar des naufragés volontaires. Pour les idées, pas mal de marmites que l'on croyait depuis longtemps à la casse.

    Le catalogue numérique, cousu de fil blanc, doit laisser à penser au lecteur qu'il est devenu l'intelligent du village virtuel, et ce malgré lui. Ces besogneux de l'écran plasma voudraient faire oublier qu'au siècle précédent les véritables inventeurs ou rénovateurs de formes - de Proust à Svevo, de Céline à Faulkner - ont mis au point leurs procédés malgré eux. Sans trop y penser. Il suffit de tapoter des tapuscrits. D'ouvrir au monde son journal intime:

    J'ouvre mon frigo. Il est vide. Je le referme et me dirige vers le placard. Une boîte de cassoulet trône sur l'étagère. Je pense à Mathilde. Où se trouve l'ouvre-boîte bordel? Ah Mathilde, comme j'aimerai te culbuter sur la table IKEA. Je m'en souviens comme si c'était hier. Au jour d'aujourd'hui, je suis dans l'impasse. Je perd la boule de cristal. Je relis Anna Gavalda, en boucle. Mathilde, si c'était à refaire, je ne t'offrirais plus mes chemises rayées Hugo Boss à repasser...

    Mathilde, je crois que je vais rejoindre une ONG humanitaire qui envoie des bouquins aux écoliers burkinabés.

    La technique informatique permet tout; c'est à ça qu'on la reconnaît. Somme toute, cette technique multimédia, ce n'est jamais qu'une façon de négocier le tournant de l'impossiblité d'écrire...

     

  • Il fait chaud à n'y pas croire

     

    Perle et moi lançons un SOS pour faire en sorte que la température baisse.

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    Je relis ce jour un passage du livre d'Annie Dillard (Pilgrim at Tinker Creek)
    qui relate cet étrange comportement d'une tribu indienne dans l'Ouest américain:
    L'une de ses sécheresses qui reviennent tous les neuf ans a frappé le secteur et les canyons se craquellent comme des cosses.
    Une houle de chaleur monte de l'asphalte : pas étonnant qu'il courre l'oiseau coureur.
    Montre-lui un coin d'herbe fraîche à ce volatile et il se prélassera jusqu'au jour du jugement dernier.
    Arrive un camion qui traîne un pavois de poussière, une camionnette Ford et le gars fait marcher ses essuie-glace.
    Sans doute un poivrot me dis-je; il n'y a pas un nuage.
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    Et puis voilà qu'une vieille Mustang débouche dans le virage,
    couverte d'un manteau de boue, pleine de chiens,
    et les essuie-glace marchent,
    les essuie-glace marchent avec un bruit de sabots sur le pare-brise.
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    Je me dis que le soleil a du me brûler les yeux;
    j'ai des éblouissements, la chaleur m'a épuisée, je délire.
    Je double une Chevrolet, croise une Oldsmobile58, et tout est normal;
    puis voilà qu'arrive un godelureau dans une Pinto, et les essuie-glace marchent,
    se précipitent d'un bord sur l'autre comme des danseurs.
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    Ce soir là dans un motel de Moab on m'a raconté toute l'histoire.
    C'est une mode maintenant, depuis quelques années, qui sévit parmi les Indiens cinglés du coin.
    Ils mettent en route leurs essuie-glace dès que la terre commence à avoir besoin d'eau.
    Une espèce de moulin à prières !
    Stupéfaite j'étais !
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    Nous vivons dans un monde de miroirs bordés d'un horizon de trous et de déformations, de piquets au milieu de monceaux élevés de mirages, d'empilements, de meules de lumière mouvante.

    Les moyens que cet écrivain, et d'autres semblables à elle, suggèrent sont parfaitement clairs.
    Le lecteur est constamment invité à examiner l'organisation de la structure, la nature de la surface,
    et à s'interroger sur la manière dont elles sont advenues.
    Lire Annie Dillard c'est la prendre sur le fait - c'est à dire exactement comme elle s'y attend.





  • Dance with me ! (commentaire)

    De retour du pays des roses...

    Oui Lilie, je les ai bichonnées, caressées, humées. J'ai, par ailleurs, beaucoup tondu, désherbé, taillé. Donc, j'accuse quelques douleurs au niveau des lombaires comme si je m'étais égaré dans Germinal, cher Simon. Une couleuvre a même traversé la haie pour admirer le travail. Ne vous faites pas plus sotte que moi Constance. Je suis imbattable en sottises. J'ai dans mes bottes quelques centaines de km: 627 exactement sous une température insolente. Surtout dans la cuvette lyonnaise.

    Fourbu mais ravi, je vais dormir ce soir sous le ciel étoilé provençal et rêver de la Bourgogne où j'étais prince jardinier...ce matin encore. Je trouve que le retour fut plus long que l'aller. En fait, je sais pourquoi. Demain, il fera jour Bougrenette. Moi aussi je te bise. Dana, princesse roumaine, le poète a toujours raison. Enfin, presque toujours. Passagère havraise, la photo montre la vue sur la montagne bleue de Lure, depuis la Sainte Baume. Il me suffit de m'élever un peu le soir et hop.

