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dennis hopper

  • Dennis Hopper va se faire la malle

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    73 ans, un cancer de la prostate en phase terminale, 45 kilos aujourd'hui.
    (Photo Reuter)


    Rien que ce film "Easy Rider "qui claque au vent de l'histoire du 7ème art. Caméra sur l'épaule ou arrimée sur la plate-forme d'un pick-up truck, Dennis Hopper a écrit et réalisé ce "Harley movie" (avec Peter Fonda) pour nous présenter l'Amérique profonde de la fin des sixties. Une échappée belle dans l'Amérique qui freinait des quatre fers devant le Rock'n roll, les déhanchements sexuels d'Elvis et qui venait à peine de découvrir qu'un noir pouvait s'introduire dans la salle à manger pour le dîner.
    Une joyeuse troupe de camés, porteuse de la contre culture ... en herbe.
    Denis Hopper, l'indiscipliné, le rebelle, l'enfant de la narine, va s'endormir dans les jours qui viennent. Pourquoi attendre la mise en boite, le jour du  grand sommeil, pour lui dire merci. A ses cinquante ans de carrière, ses apparitions d'archange rustaud aux yeux bleus acier trempé dans  «Johnny Guitar» (1954) et «La fureur de vivre» (1955) de Nicholas Ray, «L’ami américain» de Wim Wenders (1977), «Apocalypse now» de Francis Ford Coppola (1979), ou «Blue velvet» de David Lynch (1986)...
    Pourquoi attendre et rappeler qu'il s'est inspiré de la Nouvelle vague, du néoréalisme italien dans toute son oeuvre de prince sans rire. Une gueule comme la sienne ça s'imprime bien volontiers dans la mémoire cinématographique mondiale.
    Il arrivait ponctuellement en retard aux tournages et dans les dîners, mais il n'a jamais raté le train de l'Histoire du cinéma de son temps. Une voix de grand brûlé qui s'était mis à pleurer sur un plateau de télé en racontant ses dérapages et ses fractures d'enfance. Pour lui, et pour chacun, il est nécessaire de revenir à l'enfant, si l'on veut déceler la blessure de l'adulte par où l'encre de ses yeux coule. (Merci Cabrel)
    L'explication de son talent explosait à la figure des spectateurs. Indubitable cette tristesse, cette crispation des mâchoires d'un visage sans cesse partagé entre le sourire des lèvres et la buée des yeux soigneusement dissimulée derrière des Ray Ban. Ce que le client d'un rade de la route 66, accoudé au comptoir et piquant de sa fourchette les deux seins d'oeufs au bacon, pouvait apercevoir d'un simple coup d'oeil à travers la vitre.
    Il n'a jamais su ni voulu échapper à son incontrôlable passé. A-t-il été un jour heureux ? On en doute.
    Bonne route, Dennis !