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orgueil

  • Le grand passage

    Burj-Dubai-avril-2009.jpg
    Bling bling tower (818 mètres)

    Petit tour du monde radiophonique. Hier soir j'écoute France Info qui m'apprend, juste avant le grand sommeil, que Dubaï a inauguré le 3 janvier 2010 son orgueil de verre et de béton grâce à l'aimable participation d'ouvriers indiens payés avec un lance-pierres (cinq dollars par jour).
    Parvenus de tous les pays, vous avez désormais l'occasion de briller par votre entassement dans cette vitrine de luxe vulgaire parmi  517240 mètres carrés. Sous le soleil exactement. Formidable! Mais dans quel monde Vuitton ?

    Ce matin, la même radio m'invite à un bonjour tristesse pour commencer l'année: "La chanteuse Lhasa est morte à 37 ans, en la ville de Montréal, emportée par un cancer du sein...".


     

    Poids des mots, choc des images.

     

    Lhasa. Un prénom qui claquait comme un fouet révolté. Celui d'une ville tibétaine. Une voix nomade, insaisissable, donc libre. Avec des accents de tragédie ordinaire. De celle que l'on croise en voyageant beaucoup. Lhasa avait dans le coeur tous les paysages traversés avec ses parents dans un bus qui devait ressembler à celui du film de Sean Penn "Into the wilde". Américaine par sa mère vaguement actrice et photographe, mexicaine par son père de temps en temps instit mais surtout grand intellectuel, indienne par sa volonté farouche d'ignorer les géomètres et leurs parcelles closes, tzigane de coeur par ses transhumances, Lhasa tissait des liens avec l'authentique comme tous les artistes qui ont leur corps momentanément ici et leur âme là-bas, avec le souci constant d'explorer tous les territoires. C'est pourquoi cette féline chantait aussi bien en espagnol qu'en anglais et même parfois en français. Un temps, elle résida à Marseille parce que c'était un port de moindre attache, une ouverture possible vers les grands espaces. Elle est apparue telle une étoile filante à la fin des années 90 dans le ciel non commercial de la ritournelle. Et aura su toucher des millions de coeurs. Adieu, petite flamme!

     

    Le titre de cette note est emprunté au livre de Cormac McCarthy parce que Lhasa aurait très bien pu être l'héroïne d'un de ses romans.