    Merci Mélie d'avoir fait diligence. Mesdames et messieurs, cette fille a une belle personnalité (une double).

     

    Bisous à tous et bonne nuit. Et pour accompagner vos songes ce petit extrait godardien et dansant.

     

  • Le soir tire son épingle du jour

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    Quand le jour n'est pas encore le crépuscule
    la distance rend les montagnes bleues
    et la lune se distingue.
    Le pin s'auréole d'une guirlande éphémère.

    On admire toujours d'autant plus qu'on observe davantage
    et qu'on raisonne moins disait Buffon.

    Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire
    répondit l'écho. Ici Boileau.


  • C'était mieux après

     

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    Avant, je me tapais tous les festivaux : Cannes, Avignon, Bourges, les Francofolies, Juste pour rire à Montréal, le festival de jazz à NY, Les étonnants voyageurs à Saint-Malo, Mozart (est là) à Aix...et j'en passe. J'ai même plongé ma Clio dans la piscine miraculeuse de Lourdes avec l'espoir d'en ressortir avec des pneus Michelin neufs. Souvent, donc, je me suis levé de très bonne heure à Cannes pour assister à la projection de 8h00 du matin et ensuite je me précipitais à la conférence de presse de Fellini, Godard, Wong kar-wai, Tarantino...

     

    Aujourd'hui, je préfère jardiner. Je suis fier de partir pour ma Bourgogne et y retrouver mon tracteur tondeuse. Dans le tondre tout est bon !


    (Françoiz Breut)

     

    J'aime voir la vie défiler kilomètre après kilomètre. Elle se révèle toujours être ailleurs, pour qui veut la saisir en deçà ou au-delà des médiations et des connexions. C'est la lumière des villages qui défilent à douce allure. C'est l'endroit où l'on voudrait habiter mais où l'on n'habite pas, c'est parfois la fête. J'aime à retrouver quelques amitiés durables. Flairer les mesquins, les flatteurs, les narcissiques-léninistes, les faux-culs gentils qui traitent l'autre de crétin à peine qu'ils se traitent.

     

    Comme il est dit dans l'évangile, seul celui qui est prêt à perdre sa vie peut la trouver et la sauver.

     

    In fine, dénicher ce qui n'existe que dans le mot Désir.

    (à pluche)

     

     

  • Question amere

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    Comment une éthique peut-elle vivre sous un ciel vide ?

  • Silence

     

    La famille de Nathalie de Mazaugues ne souhaite plus que son grand chagrin soit exposé sur ce blog. Je retire donc tous les articles et commentaires qui y étaient reliés. Merci à tous d'avoir dit votre émotion pour le partage et la fraternité. Par respect pour les très aimés de Nathalie, je propose que sur son absence, nous fassions désormais, silence.

     

  • Je fais ce qui me plaît

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    Tulipa Australis (Sauvage) poussant autour de la maison rouge

    - Oh BT, qu'est-ce tu fais putaing, tu travailles ?
    Hein !
    - Et ouais, on dirait que tu travailles ?
    Quoi ?
    - Branche ton sonotone que je te murmure à l'oreille, vieux canasson!
    Ouch !
    - Je te demandais pourquoi tu travailles, culé ! C'est le premier mai.
    Hé ouais, bordille, je jardine. Pourquoi tu me casses les couilles?
    - C'est le premier mai, je te dis !!!!
    Hé bé, quoi le premier mai !?
    - C'est la fête du travail...
    Ah, et bé bonne fête, gary, je croyais que t'étais au chômage.
    - Ben ouais, je suis au Semic.
    Alors bonne fête, mon petit. C'est Byzance.
    - Nan, c'est pas Byzance, c'est régalade aujourd'hui. Y sont des millions à manifester aux quatre coins de l'ézagone.
    Super ! Un hexagone, c'est un polygone à six côtés et six sommets, gary )
    - Oh papy, je m'en branle de l'ézagone, ça s'arrose le premier mai...non ?
    Ouais. Viens, viens, j'ai du Vacqueyras à la cave.
    - Du Vacqueyras, taing, tu t'emmerdes pas...oh, mon vier madame Olivier, je veux bien, oh !
    Allez, ha, viens, on va trinquer à la santé de monsieur Bruni.
    - Oh, t'y es fada, je trinque pas à la santé d'un nainculé ! Je suis t'un fou mais pas complètement bringue, quand même.
    Hé bé, on n'a qu'à trinquer à la santé des gars de Caterpilar si tu veux. L'important c'est de trinquer...
    - Oh papy, t'es un peu trop relaxe côté bulbe rachidien, non ?
    Hé, je suis comme le temps, je fais que passer.
    - Nan mais je veux dire, on t'a connu plus révolutionnaire dans le temps.
    Dans le temps, j'étais un branleur comme toi.
    - Un branleur, un branleur, mais t'y as toujours bossé, je veux dire.
    Hé ouais, j'ai bossé tranquille.
    - Mais aujourd'hui, old slip, on bosse plus, taing, on chômeu. Les patrons, tous des nainculés, je veux dire ! Y s'en mettent plein la gueule...
    Taing, t'y es un philosophe toi !
    - Hé ouais, y'en a marre de se faire niquer. Et qui c'est qui va payer les traites ?
    Ma foi, le Crédit-Mutuel, je sais pas moi.
    - Qué Crédit-Mutuel, c'est tous des nainculés. Y s'en mettent plein les coffres et c'est nous qu'on paye leurs stocks lotions de perlinpinpin. Je veux dire, c'est toujours nous qu'on passent à la caisse. Tu vois ce que je veux te dire. Taing, il est bon ton vin. C'est pas un vin de tapette !


