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gorges du tarn

  • Les derniers chevaux sauvages

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    Le cheval de Przewalski

    Imaginez ma surprise hier en fin d'après-midi. Je me suis persuadé, kilomètre après kilomètre, de rouler en Mongolie. D'une colline l'autre je chevauche les derniers rayons du soleil. La neige recouvre encore les flancs nord et l'herbage affiche quelques espoirs de renaissance. Il gèle pourtant. Premier jour de l'année 2009. La radio indique que les raids aériens n'ont pas cessé sur la bande de Gaza. Que les morts palestiniens se ramassent à la pelle. Le philosophe Michel Onfray commente : " le ministre israélien de la défense se relance dans les sondages en bombardant les civils palestiniens." Il ne commentera pas les tirs de roquettes incessants sur les villes israéliennes perpétrés par le Hamas. L'émotion est sélective. " Le Hamas a été régulièrement élu" ajoute encore Onfray. Certes. J'ose espérer une médiation. L'entrée en lice de convois humanitaires. Fatigué que je suis de voir ces deux peuples cousins germains occuper le devant de la scène macabre depuis je suis né. Marre de compter les morts.
    Et puis, à la sortie d'un virage, je découvre une trentaine de chevaux aussi farouches que sauvages qui ont été exclus de la planète en 1970. Un siècle plus tôt un explorateur russe les avait découvert en Mongolie: Przewalski. Il n'en restait plus que quelques-uns en captivité. Depuis 1993, une quarantaine de specimens ont été implantés sur le Causse Méjean. Ils s'y sentent bien. Pas de tentes mongols dans le paysage mais quelques ressemblances quand même avec leur herbages d'origines. Ceux-là n'ont plus rien à redouter. Ils vivent sur une bande de terre aride de 375 hectares dans le Parc national des Cévennes. Sans prédateurs. Sauf ces deux là.
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    La bête de Gévaudan et le loup de Marvejols...

    Bonne année, néanmoins.

    (Cette note a été transmise par satellite ;)





  • Le continent chauve


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    Il pleuvait ce matin sur le causse Méjean lorsque j'ai empoigné ce brin de paysage qui me rappelait ceux de Mongolie et quelques coins d'Islande.

    "Une attraction sans violence, mais difficilement résistible, me ramène d'année en année, encore et encore, vers les hautes surfaces nues.
    Tout ce qui subsiste d'intégralement exotique dans le paysage français me semble toujours cantonné là : c'est comme un morceau de continent chauve et brusquement exondé qui ferait surface au dessus des sempiternelles campagnes bocagères qui sont la banalité de notre terroir. Tonsures sacramentelles, austères, dans notre chevelu aborescent si continu, images d'un dépouillement presque spiritualisé du paysage, qui mêlent indissolublement, à l'usage du promeneur, sentiment d'altitude et sentiment d'élévation." Julien Gracq.
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    Le nouveau paradis de Solène, Yann Gensollen et de ses parents. Merci à eux pour cette échappée belle.
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    Des brebis dont la devise est : " le Roquefort d'abord, les côtelettes ensuite".
    (Vue sur le causse noir depuis la Volpilière, hameau de paix où je viens de séjourner chez les Gensollen)
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    "Le Tarn, pareil à un éclat de pierre au fond d'un creuset calciné. On sent que toute l'énorme masse surplombante du causse s'est essorée jusqu'à la dernière goutte au profit non pas de cette eau avare et presque tarie mais plutôt de cette huile essentielle qui suinte précieuse et concentrée au creux de la gorge (ici celle de la Jonte) comme le dernier pleur du pressoir." Julien Gracq