  • So what

     

    Il introduisit la clé de contact

    Actionna le démarreur

    Le V8 ronronna aussitôt

    Il enfila ses gants

    Alluma une Malboro

    Puis fit démarrer doucement la vieille Chevrolet

    Baissa la vitre électriquement

    Chercha la communication avec la nature

    Le lien primordial avec la forêt à laquelle il lui sembla avoir jadis appartenu

    La densité des feuilles éveilla en lui le souvenir vague d'une identité naturelle

    L'exigence d'un sens

    Il la vit trop tard sauter du fossé

    Il donna un brusque coup de frein

    Elle heurta violemment le capot

    S'agglutina sur le pare-brise

    Tenta de se couler par la vitre de la portière

    Que très vite il releva

    Puis il empoigna le magnum 357 qui somnolait dans la boite à gants

    Marcha en direction de la biche qui fixait son regard

    Il ne tira qu'une seule balle

    Remonta dans la voiture

    Les premières notes de Kind of blue s'échappèrent de la radio.

    (Chaque jour, des mots meurent sur le bas-côté des blogs forestiers et s'effacent au couchant)

  • J'abandonne dans ton sens

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    Ne te retourne pas Charles, deux pies avancent vers nous à deux heures.
    - Elles marchent à petits pas cadencés comme deux nonnes qui montent à la grotte pour les vêpres?
    Oui, enfin elles s'imaginent surtout que je suis en train de dormir...
    - Je le pensais, il y a deux minutes, que tu pionçais. Alors, elles s'approchent?
    Wait babe ! Here I am , vulnerable like a bitch on the canapé of galets.
    - Tu te souviens de cette chanson de Trenet : la mer sans arrêt roulait ses (né) galets...
    Concentre-toi, Charles, au lieu de pousser la chansonnette (complète mandingue). Les deux nonnes sont à distance acceptable.
    - Et elles se trouvent toujours à deux heures. Sois plus précise ma Perle, le travelling de mon museau, c'est aussi une question de moralité.
    Pas le moment de jouer à l'assistant réalisateur godardien. Oui, elles sont toujours à deux heures...
    - Je reprends espoir quand je sens l'approche de la beauté en noir et blanc.
    Prépare-toi à bondir, à galoper plus si tu veux les rôtir ce soir...
    - Allez Perle, on fonce, la vie est complexe et merveilleuse !



  • C'était mieux avant (bis repetita)

     

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    Avant, un chanteur rêvait d'être hôtesse de l'air et d'avoir les fesses en l'air.
    Aujourd'hui les chanteurs rêvent de ne plus être téléchargés.
    Avant la grippe était espagnole, aujourd'hui elle est mexicaine et porcine.
    Avant, je me moquais de Patrick Sébastien, aujourd'hui il m'émeut quand il écrit un livre sur ses rapports avec sa mère disparue.
    Avant, les communistes français disaient : Il faut faire payer les riches! Aujourd'hui, Sarkozy nous explique pourquoi il faut payer pour les erreurs commises par les riches...
    Avant, un parvenu répétait à tu et à toi: Il faut travailler plus pour gagner plus. Maintenant, il faut chercher du travail en Inde ou en Ouzbékistan pour gagner beaucoup moins.
    Avant, il fallait sauver les bébés phoques et demain il faudra sauver les riches pour récolter leur miettes.
    Avant on se serrait les coudes pour faire face à la crise, aujourd'hui on se serre les couilles et la ceinture parce que ça va de plus en plus mal.
    Avant, il y avait les bons ouvriers et les méchants patrons. Aujourd'hui, il est d'usage de faire la différence entre les petits patrons des PME et ceux du CAC 40 qui s'en battent les couilles de l'éthique, bref de mettre un peu de cohérences dans les luttes à venir.
    Avant certains estimaient que le paradis était socialiste, aujourd'hui ils sont encore plus nombreux à penser que l'enfer est ici. Sauf pour les riches.
    Et les nuages s'accumulent sur le marché de l'emploi.
  • Macha ne répondra plus

    3570345918-macha-beranger-la-voix-de-la-nuit-s-est-tu.jpgAllo Macha ?

    La légende de la nuit sur France Inter avait été salement virée, il y a trois ans. Elle vient de mourir d'un cancer du sein à 67 ans.

    Cette voix rauque, chaleureuse, était de permanence au service du public et des insomniaques en tout genre de minuit à deux heures du matin. Elle avait mis son coeur entre ses oreilles et ouvert la voie à une écoute attentive pendant près de trente ans. Macha Béranger était un peu le fantôme de la Maison ronde arpentant les couloirs avec son chien sous le bras et un immense chapeau vissé sur la tête. Et personne dans les couloirs de la radio à cette heure avancée de la nuit. Souvent, elle recevait des bouquets de roses de la région Nantaise. Elle souriait en les découvrant posées devant les micros et son casque du studio 134. Michèle Riond (son vrai nom) avait profondement chamboulé le coeur d'un célèbre "Avare" qui était à ses heures Gendarme à Saint-Tropez.

    Bon voyage Macha. Et merci.

  • Allez, le dernier !

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    Photo Yann Gensollen


    Gilles Deleuze : b comme boisson in L'abécédaire


    Part 2

  • Le divan sur un nuage

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    Cloud sofa (Photo www.fubiz.net )

    Bonjour madame.
    - Bonjour, you welcome !
    Madame comment?
    - Suzy...Suzy Ravioli
    C'est un nom très connu ça.
    - Nous sommes lundi et le lundi c'est ravioli...
    Ah bon et demain c'est Suzy quoi?
    - Ben... demain c'est mardi donc c'est Suzy Sodomie, comme chacun sait.
    Merde, c'est pas mon jour de chance alors...
    - Ne vous inquiétez pas, monsieur, serez pas déçu du voyage. Monsieur...?
    Blog_trotter.
    - Très bien monsieur Blog_trotter, je vous écoute!
    C'est à dire que c'est la première fois que je...
    - ... Que vous vous rendez chez une péripatéticienne lacanienne.
    Exactement!
    - J'en conviens, vous n'êtes ni le premier ni le dernier à être surpris. C'est un métier, pas si vieux que ça, qui mérite d'être mieux connu.
    Voilà ce qui m'amène madame Ravioli. Je suis toujours en train de demander pardon à tout bout de champ. J'aime être pardonné. Non pas que je me sente fautif voyez, c'est quelque chose de récurrent chez moi. D'autre part, Il me faut également pardonner les offenses des autres. Et ensuite, et seulement, je me pardonne à mon tour.
    - Je vois. Permettez que je vous déboutonne ?
    Je vous en prie...
    - Le pardon, le pardon...très bien, quel sens donnez-vous à ce mot?
    Heu... un sens philosophique bien sûr. Je pense à ce qu'écrivait Jankélévitch à propos du pardon, de la limite que l'on doit appliquer au pardon. Peut-t-on pardonner les camps de la mort madame Ravioli?
    - Je connais les écrits de Vladimir. Je suis d'accord avec lui. On peut tout pardonner sauf l'industrialisation de la mort. Vous êtes juif monsieur Trotter?
    Voyez bien que non madame Ravioli, je suis bourguignon.
    - Je vois. Avez-vous mauvaise conscience monsieur Trotter ? Où trop de lucidité ? Celle-ci dessèche comme vous savez. Une conscience délicate ne va jamais sans quelque aveuglement, sans l'ingénuité du coeur et la crédulité de l'esprit. (Chlurp, slurp, schuit, pouac, slurp...) C'est cette conscience (slurp) que l'ironie des esprits forts, impitoyablement pourchasse et neutralise.
    Vous...ooooh...oui... z'avez raison raison madame Ravioli.
    - Vous verrez monsieur Trotter, au mois de mai (Slurp, smouic, chlurp chmouic, sleurp) tout redeviendra normal et comme tous les hommes vous vous demanderez alors: Comment ai-je pu avoir si peur de ma conscience? (hon, hon, sluuuuuuuuuuuurp !!)
    Oooooooooooohhhhhhhhhhh...!!!!!
    - Voilà, monsieur Trotter ! Les toilettes et la salle de bains se trouvent au fond du couloir à gauche!

  • C'était mieux avant (suite)

     

     

    Avant, tout le monde s'aimait et ne faisait pas la guerre aux boutons acnéiques.

    Avant, les femmes battues par leur mari ne profitaient pas de son sommeil pour en finir à coups de marteaux.

    (On me demande, dans mon oreillette, de préciser qu'elle a bien fait)

    Avant, les candidats battus aux élections présidentielles ne s'excusaient pas au nom de la France à tout bout de chant médiatique mais en leur nom propre.

    Avant, on ne disait pas au jour d'aujourd'hui mais aujourd'hui.

    Avant, on ne disait pas y'a pas de soucis mais on les affrontait.

    Avant, les phrases ne s'achevaient pas par on va dire. On disait: point barre.

    Avant on ne disait pas c'est que du bonheur, on disait on s'est régalé.

    Avant, on disait après la pluie vient le beau temps. Maintenant on dit après la pluie vient le réchauffement climatique.

    Avant, on disait ce sont des choses auxquelles... Aujourd'hui on dit c'est des choses à laquelle...

    Avant on disait, oh regarde, des nains de jardins maintenant on doit dire vise un peu ces personnages plutôt kitches à la verticalité contrariée.

    Avant on disait, mate un peu cette brochette de tarlouzes...et, au jour d'aujourd'hui, on doit dire: tiens, observe sans mot dire ce groupe de sémillants jeunes hommes qui appartiennent à la communauté gay.

    Avant, les souverains poncifs n'étaient pas légions.

  • Le goutte à goutte du pragmatisme

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    Finie la vaisselle
    Rebond de quelques fesses anonymes au coin de la rue
    Défilé à 15h00 de veuves de marins d'eau douce
    Qui ont bu la tasse
    Un archéologue du quotidien explore les pétales de ses pensées printanières
    Butine l'arbre généalogique de sa mémoire passoire
    Au fond du café une Ténardier essuie les plâtres
    La mouche du coche s'est enfin pendue au néon
    Sous les pavés
    Une page s'efface sans mot dire
    La place tourne en rond comme un manège désenchanté
    Un fakir s'apprête à traverser le boulevard en dehors des clous
    Jusque-là tout va bien
    La perspective tient les Reines d'un jour
    Par la barbichette
    C'est comment qu'on freine?




  • La vie et la félicité

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    Dans la pièce, Bashung chante Aucun express

    J'ai longé ton corps
    Epousé ses méandres
    Je me suis emporté
    Transporté
    Par-delà les abysses
    Par dessus les vergers
    Délaissant les grands axes
    J'ai pris la contre-allée

    La nuit je te mange
    Je souris à tes imprudences
    Je loue ta gentillesse
    Ta délicatesse
    Le jour je me promène en toi
    Sans rien dans les poches
    Et même sans poches du tout
    Nous sourions à la descente aux enfers
    De ces figures christiques
    Qui trimbalent leur croix en plastique
    Nous rions de cette Divine Comédie
    Devenue Société du spectacle
    Nous passons du tragique à l'espérance
    De l'indemne à la grâce
    Dans un effort transhumain
    Autodidactes de l'amour
    Je diplôme tes fesses
    Tu honorises mon gland.




  • Pas trace d'un cri

    Sur le bord de la falaise le vent revient
    le vent s'en va
    et donne aux ailes des oiseaux
    des désirs de mer
    de vagues en furies et d'ondes sages
    d'eaux qui parleraient du ciel le temps de la chute
    d'une lumière piégée en douces transparences

    Allons faire quelques pas sur un sentier de chèvres
    au bord de la falaise près du vent qui revient
    donner un peu de fraicheur
    à nos visages
    Allons perdre nos yeux dans la ligne des bleus
    effacer les peaux mortes de nos mémoires
    frotter nos chairs à celle des rochers
    qui sait ? Peut-être savons nous saigner encore ?
    Allons voir toucher sentir la vie
    celle du dedans celle du dehors
    et même si ce n'est que la vie qui se meurt
    tout plutôt que celle qui se dessèche et qui s'écrit

    Allons au bord du vent goûter la caresse
    et recevoir la brûlure qui se dit

    Luc Comeau Montasse (Le bateleur)


    ______________________________________________________________________________________________________________________

     

    Cher Luc,

    Au début, lorsque j'ai constaté que tu prenais la poudre d'escampette, un premier avril, j'ai songé à une blague dont tu as le secret. Et puis, et puis, les jours ont vogué. Plus rien. Plus de gardien de phare (à vue) pour encourager le fagot des nombreux à demeurer vigilant. Plus de sentinelle avancée. Merde ! C'est pas vrai!

    Je l'entends ton cri. Il ressemble au mien, celui que je dissimule avec soin. Enfin, plus ou moins.

    Et grâce à notre belle âme attentive (Madame Lamarlère) j'ai mesuré chaque seconde qui rendait compte de ton absence. Enfin, tu vois, je suis nul en math mais je compte de mémoire.

    Te voici donc costumé en mystique retiré dans un désert lorrain pour méditer dans le silence et la pouillerie sur les vanités du monde. Oui, enfin, je fais figure d'optimiste là. Un peu comme Cioran tu vois. (double sourire)

    Mon très cher Luc, il n'y a de réel que le néant comme tu sais. Tu vois, je me demande pourquoi je ne crois plus en rien, avec une certaine jubilation, je te l'avoue. J'essaie (comme Viviane et Nietzsche ;) de procéder par éclairs et parfois aphorismes avec une verve qui ne résiste pas à la répétition. Bref, je détruis mes illusions, non sans malice, en restant attentif à ce qui ce trame en coulisse.Je lis et relis les plus gais des maîtres à désespérer. Les moins dupes aussi.

    Tout ça pour te dire que le passage du ventre à la terre maternels est assurément le plus délicat. Regarde ce séisme en Italie. Il me semble plus tragique que les effets de manche du locataire de l'Elysée. Tu me suis, hein !?

    Il faut te désintoxiquer du sarkozisme et continuer de faire comme Sacha Guitry qui rôdait parfois sur ces alpages hautement métaphysiques.

    Luc, c'est peu de dire que je te serre fort contre moi.

    Ph. Meunier,

    flâneur de moins en moins salarié.

     

    Ps : Tu me dois une ou deux bouteilles de mirabelle, je te le rappelle et te le rappellerai. Dis donc Luc, ton poème, ci-dessus, il m'arrache le coeur.




  • Dans la botte des montagnes de questions

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    Duomo fracturé d'une église de l'Aquila (Photo AP)

    Les deux dernières nuits, j'ai dormi au mieux trois heures. Je me sens physiquement et psychiquement épuisée par le manque de sommeil et par la peur, déclarait hier Ilaria Ciani, âgée de 35 ans, qui passait la nuit sous une grande tente dans un camp de rescapés improvisé sur un terrain de sport, près de L'Aquila. Les autorités recensent 17 000 sans abri. Bientôt trois cents morts et disparus. Et des milliers de blessés.

    La tragédie qui bouleverse l'Italie n'a pas de frontières. Et la solidarité, monsieur Berlusconi? Les chiens renifleurs de molécules humaines enfouies sous les gravats ne font pas de politique et ne peuvent s'inscrire dans votre besoin hystérique de marketing politique. Que pèsent les sondages politiques face à l'échelle de Richter ? Peut-on aujourd'hui prévoir les tremblements de terre comme ce séismologue italien qui avait prévenu les responsables de la région montagneuse des Abruzzes? Pourquoi l'avoir attaqué en justice ?

    Pour une fois, les footballeurs se distinguent. La recette de tous les prochains matchs sera totalement versée aux victimes. Ceux d'Angleterre de France et de Navarre seraient bien inspirés si d'aventure les stars du ballon rond mondial emboitaient le pas de leurs homologues transalpins.

    Les recherches se poursuivent. Il y a encore des personnes qui attendent d'être secourues sous les pierres et les poutres.

     

     

     

     

     

  • C'était mieux avant (suite)

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    Avant, je croyais pouvoir distinguer le vrai du faux derrière les buissons d'une matinée brumeuse.
    Avant, j'avais quasiment réponse à tout et j'en abusais.
    Avant, ma soeur aînée guidait mes premiers pas en littérature. Elle était l'assistante d'Arthur Adamov puis de la direction du "Nouvel Observateur".
    Après, elle s'est suicidée à pas lents.
    Avant, j'ai pu rencontrer Beckett (toujours grâce à ma soeur aînée) alors que je n'avais que quinze ans. Aujourd'hui, je rencontre des nains de jardin qui font semblant d'être des personnages du chaos universel beckettien...
    Avant, les poules avaient des dents en or et aujourd'hui elles s'affichent avec de la céramique entre leurs canines.
    Avant, je pensais qu'il était possible de "changer la vie" et j'étais, comme tout le monde, vaguement rimbaldien. Aujourd'hui, je me dis que je ne peux changer que de café et acheter de l'arabica éthiopien. Histoire de corser, un peu, mes matinées brumeuses.
    Avant, je pensais que la Corse était un laboratoire politique. Aujourd'hui,  je sais que c'est une réserve de jeunes sangliers racistes, totalement abrutis par leurs légendes paoliniennes rapiécées.
    Avant, j'aimais bien briller en société. Maintenant? Je n'ai rien à cirer. Et c'est tant mieux.
    Avant, la discordance entre vie et représentation brisait l'unité du grand style; brisait sa continuité, c'est à dire la répétition épique qui lie sentiments et valeurs. Aujourd'hui, elle brise sa force de synthèse et de fondation, la possibilité du langage de fonder une valeur et d'être vie.
    Avant, je lisais tous les romans qui traînaient sur mon bureau. Aujourd'hui je ne lis plus que des essais philosophiques.
    Avant, j'espérais que mes parents me disent un jour "Je t'aime". Aujourd'hui, je dis "Je t'aime" à mon fils, le plus souvent possible.
    Avant, je pensais comme Cendrars que "La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré et, pour être désespéré, il faut avoir beaucoup vécu et aimer encore le monde..." Aujourd'hui, donc, "Je ne trempe pas ma plume dans un encrier, mais dans le monde."


  • I have a dream

     

    Souvent mon orchidée (Perle) a des rêves agités. Longtemps, elle s'est levée de bonne heure. Comme dans un dernier sursaut.

    Celui-là (de film: "the big sleep") m'a tellement fait rire ce matin que je vous l'offre en pâture.

  • Quelques heures sans entracte

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    Elle décida d'un pas cadencé par ses hanches méditerranéennes de mettre le cap sur quelques navigateurs du verbe. Les rues étroites de la vieille cité faisaient barrage aux bourrasques mistraliennes. Un temps à ne pas mettre un félibre dehors. Alluma une cigarette sous un porche puis se lança à la recherche d'un bistrot, d'une halte imprégnée de la sémantique tauromachique qui transpirait des arènes si proches. Un café et quelques rues plus tard, elle entra dans une librairie. Déboucha un roman de Jean-Paul Dubois, Si ce livre pouvait me rapprocher de toi. Puis attrapa au vol cette phrase de l'écrivain toulousain, non sans sourire au libraire qui observait les rebonds de ses fesses par dessus ses lunettes de myope :
    «Le bonheur, c'est d'être auprès de quelqu'un à qui l'on tient, dans un endroit où l'on est bien, dont on n'a pas envie de partir.»

    - Excellent choix madame ! Vous connaissez cet auteur?
    Suffisamment.
    - Pardonnez mon insistance, madame, mais je me livre à une petite enquête sur les choix littéraires de mes clientes. Pourriez-vous m'indiquer une piste?
    Oui. Mon homme éprouve une jubilation indescriptible dès lors que cet auteur passe en revue la fiche technique d'une tondeuse à gazon dans presque tous ses romans...
    - ...Heu...Ah bon !
    Cela ne vous semble pas très explicite comme choix de lecture?
    - ... C'est un peu surprenant madame.
    Je vois bien que l'exploration des thématiques récurrentes qui traversent l'oeuvre de Jean-Paul Dubois ne vous suffit pas. Je n'ai guère de temps à vous consacrer monsieur le libraire, pourtant, je vais tenter de satisfaire votre curiosité. Mon bonhomme passe ses printemps juché sur une tondeuse à gazon. "Dans la tonte, tout est bon !" qu'il répète chaque mois d'avril, sans se découvrir d'un fil...
    - Certes madame, je comprends l'intérêt que votre ami porte aux tondeuses à gazon mais j'aimerai savoir ce qui l'a incité à lire Dubois et...
    Permettez que je rafistole ma chevelure embroussaillée, il y a un tel Mistral dehors...
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    - ...Vous en prie. Je ne voudrai pas vous ennuyer avec mes questions madame.
    Mais non, mais non. Reprenons. Jean-Paul Dubois fait partie d'une sacrée bande, principalement américaine. Vous connaissez Annie Dillard, Robert Lalonde (écrivain québecois), Richard Ford, Raymond Carver, Wallace Stegner...Tous compagnons de route, hein!
    - Oui, bien sûr...
    Ben voilà, ne cherchez pas plus loin. L'Amérique, le tragique, l'humour, l'écriture épurée et une moisson de détails...
    Pendant que je vous tiens, vous auriez quelques livres de Brautigan, c'est pour offrir à une amie?
    - Lequel par exemple ?
    ... Elle pourrait commencer par tokyo-montana express. Non?
    - La littérature étrangère, c'est tout au fond du magasin. Merci beaucoup madame.

  • C'était mieux après

     

    Petite note intermédiaire. Je suis heureux de vous présenter deux chanteurs néo-zélandais qui font un tabac sur une chaîne télé et sur You tube. Deux spécialistes de la parodie, de l'humour All Black (version quand ça déménage, ça déménage), finement ciselé, toutefois.

    Avec eux, c'était mieux après car ils tirent à cordes rouges sur nos petites nostalgies d'avant. Dans une de leurs chansons, ils s'amusent même à se moquer des comédies musicales frenchies (version Jacques Demy) car ils ne font pas les choses à moitié. Rien qu'à lire le nombe de passages (à sept chiffres) vous allez vite rejoindre ceux qui cliquent sur You tube pour rire entre amis.

     

  • C'était mieux avant (2)

    Sans aucun doute le souvenir le plus beau, le plus grand, gravé dans ma petite mémoire. Oui, c'était tellement émouvant, grandiose, que de pouvoir rencontrer Mandela, ce jour là (1988), à Wembley, enfin libre ! Et souriant. Lui serrer la main pendant plus d'une minute...

     

  • Maison

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    Hospitalité

    Ancêtres,
    héritage,
    transmission.
    Porte ouverte
    La mère.
    Le grand-père.
    Les arbres.
    Les racines.
    Le puzzle.
    Convivialité.
    Jacques Derrida.
    Le toit.
    L'abri.
    Le balcon avec vue sur le monde.
    L'amour.
    Si tu entres par effraction, gare à toi !
    Si tu mens, tu dégages.

  • C'était mieux avant ;)

     

     

    Avant, tout me semblait plus simple. Il y avait le mur de Berlin avec des bons et des méchants selon le côté où l'on se trouvait.

    Avant, on pouvait demander à quelqu'un : as-tu lu Borges? sans qu'il te réponde: Oui, j'ai lu un article sur ses exploits au Real Madrid dans les archives de l'Equipe.

    Avant, il y avait un Président de la République qui répondait "Vaste programme" au slogan "Mort aux cons".

    Avant, le poète des enseignants n'était pas Prévert mais Mallarmé.

    Avant il y avait des dames aux camélias, désormais il y a des dames aux caméras (sur le net).

    Avant, on trouvait un peu de fraternité sous les sabots d'un cheval qui tirait des wagons de houilles dans les mines et aujourd'hui on n'en trouve plus sous les sabots des skieurs qui remontent la pente grâce aux forfaits des tire-fesses.

    Avant, les grands de ce monde disaient vous à leur mère. Aujourd'hui, ils disent Casse-toi pauvre con!.

    Avant, ma tante en avait et mon oncle allait au bois apprendre le brésilien.

    Avant, il y avait un après-demain.

    Avant, Georges Clemenceau pouvait monter à la tribune de l'Assemblée pour y déclarer : Louis Hubert Gonzalve Lyautey a des couilles au cul mais... pas toujours les siennes.

    Avant, ma queue avait la puissance d'un brise glace soviétique. Aujourd'hui, elle soulève dans mes bottes des montagnes de questions.

    Avant, on se demandait: Qu'est-ce qu'on va devenir demain? Et Victor Hugo répondait : Nous voulons le progrès mais en pente douce...

    Avant, les riches rêvaient de devenir plus riches et les pauvres moins pauvres. Aujourd'hui c'est exactement l'inverse.

    Avant les jeunes se disaient (comme Léo Ferré) On s'aimera... Aujourd'hui, ils répètent à l'envi:  Je tente de gérer mon couple sans prise de tête, y'a pas de soucis.

    (à suivre)

     

     

  • Son dernier clip


    Clip réalisé par Jean-Baptiste Mondino


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    Photo Christian Ducasse

    Souvenir, souvenir. Bashung live sur la grande scène de la fête de l'Humanité en septembre 1985.
    Merci beaucoup Christian.


    Il sera enterré vendredi au Père Lachaise entre Jim Morrison et Apollinaire.


  • Un désert peuplé de mirages

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    Andrew Warhola dit Andy Warhol.

    Bienvenue dans la globalisation de l'image narcissique de dérisoires petits pantins. Celle des phrases coupées au hachoir interdisant le décollage, des mots empilés dans la remise, de l'adjectivation abusive. Welcome devant le miroir photographique numérique sans reflet. Ne ratez pas mesdames et messieurs l'explosion de "sentiments" désemparés que j'exibe sur mon blog, contemplez mes ratages affectifs, admirez mes saturations de récits criblés d'absences, applaudissez ma mise hors scène du précipice, identifiez-vous à mes personnages peu fiables, contemplez l'espace intéreur de mes architectures clinquantes et de carton-pâtes, venez nombreux déguster mes omelettes verbales composées de messages pour têtes de noeuds brouillés...Je pense donc je souffre de mon image. Le soir, après le turbin, j'essuie les plâtres au fond du café. Happy hours. Et tout le monde s'autofélicite. L'être ou le néon. Ronde de pâles succédanés. On copie sur le voisin mais on n'invente pas. On lance mais on n'accompagne pas. Un seul sujet (le je), un seul temps (le présent), un seul but (le jeu).

    Entrez dans le cadre de la télévision disait Andy (une vingtaine de minutes) et vous deviendrez célèbre. Mais pas artiste. Encore moins écrivain. Star' ac, web' ac. L'écran a changé mais il fait toujours écran aux illusions des inconnus au bataillon du moi, martyrisé, humilié et jamais libéré. To be or not to be anonymous. Le mot "star", disait-il encore, c'est "rats" à l'envers.  Les peintures D'Andy (d'après photographies) étaient comme le chaînon manquant entre Velazquez et le Photomaton. L'expert en simulacres savait aussi capturer l'essence d'un être humain.

    "Ce fut le paradoxe de Warhol, à la fois assassin de l'humanisme pictural et suprême illustration de cette phrase de Paul Valéry : "Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme, c'est la peau." (in Le point)

    Des Hommes à qui il ne manque que la parole.

     

  • Premier à éclairer mes nuits

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    Bon voyage camarade, je t'aimais plus que bien.

    Chaque mot utilisé par le brun ténébreux chassait le préjugé,
    installait le grouillement sauvage de la sémantique.
    Poids du jeu de mot,
    (merci à Jean Fauque, son co-parolier)
    choc de l'organisation des signes trompeurs.
    Sémiologie de l'ambiguité
    "C'est comment qu'on freine..."
    Camisole de force de l'identité individuelle
    de ceux qui se demandent comment
    "passer une Nuit sans Georges"
    Comment chanter sans crier Victoire
    Ses pensées volettaient dare dard
    Papillonnaient en lui et hors de lui
    Se déversaient comme une sécrétion physiologique
    Pensées et sensations corporelles se confondaient
    sans pouvoir se distinguer
    Seuls les mots résonnaient dans les cavités de nos cerveaux
    jusqu'à perdre toute signification
    s'éparpillaient en analogies extravagantes
    En surimpression la nostalgie de l'amour et des lointains.

    "Toutes ces choses guidées par une étoile
    dissimulées dans les entrailles d'une canopée
    guidées par une étoile
    Première à éclairer la nuit...
    Vénus,
    Vénus,
    Vénus"
    Bon voyage parmi les étoiles, amigo.